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Full text of "Recherches sur Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse; suivies de la notice des manuscrits qui lui ont appartenu, et dont la plus grande partie se conserve à la Bibliothèque du Roi"

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* 



RECHERCHES 

SUR 

LOUIS DE BRUGES, 

SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE. 



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On trouve chez les mêmes Libraires les ouvrages suivant 
du même auteur. 



Catalogue des Livres imprimés sur Vélin, de la Bibliothèque du Roi; 
avec le Supplément. Paris, 182a et 1838, 6 tontes en 5 vol. gr. 
in-8. br, 47 fr- 5o c. 

— Le môme , le Supplément seul , gr. in-8. br 7 fr. 5o c. 

Catalogue des Livres imprimés sur Vélin, qui se trouvent dans des 

bibliothèques tant publiques que particulières, avec le Supplément. 
Paris , 18*4 ct '828 , 4 to/. gr. i/1-8. br 37 fr. 5o c. 

— Le même , le Supplément seul , gr. 1/1-8. br 7 fr. 5o c. 

— Les mêmes Catalogues , 10 tomes en 9 vol. i/t-8. Gr. Pap. Vél. cart. 
tirés a très petit nombre 140 fr. 

Notice sur Colard Mnnsion , libraire et imprimeur de Bruges en Flan- 
dre , dans le xv« siècle, par Fauteur du Catalogue des Livres impri- 
més sur Vélin, de la Bibliothèque du Roi. 1 vol. in-$. Jig. cart. 9 fr. 

— La même , Gr. Pap. cart i5 fr. 



DE L'IMPRIMERIE DE CRAPELET, 

ruf «le Viiugiranl, n r 9. 



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RECHERCHES 

SUR 

LOUIS DE BRUGES, 

SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE^ 

SUIVIES 

DE LA NOTICE DES MANUSCRITS QUI LUI ONT APPARTENU, ET DONT 
LA PLUS GRANDE PARTIE SE CONSERVE A LA BIBLIOTHEQUE DU ROI. 

i i ■ 



A PARIS, 

CHEZ DE BURE FRÈRES, 

LIBRAIRES DE LA BIBLIOTHEQUE DU ROI, 

RITE SERPENTE , N° 7. 

M. DCCC. XXXI. 



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Celui «pi a été le sujet de ceè Recherches est 
peu connu en France ; cependant son nom se 
trouve lié à plusieurs événemens de notre his- 
toire au quinzième siècle. 

Louis de Bruges fut un puissant et magni- 
fique seigneur de Flandre , habile dans la guerre, 
habile dans les négociations. Si le temps et les 
révolutions ont détruit ou changé de destina- 
tion les édifices élevés par lui dans son pays ; 
si son tombeau même, qu'on voyoit autrefois à 
Bruges, n'existe plus, la France possède un 
autre monument précieux de sa magnificence. 
Les manuscrits ( il y avoit alors peu de livres 
imprimés) qu'il avoit rassemblés à grands frais, 
et qui passèrent après sa mort dans la biblio- 
thèque de Louis XII , se conservent encore au- 
jourd'hui , à un très petit nombre près , dans 
la Bibliothèque du Roi. La Notice que nous 
en donnons pourra peut-être offrir quelque 



intérêt aux personnes qui sont curieuses de 
détails littéraires et bibliographiques. 

Né dans la même ville que le seigneur de la 
Gruthùyse, de parens exerçant une profession 
qu'il protégea et encouragea à son origine , 
nous avons pensé qu'il nous appartenoit plus 
qu'à un autre de faire revivre sa mémoire. 



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RECHERCHES 



SUR 



LOUIS DE BRUGES, 

SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE. 



Louis de Bruges , seigneur de la Gruthuyse, prince 
de Steenhuyse, comte de Wincestre, seigneur d'À- 
velghem, de Hamste, d'Oostcamp, de Beveren, de 
Thielt ten Hove , etc. , étoit fils de Jean de Bruges et 
de Marguerite de Steenhuyse, et petit-fils de Guil-* 
dolf d'Aa, dit de Bruges , seigneur de la Gruthuyse, 
qui vivoit en 1293 (1), et d'Agnès de Mortagne. Le 
nom de Jean de Bruges son père est devenu célèbre 
dans les annales de l'ancienne chevalerie, par le 
tournoi qu'il donna à Bruges en 1392, le 11 mars 
(N. S.), et dans lequel fat déployée la plus grande 
pompe. Cent combattans environ y prirent part, et 
ce fut sans doute pour en conserver le souvenir, 
que cette ville institua ou renouvela, en 141 7 (2), 
les joûtes ou tournois de la société dite de l'Ours 
blanc , dont le chef, ou plutôt celui qui y rempor- 
toit le prix de valeur et d'adresse , étoit pendant 
l'exercice de ses fonctions, qui duroit un an, qualifié 



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2 RECHERCHES 
de Forestier, en mémoire des anciens gouverneurs de 
la Flandre, que les rois de France, qui les tenoient 
sous leur domination, avoient revêtus de ce titre. 

Les chroniques du temps nous apprennent que 
ces joûtes avoient lieu tous les ans vers Pâques, et 
qu'elles ne cessèrent qu'en 1480. 

Louis de la Gruthuyse fit ses premières armes dans 
la joûte du mois de mars i443 (3), et il y obtint 
le prix du dehors, c'est-à-dire de la joûte en dehors 
de la barrière. 

Le 23 avril i447> ^ ^ signal* dans une autre 
joûte, en présence d'Isabelle de Portugal, troisième 
femme de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne. Le 
soir cette princesse, accompagnée de son fils Charles, 
surnommé depuis le Hardi, se rendit à un magni- 
fique banquet, que le» combattons avoient fait pré- 
parer à l'Hôtel-de-Ville (4) , et qui coûta à la ville 
de Bruges , suivant les comptes de i447 & I 44& 
(fol. 1 5), 697 livres 7 sous parisis. Dans ces comptes, 
Gruthuyse est qualifié de jeune seigneur (jonkheer). 

L'année suivante, le 7 avril, il remporta encore le 
prix du dehors, dans la joûte qui recommença le soir; 
car ce jour-là il y en eut deux très brillantes. (5) 

Enfin, le 19 avril i45o, il eut le prix du dedans, 
et il paroît que ce fat la dernière fois qu'il prit part 
à ces beaux jeux militaires, dans son pays. (6) 

Devenu échanson de Philippe-le-Bon en i449 (7) y 
il l'accompagna en cette qualité dans un voyage de 
ce prince à Cambrai, le ai janvier i45o (N* S.). (8) 



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SDR LOUIS DE BRUGES. 3 
En i4&>, après Pâques (N. S.), le même prince 
voulant mettre les villes principales de la Flandre à 
couvert des entreprises des Gantois, dont l'esprit 
de mutinerie lui inspirait des craintes continuelles , 
choisit des capitaines expérimentés pour en être got^ 
verneurs, et chargea les seigneurs de la Gruthuysfe 
et d'Escornay ou Escouroay de la défense d'Oude- 
naerde (g) etf cas d'attaque; mais ces deux comman- 
dans s'accordant mal ensemble, et d'ailleurs les Bru- 
geois ayant demandé avec instance au duc, que 
Gruthuyse leur fôt renvoyé pour être gouverneur 
de leur propre ville, celui-ci quitta aussitôt Oude- 
naerde, et vint prendre le commandement de Bruges, 
qui lui fut donné. Suivant les comptes de 1^2 à 
i455 (fol. 49) y il recevoit en cette qualité une livre 
de gros par jour. 

Deux mois après, il fit heureusement échouer le 
projet que les Gantois, révoltés contre leur prince, 
avoient conçu d'entraîner dans leur rébellion les 
habitans de Bruges. Déjà ils étoient arrivés en grand 
nombre devant la ville : à leur approche Gruthuyse 
en Êiit fermer les portes , et de dessus les murs il le§ 
harangue, et leur dit qu'il ne peut laisser entrer 
dans une place dont la défense lui est confiée, une si 
grande multitude de gens armés. Gomme, sous pré- 
texte de besoin de vivres, ils avoient ensuite cher- 
ché à avoir des communications avec les habitans , 
Gruthuyse leur offre de leur en faire passer au- 
dehors. Furieux de n'avoir pu réussir dans leur des- 



4 RECHERCHES 

sein , ils s'en retournent brûlant et saccageant tout 

ce qui se rencontre sur leur passage. (10) 

En i455, vers la Saint-Jean, il se trouve avec Jean 
de Foix, le comte d'Étampes (Jean de Bourgogne, 
depuis comte de Nevers), le seigneur de Roche- 
fort , etc. , au camp formé par le duc, près du village 
de Renaix, pour mettre fin à la guerre, et faire ren- 
trer dans le devoir ses sujets rebelles. (11) 

Le 22 juillet, il conduisit contre eux, avec Jacques 
de Saint-Pol et le seigneur de Lille-Adam, la troi- 
sième et demière colonne de l'armée du duc, com- 
posée de la noblesse de Flandre, de Picardie et du 
Boulonnois. C'est à cette journée, appelée la journée 
de Gavre, où les Gantois perdirent près de seize 
% mille hommes, qu'il fut armé chevalier par la main 
de son prince. (12) 

Il se trouva à cette fameuse assemblée du Vœu du 
Faisan, laquelle se tint à Lille le 17 février 1454 
(N. S.). Le motif de la réunion étoit d'exciter toute 
la chrétienté, et particulièrement les pays sous la 
domination du duc de Bourgogne, à aller combattre 
les Musulmans, qui venoient de s'emparer de Con- 
stantinople (i3). Gruthuyse porta, dit Olivier de 
la Marche (i4)> I e vœ u suivant : « Messire Lois de 
« Gruthuse voa de servir Monseigneur audit voyage, 
« de son corps et de sa chevance, et ne l'abandonnera 
« jusques à la mort en tous les voyages où il sera, ou 
« en son lieu, monseigneur (le Charolois ou mon- 
« seigneur d'Estampes (Jean de Bourgogne). » 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 5 
Matthieu de Coucj (i 5), dans les détails qu'il donne 
de ce qui se passa à cette réunion , rapporte que le 
même jour, « joustèrent plusieurs chevaliers et no- 
cf blés hommes bien en poinct, comme le seigneur 
<c de la Gruthuse, qui estoit couvert de velours 
« cramoisy. » 

Le 18 du mois suivant, il assista à une autre 
assemblée , dont les chefs étoient le comte de Cha- 
rolois, fils de Philippe-le-Bon , David de Bourgogne, 
fils naturel du même prince, et l'évéque de Té- 
rouanne , chargés de recevoir le vœu, des seigneurs 
flamands. 

Il épousa, en i455, Marguerite de Borssele, issue 
d'une ancienne famille de Zeelande , qui eut pour 
tige Lippold , comte de Souabe (16). Elle étoit fille 
de Henri de Borssele, amiral de Hollande, et chevalier 
de la Toisoh-d'Or, et nièce de Wolfart de Borssele , 
qui épousa en premières noces Marie, fille de Jac- 
ques 1 er , roi d'Écosse , et en secondes noces , Char- 
lotte de Bourbon, fille de Louis, comte de Mont- 
pensier. 

L'an 1461 , Philippe, dans l'intention d'empêcher 
le mariage du prince de Galles, fils du roi Henri VI, 
avec sa petite-nièce , fille de la reine d'Écosse , ma- 
riage dont il étoit question entre celle-ci et Mar- 
guerite, reine d'Angleterre, et que le duc voyoit de 
mauvais œil , parce qu'il étoit mal avec René , duc 
d'Anjou, père de cette dernière princesse, députa 
vers sa nièce, sous prétexte de négociations raili- 



6 RECHERCHES 

taires, le seigneur de la Gruthuyse (17) , qui obtint 

d'abord, et sans peine, ce qui faisoit l'objet de sa 

mission. Néanmoins, après son départ, cette alliance 

s'effectua. 

Philippe, dont il étoit devenu conseiller et cham- 
bellan , voulant récompenser ses bons et nombreux 
services , le créa, dans un chapitre qu'il tint à Saint- 
Omer, le 2 mai 1 461, le soixante et unième chevalier 
de Tordre de la Toison-d'Or, à la place de Jean de 
Vergy, seigneur de Fouvens, mort en 1460. (18) 

L'année suivante, 1461, il Ait un des seigneurs 
de la suite du duc de Bourgogne, chargés de faire les 
honneurs de Paris , à Louis XI , lors de son entrée 
dans cette ville, le 3i août, après son sacre, célébré 
à Reims le 1 3 du même mois. Pendant les fêtes 
données à cette occasion, il y eut des joùtes dans la 
grande rue Saint-Antoine, devant le palais des Tour- 
nelles : Gruthuyse s'y fit encore remarquer au milieu 
des joùteurs. (19) 

Les registres de la confrérie de Saint -Georges , 
d\te. des Arbalétriers, établie à Bruges, nous ap- 
prennent qu'en 1462, k un défi au tir à l'oiseau, 
porté par les arbalétriers d' Audenaerde , aux arba- 
létriers de Bruges, accompagnés du comte d'É- 
tampes (Jean de Bourgogne) et du héraut de Gru- 
thuyse, qui ne put pas probablement les suivre, 
ceux-ci se rendirent à Audenaerde, et y passèrent 
huit jours dans les fêtes. (20) 

La même année, lui et sa femme vendirent à Jean 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 7 
de Bourgogne , évêque de Cambrai, bâtard de Jean 
duc de Bourgogne , pour un de ses bâtards , Arnoult, 
qu'il eut de Jeanne Tan Spontyn, la seigneurie de 
Rothuyn, et Helsmortel, située près Sysseele (21). 
En 1465, par lettres données à Bruges le 14 mai, 
le duc Philippe le nomme son lieutenant-général en 
Hollande, Zeelande et Frise, avec trois cents livres 
de gros de Flandre d'appointemens, pour tous gages, 
droits de robes, ustensiles d'hôtel, bois, tourbes, 
chariages, battellage et belle chère. (22) 

Vers le commencement de 1466, il se réunit à l'ar- 
mée qui se rassembloit, par ordre du duc, à Namur, 
et qui étoit destinée à faire le siège de Dinant (23) , 
et le 28 du même mois il se mit en marche avec l'ar- 
rière-garde de l'armée contre la ville révoltée. (24) 

Édouard, roi d'Angleterre, ayant signé, le 12 oc- 
tobre, un traité d'amitié avec le comte de Charolois, 
à qui son père avoit cédé, depuis quelque temps, 
l'administration de ses États, Gruthuyse fut nommé 
par Philippe pour aller, avec plusieurs seigneurs 
flamands, conclure la paix, et régler les conditions 
du mariage de son fils avec Marguerite , sœur du 
roi. (*5) 

Le 1 5 juin 1467? le duc mourut à Bruges. Le 5o, 
lorsque Charles-le-Hardi , son successeur, eut fait sa 
joyeuse entrée dans la ville de Gand , le peuple en 
émeute voulut exiger le rétablissement de quelques 
privilèges dont son père avoit privé les Gantois en 
punition de leurs fréquentes révoltes, Gruthuyse, 



8 RECHERCHES 
qui accompagnôit son nouveau souverain, fat a*sez 
heureux pour l'empêcher, dans cette circonstance 
critique, de se porter $ des actes d'une rigueur dé- 
placée dans le moment. Il calma l'effervescence de 
ces séditieux, et il .parvint encore, par son esprit 
conciliant, à obtenir leur pardon. (26) 

Le 9 avril de l'année suivante, après avoir reçu 
1$ serment de fidélité du magistrat et de la com- 
mune de Bruges, Charles envoya Gruthuyse avfec 
une forte armée en Zeelande, qù il se rendit lui- 
même le 22 pour faire prêter aux habitans le même 
serment. (27) 

Le 7 mai , il tint à Bruges son premier chapitre 
de la Toison -d'Or. Pendant trois jours de suite, il 
se rendit à l'église de Notre-Dame, entouré de la 
noblesse et des chevaliers. Ceux-ci marchant deux à 
deux, au nombre de treize, avoient à leur tête 
Gruthuyse à cheval, en robe écarlate, garnie d'une 
bordure en or et doublée de satin blanc : son cha- 
peron étoit de soie écarlate. Le second jour, ils allè- 
rent de la même manière à vêpres. Le troisième, qui 
étoit un dimanche, ils entendirent la grand'messe. 
Le soir ils assistèrent, vêtus de deuil, aux vigiles, et 
le lendemain , à la messe des morts, qu'on étoit dans 
l'usage de dire pour le repos de l'âme des chevaliers 
décédés depuis la tenue du dernier chapitre. 

Gruthuyse se trouva , le 25 juin suivant, aux fêtes 
célébrées à Bruges, à l'occasion du mariage de son 
souverain avec Marguerite d'York, soeur du roi 



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SUR LOUIS" DE BRUGES. g 
d'Angleterre, mariage qu'il avoit lui-même négocié, 
et il se mêla au pas d'armes , dont le tenant, sous 
le nom du chevalier de l'Arbre d'Or, étoit Antoine, 
bâtard de Bourgogne. On trouve , dans la Chronique 
de Flandre et dans Olivier de la Marche, un long 
et curieux détail de cette joûte , qui dura depuis le 
dimanche 3 juillet jusqu'au samedi 9. (28) 

En i4^9> Gruthuyse et sa femme fondent à Bruges, 
et dotent le couvent des riches Claires , autrement 
nommées Sœurs colettes. Us posent la première 
pierre le 5 septembre (29), après avoir obtenu, dès 
l'année i$6 y la bulle du pape qui autorisoit cette 
fondation. (5o) 

Vers le mois de mai 1470, le duc de Bourgogne 
équipe à l'Écluse une flotte de trente-six voiles, des- 
tinée à combattre celle du comte de Warwick, qui 
s'étoit emparé d'un grand nombre de vaisseaux fla- 
mands richement chargés. Le commandement en est 
donné à Henri de Borssele, seigneur van der Veere, 
amiral de la mer, et aux seigneurs de la Gruthuyse 
et de Halewyn (3i), qui, ne pouvant atteindre l'en- 
nemi, mettent au moins à l'abri de ses insultes la 
navigation du pays. 

Nommé depuis i465 (3a) gouverneur de Hol- 
lande , de Zeelande et de Frise , à la place de Jean 
de Lannoy, Gruthuyse eut, en 1470, le bonheur de 
sauver des mains des corsaires qui le poursuivoient, 
et de recevoir avec une magnificence presque royale, 
le même Édouard auprès duquel il avoit été ambas- 



io RECHERCHES 

sadeur extraordinaire , et qui , chassé du trône par 

la faction de Warwick, venoit demander au duc de 

Bourgogne, son beau-frère, des secours contre ses 

ennemis. 

Gruthuyse se trouvoit heureusement à Alckmaer 
lorsqu'Édouard s'y réfugia. Quand il apprit que le 
roi étoit dans la rade avec son frère le duc d' York , 
lord comte de Scales, frère de la reine, et sept à 
huit cents autres personnes de sa suite, il se jeta 
dans un bateau, et alla lui-même le recevoir. 11 resta 
auprès du monarque depuis le g octobre jusqu'au 
26 décembre, qu'ils partirent ensemble pour la ville 
d'Aerdenbourg (35). Le lendemain ils arrivèrent au 
château de Gruthuyse, situé à Oostcamp , village 
distant d'une lieue de la ville de Bruges. Après y être 
resté les deux jours suivans, le jeudi et le vendredi, 
le roi se mit en route le samedi pour Aire en Artois, 
où se trouvoit alors la belle-mère du duc. Celui-ci 
ne tarda pas à se rendre auprès de son beau-frère, à 
qui il promit les plus puissans secours, afin de l'aider 
à se remettre en possession de son royaume. Le roi 
devint à Bruges le i3 janvier 1470 ( 1471 N. S.), 
et alla prendre son logement, avec une partie de sa 
suite , à l'hôtel de la Gruthuyse, jusqu'au 19 du mois 
suivant, jour de son départ pour la Zeelande, où 
l'attendoient dix-huit vaisseaux que Charles lui avoit 
fait préparer, pour le conduire en Angleterre. 
Gruthuyse s'offrit de le suivre et de le seconder dans 
tout ce qu'il entreprendroh. An moment de quitter 



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SUR LOUIS DE BRUGES. n 
la ville , l'afiluence du peuple qui se précipitait sur 
le passage du roi, pour le voir encore une dernière 
fois, était si grande, que, touché de ce vif empresse- 
ment des Bi-ugeois, et voulant les satisfaire pleine- 
ment, il prit le parti d'aller à pied jusqu'à Damme, 
au lieu de monter sur un des vaisseaux pavoisés qui 
étaient à la porte dite de Spejr, et destinés à le re- 
cevoir, et à le mener par le canal jusqu'à cette der- 
nière ville. 

Après son retour en Angleterre, et se trouvant 
affermi sur son trône, Édouard voulut donner au 
seigneur de la Gruthuyse et aux citoyens de Bruges 
des marques de sa reconnoissance, pour l'accueil 
honorable et cordial qu'il en avoit reçu, il fit créer 
celui-ci, par le Parlement d'Angleterre, comte de 
Wincester, et il écrivit aux Brugeois une lettre de 
remerdment, qui leur Ait apportée par un envoyé 
extraordinaire, le 7 juin 1471- (34) 

Il paroît que les beaux manuscrits qui se faisoient 
à cette époque à Bruges , excitèrent chez le roi le 
désir d'en posséder quelques uns, et d'autant plus 
vivement, peut-être, qu'il avoit pu en voir un grand 
nombre dans la riche bibliothèque de l'hôtel de la 
Gruthuyse , où il avoit logé : il en commanda donc 
plusieurs; et aujourd'hui encore on en trouve parmi 
les manuscrits des rois d'Angleterre, qui se con- 
servent au Muséum britannique. (34 bis) 

Le 26 mars de là même année 147 1 , le duc Charles 
étant alors en guerre avec Louis XI, fait Louis de 



12 RECHERCHES 
la Gruthuyse, Antoine , bâtard de Bourgogne , Adol- 
phe de Clèves, fils de Marie de Bourgogne, sa tante, 
et Jacques de Luxembourg , généraux de ses ar- 
mées (35). Le premier est un des seigneurs nommés 
par la Chronique de Flandre parmi ceux qui se 
distinguèrent le plus au siège d'Amiens, entrepris 
quelque temps après. (56) 

C'est à peu près vers le même temps que Colard 
Mansion , connu déjà comme libraire et traducteur, 
devint l'objet d'une protection toute particulière de 
la part de ce seigneur, honoré lui-même de celle de 
deux souverains. U Ait parrain de l'un de ses enfans , 
et tout porte à croire qu'il lui facilita les moyens 
d'établir, vers i474> I e premier à Bruges, une im- 
primerie, dont les productions sont placées aujour- 
d'hui au premier rang des curiosités typographiques. 
Nous avons eu occasion d'en parler en détail dans 
la. Notice que nous avons publiée sur ce célèbre 
imprimeur. 

En 1472 , l'archiconfrérie de Saint - Georges , 
dite des Arbalétriers, choisit Gruthuyse pour son 
chef- homme. Cette société, qui existe depuis le 
quatorzième siècle, et qui, de militaire qu'elle étoit 
dans son origine , est devenue aujourd'hui une asso- 
ciation civile et d'amusement , fut instituée pour 
former des hommes au maniement de l'arbalète, et 
fournir son contingent d'arbalétriers à l'armée du 
prince. (37) 

Le 7 janvier de la même année (i47 2 N. S.), 



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A /.î. 




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SUR LOUIS DE BRUGES. i3 
Gruthuyse obtient par accord, du Chapitre et de la 
Fabrique de l'église collégiale de Notre-Dame de 
Bruges , la permission de reconstruire en pierre un 
ancien oratoire qui étoit en bois, et servoit a sa fa- 
mille depuis un temps immémorial. (38) 

En reconnoissance de cette concession , il donna 
à l'église les objets survans : 

i°. La propriété de la chapelle dite de sainte 
Agnès y appartenant aussi anciennement à sa famille. 

2°. Deux riches crosses de chœur, armoriées de 
ses armes, valant 240 livres parisîs. 

3°. La somme de 600 livres parisis , pour maçon- 
nerie à faire faire à l'endroit où se conserve la châsse 
de saint Boniface , premier patron de l'église. 

4°« De riches et précieux ornemens servant à la 
décoration du maître -autel et du choeur, avec de 
belles tapisseries représentant la Vie et le Martyre 
du même saint, pour en orner et tendre le chœur 
les jours de grande fête (3<)); ce qui s'est exécuté 
jusque dans ces derniers temps. 

5°. Une rente perpétuelle de 14 liv. et 8 escalins, 
sur laquelle somme le bedeau doit recevoir annuel- 
lement 48 escalins à la charge de fermer et d'ouvrir 
l'oratoire. (40) . • . . . 

Le 3 avril Édouard IV, roi d'Angleterre, envoya 
au duc Charles une ambassade, dont Stow {A 1 ) y 
qui rapporte ce fait , ne dit point le motif. Les 
six personnes qui la composoient furent traitées 



i4 RECHERCHES 

splendidement par Gruthuyse, à leur passage par 

Bruges. 

Lui-même, au mois de septembre, va en Angle- 
terre, chargé d'une mission auprès du roi, de la part 
de son souverain (42). Il est accueilli avec tous les 
honneurs que sa conduite généreuse. envers Édouard 
fugitif lui méritait à juste titre. La nation entière 
voulant lui donner des témoignages publics de sa 
gratitude , pour les services signalés qu'il avoit ren- 
dus à ce monarque dans la circonstance malheureuse 
où il s'étoit trouvé, le Parlement, par l'organe de 
son président, Guillaume Alyngton, pria le roi de 
lui accorder une marque particulière de la recon- 
noissance nationale (43). Ce fut alors qu'il reçut,' le 
i3 octobre de la même année, le titre de comte de 
Wincester; et, afin qu'il pût honorablement soutenir 
cette nouvelle dignité, le roi y ajouta pour lui et pour 
ses hoirs mâles un revenu annuel de deux cents liv. 
sterl., à prendre sur ceux du comté de Southampton, 
et sur les droits perçus à l'entrée de son port, payables 
par moitié à Pâques et à la Saint -Martin. Il lui 
accorda de plus, par lettres-patentes en date du 
5 novembre, la permission de porter les armes des 
anciens comtes de Wincester, cantonnées de celles 
d'Angleterre. En i5oo, la quinzième année du 
règne de Henri VII , et huit ans après la mort de 
Gruthuyse, les actes de cette donation furent ren- 
dus (44) & ce monarque, qui étoit alors à Calais, 
sans qu'on sache pourquoi. 



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SUR LOUIS DE BRUGES. i5 

En mars i47$, la Hanse lui confie le soin et le 
pouvoir de régler ses intérêts commerciaux avec 
l'Angleterre, (45) 

Le 22 mai , il assiste au vingtième chapitre de 
Tordre de la Tqison-d'Or, tenu à Yalenciennes. (46) 

Le 18 mai i474> ^ et 821 femme, Marguerite, 
comtesse de Borssele, font un testament où respirent 
la dévotion la plus pure et l'amour le plus charitable 
envers les pauvres. (46) 

Nous voyons dans dom Plancher (47) que la même 
année il étoit au siège de Nuys, commencé le 5 août, 
et qu'il y fut chargé d'investir la porte de Toile avec 
sept cents chevaux et trois cents piétons. 

En i475, il dote, conjointement avec sa femme ? 
deux chapellenies à Notre-Dame de Bruges. (48) 

Arrivé le 28 janvier i477> de Gand à Bruges, avec 
plein pouvoir de la duchesse Marie , qui venoit de 
succéder à son père, tué devant Nancy, le 5 du même 
mois, il apaise, de concert avec Jean , seigneur d'Es- 
pières, son fils aîné, Asseline, Adornes et Jean Brey- 
del, tous câpitaines ou chefs -hommes de la ville, 
une révolte du peuple qui demandoit le rétablisse- 
ment de ses anciens privilèges. (49) 

Dans le courant de février, il est envoyé avec le 
chancelier Hugonet, Guy de Brimeu, seigneur d'Im- 
bercourt, Ferry de Clugny, évéque de Térouanne, 
Pierre de Kauchicourt, évêque d'Arras, Wolfart de 
Borssele, comte de Grandpré, Roland de Weder- 
graet, premier échevin de Gand, Josse de Halewyn, 



16 RECHERCHES 
fils du bourguemestre de la commune de Bruges, et 
le grand-bailli d' Ypres, vers Louis XI, roi de France, 
de la part de Marie, seule et unique héritière du 
duc Charles, à l'effet de prêter en son nom, foi et 
hommage de ses États, renouveler la trêve de neuf 
ans conclue par son père, et annoncer à ce monarque 
qu'elle prenoit le gouvernement de ses États, et que 
Hugonet, Imbercourt, la duchesse douairière et 
Adolphe de Clèves, seigneur de Ravesteyn, forme- 
ront son conseil. (56) 

Peu de temps après, il fut obligé de renoncer à 
ses fonctions de gouverneur de la Hollande, parce 
que n'étant pas né Hollandois, les États du pays , 
convoqués à La Haye le 28 janvier précédent, ne 
voulurent pas , en vertu d'un nouveau privilège 
qu'ils avoient obtenu, et qui excluoit les étrangers 
des fonctions publiques , avoir égard aux lettres 
de Marie , par lesquelles il étoit maintenu dans un 
poste qu'il occupoit depuis i465 (5i); mais il put 
au moins, par son crédit (5a), faire nommer pour 
son successeur Wolfart de Borssele, son beau-frère. 

Le 5 mars suivant, Gruthuyse, Adolphe de Clèves, 
seigneur de Ravesteyn , Philippe de Horn , seigneur 
de Gaesbeke, et Jean , seigneur de Dadizeele, grand- 
bailli de Gand, sont envoyés de nouveau par la du- 
chesse, en qualité de commissaires chargés dé calmer 
les habitans de Bruges, qui avoient repris les armes, 
parce qu'ils venoient d'apprendre que le Franc de 
Bruges, en devenant quatrième membre des États 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 17 
de Flandre , alloit jouir dç certains privilèges , qui 
ne pourroient que leur porter préjudice. (53) 

Gruthuyse et le grand-bailli de Gand parviennent, 
par leurs sages discours et l'annonce de l'arrivée pro- 
chaine d'une députa tion de l'empereur Frédéric , à 
leur faire entendre raison. Les envoyés de l'Empe- 
reur arrivèrent en effet le 16 avril au soir. Us sont 
reçus en grande pompe. Gruthuyse et le grand-bailli 
les conduisent, à la lueur des flambeaux, au palais 
de la princesse , à qui ils font part qu'ils viennent 
au nom de l'Empereur demander sa main pour son 
(ils Maximilien ; et tout étant convenu des deux 
côtés, la cérémonie du mariage eut lieu par pro- 
curation le 2 1 suivant. (54) 

Le 1 5 mai, la commune de Bruges ayant fait juger 
et condamner à mort , par le Magistrat , l'ancien 
bourguemestre des échevins Barbesaen , accusé d'a- 
voir trahi les intérêts du peuple, Gruthuyse, accom- 
pagné d'un grand nombre de notables de la ville de 
Bruges , et des deux jeunes filles de ce malheureux, 
veut intercéder en sa faveur, mais en vain ; Barbesaen 
est décapité le 17 sur le grand marché. (55) 

Gomme gouverneur de Bruges, Marie lui donne 
Tordre de demander au Magistrat un nouveau se- 
cours d'hommes, à cause des nouvelles hostilités 
de la France. 

Le 19 juin , ayant obtenu sa demande, il part dès 
le lendemain pour l'armée avec une nombreuse et 
brillante escorte de nobles hommes, tous bien équi- 



18 RECHERCHES 
pés. Le contingent des Brugeois et celui du Franç le 
joignent successivement. A peine arrivé à Tannée 
flamande, campée aux environs de Tournai, on le 
voit aussitôt, armé de toutes pièces, en parcourir les 
rangs, et aller d'une tente à une autre, afin d'encou- 
rager ses compatriotes. (56) 

Cependant ceux qui se trouvoient déjà à Berghes, 
sous le commandement de son fils Jean, de Jean 
Breydel et de Jean van Nieuwenhove , mécontens 
de ce qu'il ne se trouve point à leur tête, comme 
on le leur avoit promis, demandent le père avec 
instance. (57) 

Après la bataille de Guingate, Guinguette ou Qui- 
negate, livrée le 7 août, et où le fils aîné de Gru- 
thuyse et quelques autres seigneurs flamands tom- 
bèrent au pouvoir de l'ennemi (58), on fit à Bruges, 
en actions de grâces des succès obtenus par les armes 
flamandes, une procession générale, à laquelle as- 
sista la duchesse, nu -pieds, tenant un cierge à la 
main. La Chronique de Flandre, qui rapporte cette 
dernière circonstance, obscfrve que le seigneur dp la 
Gruthuyse se tint constamment à côté de la prin- 
cesse. (59) 

Maximilien arriva le 18 du même mois à Gand, 
suivi d'un grand nombre de seigneurs du pays, qui 
étoient allés à sa rencontre jusqu'à Dendermonde. 
Parmi eux on distinguait le comte de Ghimay et 
Gruthuyse. Ces deux seigneurs eurent l'honneur de 
donner la main à la princesse pour monter a la 



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SUR LOUIS DE BRUGES. , 9 
chapelle où elle devoit recevoir la bénédiction nup- 
tiale. (60) 

Les fêtes auxquelles cet événement donna lieu, et 
qui sont décrites au long dans Y excellente Chronyke 
van Vlaenderen, durèrent cinq jours, et elles ne 
fur eut interrompues que par le départ précipité de 
Maximilien pour l'armée, sur la nouvelle qu'il venoit 
de recevoir que les François s'étoient présentés en 
force devant la ville de Condé. 

Le 5 1, Ferry de Clugny, évêque de Tournai, fait, 
en présence de Maximilien, de Marie, et au milieu 
d'un grand concours de peuple et de seigneurs , la 
consécration et la bénédiction de l'église et des quatre 
autels du couvent de Sainte-Glaire fondé par Gru- 
thuyse et sa femme, en 1466 : l'un et l'autre sont 
témoins de cette cérémonie. (61) • 

Conformément à d'anciens privilèges qu'avoient 
les habitans de Bruges, et à leur rétablissement 
accordé par Marie le 18 avril ; le Magistrat de la ville 
fat renouvelé le 2 septembre. Gruthuyse fat un de 
ceux que Maximilien et Marie chargèrent de pré- 
sider à cette opération. (62) 

Les Annales de Bruges (63) nous apprennent, 
sous la date du 7 du même mois , qu'on fit sortir du 
pays plusieurs personnes, à cause de leur caractère 
turbulent, et, entre autres, un jeune homme de 
Matines qui avoit injurié Gruthuyse , et qu'on bannit 
pour dix ans, après leur avoir percé la langue. 

Le 10, il eut l'honneur de recevoir à son château 



2o RECHERCHES 
d'Oostcamp, Maximilien et son épouse, qui, après 
y avoir pris, deux repas, et passé la nuit (64), s'en 
retournèrent le lendemain très satisfaits de la magni- 
fique réception qui leur avoit été faite. 

Le 3o avril 1478, jour de l'Ascension, Maximilien 
assista au premier Chapitre de la Toison-d'Or, qu'il 
tint dans l'église collégiale de Saint-Sauveur à Bruges, 
et s'y fit créer chevalier. Ravesteyn, comme le plus 
noble des chevaliers présens , lesquels n'étoient 
qu'au nombre de cinq, plusieurs étant prisonniers 
ou transfuges en France, donna à son souverain 
l'accolade, et de Lannoy, comme le plus ancien, le 
revêtit du collier de l'ordre. (65) 

Le même jour, à la messe célébrée par l'évêque 
de Térouanne, Henri, cardinal de Lorraine, depuis 
évéque deJVIetz, chancelier de l'ordre, Gruthuyse, 
qui étoit chargé de représenter le roi d'Angleterre, 
alla pour lui à l'offrande (66). Le soir, les chevaliers 
entendirent les vêpres et vigiles, et le lendemain, 
i cr mai, la messe qui fut dite pour les chevaliers 
morts depuis le dernier Chapitre. Ensuite, en vertu 
des statuts de l'ordre, on procéda à l'examen de la 
conduite, vie et moeurs de chacun des chevaliers 
présens ou absens. Engelbert de Nassau fut trouvé 
répréhensible pour ses déréglemens. Gruthuyse , 
alors en contestation avec Josse de Lalaing, seigneur 
de Montigny, fut invité à mettre fin à son différend 
avec ce seigneur. (67) 

Le 7 mai 1478, il donna quittance du paiement 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 21 
d'une partie de ses gages , en qualité de chevalier 
d'honneur de Marie (68), et la signa ainai : 




Cette princesse étant accouchée le 22 juin de son 
premier enfant, Gruthuyse, et Martin Lem, pour 
lors bourguemestre des échevins, ordonnèrent aussi- 
tôt, en réjouissance de cet heureux événement, la 
cessation de tous les travaux , et firent jeter de 
l'argent au peuple dans tous les quartiers de la 
ville. (69) 

Les réjouissances durèrent trois jours. Gruthuyse 
fut nommé chambellan du prince nouveau-né , et , 
en cette qualité, assista à la cérémonie du baptême, 
qui eut lieu le 29 du même mois , dans l'église de 
Saint-Donat. La duchesse douairière portoit l'enfant 
enveloppé dans un drap d'or, et Gruthuyse marchoit 
devant elle, tenant les bassins et la serviette. (70) 

N'ayant pu se rendre, au jour marqué, au Chapitre 
de l'ordre de la Toison-d'Or, convoqué k Bois-le- 
Duc le 6 mai 1481, il fut condamné, malgré ses 
excuses et sa procuration, qu'on ne trouva pas va- 
lables , à une amende de cent écus , au profit de 



22 RECHERCHES 
quelques maisons religieuses , et à un souper à don- 
ner au souverain et à tous les chevaliers de l'ordre. 
Il fat en outre accusé d'avoir, par indiscrétion, fait 
échouer (7 1) une entreprise que Maximilien méditoit 
contre les François. Le lendemain de son arrivée à 
Bois-le-Duc, un héraut d'armes de l'ordre lui fit la 
notification des plaintes dont il étoit l'objet. 

Le 1 1 mars i483, Gruthuyse, Adolphe de Nassau, 
archevêque de Metz, et Philippe de Bourgogne, sei- 
gneur de Beveren, fils d'Antoine, grand-bâtard de 
Bourgogne, fils de Philippe-le-Bon , intercèdent en 
vain auprès des Gantois, pour que la sentence par 
laquelle avoit été banni du pays pour cinquante ans, 
sous peine de mort , Philippe van Heurne , seigneur 
de Gaesbeke, fût rapportée (72). Le crime de ce 
seigneur étoit, aux yeux des Gantois, de s'être tou- 
jours montré leur ennemi déclaré /et d'avoir inspiré 
à Maximilien, contre eux et contre les Brugeois, 
une haine implacable. Ils en vouloient aussi à ce 
prince, dont il étoit le principal conseiller, de ce que 
l'assassinat commis le 3 octobre 148 1 , sur leur grand- 
bailli, le seigneur de Dadizeele, qu'ils regrettoient 
beaucoup, parce qu'il n'avoit cessé de combattre 
pour la conservation de leurs privilèges , étoit resté 
impuni, quoique l'on connût les auteurs, et même 
les instigateurs de ce meurtre (73). Ces trois seigneurs 
parvinrent cependant à déterminer les Gantois à 
envoyer dès députés à Bruges , où étoit le prince , 
qui les reçut généreusement. 



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» 



SUR LOUIS DE BRUGES. 



Le 24 du même mois 1482.(1483 N, S.), Gru- 
thuyse , en qualité de membre de la noblesse de 
Flandre, et au nom de son souverain naturel, ratifie 
la paix faite à Arras en la même année, entre 
Louis XI, roi de France , et Maximilien. 

Dans lacté de ce consentement , en parlant de 
Louis XI, Gruthuyse appelle ce monarque son sou- 
verain seigneur, et Maximilien , son souverain natu- 
rel. Il avoit raison de faire cette distinction , parce 
que les comtes de Flandre devant au roi de France 
foi et hommage pour leur comté , n'étoient re- 
gardés par leurs sujets que comme leurs seigneurs 
suzerains. (74) 

Trois jours après, la princesse Marie meurt des 
suites d'une chute de cheval. Gruthuyse est nommé, 
avec Jean de Lannoy, abbé de Saint-Bertin , et Jean 
Parmentier, son exécuteur testamentaire. Il assiste 
à l'enterrement le 2 avril , et marche , en grand 
deuil, avec un long manteau et un chaperon noirs, 
après Maximilien et Philippe son fils, qui n'avoit 
encore que deux ans et huit mois. (y5) 

La même année il signe un inventaire « de cer- 
« tains joiaulx jadis appartenans à feu madame Marie 
« la duchesse, que Dieu pardonne, trouvez à la cour, 
« en la ville de Gand , et rensegnez par certain in- 
« ventaire signé de la main de monseigneur de la 
« Gruthuyse, l'an 1482. »,(7^) 

En 1484 9 l'hôpital de Saint- Jean, à Bruges, lui 
paie trois livres de gros seize escalins pour trente- 




24 RECHERCHES 
six cuves de bière, à raison de deux sous par cuve; 
droit qu'il prélevoit à son profit sur toutes les bières 
qui se brassoient à Bruges. (77) 

Dans le premier mois de l'année i485, Griithuyse, 
qui avoit été un des chefs du parti qui vouloit que la 
tutelle du jeune prince Philippe fût donnée à quatre 
personnes nommées par les trois États du pays, à 
l'exclusion de Maximilien (78), est arrêté et jeté 
en prison par ordre d'Engelbert de Nassau; et du 
consentement des Brugeois, d'après une des con- 
ditions de la paix faite avec eux, tous ses biens 
sont confisqués, et donnés à celui qui s'étoit chargé 
de le faire arrêter (79). Mais ayant quitté la prison 
civile qu'il avoit d'abord choisie, pour se faire juger 
par le Magistrat de Bruges , son affaire est portée au 
tribunal dés chevaliers de la Toison-d'Or , avec in- , 
jonction à lui de se présenter au premier Chapitre 
qui sera tenu, pour rendre compte de sa conduite 
et pour s'y justifier. D'après cette décision , qui 
satisfit peu Maximilien , qui aurait voulu perdre 
Gruthuyse (80), il partit sur-le-champ pour Malines, 
lieu de sa nouvelle prison , sous la garde du maître- 
d'hôtel du prince, Olivier de la Marche, qui le laissa 
près de Dendermonde (81). Il resta à Malines avec 
ses deux fils (82) jusqu'au i5 février 1488, que la 
commune de Bruges, qui s'étoit de nouveau insur- 
gée contre Maximilien , qu'elle faisoit étroitement 
garder, lui envoya un député pour l'engager à y 
revenir. (83) 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 2 5 
A son arrivée le 20 du mois suivant, il se rend, 
avec Jean de Fontaigne , chez le roi des Romains , et 
lui fait des ouvertures de paix de la part de Philippe 
de Clèves. Il se présente ensuite au peuple assemblé 
sous sa bannière , dans le grand marché, et l'engage 
fortement à restituer et à envoyer à l'Écluse les 
effets de ce seigneur, qui étaient sous le séquestre, 
dans la Halle, depuis le départ de Gruthuyse. Sur la 
réponse qu'il reçoit, que Philippe de Clèves pouvoit 
venir lui-même chercher ses effets , jugeant que sa 
démarche resteroit sans succès , il s'en retourne à 
Gand, transporté de colère. (84) 

Il signe le i er mai, dans cette ville, un traité d'al- 
liance et d'union entre les trois États du duché 
de Brabanft, et les États de Middelbourg, Luxem- 
bourg, Flandre, etc., approuvé et confirmé par 
Charles VIII, roi de France. (85) 

Par un des articles de l'accord fait le 10 du même 
mois, entre Maximilien et les États de Flandre, il 
est dit que Gruthuyse et les autres nobles qui avoient 
été décrétés d'arrestation, à cause de l'emprison- 
nement du monarque, seroient libres et dédom- 
magés. (86) 

Par un autre article de la paix conclue par les États 
de Flandre avec Maximilien, et arrêté en leur assem- 
blée à Gand le 1 2 mai , Louis de Bruges , seigneur 
de la Gruthuyse, David, évêque d'Utrecht , Jean, 
duc de Bourbon, connétable de France, Jean, duc 
de Clèves, le seigneur de Brimeu, le comte de Cler- 



26 RECHERCHES 
mont , Adolphe de Clèves , seigneur de Ravesteyn , 
Philippe de Clèves, Antoine, bâtard de Bourgogne, 
seigneur de Beveren , sont invités , comme parens 
et amis de leur prince naturel , du côté de sa femme, 
à signer, par approbation et pour plus grande sûreté, 
tous les articles de cette paix , et à y apposer leur 
sceau. (87) 

Les Flamands ayant repris les armes, Gruthuyse 
est envoyé le 18 juillet, de la part des trois États , 
avec Adrien Vilain, seigneur de Rassegem, et avec 
d'autres magistrats, vers Philippe de Clèves, qui 
étoit venu secourir les Flamands , et qui retour- 
noit avec ses troupes en France , pour l'engager à 
s'arrêter dans sa marche , et à continuer de les 
défendre. (88) 

Le 3 août il donne en son hôtel , aux frais de la 
ville de Bruges, un magnifique repas au comte 
François de Vendôme (89) , que Desquerdes , qui 
se retirait , emmenant les vingt mille hommes que 
Charles VIII avoit envoyés, sous son commande- 
ment, au secours des Flamands, leur laissoit pour la 
défense de leur pays, avec un détachement de trois 
mille hommes. (90) 

A ce banquet , qui coûta douze livres de gros et 
huit escalins, assistèrent plusieurs nobles chevaliers, 
ainsi que les dames et demoiselles de distinction de 
la ville. 

On remarque dans les comptes de 1489 à 1490 
(fol. i5j y i58 et 15g), où il est fait mention de 



SUR LOUIS DE BRUGES. 27 
pareils banquets donnés, soit à l'Hôtel-de-Ville, soit 
à l'hôtel de la Maison commune (de Poorterlyke 
loge) , que le seigneur de la Gruthuyse, lorsqu'il se 
trouve au nombre des convives, est toujours nommé 
avant le bailli, l'écoutèté et les bourguemestres. 

Le 1" septembre il se rend à Bruges, accompagné 
d'Adrien Vilain , seigneur de Rassegem , de Golard 
de Halewyn, seigneur de Bosinghen, de Jean de 
Nieuwenhorre, et de Philippe de Sickele, chargés par 
les États du pays de renouveler, au nom du jeune 
prince Philippe, le Magistrat de la ville et celui du 
Franc. (91) 

Vers la fin d'octobre, lui> Êvérard d'Aremberg et 
l'écoutète Picavet, sont nommés pour commander, 
sous le seigneur Louis de Halewyn , les troupes du 
Franc contre celles de Maximilien. (92) 

Ce monarque ayant conclu la paix avec Char- 
les VIII, à Francfort, le 22 juillet 1489* et étant con- 
venu, par un article du traité, de prendre le roi de 
France pour médiateur entre lui et les Flamands, les 
États de Flandre envoient en conséquence vers le 
Roi , le 20 du mois d'août, pour traiter de la paix, 
une députation de vingt-six membres, au nombre 
desquels se trouve Gruthuyse. Charles VIII étoit 
alors à son château de Moritilz-lez-Tours; les députés 
de Maximilien s'y rendirent de leur côté. 

Ces envoyés restèrent au Montilz jusqu'au 1" oc- 
tobre suivant, jour de la signature de la paix; mais 
ils ne forent de retour à Bruges que le 5 décembre; 



28 RECHERCHES 
Louis de Beauchamp, évêque de Paris, l'abbé de 
Saint-Denis, Jean de Groslaye, autrement de Villiers, 
cardinal de Sainte - Sabine , et plusieurs seigneurs 
françois, les accompagnèrent. (g3) 

C'est à ce voyage de Gruthuyse à Tours qu'il faut 
fixer l'époque à laquelle il fit hommage à Charles VIII 
du beau manuscrit qu'il avoit fait exécuter dans cette 
intention , et qui contenoit la description du tournoi 
dont son père, Jean de Bruges, seigneur de la Gru- 
thuyse, avoit donné le magnifique spectacle à Bruges 
en i5g2, tournoi fameux, sur lequel nous entre- 
rons dans de plus longs détails lorsque nous décri- 
rons ce même manuscrit qui nous en a conservé la 
mémoire. 

Le 6 avril i49°> sur la demande de Gruthuyse, 
on bannit du pays pour cinquante ans, sous peiné 
de la vie, vingt-sept personnes, tant hommes que 
femmes, qui s'étoient prises de quenelle avec quel- 
ques soldats de la garnison allemande de la ville de 
Damme, querelle qui auroit pu avoir des suites fu- 
nestes. Un Anglois nommé Édouard Nicoles, se plai- 
gnant hautement de l'injustice de ce bannissement , 
et fort de l'appui des autres proscrits , court en 
armes à l'Hôtel -de -Ville, avec l'intention de se 
venger sur Gruthuyse, le grand -bailli, et tout le 
Magistrat. Les deux premiers étoient au moment 
d'être percés d'une lance que tenoit ce furieux, lors- 
que le bourguemestre de la commune, Antoine de 
Witte, en voulant détourner le coup, le reçut lui- 




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SUR LOUIS DE BRUGES. 29 
même , et tomba mort. Ou se met en défense aussi- 
tôt ; deux des mutins sont tués, et les autres prennent 
la fuite. (94) 

Le 7 mai, le duc Albert de Saxe nomme écoutète 
de Bruges Corneille Metteneye, à la place de Josse 
de Baenst, qui s'étoit enfui à Damme, parce qu'il 
n'avoit pu engager la commune à observer de point 
en point tous les articles de l'arrangement fait avec 
le duc , et qu'il avoit promis de faire adopter par le 
peuple ; la commune refuse de reconnoître le nouvel 
écoutète. A cette nouvelle , le duc vient lui-même 
à Bruges, avec Êngelbert de Nassau, convoque le 
Magistrat et la commune , leur demande, en pré- 
sence des seigneurs de Gruthuyse et d'Uytkercke, 
les motifs de leur refus, et pourquoi ils ne veulent 
point consentir à la diminution de la valeur des 
espèces, nécessitée par le haut prix auquel l'argent 
étoit monté , diminution que beaucoup de villes 
avoient approuvée. A cette dernière question ils ré- 
pondent qu'ils suivront les mesures que prendront 
à cet égard les Gantois ; à l'autre , que le rempla- 
cement de l'écoutète ne leur paroît pas une affaire 
si urgente , attendu que les troubles cesseroient 
bientôt, si le duc vouloit éloigner de Damme, $ussi- 
bien que de tout le pays, la garnison allemande qu'il 
entretenoit dans cette ville , et qui gênoit extrême- 
ment, et même anéantissoit entièrement le com- 
merce de la Flandre. 

A une réponse si hautaine, les deux seigneurs 



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3o RECHERCHES 
entrèrent dans une telle colère , qu'ils partirent im- 
médiatement pour Ypres. 

Cependant ils font accroire au Magistrat de cette 
ville qu'ils ont obtenu des Brugeois la diminution de 
l'argent qu'ils demandoient. Le peuple , ne se dou- 
tant point de la supercherie, ne fait aucune difficulté 
d'y adhérer. Munis de ce consentement, ils revien- 
nent à Bruges , et requièrent la commune d'imiter 
celle d'Ypres. Mais Gruthuyse, qui avoit intérêt de 
s'opposer à cette mesure , mit tant de tnotifi en avant 
pour ne point l'admettre , qu'on ne décida rien ; de 
manière que le duc et le comte forent obligés de s'en 
retourner. Celui-ci , en passant par Damme, y donne 
ordre de gêner de plus en plus l'approvisionnement 
et le commerce de Bruges , qui se faisoient par ce 
port; c'est ce qui donne occasion, au commence- 
ment du mois suivant, d'envoyer en députation au 
duc de Saxe, qui étoit alors. à Malines, Gruthuyse, 
Grégoire Heyn , Corneille van Doone , le pension- 
naire Jean Beyts, pour le supplier de retirer de 
Damme la garnison allemande. Us reçoivent pour 
réponse qu'il ne pourroit y consentir qu'autant que 
Philippe de Clèves éloigneroit celle qu'il tenoit à 
l'Écluse, et qu'on auroit accédé à la diminution des 
espèces. 

Ces conditions nouvelles pour les députés les je- 
tèrent dans un grand étonnement, et leur position 
devint extrêmement embarrassante à l'égard de leurs 
compatriotes, qui regardoient l'assurance de la di- 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 3i 
minution comme arrangée. Gruthuyse reste seul à 
Malines, et les laisse"|*rtir sans lui, parce qu'il ne 
désapprouvoit plus cette diminution > ayant dans l'in- 
tervalle de la négociation remboursé , suivant l'an- 
cien taux, les rentes et redevances dont son droit 
de gruyte étoit chargé. (g5) 

Il faut croire que son luxe domestique , et de 
grandes dépenses occasionnées par un long et con- 
stant séjour à la cour des ducs de Bourgogne, l'avoient 
obéré, et qu'il ftit plus d'une fois contraint d'avoir 
récours à des emprunts considérables. 

Le 24 H 13 * r 49*> j our de la Pentecôte, Maximilien 
assemble à Malines le vingt-troisième Chapitre de la 
Toison-d'Or. Gruthuyse, qui redoutoit, sans doute, 
les reproches qu'il avoit encourus en prenant sou- 
vent parti pour les États de Flandre, et en défendant 
les privilèges de sa ville contre les entreprises de ce 
prince, n y parut point. 

Dans ce Chapitre furent produites plusieurs accu- 
sations contre quatre chevaliers qui avoient pré- 
cédemment eu part aux mouvemens populaires des 
Flamands. 

Gruthuyse fiit accusé d'avoir, par suite des trou- 
bles qui agitoient le pays , et à la faveur du soulève- 
ment du peuple, fait livrer aux François (96), avec 
lesquels on étoit en guerre, la ville d'Alost, et leur 
avoir rendu lui-même le château de Lille , dont il 
étoit capitaine ; d'avoir, étant , par un des articles 
de la paix conclue avec Maximilien et le Magistrat 
de Bruges, devenu leur prisonnier, afin de se sous- 



32 RECHERCHES 

traire au jugement du tribunal de l'ordre de la 

Toison-d'Or, mieux aimé garder la prison commune, 

ce qui mettoit en sûreté ses biens , qu'on ne pouvoit 
confisquer à cause des privilèges dont jouissoit la 
bourgeoisie , et cela plutôt que d'être honorablement 
jugé par ses pairs; mais que, cependant, comme on 
lui avoit fait entendre qu'il ne pourrait pas toujours 
se soustraire à leur jugement, il s'étoit décidé à sortir 
de prison. On ajoutoit qu'ayant eu pour lieu de 
détention la ville de Malines, d'où il avoit cherché à 
s'évader, on avoit été obligé de le garder plus étroi- 
tement ; et qu'enfin , après avoir trouvé le moyen de 
s'échapper et de se rendre a Bruges, il avoit pris 
part à la détention de Maximilien, que le peuple 
gardoit à vue dans une maison située sur le grand 
marché de cette ville. (97) 

D'après ces motifs, plus ou moins fondés, au Cha- 
pitre suivant, convoqué à Bruxelles le i5 octobre 
i5i6, long- temps après sa mort, les excuses qu'il 
avoit alléguées pour se dispenser d'assister à celui de 
1491 , et de répondre aux reproches dont sa conduite 
avoit été l'objet, furent discutées et trouvées non 
valables ; en conséquence , un décret de Maximilien 
et du Chapitre ordonna, conformément aux statuts 
de l'ordre , que ses armes seraient enlevées de dessus 
la stalle où elles avoient été anciennement peintes, 
dans le chœur de l'église métropolitaine de Saint- 
Rombout de Malines , où s'étoit tenu ce Chapitre. 

Pareil jugement fut porté contre Adolphe de Clè- 
ves, seigneur de Ravesteyn, et contre Wolfart de 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 33 
Borssele, seigneur van der Veere (98); et pour le 
surplus, on s'en remettoit au jugement de Dieu. Mais 
à la prière des parens et des amis de Ravesteyn et de 
Gruthuy^e , et à la sollicitation de messire de Belle- 
ville, envoyé par Louis XII à Philippe, pour engager 
ce priqce à passer par la France en allant en Espagne 
par terre, les armes de ces deux seigneurs furent 
^feglacëes au-dessus des stalles où elles étoient aupa- 
ravant.^) ' 

Le 16 mars 149 2 (N. S.), Gruthuyse voit mettre 
la dernière mafîn au manuscrit de la Consolation d^e 
la Philosophie , de Boèce , traduite en flamand : il 
l'avoit fait exécuter à Gand; c'étoit le plus beau 
manuscrit de sa bibliothèque. 

Le 14 novembre il arriva de Gand à Bruges, mats 
déjà tellement malade , qu'il mourut le 24 du même 
mois, âgé de plus de 70 ans. (100) 

Le 27, vers les neuf heures du soir, son corps fut 
déposé dans le tombeau qu'il s'étoit fait construire 
dans l'église de Notre-Dame. A son convoi , qui fut 
très simple, il n'assista que douze ecclésiastiques en 
ceinture, chacun tenant à la main une torche ar- 
dente ; il n'y eut qu'un très petit nombre d'autres 
assistans en deuil. Son cercueil, sans armoiries, fut 
porté par quatre chanoines. Au moment de l'in- 
humation il régnoit un si violent ouragan , que plu- 
sieurs arbres du cimetière de Notre-Dame furent 
déracinés. (101) 

Ces détails s'éloignent un peu de ce qui se lit dans 



34 RECHERCHES 
un acte public rapporté par Dierix (102) , et où 
Jean de Gruthuyse dit que son père termina ses jours 
dans une maison qu'il possédoit à Gand. Peut-être, 
pour accorder cettç dernière version avec la nôtre, 
suffira-t-il de croire que le fils de Gruthuyse a voulu 
£iire entendre que son père fut attaqué, dans cette 
maison , de la maladie dont il mourut à Bruges , 
onze jours après y avoir été transporté. 

Gruthuyse jouit de toute la faveur de Philippe-le- 
Bon , de Charles-le-Hardi et de Marie de Bourgogne , 
ses souverains seigneurs , dont il étoit aimé. Il eut 
aussi l'affection des Brugeois, qui l'employèrent dans 
toutes les circonstances où leurs fréquens soulève- 
mens les forçoient de recourir à la clémence de leurs 
princes. De son côté, il eut beaucoup moins d'atta- 
chement pour Maximilieu, contre qui il se déclara 
après la mort de Marie, en faveur des États de Flan- 
dre, avec lesquels ce prince eut de grandes contesta- 
tions , comme on a pu le voir. 

11 aimoit les lettres. La riche bibliothèque qu'il 
s'étoit formée , et qu'on ne pouvait comparer a au- 
cune autre de son temps , si l'on en excepte celle des 
ducs de Bourgogne , en est une preuve incontestable. 
If les protégeoit aussi dans ceux qui les cul ti voient, 
témoin Golard Mansion, traducteur de plusieurs 
ouvrages en françois, et le premier imprimeur à 
Bruges, dont il tint un des enfans sur les Fonts bap- 
tismaux (io3). Il étoit magnifique en tout. Le vaste 
hôtel (104) qu'il fit élever sur l'emplacement d'un 



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- 4 

SUR LOUIS DE BRUGES. 35 
plus ancien , et qu'il orna de tout ce que les arts 
offraient alors de plus recherché, ses beaux et nom- 
breux châteaux, ses dons multipliés, attestoient son 
goût et son opulence. 11 fut en même temps reli- 
gieux, sage et prudent, libéral, et charitable en- 
vers le pauvre; son esprit étoit orné, et il parloit 
bien (io5). Il a laissé, dans divers monumens qui 
re, des témoignages non équivoques de 
et brillantes qualités. 
Son portrait se trouve peint dans plusieurs manu- 
scrits qui lui ont appartenu (106). Le plus ressem- 
blant doit être, sans contredit, celui qui le repré- 
sente en pied , offrant à Charles VIII, roi de France, 
le livre du tournoi de son père. La statue de celui-ci, 
qu'il a voit fait exécuter en marbre blanc, de gran- 
deur naturelle, ainsi que celle de sa mère, se voyoient 
encore avant nos derniers temps de destruction, pla- 
cées, debout, derrière le maître-autel, et vis-à-vis 
l'endroit où se conservoit la châsse de saint Boniface, 
patron de l'église de Notre-Dame. (106 Bis) 

Il tiroit son nom de Gruthuyse, qui s'écrit di- 
versement Gruytliuyse, Gruuthuuse , Gruthuyse et 
Gruthuse , et qui signifie, en langue flamande, mai- 
son de la gruyle, ainsi appelée d'un droit ou impôt 
qui se prélevoit a son profit sur la fabrication et la 
vente de la bière , sous la dénomination de gruyte, 
sorte de drêche , et dont le produit s'appeloit gruyte 
geldt (argent de gruyte). Ce droit, qui consistoit 
en deux gros sur chaque tonneau de bière qui se 



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36 RECHERCHES 
bi assoit dans la ville de Bruges , avoit été accordé 
en 1 200, à un de ses ancêtres, par Baudouin, comte 
de Flandre, au moment où, s'étant croisé contre les 
Infidèles, il étoit sur le point de partir pour Constan- 
tinople, afin que le produit pût mettre le seigneur de 
la Gruthuyse, capitaine de la ville, en état de secon- 
der le seigneur de Ghis telles, à qui Baudouin avoit 
confié pendant son absence l!entretien des digues et 
la défense générale des côtes, depuis Calais jusqu'au 
port de l'Écluse, et auquel il avoit également accordé 
à cet effet un droit de sortie de quatre gros pour 
livre sur toutes les marchandises du pays (107). Il 
paroît que dans la suite les habitans purent, moyen- 
nant une rétribution pour le droit de gruyte, brasser 
avec leur propre mouture. Plus tard, la ville de 
Bruges prit à ferme, des seigneurs de la famille de 
la Gruthuyse, le fief de cette gruyte, qu'elle affer- 
moit à son profit. 

Louis de la Gruthuyse étoit prince de Steenhuyse, 
principauté à deux lieues de Grammont, que son 
père, Jean de Bruges, acquit à sa famille par son 
mariage avec Marguerite , fille et unique héritière 
de Félix, prince de Steenhviyse et seigneur d'Avel- 
ghem, grand-bailli de Bruges, mort vers l'an 1424. 

Il fut créé, comme on l'a vu plus haut, comte de 
Wincester, par Édouard IV, roi d'Angleterre. Il 
étoit en outre seigneur banneret de Flandre, et pos- 
sédoit les seigneuries : 

i \ D'Avelghem, à deux lieues et demie de Cour- 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 3 7 
trai , seigneurie de la chàtellenie d'Audenaerde, que 
son père eut de sa femme, et dont l'antique château 
se voit gravé dans Fouvrage de Sanderus. (108) 

2*. De Hamste ou Haemstede, beau village et sei- 
gneurie dans l'île de Schouwen, qu'il acheta avec 
toutes ses dépendances, revenus, fermes et château, 
le 21 juin ï455, de Philippe-le-Bon. Par succession, 
cette seigneurie passa à Jean son fils , à qui la posses- 
sion en fiit confirmée par lettres de Maximilien et 
de Philippe son fils, datées du 20 novembre i49^- * 

Vers 1 592 , Catherine de Gruthuyse, fille de René , 
la vendit au seigneur Eewoutsen Teeling , conseiller 
des États de Zeelande , et à Jean Anthonissen de 
Jonge, bourguemestre de Ziericzée. Smallegang, 
dans sa Chronique de Zeelande (pages 682 et 689) , 
donne les noms de tous les seigneurs de Hamste avant 
Gruthuyse $*U a même porté le soin jusqu'à faire 
graver une vue du village. 

3°. D'Oostcamp, fort village à trois quarts de lieue 
de Bruges. On ne peut à présent se faire une idée du 
beau château qui s'y trouvoit, que par la gravure 
qui est dans Sanderus (109), car on n'en voit plus 
aujourd'hui que quelques vestiges. C'est aujourd'hui 
la propriété de M. le duc d'Ursel. 

4°. De Beveren, terre seigneuriale à quatre lieues 
de Courtrai, et dont les armes sont de gueules au 
sautoir d'argent. 

5°. De Thielt ten hove, autre terre a peu de dis- 
tance de la ville de Thielt, qui est à quatre lieues et 



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38 RECHERCHES 
demie de Bruges. Sanderus a donné la vue de ce 
bourg. Une dame de la Gruthuyse dont cet écrivain 
(tom. III, p. 38) ne rapporte pas le nom, a été 
enterrée dans l'église de ce village. 

6°. D'Espierres, en flamand Spiere, seigneurie 
autrefois dans le Hainaut autrichien , et qui venoit 
du chef de sa grand'mère, Agnès de Mortagne, ville 
du Tournésis. 

Gruthuyse ordonna par son testament que son 
corps seroit inhumé dans l'endroit où étoit le tom- 
beau de ses ancêtres ; et il laissa le plan de celui 
qu'il vouloit qu'on lui élevât. Ce tombeau, qui a 
été détruit en 1797, étoit dans le chœur de l'église 
canonicale et paroissiale de Notre-Dame de Bruges, 
à gauche du maître-autel, et non loin de ceux de 
Charles-le-Hardi, duc de Bourgogne, et de Marie 
sa fillç, lesquels occupoient le milieu du choeur; mais 
ils ont été déplacés depuis. Celui de Gruthuyse, 
au-devant duquel étôient deux lions de bronze, cha- 
cun placé sur un piédestal, l'un tenant les armes de 
Gruthuyse, et l'autre celles de sa femme, étoit en 
marbre noir, et les figures dont il étoit orné, en 
cuivre jaune. 

On y voit ce noble Flamand couvert de son armure 
et décoré du collier de l'ordre de la Toison-d'Or, 
ayant les mains jointes, la tête posée sur un coussin, 
et les pieds appuyés contre un lion, couché tout de 
son long, à côté de sa femme, dans la même posi- 
tion , à chacune des deux extrémités d'une voûte 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 3 9 
formée de huit arcades en ogive et soutenue par neuf 
colonnes en bronze cannelées. On avoit placé un 
ange à la tête et un autre aux pieds de ces deux 
figures. Le premier portoit le casque de Gruthuyse, 
son cimier et l'écu de ses armes, entouré de son 
collier, et surmonté de son chiffre ; l'autre tenoit 
une croix et les mêmes armes , mais sans déco- 
ration; 

Au milieu d'une autre enceinte de colonnes d'or- 
dre différent, et qui supportaient le monument, se 
voyoit représenté en pierre blanche, de grandeur 
naturelle, un homme couché, dont. le corps étoit 
rongé par les vers; c'étoit vraisemblablement le père 
de Gruthuyse, ou un de ses ancêtres dont il aura fait 
détruire l'ancien tombeau, pour y élever le nouveau. 
Sur celui-ci se lisaient les deux épitaphes suivantes : 

« Hier light hooghe ende mogende heere m'er 
« Lodewyck van Brugghe , heer van Gruuthuuse , 
« grave van Wincestre, prince van Steenhuuse, etc., 
« eersten camerlinck van onsen geduchtigen heere 
« en rudder van der ordene, ende in synen tydt 
« gouuerneur gênerai van Hollandt, Zeelant ende 
« Vriesland ende rudder van eeren van onse ge- 
« duchtige et vrauwe Marie , die starf in 't jaer 
« M. vierhundert xcij, den xxvj van nouembre. » 

« Hier light vrauwe Marguriete van Borssele, ge- 
« selnede van myn heere booven genoemt, dochter 
« van myn heer Hendrick van Borssele, heere van 



4° RECHERCHES 

tr Vere, grave van Granpré , die starf in 't jaer 

« duysent v c tien den 25 dag van ougst, godt hebbe & J 

« de zielen. » 

C'est-à-dire , 

« Ci-gît haut et puissant seigneur messire Louis 
« de Brùges, seigneur de Gruuthuuse, comte de 
« Wincestre, prince de Steenhuyse, etc., premier 
a chambellan de notre redouté souverain, et cheva- 
v lier de l'ordre, et en son vivant gouverneur géné- 
« ral de Hollande, Zeelande et Frise, et chevalier 
« d'honneur de notre redoutée dame Marie, lequel 
« mourut en l'an mil quatre cent quatre-vingt douze, 
« le 26 de novembre. » 

« Ci-gît dame Marguerite de Borssele, femme de 
« mondit seigneur, fille de monseigneur Henri de 
« Borssele, seigneur de la Vere, comte de Grandpré, 
« laquelle mourut en l'an mil cinq cent dix, le a5 e 
« jour d'août. » 

« Dieu veuille avoir leur âme. » 

La devise de Gruthuyse : Plus est en vous, en 
% flamand meer es in u, accompagnoit ces inscriptions. 
Il se plaisoit à marquer de cette devise tout ce qui 
lui appartenoit, et ce qui étoit à son usage. 

Si l'on peut s'en rapporter a une tradition popu- 
laire , il la prit à l'occasion d'une demande qu'il 
adressa à Philippe-le-Bon , qui lui répondit par ces 



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SUR LOUIS DE BRUGES. 4i 
mots, voulant ainsi lui faire entendre que la grâce 
ou la faveur qu'il sollicitait, étoit autant et peut-être 
plus en son pouvoir qu'on celui de son pçince ; mais 
il vaut mieux croire que cette devise étoit un effet 
de l'extrême modestie de Gruthuyse* 

Dang son ouvrage intitulé Description des J^tms*. 
de la ville de Bruges, pl. 20, M. Rudd a fait |jffcver 
ce tombeau avec la plupart de ses détails , d'après un 
dessin exact qu'en avoit fait prendre M. van Heurne, 
au moment où on alloit le détruire. 

Gruthuyse portoit aux 1 et 4 d'or, à la croix de 
sable, qui est Gruthuyse, aux 2 et 3 de gueùles au 
sautoir d'argent, qui est van der A a. Son cimier 
étoit un bouc ou capricorne issant de sable, accollé 
d'azur et accorné d'or dans un vol d'hermine de trois 
rangs. Ses supports étoient deux licornes. 

On ne sait pourquoi il accompagna , dans la suite , 
son écusson de deux mortiers posés sur leur affût , 
et lançant une bombe qui s'enflamme. 

Cette machine de guerre , connue d'abord sous le 
nom de bombarde , et le projectile sous celui engin 
volant y paroît avoir été employée pour la première 
fois au siège de Bordeaux, en i452. 

Sa maison , qui fut construite après le milieu du 
quinzième siècle , se trouve également gravée dans 
le tome II, p. 148, du Flandria illustrata, de 
Sanderus. C'étoit un des plus beaux et des plus vastes 
hôtels qu'il y eût alors. La décoration de l'intérieur, 
dont on voyoit encore quelques restes il y a une 



42 RECHERCHES SUR LOUIS DE BRUGES, 
cinquantaine d années , en faisoit un palais magni- 
fique* Il est bâti en briques rouges , sur un canal , 
vis-à-vis d'un pont appelé Gruthuyse-Brugge , et 
communique par une tribune à l'église de Notre- 
Dame (no). Le tetTaih des jardins qui en dépen- 
doient est maintenant couvert de maisons particu- 
lières; et on a établi dans cet hôtel, depuis 1628, 
un Mont-de-Piété. 

Quoique M. Moke ait fait, de Louis de Bruges, le 
principal personnage d'un roman qui a eu quelque 
succès , intitulé le Gueux de mer, ou la Belgique 
sous le duc dïAlbe, Paris, 1827, 2 vol. in-12, les 
faits qu'on y raconte sont tout-à-fait étrangers à ce 
seigneur, ainsi qu'au siècle où il a vécu. 



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GÉNÉALOGIE 



DES 

SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 



La généalogie que nous donnons ici a été dressée 
d'après cinq autres, plus ou moins complètes, de la 
famille de la Gruthuyse. Nous les avons trouvées : 

i •. Dans un beau manuscrit du dix-septième siècle, 
rempli de blasons enluminés, et de généalogies, pour 
la plupart relatives aux grandes familles des Pays- 
Bas, et qui a passé de la bibliothèque de d'Hozier 
dans celle du Roi. 

2°. Dans le tome II, page 1 10, des Trophées du 
Brabantj par Butkens, ou Ton trouve aussi les gé- 
néalogies des van der Aa et de Grimberge ou Grim- 
berghe, dont un descendant épousa, au treizième 
siècle, l'héritière de la Gruthuyse. 

3°. Parmi les généalogies de Scohier, conservées 
à la bibliothèque du Roi. 

Feu M. le comte de Peelaert, de Bruges, nous en 
a communiqué une autre qu'il avoit tirée d'un ma- 
nuscrit contenant plusieurs généalogies d'anciennes 
familles de Flandre; elle est plus détaillée et moins 
fautive que celles dont nous venons de parler. Notre 



44 GÉNÉALOGIE 
travail s'est donc borné à comparer entre elles ces 
différentes généalogies, à les corriger les unes par les 
autres, et à nous montrer, autant que cela nous a 
été possible, plus exact que nos prédécesseurs. Nous 
y avons fait entrer des faits et des détails de moeurs 
qui n'ont pu trouver place dans ces Recherches; 
peut-être rachèteront-ils la sécheresse inséparable 
de ces sortes de dénombremens. 

La famille de la Gruthuyse, dite de Bruges, qui 
tire son origine des anciens châtelains de cette ville, 
et dont le premier connu, Érembold, suivit le comte 
Robert dans son voyage à Jérusalem en 1 096 , por- 
toit, dans le principe, d'or à la croix de sable; et 
depuis qu'elle s'étoit alliée à celle de van der Aa , elle 
écarteloit aux 1 et 4 de Gruthuyse , aux 1 et 5 de 
gueules, au sautoir d'argent, qui est van der Aa. 

On n'a pu jusqu'ici découvrir la filiation des in- 
dividus de cette famille qui suivent , et dont il est 
fait mention par plusieurs historiens. 

i°. Henri de Bruges XI e , échevin du premier banc 
de la Keure de Gand en 1 3o3 , rapporté par de l'Bs- 
pinoy. (Recherche de t antiquité des familles de 
Flandre, p. 353.) 

2 . Catherine de Bruges de la Gruthuyse , pre- 
mière femme de Guy de Ghistelles , chevalier, sei- 
gneur de Lacque (Laeken) en i38o (le P. Anselme, 
1. 1, p. 161); et Recueil généalogique des Familles 
originaires des Pays-Bas, 1775, in-8°, p. 161. 

lie manuscrit d'Hozier (p, 45) ne parle que de la 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 45 
seconde femme de ce Guy, seigneur de Laekeo, mort 
en 1429» laquelle étoit Agnès de Barlaimont, fille 
de sire de Ville, morte le 10 septembre i4 2 9> et en- 
terrée à Sainte-Catherine-lez-Bruges. (Bec, ibid.) 

Le manuscrit de M. de Peelaert dit que Catherine 
de Bruges mourut religieuse de Sainte -Claire, le 
14 décembre 1342, et qu'elle avoit épousé Jean , 
sire d'Axele,' chevalier. 

3°. Lysbette de Gruthuyse, femme de Huygens 
de Zierembeke, fille de Guy d'Oyenberghe, en 1 355, 
, et de Lysbette, fille de Huygens de Zierembeke. 
Celle-ci recueillit la succession de son père en 1416, 
et eut quelques contestations avec sa mère, au sujet 
d'une rente viagère. (De TEspinoy, p. 274») 

4°. Marie, fille de messire Guildolf de Bruges, 
laquelle épousa par traité, en janvier 14^9» Olivier 
d'Asschove, sire de Malines. Les armes de celui-ci 
étoient un lion. (Ms. de M. de Peelaert.) 

5°. Léon, bâtard de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers 1348, Ligarde Cortschoof, fille de Colard , 
bourguemestre de Bruges. (Mss. particuliers de 
M. de Peelaert. ) 

6°. N. de la Gruthuyse, qui époûsa Sohier de 
Dudzeele, fille de Baudouin, sire dudit lieu, et de 
Marie de Bailleul, vers i363, dont un enfant. 
(Ibid.) 



46 GÉNÉALOGIE 

I. LAMBERT DE BRUGES, site de la Gruthuyse, 

chevalier, noûimé en i25o, et mentionné, en 
1 248, en un registre de Saint-Donat, à Bruges. 

Femme N. 

1 , Guildolf, qui suit : 

2. Guillaume. 

II. GUIDOLF ou GUILDOLF, sire de la Gruthuyse, 
vers l'an 1248- Sanderûs (Flctnd. ilL, tom. II, 
p. 17) a trouvé mentionné, dans les archives 
des Dominicains de Bruges , un miles du nom 
de Guidolf . 

Femme. Gisèle ou Ghiselle. Le manuscrit 
d'Hozier la dit fille du sire de Ghistelle. Scho- 
hier l'appelle Marguerite, fille de Jean, seigneur 
de Ghistelles, lequel mourut Tan 121 3. 

1 . Guildolf, qui suit : 

2. Jean, qui suit après son frère, art. IV. 

3. Jeanne, qui épousa Jean de Ghistelles, 
sire de Formizeele , Motte , etc. , mort en 
i3i$, grand-chambellan de Flandre, fils 
de Jean et de Marguerite de Formizeele. 

4. Marie , qui épousa messire Gérard de 
Halewin , sire de Lichtervelde et de Moli- 
net, dont il n'est fait nulle part mention , 
ni dans le Ms. d'Hozier ni dans le P. An- 
selme (tom. III, p. 908). 



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1 



DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 4 7 
5. Marguerite, qui, selon le Ms. d'Hozier, 

épousa Roland, seigneur de Halewyn et 

d'Uytkerke. 

III. GELDOLF ou GUILDOLF DE BRUGES, sire 
de la Gruthuyse, châtelain de Bruges, vivant 
en 1282, suivant d'Hozier, et aussi en 1282, 
suivant le Ms. de M. de Feelaert, et signant, 
au rapport de Beaucourt ( Jaerboeken van 
den Vrye , p. 146), avec d'autres seigneurs 
un acte daté du i3 juin 1292, où il prend le 
nom de Gufldolf , sire de la Gruthus de Bruges. 

Femme. Gertrude , fille du sire d'Assche , en 
Brabant. 

Anne de Bruges, suivant le Ms. de M. de 
Peelaert; et, suivant Butkens, Catherine, 
héritière de la Gruthuyse. Elle épousa Gé- 
rard d'Aa, chevalier, sire de Grimberghe, 
dont la postérité , art. V. 

IV. JEAN DE BRUGES, sire de la Gruthuyse, 
frère de Guildolf ci-dessus, art. III. 

Femme. Marguerite de Ghistelle , fille de 
Jean II du nom, sire de* Ghistelle, mort en 
1257, s^ 011 l'auteur du Recueil général des 
Familles des Pays-Bas , 1775, in-8. tom. II, 
p. i55, et en 1289, gis 311 * au champ de Ghis- 
telle, selon le Ms. d'Hozier, p. 45, qui nomme 
cette fille Jeanne, et d'Isabeau de la Woestine 



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48 • GÉNÉALOGIE 

et de Formizeele , suivant le Recueil général 
(Ibid.) y laquelle , dit le Ms, d'Hozier, renonça 
au douaire auquel elle pouvoit prétendre sur la 
terre de la Motte , tenue du sire d'Armentières, 
au profit de Gautier de Ghistelles , «on fils 
mainé , suivant lettres datées de 1 3o8. 

1. Jean de Bruges, sire de la Gruthuyse, 
qui épousa la fille de Percheval de la Woes- 
tyne , sire de Knesselaer, sans enfans. 

2. Marguerite de Bruges. 

V. GÉRARD VAN DER AA ou D'AA, fait che- 
valier à la bataille de Woeringe en 1 288, men- 
tionné en 1 281 , 1 287, 1 299, 1 334, 1 339 (Table 
des Monumens anciens, de M. de Saint-Ge- 
nois, p. 9), mentionné sire de Grimberghe en 
1292 et 1297 (Butkens, tom. II, p. 110; et 
Miraus (Lamire), Donat. belg.> lib. 4> P« a56), 
porte de gueules au sautoir d'argent. 

Femme. Anne ou Catherine de Bruges, héri- 
tière de Gruthuyse. 

1 . Jean , qui suit : 

2. Gérard £'Aa, sire de Grimberghe, qui 
épousa Isabeau van Leefdaele, veuve de 
Willaume, sire de Petershem, chevalier, 
vivant en i3o2 (Recueil gén. , tom. I, 
p. 326), et qui étoit mort en 1347. (But- 
kens, tom. II, p. 110.) 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 4 9 
VI. JEAN D'AA, premier du nom, sire de Grim- 
berghe et de la Gruthuyse, en i322, i32g, 
i336, i53g, et mort vers i36o. 

Il signa le 3 décembre i33c), à Gand, avec 
un grand nombre d'autres seigneurs flamands , 
uti traité d'alliance et d'assistance entre le duc 
de Brabant et le comte de Flandre (Saint-Gé- 
nois, p. 2o5, et Chron. van Vlaend., tom. II, 
p. 1 13). Il est mentionné par Mirœus (Donat. 
belg., p. a56) en 1 35o, et par Butkens (tom. II, 
p. 1 08) le 3 février et le i er octobre i355. 
Beaucourt (Jaerboeken van den Vryen, t. III, 
p. 147) a trouvé dans un manuscrit l'épumé- 
ration de ses fiefs, faite au bourg de Bruges, 
en i35i. 

A son mariage il reçut de la ville deJJruges, 
pour présent de noces , une coupe pesant sept 
marcs, laquelle lut payée, suivant les comptes 
de la ville dé 1367 * *368, fol. 77, la somme 
de 6 livres de gros, ou 72 livres parisis. 

t . Femme. La fille de Jean de Steelandt, sei- 
gneur de Lophem, dont il eut Jean, suivant 
Sanderus (tom. II, p. 17), qui épousa Isabelle, 
dame d'Agimont, Aishove et Herines, et que 
Puteanus (Prcelium Woering. , p. 106), fait 
vivre en i384« 

2. Marguerite de Dutzeele, vers i36o, fille de 
Baudouin, sire dudit lieu, et de Marie de Bail- 

4 



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5o GÉNÉALOGIE 

leul , morte le 5 mars i363, et en terrée à 
Dutzeele (Sanderus, tom. II, p. 218). Elle por- 
tait d'argent au chevron de gueules. 

1 . Jean d'àa , qui suit. 

2. Marguerite. Butkens (tom. II, p. m) 
et La Morlière (Rec, p. 72) la nomment 
Marie. Le P. Anselme (tom. III, p. 908) 
lui donne pour mère Béatrix de Grimber- 
ghe. Elle épousa Roland, fils de Hugues, 
sire de Halewyn, Watervliet, etc., gou- 
verneur, suivant le même, de Rethel, et 
décapité à Gand, par les mutins, et d'Isa- 
beau, dame d'Uytkerke. Les Mss. d'Ho- 
zier et de M. de Peelaert n'en font nulle 
mention. 

5. Jeanne de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers 1376, Gilles Hoste (Ms. Peelaert), fils 
de Jean et de Marie Vande Walle, sans 
enfans. 

VII. JEAN D'AA, deuxième du nom, chevalier, 
sire de Gruthuyse et de Grimberghe, drossaert 
de Brabant, nommé en 1374, 1376, 1578. 

1. Femme. Isabelle de Looz, fille de Jean de 
Looz, sire d'Agimont, Walhain, et d'Isabelle 
de Gavre, dame d'Aishove, Herines, en 1372, 
1376, héritière de Bruglettes, et veuve du sire 
de Rochefort, fils de Thierry et de la fille 



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DES SEIGNEURS DE LA GftUTHUYSE. 5i 
Hanefie. Butkens la donne pour la première 
femme de Jean .III son fils. 

1. Jeanne d'à a, dame de Grimberghe, en 
partie, et Walhain, qui épousa Henri de 
Bautershem, sire de Berghes-sur-le-Zoom, 
veuf en 1408, mort en 1418. 

2. Jean, qui suit. 

5. RôlanI) de la Gruthuyse, tué à la ba- 
taille d'Azincourt, en i4i5 (Chron. van 
Vlaend. , tom. II, p. 175), qui épousa 
Catherine Trions, dame de Stoxeghem 
( Sotteghem ou Stockem ) , sans hoirs. 
(Registre des Parchons de Gond, l'an 
1414, fol. 47.) 

4. Agnès de la Gruthuyse, dame de Heers, 
Walbrugghe, Schothoucke. Butkens la dit 
fille d'une seconde femme de Jean III, et 
morte en couches d'un fils de Jean Vilain , 
sire de Hase. 

Meyer (fol. 292, verso) parle d'Agnès de la 
Gruthuyse comme ayant rendu de grands 
services aux trente-sept Picards faits pri- 
sonniers sur les insurgés contre Philippe- 
le-Bon, en juin 1437 , et que les mutins, 
le 12 février de l'année suivante, renvoyè- 
rent au prince pour le fléchir et en obte- 
nir leur pardon. 

5. Guildolf de la Gruthuyse. 



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52 GÉNÉALOGIE 

6. Catherine de la Gruthuyse , chanoi- 
nesse de Nivelle, inconnue à Butkens. 

2. Femme. Marie de Ghistelles. Butkens lui 
donne pour seconde femme Agnès de Mortagne, 
qui étoit celle de son fils, Jean III. 

VIII. JEAN D'AA, troisième du nom, sire de la 
Gruthuyse, prend le nom, et armes de Bruges 
écartelées d'Aa, par traité du 25 janvier 1389. 

Femme. Agnès de Mortagne, dame d'Espières, 
en flamand Spiere, veuve de Gérard de Hâ- 
lewyn, chevalier, sire de Lichtervelde et du 
Molinet, fils de Daniel, et fille de messire 
Alard, sire dudit lieu, et d'Anne de le Watines. 

Jean de la Gruthuyse épousa Agnès de Mortagne le 18 mars 
1389. Sanderus (Fland., tom. II, p. 18) dit, par erreur, en 
1437. Le Carpentier (tom. II, p. 81 4) la dit femme du châ- 
telain de Furnes. Elle mourut le 23 juillet i438, d'après l'épi- 
taphe suivante, qui se lisoit sur son tombeau, aux Carmes 
chaussés , à Bruges. 

« Hier ▼ooren ligghet begravcn Agnes van Mortaigoen , vrauwe van 
« den Gruuthuuse , ende van Spire , die starf in 't iaer m cccc xxxtiii 
« den m daghe in.Hoymaendt. » (98) 

Son père étoit Jean , sire d'Espières , et sa mère , Agnès , fille 
de Baudouin de Pennes (Piennes) , et d'Alix de Créquy (Le Car- 
pentier, tom. II, p. 812). Son grand-père, Éverard ou Gérard 
Radoul, sire de Mortagne , mourut en i3gi, et fut enterré avec 
grande pompe à l'abbaye de Saint-Martin de Tournai , dans un 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 53 
tombeau où un seigneur de Mortagne étoit déjà enterré. On y 
lisoit les deux épitaphes que voici : 

i. « Chy gist Gerart de MorUigne, dit d*Espieres, chevaliers, sires 
« de fourmes, ky trespassa lan de grasse 1391, le 27» jour du mois de 
« julet. Priez adieu pour same. » 

a. « Chy gist Marie de Warison, Yeufre de feu noble homme Mgr. 
« de Caprines, qui trespassa lan de grasse i$i8, le xr» jour de sep- 
« tembre. Priez pour same. » 

Il sera question du cérémonial qui fut observé à 
l'enterrement de Gérard de Mortagne, dans la Notice 
des manuscrits de la bibliothèque de Louis de la 
Gruthuyse, son arrière-petit-fils, et qui possédoit 
un manuscrit où sont rapportés les détails de cet 
enterrement. 

1 . Jean de Bruges , quatrième du nom , qui 
suit. 

2. Catherine de Bruges, dite de la Gru- 
thuyse, qui épousa Henri, sire de Wasse- 
naere, vicomte de Leyde, qui mourut en 
i447- Elle, en 1460. (Butkens, p. m.) 

3. Jeanne d'Aa, de la Gruthuyse, dame de 
Grimberghe, fille aînée, qui épousa Henri 
de Bautershem, chevalier, sire de Berghes- 
sur-le-Zoom. 

IX. GUILDOLF DE LA GRUTHUYSE, sire de 
Proorslé , chevalier , bailli de Tenremonde , 
1578, puisd'Alost, i585. Porte brisé de Ghis- 
telles sur le tout. 



GÉNÉALOGIE 
Femme. Catherine de Kempe (Butk.), Cremps, 
dame de Wellecomme, Piétines, fille (Butkens, 
veuve) de Jean de La Haye (y an der Haghe) , 
par traité, 1406. 

Il est probable <jue c'étoit au faiseur de la 
grute {grute nùzker) que cette dame, et peut- 
être pendant son veuvage, que la ville de Bruges, 
suivant ses comptes de 1417 à 14*8, de 1418 
à i4!9> et de 1420 à 1421, paya différais sa- 
laires qui lui étoient dus. 

1 . Catherine de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers i334> messire Jean, sire d'Axeles, 
décédé en i34s, gisant à Sainte-Claire-lez- 
Gand, fils de Philippe, sire d'Axeles, et 
de N. de Steelandt. 

2. Louis, bâtard de la Gruthuyse, procréé 
d'Agnès van Torre. (Reg. des Parchons.) 

Femme, 141 5. Ligarde de Cortschoof, 
fille de Colard. (Ibid.) 
1 . Ligarde de la Gruthuyse, qui épousa, 
vers l'an i4^4> Jacques van den Heede 
(Ibid.) y fils de Louis et de Catherine 
de Burcq, et qui eut, de Claire Lauwe- 
reyns, morte le 18 septembre 1629, 
François van den Heede , vicomte de 
Vive - Saint- Éloy, seigneur de Negre- 
putte, mort le 27 mai i55y. (DicL de 
la Noblesse y tom. XIV, p. 376.) 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 55 
2. Alix de la Gruthuyse , qui épousa 
Alexandre Schotte (Reg. des Parchons), 
dont Marguerite de la Gruthuyse, qui 
épousa Pierre van den Woestyne, dont 
enfant. (Ibid.) 

X. JEAN. DE BRUGES, quatrième du nom, che- 
valier, sire de la Gruthuyse, d'Espières, Oost- 
camp,Thielt, Avelghem, etc. , grand-veneur de 
Flandre, i382, capitaine du château de Lille. 

Des malveillans ayant répandu, à Lille, des lettres anonymes, 
en flamand et en françois , dans lesquelles on accusoit Jean de 
la Gruthuyse de trahir Louis , comte de Flandre , qu'on avërtis- 
soit de se tenir sur ses gardes, ce seigneur s'empressa d'aller 
trouver son souverain , et pour garans de sa fidélité , de mettre 
à sa discrétion , en présence d'un grand nombre de chevaliers et 
d'écuyers du pays de Flandre , sa personne et tous ses biens. 
Pleinement satisfait de cette démarche , le comte adressa au 
Magistrat de Bruges, des lettres patentes datées du 24 juin 1 383, 
pour l'avertir du délit dont s'étoient rendus coupables des mal- 
veillans envers son fidèle chevalier et conseiller, le seigneur de 
la Gruthuyse , et pour déclarer qu'il le regardoit , et qu'on de voit 
le regarder, comme un loyal chevalier, tel qu'il avoit tou- 
jours été. 

Voici la teneur de ces lettres, dont l'original en parchemin 
nous appartient. 

« Wy Lodewyc grave van Vlaenderen, hertoghe van Brabant, 
graue van Artois ende van Bourgoengnen , Palatin , here van 
Salins , grave van Nevers , van Rethel ende here van Machline , 
doen te wetene allen lieden dat onsen gheminden- capitein , 
bailliu, scouteten ende goeden lieden ghemeetilike van onscr 
stede van Brugghe ende elken zouderlingen wien onse présente 




56 GÉNÉALOGIE 

lettèren' ghetoocbt .Itorden saluut : Vie dien dat ghisteren 
tilcke vele brieven vonden waren ghestrojt binen onser stede 
van Ryssele, inboudende ende gbescreven an deene zide aldus in 
walssche : Conte de Flandres, wardez-vous bien ; le sire de Gruu- 
thtouse vous a trahit , cnde an dandre zide aldus in vlaemsche , 
de bere van den Gruuthuse heeffc verraden den grave van Vlaen- 
deren, ende om dat men nkif jpfceweten can.wie de vorseide 
brieven ghestroyt oft gbeniaect macb bebben , ende wel te pein- 
sene es dat de zaken gbedaen zyn vte nide ende quader aerthe- 
den die yement ghepeinst beeft op onser ghctrauwen ruddre 
ende raed den bere van den Gruuthuse vorseit , so eist dat onse 
vorsede getrauwe ruddre voor ons gecommen es, in de pré- 
sente van vele vremden ruddren, ende andren ruddren ende 
knapen van onsen lande van vlaendren , ende beeft ghepre— 
senteert zyn lyf ende goed in honsen handen ; zegghende eist 
yement wie hi zy ute gbesteken segheren van Rysele of andre 
meuteraakers ons contrarie wesende ende mainteneren wille 
dat hi eneghe zaken van aertbeden of verranessen icghen ons 
of eneghen andren bere gbedaen zoude bebben dat wille hi 
ende es vulvaerdich te verandwordene met sinen liue als een 
goed ende ghetrauwe ruddre sculdicb es te doene. Eist voor 
ons of elre in wies lien bove dat zy vte ghesteken ons of yement 
van onsen bloede , ende waert dat yement van onsen bloede , de 
saken vors' op hem mainteneren ^wilde. Daerof stelt hi hem ter 
ordcnanchen van ons. Supplyerende omoedelike dat wy de 
vorseide presentatie ontfaen wilden ende die in ghedinkenesse 
houden , want hi die altoos bereet ware te volcommene ende 
daertoe te doene al dat een goed ende ghetrauwe ruddre sculdich 
es te doene also vors ' es , Wy anziende de ghewilleghe pre- 
sentatie voorseidt bi onsen vors ' ruddre voor ons ghedaen , in 
de presentie van den ruddren ende knapen vors' ende ooc 
ghemact dat wine altoos goed ende ghetrauwe tonswaert von- 
den hebben zonder eneghe faute , houden onsen vorseiden rud- 
dre van den zaken vors ' over onsculdich , cuenverre dat in ons 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 
enware dat yement qyame die hem op de iakçn vors' voor ons 
of elre aboo behoerde anspreken wttden, twelke hi àltoos bcreert 
es te verandwnordene alsoo vors ' es bi den oorconscepe hier 
af van- dese van onser letteren gheseghelt met onsen zeghele, 
ghegheuen te Ryssele den xxiiij dach van wedémaend int jaer 
ons heren m. ccc. drie en tachMtâch. » 

. ■ * ■. 

Meyer (fol. 168, verso) fait mention , à Tannée 1877, d'une 
réconciliation qui eut lieu par la médiation de la vertueuse Mar- 
guerite de France , fille de Philippe-le-Long , et mère de Louis 
de Mâle , comte de Flandre , entre Geldolphe de Gruthuyse , le 
seigneur de Gruthuyse (vraisemblablement Jean son frère, dont 
il est ici question) et la famille de ces deux seigneurs, et entre 
Jean Bonin ou Bovin , seigneur de Meulenbeke , d'une famille 
puissante et hautaine et ses proches parens. Ces deux familles 
se portoient une haine qui alloit non seulement jusqu'aux pro- 
vocations, mais tournoit souvent en rixes. Meyer ne rapporte 
ni le motif ni l'origine de cette animosité. Il ajoute simplement 
que Jean, seigneur de Ghistelles, chevalier, sans doute Jean IV 
du nom , dit le grand Doigt, avoit pris parti dans cette querelle 
pour les Gruthuyse. 

Jean de la Gruthuyse étoit bailli d'Ypres en 1 383 ( Sanderus , 
tom. II, p. 268). La même anuée, lui et Jean de Ghistelles, 
gouverneur de Bruges , signent la paix faite avec les Gantois 
(Idem, tom. IJ, p. 2.5 1). Aux obsèques de Louis de Mâle, mort 
le 6 janyier i3#4> ce fut lui qui porta l'écu de Philippe de Bour- 
gogne , qui avoit épousé Marguerite , fille unique et héritière de 
Louis. Le 3i mars 1392, et non en i382, ainsi que le dit San- 
derus ( ibid. ) , il se rendit sur le grand marché de la ville de 
Bruges , à la tête de cinquante chevaliers , pour combattre Wol- 
fert , seigneur de Ghistelles , qui l'attendoit au même lieu avec 
un égal nombre de chevaliers. Ce tournoi est représenté , avec 
tous ses détails , dans un très beau manuscrit , dont nous aurons 
occasion de parler au long, par la suite. 



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58 GÉNÉALOGIE 

On le voit, en i3<)5, conseiller de Philippe-le-Hardi , duc 
de Bourgogne (Mém. pour servir à JHist. de France, Paris, 
1729, in-4% tom. I, p. i4). A la même époque, le duc de 
Bourgogne , qui envoie une armée commandée par son fils Jean , 
comte de Nevers, au secours du roi de Hongrie, en guerre avec 
les Turcs y confie à Gruthuyse le pennon, ou bannière,* de cette 
armée. {Id., ibid. ) 

Les Brugeois partent, en i436, au nombre de quatre cent 
cinquantè , pour Calais , dont leur prince faisoit le siège , et lui 
laissent le gouvernement de leur ville {Ann. de Bruges, tom. II, 
p. 23); mais il se démet, au bout de quelque temps, de cette 
fonction {Tableau, tom. II , p. 64; de l'Ëspinoy, p. 168; Ckron. 
van Vlaen. , tom. II, p. 249)' après avoir inutilement tenté 
de ramener par la persuasion et la douceur le peuple mutiné qui 
venoit de massacrer, sous ses yeux, l'écoutète Eustache Brix. 

Le 2 1 septembre ce même peuple le supplie , de concert avec 
le bourguemestre de la commune Louis van de Walle, et un 
dominicain , docteur en théologie , nommé Antoine Goen , de 
porter au comte des paroles de paix , et d'en obtenir le pardon 
de sa révolte (Meyer, fol. 286, verso ; Ckron. van Vlaen., tom. II, 
p. 25 1). A force d'instances auprès du prince, il parvient à tout 
arranger, au gré de celui-ci, et à la satisfaction du peuple. 
( Excell. ckron. , fol. ixxxviij , recto. ) 

Il est nommé, en la même année i436, un des commissaires 
chargés de renouveler le Magistrat de Bruges (Sand. , tom. II, 
p. 26). La même commission lui est encore donnée le 7 avril 
i438 {Excell. Ûkron. , fol. xcix, verso). Enfin, on le trouve 
parmi les confrères de Parchi-confrérie de Saint-Georges , dite 
des Arbalétriers , dans le registre des réceptions , commencé en 
1437. {Jaerb., p. ï84-) 

Femme. Marguerite, princesse de Steenhuyse 
et dame d'Avelghem, l'an i4*5, fille et héri- 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 5g 
tière de Félix , prince de Steeiîhuyse , grand- 
bailli de Flandre, mort vers 1424* et de Mar- 
guerite de Stavele, fille de messire Guillaume, 
vicomte de Furnes, et de Marguerite, dame 
d'Isenghien. Félix étoit fils de Gérard, mort 
vers 1579, qui étoit fils de Halcard, vers i3qo. 
(Van Ghistel, Hist. arch. Mechel., tom. II, 
p. 229; de FEspinoy, p. 86.) 

1. Louis de Bruges, sire de la Gruthuyse, 
qui suit : 

2. Louise, qui épousa Louis de Flandre, 
chevalier, sire van Praet et de la Woes- 
tyne, Ommelé (Omezée) Beveren, fils de 
Jean et de Jeanne de Reyghersvliet, et qui 
fut aussi gouverneur de Hollande , et des- 
cendoit d'un bâtard de Louis de Mâle , en 
1 38 1 . Elle mourut le jour de la Saint-Bar- 
thélemi 1488, et gît à Altre, devant le 
maître-autel. 

3. Jeanne de Bruges, dite de la Gruthuyse, 
qui épousa à Bruges, en i455, Jean de 
Ghistelles , chevalier , sire d'Esclebeke , 
grand-veneur de Flandre, au rapport du 
P. Anselme (tom. III, p. 912). 

4. Catherine de Bruges, morte en 1460, 
qui épousa Henri , baron de Wassenaere , 
mort en i447> suivant le Ms. dHozier 
(pages 147 et 160). Butkens la dit sœur, 
au lieu de fille, de Jean IV. 



6o GÉNÉALOGIE 

5. Marguerite , dans Butkens; inconnue au 
' généalogiste de M. de Peelaert, et ne se 

trouve point dans le Ms. d'Hozier ; elle 
épousa «n i456, suivant un autre Ms. de 
M. de Peelaert, Pierre van den Woestyne, 
fils de Pierre et d'Isabelle Coene. 

6. Isa beau , religieuse à Galilée, à Gand, 
morte en I49 1 - Dans Butkens, mais in- 
connue aux auteurs des Mss. d'Hozier et 
de Peelaert. 

XI. LOUIS DE BRUGES, seigneur de la Gru- 
thuyse, prince de Steenhuyse, seigneur d'Avel- 
ghem, Hamste, Oostcamp, Beveren, Thielt ten 
Hove, Éspières, cornue de Wincester, chevalier 
de l'ordre de la Toison -d'Or, marié, suivant 
Butkens , en i465, mais plutôt en i455; autre- 
ment son fils Jean n'eût eu qu'environ treize 
ans lorsqu'il fut fait prisonnier à la bataille de 
Guinegate, mort en 1492 : c'est lui qui est 
l'objet de ces Recherches. 

Femme. Marguerite (Sanderus l'appelle, par 
erreur, Jeanne ; et Butkens, Marie) de Borssele, 
fille de Henri de Borssele , comte de Grandpré , 
seigneur de la Veere, Vlissingue, Westcapelle, 
Domburg, etc., chevalier de la Toison -d'Or, 
gouverneur de Hollande, mort en 1474, et de 
Jeanne de Halewyn, fille d'Olivier, troisième 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 61 
fils de Roland, et de Marguerite de Bruges. 
Elle mourut en 1 5i o. 

Suivant les comptes de la ville de Bruges, de 
1489 à 1490 , fol. 168, il lui est donné par la 
ville 5 livres de gros, pour être distribuées par 
elle en aumônes. Aux mêmes comptes, on lui 
paie 4 livres de gros, somme qui lui est allouée 
tous les ans pour ses épingles ; et , chose remar- 
quable , c'est qu'on lui donne le titre de Mer 
(Messire) comme à un seigneur/ 

Voici ce cju'on y lit : 

« Betaelt mer vrouwe van den Gruuthuuse 
tér cause van hueren spelle ghelde dat zoe jaer- 
licx heeft van den Gruute mynen heere van 
den Gruuthuuse toebehoorende , die dese stede 
Jaerlicx hem in pachte heeft, en dit van eenen 
jaer ghevalle, iiij. liv. gr. » 

Nous devons cet extrait et quelques autres 
des mêmes comptes , à la complaisance de 
M. Scourion , bibliothécaire de la ville de 
Bruges. 

1 . Jean , sixième du nom, qui suit. 

2. Marguerite de Bruges, dite de la Grur 
thuyse, morte sans avoir été mariée, gît 
à Cauberghe, à Bruxelles. 

5. Louis de la Gruthuyse, sire d'Espières, 
mort , ayant toujours gardé le célibat , le 
5 janvier 1461 , gît à Oostcamp. Inconnu 
à d'Hozier et à Butkens. 



6?. GÉNÉALOGIE 

4- Jeanne de la Gruthu yse , qui épousa 
Jacques II, comte de Homes , seigneur 
d'Altena, en Hollande. (Duchesne, Gén. 
de la maison de Montmorency, p. 376; 
et le P. Anselme, tom. VII, p. 171.) 

Lors de son mariage ou de celui de sa sœur Marie, 
le i er décembre (1476), la duchesse de Bourgogne 
étant à Gand, avec mademoiselle de Bourgogne, 
ordonna quatre plats de creue, c'est-à-dire de 
plus, pour les fiançailles de la fille <ju seigneur de la 
Gruthuyse ; ce qui étoit une grande marque d'hon- 
neur (Mém. de Comines, Brux., 1723, in -8°, 
tom. in, p. 4°4)* Elle est enterrée aux Cordeliers 
de Malines , avec cette épitaphe : 

« Dieu face mercy à noble dame , dame Jehanne de Bruges , 
« fille de messire Loys de Bruges, Sgr. de la Gruthuze, comte 
« de Winchestre , etc. , et de dame Marguerite de Borssele, et 
« femme de noble et puissant seigneur messire Jacques , comte 
« de H ornes, laquelle dame trépassa l'an 1 5o2, le 5 de janvier, m 
(Provincie stad ende district van Mcchelen, Brus s., 1770, 
2 vol. in-4°> tom. II, p. i5.) 

5. Marie de Bruges, qui épousa Adrien, 
sire de Gruninghen ou Cruninghen en 
Zeelande, Heenylièt. 

6. Jean de Bruges, dit de la Gruthuyse, 
seigneur d'Avelghem, Northou, etc., sé- 
néchal d'Anjou, conseiller et chambellan 
du Roi. Il mourut en 1 5og. Portoit Borssele 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 63 
sur le tout, et épousa Louise de Nesle, 
dame d'Oflremont, Mello, Encre, Bray- 
sur-Somme, etc., fille héritière de Jean 
de Nesle et de Jacqueline de Croy. {La 
Morlière, in-4% P« 262.) 

Il succéda à son frère Jean dans la place de séné- 
chal d'Anjou, et fut reçu en cette qualité à la Cham- 
bre des Comptes de Paris, en juin 1498* L'an- 
cienne Coutume de Senlis, de i5o6 (Louvet, Hist. 
de la Noblesse de Beauvoisis, p. 75a), le qualifie 
de seigneur chastellain et baron de Mello. 

1. Louis de Bruges. 

Louise de Nesle étant veuve de Jean de Bruges, elle 
donna, par contrat du i3 avril i5:a4> les terres d'Of- 
fremont, de Mello, d'Encre et de Bray-sur-Somme, 
à François de Montmorency, seigneur de la Roche- 
pot , gouverneur de l'Ile-de-France , et à Charlotte 
d'Humières, son épouse, en faveur de leur mariage, 
à condition que, venant à mourir sans enfans, les 
terres d'Oflremont et de Mello demeureroient à 4a 
maison de Montmorency, et celles d'Encre et de 
Bray-sur-Somme, à la maison d'Humières. 

D'après cette disposition, Moreri {Paris, 1759, 
tom. III, p. 757) a cru que Jean de Bruges n'avoit 
point eu d'enfans de Louise de Nesle. Mais à l'époque 
des arrangemens pris par cette dame, elle avoit 
perdu son fils, qualifié, dans Moreri, de messire 
Louis de la Gruthuyse, sire d'Oflremont, Avelghem, 



64 GÉNÉALOGIE 

un tiers de la Gruthuyse , Bray , Encre , Mello , 

chevalier, mort en avril 15^4, sans enfans. 

Il a voit épousé Marie de Mouy, fille aînée de Ni- 
colas, baron de Mouy, et de Françoise de Tardes . 
(Maison d'Harcourt, tom. II, p. 1 1 12.) 

11 donna, le 8 septembre i5a2, quittance à Jean 
Testu , trésorier et receveur général des finances du 
Roi ez pays de Languedoc, Lyonnois, Forez*, Beau- 
jolois , de la somme de 240 livres , pour s^ pension 
annuelle et entretenement au service du Pi. 11 y 
prend le titre seul de chevalier, seigneur d'En- 
formonty et scelle de Gruthuyse , sur le tout de 
Borssele. 

XII. JEAN DE BRUGES, sixième du nom, sire de 
Gruthuyse, prince de Steenhuyse, comte de 
Wincester , seigneur d'Avelghem , Espières , 
Oostcamp, Hamste, Berchem. 

Dans le courant de juillet 1 477 ' J ean J qualifié par l'excel- 
lente Chronyke van Vlaenderen (fol. cxj, recto), de jonker, c'est- 
à-dire de jeune seigneur, voulant , avec Jean de Luxembourg , 
apaiser, à Courtrai , une émeute excitée par les Gantois contre 
ceux que ces deux seigneurs y commandoient , sont blessés et 
poursuivis jusque dans leurs maisons, où, après avoir perdu six 
des leurs , ils s'étoient réfugiés , et dans lesquelles les révoltés les 
attaquèrent. (Chron. vàn Vlaend, , tom. II , p. 547-) 

Vers le mois de juin 1478 , la noblesse et les corps de métiers 
de la ville de Bruges , pour s'opposer aux progrès de Tannée de 
Louis XI , roi de France , laquelle commettait les plus grands 
dégâts dans la West-Flandre , se mettent en armes sous le com- 
mandement de Jean d'Espières, Jacques de Raumont, Jean de 



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DES SEIGNBURS DE LA GRUTHUYSE. 65 
Nieuwenhove , fils de Nicolas , et Jean Breydel , auxquels vien- 
nent se joindre cinquante Espagnols levés aux frais du bour- 
guemestre des échevins Martin Lem. ( Chron. van yiaend. , 
tom. II , p. 566. ) 

Jean étoit , à cette époque , châtelain de Ruppelmonde ( De 
rBqnnoy, p. 236). Il fut créé chevalier par Maximilien d'Au- 
triche, avant la bataille de Guinegate, qui se donna le 7 août 
x 479 y et ou il devint prisonnier des François avec un grand 
nombre d'autres seigneurs flamands, parmi lesquels se trouvèrent 
Louis de Walewyn , qui avoit épousé Jeanne de Ghistelles , fille 
de Je&Éff» de Gruthuyse, tante de Jean ; et Jacques de Halewyn, 
bailli de Bruges , oncle de Louis de Gruthuyse , père de Jean , 
qui y périt (Christjrn., Pars. I , p. 392, qui le confond avec Louis 
son père; Chron. van yiaend*, tom. II, p. 586; Mém. de 
DadizeeU, Messager des Sciences, 1829, p. 110; Chron., 
tom. II , pages 586 et 588 ; Chroniques de Molinet, tom. II , 
pages 2o5, 209 et 218). Depuis lors, l'un et l'autre s'atla- 
chèrent au parti de Louis XI , qui sut les récompenser hono- 
rablement , en les taisant ses conseillers et chambellans , et en 
les comblant de pensions et de places (le P. Anselme , tom. III , 
p. 912). Jean surtout eut part aux plus grandes faveurs du Roi. 
Ce prince lui fit épouser Renée de Bueil, fille d'Antoine de 
Bueil , comte de Sancerre , chevalier de l'ordre du Roi , et son 
chambellan , et de Jeanne , bâtarde de Valois , fille naturelle de 
Charles VII et d'Agnès Sorel. Il la maria comme sa nièce , et 
lui donna pour dot les revenus des greniers à sel de Gaen , de 
Caudebec , de Honneur et de Lizieux. (Le P. Anselme, tom. VII , 
p. 85o , et M 11 * de Lussan , Hist . de Louis XI, tom. VI, p. 252.) 

En 1 483, Jean ratifie, comme un des membres de la noblesse 
des États de Flandre, et au nom de Maximilien son souverain 
naturel, la paix faite à Arras, entre Louis XI et ce prince (Go- 
defroy, Hist. de Charles y III, p. 344 ' et Dumont, Corps 
diplomatique, tom . III, part. II, p. 109), et il prend, dans 
l'acte de consentement rapporté en entier par les deux auteurs 

5 



66 GÉNÉALOGIE 

qu'on vient de nommer, les titres de seigneur d'Espières , con- 
seiller et chambellan du duc d'Autriche, grand -veneur de 
Flandre, et capitaine du chaste! de Lille. A cette occasion on 
frappa une médaille à son effigie , avec cette légende : Johannes 
de Gruthusa castellanus insularum. Van Mieris l'a fait graver 
(Hist. der Nederlandsche vorsten , tom. I, p. 167), et a inter- 
prété l'initiale A, qui s'y trouve une fois à côté et deux fois au- 
dessous de la figure, par ces mots : Arma armis arcenda. Il 
étoit sénéchal d'Anjou, le 29 janvier i4&4 S.) (le P. An- 
selme , tom. VII , p. 85o) (99) , et il en prend la qualité. 

En la même année 1 4^4 » *i est nommé, par les Gantois, 
capitaine militaire de Lille , Douai et Orchies , afin de maintenir 
ces trois villes dans le parti des États de Flandre , qu'elles avoient 
embrassé, et qui vouloient avoir la tutelle des en fans de Maxi- 
milien. (Chron. van Vlaend., tom. III, p. 21.) 

A la même époque les Gantois l'envoient en députation , avec 
beaucoup d'autres nobles du pays, vers le roi Charles VIII , pour 
lui demander, au nom des États , des secours contre l'armée de 
Maximilien. Le roi de France leur fournit trente-six pièces d'ar- 
tillerie à poudre, cinq cents lances, et six ou sept mille hommes 
d'infanterie, commandés par Desquerdes ou Descordes, seigneur 
de Crèvecœur (Chron. de Mo line t, tom. II, p. 437). Mais celui-ci 
trouvant plusieurs villes peu disposées à le recevoir, et sachant 
d'ailleurs que les Flamands cherchoient à taire leur paix avec 
Maximilien , retourne presque aussitôt en France. 

Par les préliminaires de cet accommodement , quelques sei- 
gneurs flamands sont mis hors de la paix , le père du seigneur 
d'Espières est condamné à perdre tous ses biens ; cependant ce 
dernier, quoiqu'il eût livré la citadelle de Lille , conserve les 
siens , et obtient en outre du Magistrat de Bruges , la liberté 
d'aller où il voùdroit, et une somme de trois mille lis d'or. 
(Chron. van Vlaend. , tom. III, p. 35; Chron. de Molintt . 
tom. II , p. 444- ) 

Le lundi 1 1 juillet 1 485 , a l'occasion de l'emprisonnement 



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DES SEIGNEURS DE LA. GRUTHUYSE. 67 
de trois soldats allemands qui a voient tenté de violer la servante 
de leur hôte, et que leurs camarades, en forçant les portes dé 
la prison, délivrèrent, les Gantois courent aux armes, sous les 
yeux même, de Marimihen ; mais, dès le mardi , la révolte est 
apaisée par le supplice des sept principaux chefs de la sédition. 
Jean de la Grnthuyse , qui les avoit soutenus , paya , pour rache- 
ter sa vie , trois cent mille écus , dont cent furent donnés au duc 
de Nassau. ( Chron. de Molinet, tom. II, p. 4^5. ) 

Rj^ré en France, ou il prit du service, il donne quittancé, 
le i4 mars i486 (ff. S.), à Jean LaUemant, receveur général 
des finances en Normandie , delà somme de cinq cents livres, 
faisant partie d'une. pension de quatre cents livres que Je Roi lui 
faisoit « pour avoir de quoi entretenir honorablement son état 
« au service du Roi ». (1 10) 

Dans une quittance dont l'original en parchemin est conservé 
à la Bibliothèque du Roi, et qu'il délivra le 21 février 1488, à 
Antoine Bayard, trésorier et receveur général des finances de 
Langueaec, duquel il reconnoît avoir reçu douze cents livres, 
pour la pension de cette année , il prend le titre de sénéchal 
d'Anjou ; cette pièce est souscrite comme on voit ici : 

Il conserva cet emploi jusqu'au 9 juin 1498 » que son fils , à 
qui il passa, fut reçu eh la même qualité à la Chambre des 
Comptes de Paris. (11 1) 

Vers le moi? de mars de la même année (V. S.), il arrive, 

avec le seigneur de Rossy et de Peene, en Flandre, comme envoyé 

5* 




68 . GÉNÉALOGIE 

de France pour traiter de la paix, pendant la 4rève qu'on venoit 
de conclure à Saint-Omer jusqu'au mois de mai. (Chron. van 
Vlaend. , tom. III , p^ ^5.) 

Le i o dti même mois la paix est arrêtée entre MaXimilien et 
les États Je Flandre, mais l'Empereur n'en ayaut pas voulu 
ratifier les articles , la guerre recommence bientôt après. Il entre 
dans le pays avec une armée de vingt mille hommes. Philippe 
de Clèves et Jean d'Espières se mettent à la tête des Gantois et 
des Brugeois, et parviennent, le 18 juin, à lui enlever quatre 
cents chariots de vivres , tuent trois cents cavaliers , et font pri- 
sonniers les trois cents fantassins qui les escortaient. ( Chron. 
van Vlaend,, tom.JIl, p. 98 ; Tableau, p. 238. ) 

Le mois suivant , Jean d'Espières , Philippe de Clèves et Phi- 
lippe de Éourgogne , seigneur de Beveren , vont au-devant de 
Philippe de Crèvecqeur, qui leur amène, de la part du roi de 
France, un secours de six cents chevaux; il étoit en outre chargé 
de les complimenter, et de se concerter avec eux. (Id., tom. III, 
p. 100; Tableau, p. 238,) 

Le '28, Jean est nommé écoutète de Bruges, à la place* de 
Roland de Halewyn. Georges de Picavct, natif de Lille ( Tabl. , 
p. 239), dans une affaire qui a lieu à Beestbrugge, près de 
Dixmude, le i3 juin 1489, entre leS troupes allemandes et les 
Brugeois, ceux-ci, commandés par Daniel van Praet, ayant élé 
mis en fuite , d'Espières vient à propos pour couper le chemin 
aux vainqueurs, et empêcher la déroute totale de ses compa- 
triotes ; il fait en- outre prisonniers trois capitaines et treize sol- 
dats. [TabL, p. 246; Chron., tom. III, p. 106.) 

Les seigneurs Descordes , de RaveSteyn , de Beveren et d'Es- 
pières se réunissent , le 24 juin , pour aviser aux moyens de 
résister à l'armée de Maximilien ; et à la suite d'un conseil tenu 
le 27, ils envoient à Bruges mille hommes de troupes. Ravesteyn 
s'y rend lui-même le 4 août , avec une suite nombreuse de gé- 
néraux francois richement montés. A ses côtés étoient à cheval 
d'Espières et le capitaine des ÉcossOis. {Id., fol. ecl viij , recto.) 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 69 

Cependant te 29 il reçoit ordre de Ravesteyn de rassembler 
tout ce qu'il peut de troupes , pour se porter sur Nieuport, et 
empêcher cette ville , qui le trahisspit, de recevoir celles du roi 
des Romains. (V*/.;, fol. ccl viij, verso.) 

Jl donne, le dernier jour de mai 1 494 ? quittance à 'Antoine 
Bavard, trésorier et. receveur général des financés du Roi en ses 
nays de Languedoc , Lyonnois , Forez et Beâujolois, de là somme 
de cinq cents livres , pour le parfait paiement de deux mille livres 
de sa pension de l'année précédente. j 

te Heu de Rousseville, cité par le P. Anselme (tom. VIII , 
p. 108), rapporte qu'il "&6it grand-maître des arbalétriers de 
France en i49&- H l'appelle seigneur de Fumechon, seigneurie 
qu'il tenoit de sa première femme Marie d'Auxy. 

Le P. Daniel (Hist. de. la Milice fr. , tom. I , p. 198) ne le 
comprend pas dans la liste des grands-maîtres des arbalétriers 
de France. Peut-être succéda— t-il à son beau-père Jean, sire et 
ber d'Auxy , qui l'étoit en 1 461 . 

. Il est de la députation , avec Guy de Roche fort, chancelier de 
France , Philippe de Clèves, Ravesteyn , le seigneur de la Ver- 
nade , et Raoul de Lannoy, bailli du Vermandois , que le roi 
Louis XII envoie en 1 499 à Arras , yers M aximilien , pour en 
recevoir l'hommage de ses comtés de Flandre , Artois et CharO- 
lois, {Velly, tom. XXI , p. 108. ) 

Le Roi, par ses lettres patentes du 3 1 janvier i5oo (N. S.), 
lui ayant fait « un don annuel de vingt-quatre poinçons de vin 
u clairet du crû d'Orléans , du meilleur, disent ces lettres , qu'on 
« pourra choisir aux vignobles dudit Orléans , pour qu'il ait tou- 
« jours meilleures provisions et fournitures de vin au château 
« du Louvre à Paris, dont il est capitaine, et aussi en recon- 
« noissance des grands et recommandables services qu'il nous a 
« pu donner, faire et fait chaque jour. >» D'Espières en donne 
sa première quittance le 1 2 février suivant , à Guillaume Virel , 
receveur des domaines du comté de Blois. (i23) 

En i499 5 »1 avoit donné sa quittance de quatre-vingt-dix livres 



7 o GÉNÉALOGIE * 

tournois pour un quartier de solde de trente lances, fournies à 

raison de Vingt sous par lance , ou pour six hommes d'armes à 

cheval. 

En i5oi x , i5o2, i5o3<, il donne de semblables quittances 
pour soixante lances , à raison de quatre-vingts livres pour un 
quartier. Il reçut encore , en 1507 et i5io, deux cent quarante 
livres par quartier pour quatre-vingts lances. 

A sa mort il étoit un des capitaines , tous gens de qualité , des 
quinte compagnies d'ordonnance, composées dé cent lances char 
cune , et chaque lance de six gens d'armes à cheval , créées par 
Charles VÏI , et formant ensemble, une armée permanente de 
neuf mille chevaux. 

En i5oi, il tient un fief dont la redevance consistoit en sept 
mille cinq cents tourbes à fournir au comte de Flandre. (Beau- 
court, Beschr., van den Proosche, in-8% p. g. ) 

En i5o2 , il fait don d'une bannière armoriée de ses armes à 
l'hôpital des lépreux de Bruges , dit de Sainte-Marie-Madeleine, 
autrefois situé entre les portes de Bouverie et des Maréchaux , et 
aujourd'hui réuni à oelui de Nazareth. Cette bannière historique, 
qui feisoit partie des objets curieux de M. Deys (Voyez le Cat. 
Bruges, 1829, in-8°j p. 93, n*66) , a été acquise par l'auteur 
de cette Notice. (n3) 

Étant gouverneur et lieutenant-général du Roi en Picardie, 
poste auquel il avoit été nommé le 1 3 juin de la même année , 
il invite , au nom de son prince , les moines de Saint-Riquier 
d'Abbeville à élire pour leur premier abbé commandataire 
Théobalde de Bayencoùrt, d'une famille recommandable ( Chro* 
nicon centulense, operâ Vktoris Cotron, in-fol. Ms.) (1 i4). On 
trouve dans Y Histoire d'Amiens, par le P. Daire (t. I, p. 256) , 
que le cardinal Georges d'Amboise , passant à Amiens au mois 
de m'ai i5o8 , à son retour de Cambrai , où il étoit allé arranger 
les différends survenus entre le pape , l'Empereur et le roi de 
France, étoit accompagné de Charles d'Amboise, seigneur de 
Clermont-, grand-maître de France , son neveu , et de Louis 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 71 
(Jean, et non Louis) de Bruges, seigneur de la Gruthîiyse, 
maréchal de France, gouverneur d'Âbbeville. (/#., p. 5n.) 

C'est enfin dans cette dernière ville qu'il meurt, en i5ia; 
il est enterré à l'abbaye de Saint-Riquier, dans le chœur, du 
coté de l'Evangile. 

Sa tombe, en marbre noir, élevée de quatre ou cinq pieds, et 
qui a été défjjicée depuis , s'y voit encore , ainsi que l'épitaphe 
suivante, gravée sur une petite pierre bleue d'environ deux 
pieds de hautedr, et scellée dans un pilier derrière le chœur : 

Ici gift 
Médire* Jehan de Bruges , 
Prince de Steoneafe, feigneor 
de la Grutuxe , Chevalier de l'Ordre 

Gouverneur et lieutenant-général 
dû Roy es fiaya • de Picardie 9 etc. , 
Capitaine de cent hommes 

d'armes; il trefpafla à 
Abbeville, en Lan Mille 
, v c et xii , et fat grand et 
redoutable feigneur. 

Plusieurs historiens, tels que LaMorlière (Antiq. d Amiens, 
fol. 296) , Jean le Feron (Hist. des Connétables, i658, in-fol., 
p. 44 des Maréchaux) et le P. Anselme, le mettent au nombre 
des maréchaux de France , sans nous dire en quelle année il fut 
pourvu de cette dignité. 

Il occupa , à Abbeville , le magnifique palais que Philippe 
Desquerdes , gouverneur de cette ville avant lui , et son beau- 
frère (ayant épousé Isabeau d'Auxy, sœur de sa femme), avoit 
commencé , et que Jean fit achever. 

Cet hôtel , devenu la propriété de son fils Louis , les droits 
seigneuriaux en furent payés, en i5i5, par Pierre de Bommi, 
son concierge, receveur et procureur, à dom Jean de Tiell , 
secrétaire de Saint-Pierre. (Hist. du Ponthieu, p. 596. ) 

Lorsque Charles VII T , au retour de son pèlerinage de Bou- 



72 GÉNÉALOGIE 
. logne , passa par Abbeville , il admira la grandeur et la belle 
ordonnance de cet édifice, qui, après avoir reçu des changemens 
et des augmentations , devint', sous le nom Hôtel de la Gru- 
thuyse, une des demeures des rois de France. Louis XII y 
épousa, le 9 octobre 1 5 1 4 ^ Marie, sa seconde femme. Devenu 
depuis , et successivement , siège du bailliage , du présidiai et de 
l'élection , il a été entièrement dévoré par les flammes dans 
l'hiver de 1 795 ; et on ne peut aujourd'hui en avoir une idée , 
encore bien imparfaitement , que dans une -ancienne topographie 
d' Abbeville , conservée au Cabinet des Estampes de la Biblio- 
thèque du Roi. 

Outre les hôtels et seigneuries dont Jean de Gruthuyse avoit 
hérité de son père, il possédoit encore un hôtel à Gand, dans 
lequel celui-ci termina ses jours. (Dierix, Continuation des 
Mémoires de la ville de Gand. Gand, 181 5, in-8°, p. 23o. ) 

On lit, dans la Chronique manuscrite de Saint-Riquier déjà 
citée , que , le G septembre 1 5i 2 , l'abbé de ce monastère racheta 
pour quatre cents francs , avec une partie de ,1'argent que Jean 
de Gruthuyse avoit laissé pour fonder plusieurs messes, de Jean 
Mali fia l'aîné, chevalier, le fief noble de la haute salle située au 
village de Millincourt. (n 5) 

La même Chronique rapporte , sous l'année 1 5a4 > le 
même abbé fit enfermer la tête de saint Riquier dans un buste 
de vermeil de grandeur naturelle , du plus beau travail , enrichi 
de pierreries , et soutenu par deux anges ; et elle ajoute qu'on 
voyoit au cou de ce buste le collier de l'ordre de Saint-Michel 
qu'a voit offert à saint Riquier Jean de la Gruthuyse au moment 
de son décès. (116) 

Après sa mort, pour conserver la mémoire de ce guerrier, 
enterré loin du lieu de sa naissance et de la sépulture de ses 
ancêtres , son fils Réné fit , en 1 552 , exécuter en vitraux de 
différentes couleurs , et d'un travail fini , dans une croisée haute 
de plus de six mètres , et large de plus de trois , à côté de la tri- 
bune, et vis-à-vis la tombe de sa famille, qui étoit à Notre-Dame 



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t 

DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 7 3 
de Bruges , un tableau cintré très curieux , qui le représentait 
debout dans une attitude guerrière , armé et cuirassé des armes 
de Gruthuyse, tenant d'une main sa bannière armoriée de même, 
et portant l'autre sur la garde de son épée. Il étoit cottert d'un 
long manteau d'écarlate, garni d'hermine, et avoit sur sa tête 
une couronne de prince; sa barbe étoit longue et touffue, son 
casque et ses gantelets se voyoient par terre entre ses jambes. 

Au-dessus de sa tête, dans le haut du tableau, étoient les 
armes de son père, entourées du collier de la Toison -d'Or, 
écartelées de Gruthuyse et d'Aa, et deux bâtons de maréchal , 
posés en sautoir derrière l'écu, de chaque coté duquel étoit, en 
forme de supports, un mortier sur son affût, lançant une bombe 
enflammée. 

Plus bas se trouvoient posées en losange les armes de sa troi- 
sième femme, qui portoit écartelé de Gruthuyse et d'Aa, mi- 
parti de Mekra , d'azur à sept besans d'or, au chef de même. 

Aux deux côtés étoient les mêmes armes non écartelées et 
non posées en losange. 

A ta miroite, et dans une partie de l'encadrement, il y avoit, 
au nombre de sept, à la suite l'un de l'autre, les blasons de la 
famille et des alliances de la maison de Gruthuyse ; et à sa gau- 
che , ceux en même nombre de la famille Melun. Ils étoient 
surmontés chacun d'une couronne différente, et placés dans 
l'ordre suivant : 

A Droite , 

i . 

De sable à la face d'argent, qui est Borssele, famille de la 
mère de Jean. 

2. 

D'argent , à trois bandes d'azur. 

3. 

D'azur à trois fleurs de lis d'argent au bâton de gueules , qui 
est la Chambre. Son fils René épousa Béatrix de la Chambre, 
mais long-temps après la mort de celui-ci. 



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* 



7 4 GÉNÉALOGIE 

D'argent à quatre chevrons de gueules. 

5. 

Vairé de gueules et d'argent. 

6. 

Écartelé aux i et 4 d'argent à la croix de sable , aux a et 3 de 
gueules , à un anneau d'argent. 

7- 

D'azur à trois fleurs de lis d'argent, à la bordure de gueules. 
A Gauche , 

i . 

D'argent au lion de gueules , qui est Luxembourg, Isabelle 
de Luxembourg étoit mère de Marie de Melun. 

2. 

D'azur au lion d'argent. 

3. 

De gueules à un soleil d'argent, qui est Beaux, Son grand- 
père , Jean de Melun II , avoit épousé Marguerite de Beaux. 

4- 

D'argent à trois écussons de gueules , bordés d'argent , qui est 
Abbeville. Son aïeul, Jean de Melun I er , avoit épousé en se- 
condes noces Jeanne d'Àbbe ville. 

5. 

Burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules brochant sur le 
tout , qui est Luxembourg. La fille de son aïeul , Philipottc de 
Melun , avoit épousé Thibaut de Luxembourg. 

6. 

D'azur au lion d'argent. 

7- 

D'azur à trois lions d'argent. 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 7 5 
Au bas se lisoit , en lettres capitales , une inscription qui n'of- 
froil plus , dans ces derniers temps , que les mots suivans , dont 
quelques uns seulement ont pu être restitues ainsi i 

Meuire Jean de Bruge, seigneur (de la) Gruthnse, (prince) 
de Steenhuse — 

Co(n)te (de) Winchester, baron et de Westterca(pelle) — 

Seigneur Doiscamp bras- bernes et c — 

gouverneur lieutenant (ca)pita(ine) lieutenant 
(gene)ral du Roi de Fransse — 

en son pais de Picardie. ....... et chevalier 

de son ordre — 

capi(ta)ine de cent homme gouverneur 

dabbeville etc. 

NN DE 

VEROSSCHE 

Ces vitraux, détruits en 1788, et dont M. van Heume de 
Puyenbeke avoit eu l'heureuse idée c]f faire faire un dessin très 
exact , viennent d'être gravés dans la» troisième livraison de la 
Collection des Plans de la fille de Bruges, par M. Rudd. 

Ainsi , grâce au zèle de deux Brugeois , ces précieux monu- 
mens ne seront pas tout-à-fait perdus ni pour Fart ni pour 
l'histoire , qu'ils intéressent également , et nous en avons nous- 
même fait faire une nouvelle gravure , afin d'en enrichir cette 
Notice. 

1 . Femme. Marie , dame héritière d'Auxy, Châ- 
teau-Flavy, Fontaine-sur-Somme , Bazentin, 
Fumechon, Froheux, Maisière, Bulles, Lamet, 
1479 (k® Cai^pentier, tom. II, p. 146). Son 
père, Jean IV, chevalier de la Toison -d'Or, 
gouverneur du Ponthieu, vivoi t encore en 1 47 o . 
(Le P. Anselme, tom. VIII, p. 106; Le Car- 
pentier, tom. I, p. i440 



GÉNÉALOGIE 
i . . Marguerite de Bruges, dite de la Gru- 
thujrse, dame d'Auxy, Château -Flavy, 
Bazentin, Leanne, Avrédoing, etc. Elle 
épousa Jacques de Luxembourg, comte de 
Gavre, sire de Siennes (Piennes), Sotte- 
ghem, d'Arquenghien (peut-être Arquen- 
neghem), d'Armentières, etc., chevalier 
de la Toison -d'Or, par traité du i5 juin 
i494t sans hoirs. (Maurice, p. 122; Le 
Carpentier, tom. I, p. i44> La Morlière, 
Recueil in-4% p. 109.) 
. Renée de Bueil, fille d'Antoine et de Jeanne, 
bâtarde de Valois , fille naturelle de Charles VII, 
roi de France, et d'Agnès Sorel. Il l'épousa le 
18 mars 1479 C 1 ^ ) e Anselme, tom. VIII, 
p. 85o). Thaumas de la Thaumassière (Hist. 
de Berry, p. 438) l'appelle de la Gruture 9 et 
Souliers (Noblesse de Tourazne, p. 5o) , de la 
Grature. Aucune des trois généalogies ne parle 
de ce second mariage. 

. Marie de Melun, dame de Mon tmirail, d'An- 
toing, qu'il épousa le 3o novembre i5o5 (le 
P. Anselme, tom. VIII, p. 106, et tom. VII, 
p. i32j Moreri, tom. X, SuppL, p. 57). Elle 
survécut à son second mari, et vivoit encore en 
i556. Elle s'étoit mariée en secondes noces à 
Jacques de Chabannes, deuxième du nom, sei- 
gneur de la Palice, maréchal de France. 
1. Louis de Bruges, etc. (Sanderus, t. III, 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 77 
p. 18; Le Carpentierj p. 146). Le premier 
le dit mort célibataire en i5a8, à l'armée 
d'Italie, commandée par le maréchal de, 
Lautrec. Butkens le fait naître du premier 
lit, et le Ms. de M. de Peelaeçt, à la cour 
de Naples. 

2. René, qui suit. 

3. Anne de la Gruthuyse, religieuse aux 
Annonciades de Béthune, i534« 

* 4* Charlotte de Bruges, bâtarde de la 
Gruthuyse, qui épousa Jean Quieret, sieur 
d'Iseux. 

Inconnue à d'Hozier et à Butkens. 

XIII. RENÉ DE BÉUGES, sii-e de la Gruthuyse, 
prince de Steenhuyse, etc., baron de Mont- 
mirail, seigneur d'Anthoing, Hamstede, Avel- 
ghem, Oostcamp, Berchem, mort k Bruges en 
1572. Il est qualifié de chevalier sieur de Brac 
(Bray), par les Coutumes de Montdidier, de 
l'an 1567. (Louvet, ffist. de la Noblesse de 
Beauvoisis, p. a5o. ) 

Il fonde, jeune encore et en tutelle, en i53i, 
dans sa seigneurie de Berchem, près d'Aude- 
naerde (Christjrn. jurisp., tom. I, p. 2^1) , un 
hôpital desservi par cinq religieuses. Les lettres 
de fondation sont rapportées par Mirœus. (Le- 
mire, DipL, tom. IV, p. 655.) 
Femme. Béatrix de la Chamrre, fille de Jean, 



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GÉNÉALOGIE 
comte de la Chambre, en Savoie , et de Barbe 
d'Amboise. 

i. Catherine de Bruges, dame de la Gru- 
thuyse , princesse de Steenhuyse , etc. , 
principauté qu'elle vendit en i 5q5 , fille 
unique, baronne d'Espières, Hamstede, 
Montmirail, Anthoing, Avelghem, Oost- 
camp, etc. 

En premières noces elle épousa, le 
g juin i5j4> Louis de la Baulme, dit 
de Lorgenon-de-Poupet > comte de Saint- 
Amour, chevalier de l'ordre de Savoie, 
qui succéda à Guillaume de Poupet , qui 
l'avoit institué son héritier (Hist. de Poli- 
gny> tom. II, p. 465). En i5j5 y il aug- 
menta de plusieurs bonniers de terre les 
revenus de l'hôpital de Berchem, fondé par 
son beau-père. (Miraeus, Dipl. y tom. IV, 
p. 655. ) 

En secondes noces, en i6i5, Achille 
de l'Hospital, baron de Cordoux, mort 
sans enfans, fils de Jacques de l'Hospital 
et de Madelaine de Cossé , mariés le 19 mai 
1578. (Le P. Anselme, tom. VII, p. 435.) 

En troisièmes noces, Charles de Messej, 
sire de Montiomient. 

En quatrièmes noces, Scipion de Cham- 
pier, seigneur de Saint-Hilaire, capitaine 
des cent gentilshommes de la maison du 



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DES SEIGNEURS DE LA GRUTHUYSE. 79 
Roi, sans enfans. (Guichenon, Hist. de 
Bresse, continuation de la III e Partie, 
page 78.) 

En cinquièmes noces, le 3o avril 1621, 
René de la Haye, seigneur de Reyseux. 

2. Marguerite , bâtarde , ou Michelle , sui- 
vant le Ms. d'Hozier. 

1. Emmanuel-Philibert, fils de Catherine 
de Bruges et de Louis de la Baulme, qui 
suit. 

2. Guillaume, mort jeune, en 1579. 

5. Charles -Emmanuel , seigneur de Ca- 
cheux , mort sans hoirs en 1 584- 

4. Philippe, prieur de Vaux, puis abbé de 
Luxeul. 

5. Antoine, baron de la Chaux, qui a fait 
branche, et qui épousa Jeanne de Ri- 
chardot. • 

e 

6. Françoise-Catherine. 

EMMANUEL-PHILIBERT, de la Baulme, dit de 
Poupet, de Bruges et de Corgenon, comte de 
Saint- Amour , marquis de Saint -Genis et 
d'Yenne. 

Femme. Hélène Perrenot de Granvelle , fille 
de Frédéric Perrenot, seigneur de Champagne, 
baron de Renais, gouverneur d'Anvers, chef 
des finances des Pays-Bas, et de Marie Bercan. 



4 

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8o GÉNÉAL. DES SEIGN. DE LA GRUTHUYSE. 

1. Jacques-Nicolas, qui suit. 

2. Philibert, seigneur de Pérès, baron de 
Beaujétr, bailli d'Aval, au comté de Bour- 
gogne, marié a Dorothée de Rye, fille de 
Claude , baron de Balançon , et de Claudine 
Prospère de la Baulme-de-Montrevel. 

3. Jean , mort jeune. r 

4* Catherine ? femme de Jean-Claude de 
Letp , baron de Maumont , marquis de 
Ch&teau-Charlus, et de Diane de d'Aillon. 

5. Caroline, femme d'Emonfroy-François, 
deuxième du nom, baron d'Oyselet. 

6. Geneviève, morte jeune- 

JACQUES-NICOLAS DE LA BAULME, comte de 
Saint-Amour,' marquis de Saint-Genis, cheva- 
lier d'honneur au Parlement de Bourgogne, 
gouverneur de Dole, et gentilhomme de la 
chambre du Ro^catholique, vivant en 1661. 
Femme. Marie de Porcelet-de-Malliane , fille 
d'André de Porcelet, seigneur de Malliane, ma- 
réchal de Barrois, et d'Élisabeth d^Cernay. 

1. Philippe, marquis de Saint-Genis. 

2. Charlot-Antoine , baron de Montmirail. 

3. Marie. 



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BIBLIOTHÈQUE 

DE 

LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



La bibliothèque de Louis de Bruges, seigneur de 
la Gruthuyse, étoit, après ceUe des ducs de Bour- 
gogne, la plus belle et la plus nombreuse de toute 
la Flandre. Il avoit fait exécuter lui-même, à Bruges 
et à Gand , par des écrivains et des enlumineurs ha- 
biles, qui se trouvoient en grand nombre à cette 
époque dans ces deux villes, la plus grande partie 
des manuscrits qu'elle renfermoit. La grandeur des 
volumes, la beauté du vélin et de l'écriture, la ri- 
chesse et la quantité des miniatures et des ornemens 
dont ils sont décorés ; le luxe des reliures, qui , à en 
juger par celles que Ton yoit encore, étoient géné- 
ralement en velours de diverses couleurs, garnies de 
coins, de clous et de fermoirs de cuivre doré, attestent 
que rien de ce qui pouvoit rendre un livre précieux 
n'avoit été épargné par le seigneur de la Gruthuyse. 
Après sa mort, cette magnifique bibliothèque, dont 
il avoit été le créateur, passa k son fils Jean de Bruges. 
Plus tard, Louis XII la réunit à celle que son père 
% et lui-même avoient formée dans leur château de 

6 



82 BIBLIOTHÈQUE 
Blois : il seroit difficile, aujourd'hui, de dire à quelle 
condition et en quelle année précisément tant de 
beaux livrés devinrent la propriété des rois de 
France. Nôus n'avons trouvé, ni dans les Archives 
des anciennes Chambres des Comptes, ni dans celles 
de la Bibliothèque du Roi, rien qui ait pu nous pro- 
curer le moindre renseignement à cet égard. Est-ce 
un hommage pur et simple que Jean de Bruges aura 
voulu faire à la France, au service de laquelle il étoit 
depuis le règne de Louis XI? Il faudrait alors avouer 
que Ton mit un peu trop d'empressement à faire 
oublier l'origine de ces nouvelles richesses^ en en- 
levant de chaque volume tout ce qui pouvoit rap- 
peler le premier possesseur. Afin de laisser à la pos- 
térité des monumens de son amour pour les livres, 
le seigneur de la Gruthuyse avoit fait peindre, sur 
un grand nombre de feuillets, ses armes et sa ban- 
nière, avec son chiffre et. sa devise. Lors de la réu- 
nion des deux bibliothèques, ces emblèmes, ces 
écussons, etc., furent effacés ou recouverts par les 
armes du Roi. Heureusement que cette détérioration 
n'a pas été exécutée assez complètement pour qu'on 
ne puisse retrouver encore les traces des premières 
marques distinctives; il suffit, pour cela, de présen- 
ter au jour et de regarder au travers du vélin , le 
feuillet sur lequel d'ailleurs, en les faisant disparaître, 
on a laissé subsister les deux licornes qui en sont les 
supports, et les deux mortiers ou bombardes qui les 
accompagnent. La devise : Plus est en vous , en 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 83 
flamand Meer is in u, n'est pas non plus effacée dans 
toutes les bordures où elle se lisoit. Mais le plus grand 
dommage qu'on ait fait aime miniature très curieuse 
et très belle, qui ortie une géographie latine de Pto- 
lémée, où Louis de la Gruthuyse étoit représenté, 
à genoux, sur un prie-dieu, placé devant un autel, 
c'est d'avoir mis sur les épaules de ce seigneur la 
tête de Louis XII, et d'avoir semé d'L couronnées 
et de fleurs de lis un tapis et une tenture qui por- 
taient vraisemblablement le chiffre avec la devise, 
ou les armes de l'ancien possesseur. 

Dans l'inventaire de la bibliothèque de Blois, 
dressé en i544r^ ors< r :ie François I er la fit transporter 
à Fontainebleau, les livres de Gruthuyse furent 
confondus avec ceux de Louis XI, de Charles \IÙ 
et de Louis XII. Cet inventaire ou catalogue, qui 
existe en original a la Bibliothèque du Roi, décrit 
chaque volume, en indique le contenu et la reliure, 
et en fait connoitre la forme, la qualité et les orne- 
mens , de manière qu'il est aisé de distinguer ceux 
du seigneur flamand. Quelques mots écrits sur un 
feuillet séparé, placé à la tête du volume, nous 
apprennent aussi le lieu qu'il occupoit au château 
de Blois, et la tablette sur laquelle il étoit placé. 



NOTICE 



DES MANUSCRITS 

DE LA 

BIBLIOTHÈQUE DU ROI 

QUI PROVIENNENT DE CELLE DE LÀ GRUTHUYSE. 



THÉOLOGIE. 
I. 

La Bible moralisée. Petit in-folio , couvert de ve- 
lours violet, figuré, n° 7268 des Mss. françois de la 
Bibliothèque du Roi. 

Manuscrit sur vélin du milieu du quinzième siècle, 
écrit en ancienne petite bâtarde , sur 2 col. de 4o lignes 
chacune.- Les deux premiers feuillets contiennent la table 
des Livres du texte, lequel commence au troisième. Le 
premier feuillet est enrichi d'une jolie miniature mono- 
chrome , représentant l'Ouvrage des six Jours, et le 
Jugement dernier, et en outre il est orné d'une bordure 
au bas de laquelle on voit les armes 4 e 1* Gruthuyse 
recouvertes de celles de France. 

Cette miniature a 129 mm. (4 p. 9 1.) en hauteur, sur 
147 mm. (5 p. 5 1.) en largeur. Soixante -trois autres 
petites miniatures de 63 mm. (2 p. 4 L) environ et en 
carré, exécutées de la même manière, décorent les autres 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 85 



feuillets, chiffrés depuis i jusqu'à ce xxviij , non compris 
les deux de table, dont la première porte en téte : 

Cy âpres fenfioent les lirrcs qui font contenus en ce volume félon 
les hiftoires de la Bible moralixee et premièrement 

Sur un feuillet séparé est écrit : 

Des hiftoires et liures en françoys pult* 3* a la cheminée. 

Le texte commence ainsi : 

In principio creauit deus celum et terram , etc. ; au commencement 
dieu créa le ciel et la terre et dieu dift lumière fait faite et lumière 
fut faite la création de lumière emporte la création des anges car ils 
ont lumière dentendement. Texte, Et dieu regarda que lumière eftoit 
bonne et la diuifa des ténèbres et appella la lumière jour et les ténè- 
bres nuit et fut celle vefpree et la matinée en fuivant contre pour le 
premier jour la diuifion des ténèbres emporte la diuifion des bons 
anges et des manuais et fîgnifîe la diuifion des vertus et des vices. 
ExpociSn, Les docteurs dient que lomme eft comme le petit monde 
car la création du grant monde peut eftre figurée de la création et 
régénération du petit monde ceft a dire de lomme lequel a fept eages 
dont le premier eft appelle enfance ce qui dure jusques a fept ans 
duquel nous pouons dire que dieu au commencement de lomme créa 
le ciel et la terre ceft a dire lame et le corps car le ciel fîgnifîe lame 
laquelle eft pardurable comme le ciel et la terre fîgnifîe le corps 
lequel ûnablement en terre comme en fa fn^re retourne toufiours 

Le dernier feuillet finit au verso par ces mots : 

Ce que lefpoux et lefpoufe dient dieu fîgnifîe que toute la tri ni te 
et faincte eglife nous arimonefte que nous ayons mémoire de la refur- 
rection de Jhefucrift et que nous entendons la faincte eferipture félon 
ce quelle dift laquelle chofe nous ottroje celles qui eft benoît par- 
durablement. 

Fin de la bible moralifee en francois. 

Cette Bible historiée n'est pas celle de Comestor, tra- 
duite, en 1291, par Guiard Desmoulins. Le P. Lelong 
( BibL sacra, tom. I, p. 3i4) soupçonne que cette tra- 
duction est celle qui fut commandée à Nicolas Oresme 
par le roi Charles V. 



86 BIBLIOTHÈQUE 

Ce monarque avoit , dans sa bibliothèque du Louvre , 
plusieurs manuscrits de la Bible traduite en françois; 
mai* le pluà curieux et le plus intéressant ,. sans contredit , 
étoit celui qui lui fut présenté , en 187a, par Jean Vau- 
detar, son servant. 

Il étoit enrichi de très jolies miniatures, attribuées mal 
à propos, dans une description latine placée à la tête du 
volume, à Jean de Bruges, inventeur de la peinture à 
l'huile, qui n'étoit pas né en 187a, et auroit pu tout au 
plus en être le fils. 

L'inscription et la première miniature , exactement 
copiées d'après ToriginaL, se trouvent dans le porte- 
feuille IV dés dessins de Gaignières, au cabinet des Es- 
tampes de la Bibliothèque du Roi , et la gravure de la 
miniature seule, dans le tome m, pl. xn, des Afonu- 
mens de la Monarchie françoise , du P. de Montfaucon. 

Cette miniature représente Jean Vaudetar, un genou 
' en terre, offrant à Charles V, assis sur son pliant ou fau- 
teuil , placé sous un dais , le manuscrit de cette Bible 
ouvert au commencement de la Genèse , où est une 
autre miniature qui offre le Créateur tenant le globe du 
monde dans sa main. 

A la fin du livre sont les vingt-deux vers suivans, qui 
sont aussi rapportés par Lelong , ainsi que par le rédac- 
teur du Catalogue de Gaignat, tom. I, p. 18 : 

. A vous Charles roy plain donnour 
Qui de fapience la flour 
Eftes sur tous les roys du monde 
Pour le grant bien quen vo 9 habonde 
Prêtante & donne ceftui liure 
Et a genolz cy le vous liure 
Jehan Vaudetar votre Teruant 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 87 

Qui eft çjr figure douant 

Conques je ne fi en ma rie 

Bible dhjftoires fi garnie. 

Doue main poortraites et faites 

Poar lesquelles il en a faites x 

Pluieurs alees & Tenues 

Soir êc matin parmj les rues 

Et mainte ployé fur fon chief 

Ains quil en Toit Tenu a chief. 

Si fu au prince fasnome 

Ce Hure baille & donne 

Par le dit Jeh, que je ne mente 

Lan Mil ccc xij & foixante 

De bon cuer et Taulfift mil mars 

Xrviij jours du mois de mars. 

L'inscription , qui paroit être postérieure à l'exécution 
du manuscrit , dont l'écrivain , au rapport du P. Lelong, 
est un nommé Raoul d'Orléans , est ainsi conçue : 

ANNO DOMINI M1LLESIMO 
TRECENTESIMO SEPTUAGESIMO 
PRIMO ISTUD OPUS FACTO FUIT 
AD PRECEPTD AC HONORÉ ILLUSTRI 

PRINOPIS KAROLI REGIS FRANCIE 
ETATTS SUE TRICESIMO QUINTO ET 
REGNI SUI OCTAVO ET IOHÂNES 
DE BRUGIS PICTOR REGIS PREDICTI 
FEQT HANC PICTURÂ PROPRIA 
SUA MANU. 

Ce Vaudetar étoit peut-être le père de Guillaume Vau- 
detar, valet dé chambre du roi Jean H, et l'un de ceux 
qui furent chargés d'inventorier les deniers qui se trou- 
voient dans les coffres de Ce monarque, en la tour de son 
hôtel, le 3 juillet i357 , trois mois après qu'il eut été 
conduit prisonnier à Londres, malheureux résultat de la 



88 > BIBLIOTHÈQUE 

bataille de Poitiers. ( Voyez Y Auditeur des Comptes , 

in-8. p. 68.) - 

Cette Bible n'est point portée dans l'inventaire de la 
bibliothèque de Charles V, qui eut lieu en 1873, mais 
elle est décrite, ainsi qu'il suit, dans celui qui fut dressé 
en i4^3, après la mort de son fils Charles VI : 

Jtem. Dne très belle Bible en françois que Jehan de Vaudetar donna 
au Roy très parfaitement bien efcripte et hiftoriée a ij col. couuert 
4e foye azuré* a fleurs de lis dor de brodure garnie dune grande 
cbemife azurée et de iiij ferra, et une pipe dor (eftiraee xt livres 
parisis), 

Elle a eu depuis pour propriétaires connus, d'abord, 
en 1667, un avocat de Parip, nommé Bluet; ensuite, les 
Jésuites de la Flèche , qui en firent présent à Nicolas- 
Joseph Foucault. Après la mort de celui-ci , arrivée en 
1721 (Mém. de l'Acad. des Inscript., tom. V), on ne 
sait pas si elle resta dans sa famille jusqu'en 1764 envi- 
ron , que le receveur général des consignations des re- 
quêtes du Palais , Gaignat , en fit l'acquisition ; enfin , 
MM. Meerman père et fils 5 le premier l'acheta à la mort 
« de Gaignat {Voyez le Cat. , tom. I, p. 18, n° 18). Le 

dernier la possédoit encore en i8i4 9 comme nous le 
tenons de lui-même. Elle ne s'est point trouvée parmi les 
livres de sa bibliothèque qui furent vendus en 1824* e * 
on ignore à présent ce qu'elle est devenue. 

M. Parison , à qui nous avons déjà eu occasion, dans 
le Catalogue des Livres imprimés sur Vélin , et dans la 
Notice sur Colard Mansion , de témoigner notre recon- 
noissance , pour les divers renseignemens qu'il a bien 
voulu nous donner, vient de nous communiquer encore 
une des nombreuses pièces manuscrites dont il a enrichi 



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DE LOUIS DE LA GRÙTHUÏSE. 89 
sa bibliothèque , qu ? il a formée avec autant de goût que 
de connoÎ6sançë. Cette lettre constate que la Btyle de 
Charles. V a réellement appartenu , au commencement 
du siècle dernier , comme l'assure lé P. Lelong, aux 
Jésuite? de la Fïèche. Elïè c$t adressée au P. SoDciot , et 
datée de la Flèche le 9 septembre 1708 , et lui annonce 
que ce monument littéraire et national fut donné avec 
quelques autres : livres assez rares par le P. de Lafarre, 
alors recteur du collège de la Flèche, à M. Eoucault, 
intendant de Caen, lors de son passage dans cette ville. 

Après la mort de Charles VI, la Bible de son père par- 
tagea le sort de tous les manuscrits qu^iyï^ rasselaftlés, 
au nombre de plus de neuf cents , dans une des touips de 
son château du Louvre, d'où ils furent enlevés pai* ordre 
di* duc de Bedford, régent du royaume , et maître de 
Paris, à qui Garnier de Saint-Yon, qui en avoît la garde, 
en fit la remise le 1 5 octobre i&g ( XI 7) ■"• c ' est rimi 
qu'un prince anglois donna le premier, parmi les mo- 
dernes , l'exemple de ces spoliations littéraires faites en 
pays conquis, exemple que suivirent plus taj*d d'autres 
vainqueurs. Pour réparer, autant que possible, la perte 
de la bibliothèque da Louvre, Charles VIII et Louis XII 
s'emparèrent par représailles, l'un, en 1 491, de celle des 
Sforce et Visconti, qui étoit à Paviej l'autre, en 1496, 
des livres de la famille royale de Naples , et les firent 
transporter en France. 

Après là prise de Bruxelles, en 1746, Louis XV, usant 
des. mêmes droits, envoya également à sa bibliothèque 
de Paris , tous les manuscrits qui avoient appartenu aux 
anciens ducs de Bourgogne. 

Plus d'un siècle auparavant, le pape Grégoire XV ne 

6* 



9 o BIBLIOTHÈQUE 
à'étoit fait aucun scrupule de recevoir ceux de la fameuse 
bibliothèque de Heidetberg, que lui avoit envoyés Maxi- 
milieu I > duc de Bqrvière , après qûe le générai de Tilly 
se fut emparé de cette ville , en 1622. Ce qui fut consi- 
gné par l'inscription , suivante, qui selisoit dans tous les 
volumes venant de cette bibliothèque : 

' Sunx de Bibliotheca , quam Heidelberga 

capta fpolium fecyf , &• 
P. M. 
Gregorio XV, 
trophaeum mifit 
Maximilianus utriufque Bavariœ dux , Ôcc. 
S* R. I- arcliîdaptfer et prjnceps clector., 
Àirao ChrifU cto. 1co. xxm. 

En 1795, la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, qui 
doit sa première origine aux livres pris eh Courlaude et 
dans d'autres provinces conquises, reçut une augmen- 
tation considérable de ceux de la bibliothèque que les 
deux frères 'André -Stanislas et Joseph-André Zaluscki 
avoient fondée à Varsovie', pour l'usage de leurs compa- 
triotes; noble institution , que l'impératrice Catherine né 
fut pas assez grande peur respecter. La bibliothèque 
Zaluscki étoit de 262,640 volumfes (Essai sur un nouvel 
Ordre bibliographique de la Bibl. imp. de Pétersbourg, 
par le chevalier Olenin ). Et tout récemment un des 
petits-fils de Catherine, l'empereur Nicolas, n'a-t-U pas 
dépouillé d'environ 3oq volumes, tant manuscrits qu'im- 
primés, la bibliothèque d'Ardebil , et celle de la mosquée 
d'Ahmed à Akalzikh. On en trouve la liste détaillée dans 
la Gazette littéraire de Leipskk, du mois d'avril i83o, 
p. 729 — 736, et p. 777 — 783. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 91 
En 1799, la Compagnie angloise des Indes, après la 
destruction de l'empire du Mysore , s'appropria tous les 
livres de Typoo-Saïb , et les .plaça dans son hôtel à Lon- 
dres, où ils sont encore maintenant. 

Enfin, en 1798, l'Autriche, dans, le peu de temps 
qu'elle occupa le territoire de Venise, choisit les quatre 
plus précieuses éditions que possédoit la bibliothèque de 
Saint-Marc, et les plaça dans celle de Vienne, où on les 
expose aujourd'hui à l'admiration des étrangers. 

Après tant de conquêtes littéraires, dont plusieurs 
eurent lieu avant la révolution Françoise , du consente- 
ment et avec la participation de plusieurs souverains de 
l'Europe , il étoit bien permis à la France nouvelle de se 
glorifier de semblables trophées , obtenus par les mêmes 
moyens, c'est-à-dire par la victoire elle en jouiroit en- 
core, elle et les étrangers eux-mêmes, si, au mépris des 
stipulations du traité de Paris de i8i5, et malgré les 
observations et les remontrances du prince Talleyrand, 
alors ministre des affaires étrangères , adressées , au nom 
du Roi, à lord Castelreagh, ce ministre, par un acte 
de violation de la foi promise , ne les eût fait enlever de 
force. (M. Montveran, Hist. critique de la Situation de 
l'Angleterre, tom. VIII, p. 635. ) 

II. 

La Bible, en françois, énorme volume in-folio, 
en m. r. , autrefois couvert de velours violet figuré, 
n° 6701. 

Manuscrit du quatorzième siècle , sur vélin , en lettres 
de forme, sur a colonnes, de 61 lignes chacune, enrichi 



92 BIBLIOTHÈQUE 

dç miniatures. Prél. 2 feuillets, contenant la table des 

livres. Texte , fol. j — ccccxiiij . 

Le premier, qui est orné d'une bordure , dans laquelle 

on voit les armes de Gruthùyse recouvertes , commence 

ainsi au recto , première colonne : 

El commencement créa dieu ciel et terre U terre a decertes eftoit 
uain et uoide et ténèbres eftoient fur la face de abifme et lefprit de 
dieu eftoit porte fur les eawes et dift dieu foit fait lumière et fait eft 
lumière 

L'Apocalypse, qui occupe plusieurs feuillets, est im- 
parfait à la fin. 

Le P. Lelong (Bibl. sacra, tom. I, p. 3i4) entre dans 
quelques détails sur cette traduction ancienne de la Bible 
en françois, qu'il croit antérieure à celle que fit faire 
Charles V par Nicolas Oresme. (Foyez, sur quelques 
traductions françoises de la Bible , le Cat. des Manuscrits 
de la Bibl. de Genève, p. 293 et suiv. )• 

III. 

Les Épîtres et Évangiles. Petit in-folio, relié en 
m. r., autrefois couvert de velours violet figuré, 
n° 7269. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit en 
ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 3^ lignes chacune. 
H devoit être enrichi de miniatures, mais les endroits 
qui leur étoient destinés sont restés en blanc. 

Prél. 10 feuillets, contenant la table des chapitres, 
qui porte pour sommaire : 

Cy commence la table des rubricet de ce liure pour trouuer les 
ef pi très et les euangilles du uouuel teftament par toute 1 année corn- 
mendiant au premier dimanche de laduent. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 9 3 
Texte, fol. j — ccxciïj. Âu bas du premier sont les 
armes de Gruthuyse recouvertes , il commence ainsi : 

Ceft le liure de ta lignée ihefu crift fils de dauid filx dabraham et 
abraham engendra yiaac. 

Plusieurs Mss. de cette traduction se trouvoient dans 
la bibliothèque de Charles V, en i3^3. 

IV. 

L'Apocalypse représenté par figures. In-folio en 
m. r. , autrefois couvert de velours ciselé, n* 7013. 

Manuscrit sur vélin , du treizième siècle , en lettres 
de forme, sur 2 colonnes j contenant 47 feuillets, avec 
90 figures coloriées. 

Sur un feuillet séparé est écrit : 

Des biftoires et Hures En françoys Pulto (Palpito) 3* A la cheminée. 

On lit au haut du premier, qui n'offre que des figures, 
et au bas duquel on aperçoit les armes recouvertes , ces 
mots en écriture ancienne : 

Apocalipf in Pictura fact karolo Magno. 

Le texte commence ainsi , au verso du 3 e feuillet : 

Apocalipfîs chrifti jefu 
jefu crift fa en île que cft apelee pade tefmoigne ihefa crift qui fu en 
efprit après moi une grant uoix aulî dift efcriuez en livre ceo ke nos 
anfaint Johan font lignifie li bon prélat de feinte eglife qui unt la uoie 
del euangile ce entendent. 

H finit de cette manière : 

en jhucrift en terre qui fu p nos efcrite en la croiz. 

C'est le même livre qui a été imprimé en planches de 
bois , avant et depuis la découverte de l'imprimerie , et 
dont il y a beaucoup d'autres manuscrits. 



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94 



BIBLIOTHÈQUE 



V. 

La Pénitence d'Adam, traduite de latin en fran- 
çois , par Colard Mansion. Petit in-4°, relié en maro- 
quin rouge, autrefois couvert de velours noir pelé, 
n° 7864. 

Cette rêverie rabbinique n'a jamais été imprimée 5 elle 
ne le sera probablement jamais. Nous allons en donner 
un extrait suffisant pour faire connoitre cet ouvrage, et 
nous y joindrons la gravure de la miniature dont le 
manuscrit est orné, et que nous avons déjà décrite dans 
la Notice sur Cfolard Mansion. 



Après que Dieu eut fait Adam du limon de la terre , 
au champ de Damas, il le transporta dans le Paradis ter- 
restre, lieu de délices, planté par lui-même. 



Adam ne jouit pas long- temps de l'état de bonheur où 
Dieu l'avoit placé ; il mangea du fruit défendu, à l'insti- 
gation d'Ève, trompée elle-même par le diable, qui, 
pour la mieux séduire , avoit pris la forme de la bête la 
plus aimable, celle du serpent-, ils furent chassés en terre 
basse au val d'Ebron, et condamnés à souffrir, pour 
peine de leur désobéissance, des douleurs mortelles. 

Les premières qu'ils éprouvèrent furent celles de la 
faim et de la soif ; ils cherchèrent en vain pendant qua- 
torze jours les moyens de se soulager. Ce fut alors qu'Ève 
voyant les funestes suites du péché qu'elle avoit fait com- 



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DE 10UÏS DE LA GRUTHUYSE. 9 5 
mettre à Adam , le pria , dans son désespoir, de la tuer. 
Peut-être, lui dit-elle, Dieu te replacera dans le Paradis 
terrestre. 



Cependant, pour apaiser la colère de Dieu, l'un et 
l'autre songèrent à faire pénitence. Adam se condamna à 
quarante jours de jeûne, et à rester soixante jours dans 
le fleuve Jourdain , debout sur une pierre, ayant de l'eau 
jusqu'au cou. Dès qu'il y entra; les poissons l'environ- 
nèrent, et l'eau resta immobile jusqu'à la fin de la péni- 
tence. Ève , par le conseil de son mari , s'en alla au fleuve 
du Tigre, et s'y tint de la même manière. Elle devoit y 
rester pendant trente-trois jours sans proférer une seule 
parole. 



Elle supporta courageusement, durant vingt-huit jours, 
les rigueurs de cette pénible situation -, mais Satan, pour- 
suivant sans cesse cette créature malheureuse, et craignant 
que , par sa persévérance , elle ne trouvât grâce devant 
le Seigneur, résolut de la tromper une seconde fois. A cet 
effet , il prit la forme d'un ange , et sous ce déguisement 
il se présenta devant elle -, il lui dit que Dieu s'étant laissé 
émouvoir, lui avoit commandé d'aller à son secours, et 
de la retirer du fleuve. Elle crut aux paroles trompeuses 
du diable; elle sortit de l'eau, et conduite par son perfide 
séducteur, elle alla trouver Adam , qui , à son approche , 
reconnut aussitôt le démon. Il commença à pleurer amè- 
rement sur cette seconde foiblesse de sa femme. Dans 
l'excès de sa douleur, il s'adressa à l'esprit malin , et lui 
demanda quel cruel plaisir il trouvoit à les poursuivre 




96 BIBLIOTHÈQUE 
sans relâche , en les poussant d'abîme en abîme. Alors le 
diable lui répondit en gémissant , qu'il lui porteroit une 
haine éternelle, parce qu'il étoit la cause de son expul- 
sion du Paradis, n'ayant pas voulu le reconnoître pour 
l'image du Seigneur qui l'avoit créé. 



A ces mots , Adam pria Dieu avec ferveur d'éloigner 
de lui cet ennemi attaché à sa perte. Sa prière fut exau- 
cée, le diable disparut, et ne s'offrit plus à ses yeux. 



Adam continua sa pénitence, en restant dans l'eau le 
temps qu'il s'étoit prescrit. 

Eve, bien déterminée à ne point porter obstacle au 
salut de son mari, alla en Occident, où « elle fist et char- 
te penta au mieulx qu'elle put un petit habitacle -, car elle 
« avoit conçeu de son seigneur un fils; et quant le temps 
« de parturer ou d'enfanter aprocha , elle se commença 
« à troubler et avoir moult grant douleur, pourquoy elle 
« adressa sa prière envers son Seigneur. » 



Cependant Adam tournant sa pensée vers Ève , et se 
ressouvenant que Dieu la lui avoit donnée en garde , 
commença à s'inquiéter sur l'état où elle pouvoit être 
réduite. Il partit de l'Orient, arriva au lieu qu'elle habi- 
toit, et la trouvant dans les douleurs de 1'enfantetnent, 
il se jeta à genoux, en suppliant le Seigneur de délivrer 
promptement sa malheureuse épouse. Ses vœux furent 
exaucés. Dieu lui envoya aussitôt douze Anges accom- 



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DE LOUIS DE LA- GRUTHUYSE. 9 , 
pagnes de douze Vertus, qui touchèrent Ève, et lui an- 
noncèrent qu'elle avoit trouvé grâce devant le Seigneur 
Lieve sus, lui dirent-ils, et te prépare à te délivrer de 
ton fruit, duquel descendra le Sauveur du monde. Ève 
de ces parolles moult reconfortée, s'acoucha prestement 
d un beau fils , qu'elle nomma Cayin, lequel tantost 
quilju nez il s en courut arracher une poignée d'herbe 
qu il apporta à sa mère. " ' 



Apres son retour en Orient avec sa femme et son en- 
fant, -Dieu leur envoya l'archange saint Michel pour leur 
enseigner à semer et à cultiver la terre. Ève eut un 
secoud fils , nommé Abel. Un jour elle vit en songe que 
celui-ci tuo.t son frère. Ce songe se vérifia (ce qui est 
contraire, comme on voit, à ce que dit l'Écriture). Lors- 
quAdam fut parvenu à l'âge de cent trente ans, il eut 
un troisième fils, et successivement trente fils et trente 
filles qu ,1 engendra dans l'espace de 7 oo ans. Il apprit 
a Seth tout ce qui étoit arrivé à lui et à Ève, ainsi que 
les maux et les biens qui adviendroient à sa race dans les 
siècles a venir; enfin il lui prédit le déluge et la nais- 
sance du Sauveur, événemens que Dieu lui-même lui 
avoit fait connoître. 



Ayant atteint l'âge de io3o ans, et sentant sa fin ap- 
procher, il assembla tous ses enfans, et leur dit que la 
eause de la mort qu'en lui l'homme alloit subir pour la 
première fois, provenoit de la désobéissance de leur mère 
aux ordres de Dieu. Dans l'instant Ève et Seth le quit- 



7 



98 BIBLIOTHÈQUE 
tèrent pour aller chercher, à l'entrée du Paradis ter- 
restre , l'huile de miséricorde afin d'en oindre Adam et 
de le guérir. Ils trouvèrent en leur chemin le serpent, 
qui attaqua Seth et le mordit. Arrivés aux portes du 
jardin , ils couvrirent leur téte de poussière en signe 
d'humilité , se prosternèrent la face contre terre , et pous- 
sèrent de longs gémissemens, en suppliant le Seigneur 
d'avoir pitié des souffrances d'Adam. Dieu leur envoya 
l'archange saint Michel , qui leur dit que l'huile de misé- 
ricorde qu'ils demandoient ne seroit accordée que dans 
5oao ans , lorsque Jésus-Christ viendroit sur la terre en 
oindre ceux qui croiront en lui. 

Ils s'en retournèrent accablés de tristesse* emportant 
avec eux, des environs du Paradis terrestre, des plantes 
odoriférantes , quelques parties d'un arbre précieux , 
nommé nardui, du safran, de la ciunamome, de la graine 
de paradis et du calamentum, et allèrent rejoindre Adam, 
à qui ils racontèrent ce qui leur étoit arrivé. Adam , 
après avoir reproché une seconde fois à Ève son péché , 
qui devoit peser sur tout le genre humain , expira. Au 
même moment le soleil , la lune et les étoiles s'obscur- 
cirent. Ce phénomène dura sept jours. Au bout de ce 
temps , saint Michel eut ordre de Dieu d'ensevelir Adam 
en présence de son fils Abel, pour apprendre aux mortels 
à enterrer leurs semblables. Six jours après la mort du 
premier homme, Eve, près aussi de rendré le dernier 
soupir, assembla ses fils et ses filles, au nombre de 
soixante , et leur annonça qu'à cause de sa désobéissance, 
le monde périroit une fois par l'eau et une fois par le 
feu. Elle leur commanda de faire deux tables : l'une de 
pierre , et l'autre d'argile , et d'y inscrire les événemens 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 99 
de la création, sa vie, celle d'Adam, et tout ce qu'ils 
a voient tu et entendu, afin que le genre humain en fût 
exactement instruit. La table d'argile devoit résisjer au 
feu, celle de pierre, à l'eau, dans le cas où le monde 
périroit par l'un ou par l'autre de ces deux élémens. 

Quand les enfans d'Ève eurent pleuré leur mère pen- 
dant quatre jours, saint Michel leur apparut, et leur dit 
de ne pleurer désormais leurs morts que six jours, parce 
que Dieu s'étoit reposé le septième de ses travaux. 

Seth ayant cessé ses larmes, suivant l'ordre de l'ar- 
change , se niï£ en devoir d'exécuter les derniers cômman- 
demens de sa mère. Il fit les deux tables, et les plaça 
dans l'endroit où son père avoit l'habitude de se retirer 
pour prier. On les trouva après le déluge ; mais personne 
ne put ni les lire ni les comprendre jusqu'au temps de 
Salomon. Ce Roi, soupçonnant qu'elles contenoient quel- 
ques mystères , pria tant le Seigneur de les lui dé- 
couvrir, qu'il lui envoya, par saint Michel, l'ordre de 
construire un temple dans l'endroit même où elles s'é- 
toiept trouvées. 

Dans la copie ancienne de cet ouvrage , qui est à la 
bibliothèque de l'Arsenal, on a fait quelques change- 
mens ; les chapitres sont autrement disposés , et au lieu 
de seize qu'offre l'original, il s'en trouve trente-deux. 
Le vingt-troisième contient un résumé des précédens, et 
ceux qui suivent, jusqu'au trente-deuxième, continuent 
la vie d'Adam comme il suit : 

Lorsque l'ange Chérubin vit arriver Seth aux portes 
du Paradis terrestre pour chercher l'huile de miséricorde, 
et qu'il sut pourquoi il étoit venu, il lui dit de regarder 
à ^'entrée. Seth fut ravi d'admiration à l'aspect de toutes 



BIBLIOTHÈQUE 
les merveilles qui s'offrirent à sa vue , au nombre des- 
quelles étoit une fontaine éclatante, d'où s'échappoient 
quatre fleuves appelés Phison, Sion, Tigris et Euphrates, 
et qui se répandoient par tout l'univers. Auprès de cette 
fontaine étoit un arbre dépouillé de son écorce et de ses 
feuilles, mais ayant un grand nombre de branches. Se 
doutant que c'étoit à cause des péchés de ses premiers 
parens que l'arbre se trouvoit dans cet état de dénuement, 
il retourna vers l'ange lui raconter ce qu'il avoit vu. Ché- 
rubin lui ordonna encore deux fois de se présenter à la 
porte du jardin, et lui dit qu'il y verroit de plus grands 
mystères. En effet, la première fois Seth aperçut un ser- 
pent au pied de l'arbre , et la seconde fois il vit l'arbre 
s'élever à une telle hauteur que sa cime touchoit au ciel. 
Sur le sommet étoit un enfant nouveau-né enveloppé de 
langes. \) # ans son étonnement ayant baissé les yeux, il 
trouva les racines de l'arbre descendues jusqu'aux enfers, 
où il découvrit l'âme de son frère Cain. L'ange lui déve- 
loppa ce mystère, et lui apprit que l'enfant qu'il avoit vu 
étoit le fils de Dieu , qui pleuroit déjà sur les péchés du 
premier homme , qu'il les rachèteroit quand le temps en 
seroit venu , et que c'étoit lui qui étoit l'huile de miséri- 
corde , promise à ses parens et à leur postérité. 

Seth, au moment d'aller rejoindre son père et sa mère, 
reçut de l'ange trois graines du pommier dont ils avoient 
mangé, et il lui prédit en même temps que trois jours 
après son retour son père mourroit. De plus, l'ange lui 
ordonna aussitôt après qu'il seroit mort , de mettre les 
trois graines dans sa bouche, ajoutant que de ces trois 
graines sortiroient trois rameaux en forme d'arbre, dont 
l'un sera cèdre, l'autre cyprès, et le troisième pin-, que 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ioi 
par le premier, qui est le plus haut- des arbres, est figuré 
te Père-, par le second , qui est l'emblème des souffrances 
et de la douleur, on doit entendre le Fils •, et par le der- 
nier, qui porte un fruit utile, le Saint-Esprit. 

La mort d*Âdam arriva au jour prédit. Seth, en l'en- 
sevelissant, lui mit les trois graines dans la bouche, d'où 
il sortit très promptement trois vergettes d'une aune de 
long; elles restèrent toujours vertes jusqu'aux temps de 
iW, d'Abraham et de Moïse. Celui-ci, après avoir mené 
le peuple d'Israël au travers de la mer Rouge , vint au val 
d'Ebron , arracha les vergettes de la bouche d'Adam , et 
il s'écria devant le peuple, d'un Ion prophétique, qu'elles 
représentoientla sainte Trinité. Ces vergettes répandirent 
une odeur si douce, que le peuple croyoit déjà être dans 
la terre promise. Moïse les porta au désert, et s'en servit 
miraculeusement pendant quarante-huit ans, pour guérir 
le peuple d'Israël , toutes les fois qu'il fut mordu par les 
serpens et autres bétes venimeuses. Ce fut aussi par leur 
vertu qu'il fit jaillir l'eau de la roche. Avant de mourir il 
les planta au pied du mont Thabor : elles restèrent dans 
ce lieu l'espace de mille ans. David , averti par le Saint- 
Esprit de les aller chercher, et ayant employé neuf jours 
à ce voyage , les apporta à Jérusalem , et les coupa. 
L'odeur suave qu'elles exhalèrent le transporta de joie; 
il se mit à danser, à chanter, et à jouer de divers instru- 
mens, en glorifiant le nom du Seigneur. Tous les malades 
qui allèrent à sa rencontre et qui touchèrent les ver- 
gettes furent à l'instant guéris, par la vertu de la sainte 
croix , dont elles annonçaient le mystère à venir. 

A son retour il les mit dans une citerne, en attendant 
qu'il pût les planter dans un endroit plus convenable. Le 



io2 BIBLIOTHÈQUE 
lendemain il les trouva élçvées et verdoyantes. Enchanté 
de ce nouveau miracle, il les laissa dans la citerne, qu'il 
fit entourer d'un mur. Elles restèrent dans un état de 
croissance pendant quarante ans. Après son adultère, 
David alla faire pénitence sous leur ombrage; ensuite il 
commença à faire construire le temple du Seigneur, au- 
quel il fit travailler pendant vingt-quatre ans , et dont il 
ne put , à cause de l'énormité de ses péchés , voir l'achè- 
vement. Salomon , qui lui succéda, finit l'édifice en 
trente-deux ans. Pour sa construction on coupa le saint 
arbre, quoiqu'il fût d'une coudée plus long qu'il ne fal- 
loit; mais quand on le mit en place, il se trouva être 
plus court. 

Un jour une femme nommée Manilla étant venue au 
temple avec une multitude innombrable de peuple pour 
adorer Dieu et le bois du Seigneur, s'étanl assise sur le 
bois, elle sentit aussitôt ses vétemens s'enflammer, et 
s'écria , comme inspirée : Dieu ! mon Dieu ! Les Juifs 
l'entendant proférer le nom de Jésus-Christ, l'accusèrent 
de blasphème , la traînèrent hors du temple ,' et la lapi- 
dèrent. Elle devint ainsi le premier martyr qui mourut 
pour le nom de Jésus. 

Les Juifs, furieux des miracles opérés par le saint fust, 
l'enlevèrent du temple, et le jetèrent dans une piscine; 
mais Dieu , pour empêcher cette indigne profanation , 
envoya un ange remuer l'eau de la piscine , qui eut sur* 
le-champ la vertu de guérir les malades qui y descen- 
dirent. Ce dernier miracle ne fit qu'accroître leur fureur, 
au point qu'ils tirèrent le saint fust de la piscine, et en 
firent un pont sur le torrent de Siloê, espérant qu'à la 
longue il seroit usé par les pieds des passans. Il resta en 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. io3 
cet état jusqu'à l'arrivée de la reine de Saba à Jérusalem , 
qui, en le traversant, l'adora. Dans la suite les Juifs le 
prirent pour en faire la croix sur laquelle ils crucifièrent 
Jésus-Christ. 

La Bibliothèque du Roi vient de se procurer un exem- 
plaire de l'original latin de cette vie d'Adam, imprimé 
sans date, sans nom d'imprimeur ni de ville, mais, à 
en juger par les caractères, sorti des presses d'Arnpldus 
de Bruxella, qui exerçoit son art à Naples en i47^. Aussi 
cette édition ne ressemble à aucune des trois mentionnées 
aux pages 96 et 99 de la Notice sur Colard Mansion. 
Paris, 1829, in-8°. Elle doit être regardée comme la 
première de ce petit ourrage. En voici la description : 

Elle est petit iti-4% en lettres rondes , à longues lignes , 
de 28 à la page , et contient 8 feuillets, dont les premières 
lignes sont : 

De creatione Ade et formation Eue 
ex cofta eius. Et quomodo decepti 
fuerunt a ferpente. 

Oft cafùm luciferi <j fuperbia inflatus ait 
ponara fedem meâ in aquilonem zéro firail' 
altiffirao. Deus autem fumme bonitatis 
uolens hominem cfTe participem regni fui. AdS 

Elle finit au verso du dernier feuillet , qui a aussi 
28 lignes , par les deux suivantes : 



fed regnabat per infinita fecula feculoty. ÀmS. 
C ViU Ade & Eue abfoluta S féliciter. 



io4 BIBLIOTHÈQUE 



VI. 

Le Miroir de l'humaine salvation. In-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours incarnat , 
n° 6848. 

Manuscrit sur vélin du milieu du quinzième siècle, . 
écrit en ancienne bâtarde , sur 2 colonnes , de 4o lignes 
chacune. A la tête de chaque colonne est une miniature 
qui a 81 mm. (3 p. de haut) sur 95 mm. (3 p. 6 1. de 
large). Il y en a 192 en tout. U contient liij feuillets 
chiffrés , et il commence ainsi : 

Ci commence le miroir de lumaioe faluation. Le prologue de ce 
prefent liure ouquel font compris et defîgnes foubz briefte les chap- 
pitres et matières defquelles ledit liure fait mencion. 

Le texte : 

Comme doncques le prefent trahie miroir de lumainc faluation foit 
appelé ouquel appert le cas de lôme et la manière de fa reparaciS. 

Fin : 

Par cefte feptiefme joye mere très glorieufe ie te fupplie très hum- 
blement que il te plaife eftre mon aduocate et intercéder vers noftre 
dit faulueur ton benoift filz ihucrift que après ce morteil exil il me 
daigne recepuoir et logier au trofne de fon royaulme aueucques les 
fains anges et archanges et aultres bieneureux aueucq lesquels le puiffe 
contempler et loer fon fainct nom par tous les fiecles auenir amen. 

A la suite se trouve : 

Senfieut les lignies des roys de france et comment les générations 
font defcendues lune de lautre et comment elles font faittiez et fi 
parle en brief de leurs fais et en quel temps ilz ont règne et com. 
longuement et ou ilz gifent et quelz enfans ilz ont eu et en quel temps 
la cite de luteffe fut commencie et comment elle fut nomme paris et 
comment le royaume de gaulle fut nomme france. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. io5 
La traduction du Miroir de l'humaine Salvation , cou- 
tenue dans ce manuscrit, a subi , dans les éditions qu'on 
en a publiées à Lyon et à Paris, des changemens considé- 
rables. Elle a été faite par Jacques Mielot eh 1 44^ ( ce 
que nous apprend l'original qui se conserve à Bruxelles) ; 
il en reçut Tordre de Philippe-le-Bon. 
En tête du volume on lit ces mots : 

Des hiftoires et liures en fraocoys. Pult° i° à la cheminée. 

VII. 

L'Horloge de Sapience, traduit du latin de Henri 
de Souhan (de Sews), 2 vol. in-folio, en peau de 
mouton rougie, aux armes de Béthune, n os 7041 
et 7042. 

Beau manuscrit sur vélin , exécuté après le milieu du 
quinzième siècle , en ancienne grosse bâtarde , sur 2 col., 
de 29 lignes chacune; il est divisé en deux volumes. 

Le premier a en tête ix feuillets chiffrés, qui contien- 
nent la table des chapitres. Le x e est enrichi d'une belle 
miniature, qui a 189 mm. (7 p. de haut sur autant de 
large). Elle représente l'intérieur d'un appartement 011 
l'on voit une grande horloge , devant laquelle Louis de 
la Gruthuyse est debout, et paroît étonné en voyant cette 
merveilleuse mécanique. Il est vêtu d'une longue robe 
de tissu d'or, et il a la tête découverte : le collier de la 
Toison -d'Or est passé autour de son cou. Sa suite se 
compose d'un seigneur et de plusieurs dames. Le cadre 
qui orne cette page renferme ses armes entourées du col- 
lier de l'ordre dont il étoit chevalier. 



io6 BIBLIOTHÈQUE 
Le texte commence ainsi au même feuillet : 

Hanc amaui et equifiui a juventute mca et quefiui eam raichi affu- 
mere fponfam. Ce font les paroles que Salomon le Sage dift en fon 
liure de Sapience ou iiiij" chappitre en quoi il dift jay aime efàpience 
et û lay quife des en ma jeunette pour de elle faire mon efpoufe. Ou 
temps patte fut un homme qui en la fleur de fon eage fe donna moult 
fort a la iolite et a la vanité du monde 

Le tome second, commençant au fol. clxvij, et finissant 
au fol. ij c lxviij , est aussi enrichi d'une miniature de la 
même grandeur, où de la Gruthuyse, habillé comme 
dans la première miniature, se voit debout, couvert d'un 
bonnet , et accompagné d'un seigneur et de trois dames. 

Dans une pièce de vers qui termine ce manuscrit , il 
est dit que la traduction fut faite en l'année 

Que le miliaire conroit 
Qi propremt cOpter vouroit 
Mil trois cês iiij u dix neuf. 

Par ordonnance de maiftre dominique dit de port 

Faite fu la tranflation 
En lan de lincarnation 
Deuât au iour xxviij* 
Du mois dauril enuiron pme 
Priez adieu le créateur. 

Il y a d'autres manuscrits de cet ouvrage à la Biblio- 
thèque du Roi. Dans celui qui a appartenu aux ducs de 
Bourgogne , il est dit que l'Horloge de Sapience fut tra- 
duit en françois par un Franciscain en i38g , et écrit en 
i458 par Jean Dardenay, natif de Paris, et demeurant 
à Lille. 

Dans celui qu'on voyoit aux Feuillans de Paris, le tra- 
ducteur est nommé père Jean de l'ordre des Mineurs , 
du couvent de Neufchâteau en Lorraine. La première 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 107 
édition de cette traduction porte le nom de Verard et la 
date du 10 mars i493. L'original latin parut à Venise, 
chez Jean de Guarengis, en 1492. 

Il en a été fait une traduction allemande , imprimée à 
Augsbourg par Antoine Sorg, en 1482, et une autre en 
anglois , imprimée à Londres , sans date , par Guillaume 
Caxton. 

VIII. 

Le Jardin de vertueuse Consolation. Enseigne- 
mens de divine Sapience à l'àncelle.et ame devotte. 
Petit in-folio, m. citron, anciennement recouvert 
de velours noir pelé, n° 7324. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en an- 
cienne grosse bâtarde , à longues lignes , au nombre de 16 
sur les pages entières, contenant 46 feuillets. 

U est enrichi d'initiales peintes en or et en couleurs , 
et de trois jolies miniatures, qui ont i35 mm. (5 p.) de 
haut sur io4 mm. (3 p. 10 1.) de largeur. Dans la bor- 
dure en arabesques du premier feuillet sont les armes de 
Gruthuyse recouvertes. Il commence ainsi : 

En labbeye de deuote religion fondée en ce mondain defert cft le 
iardin de vertueufe confolation ou le vray dieu damours habite ccft 
le iardin gracieux ou demeure le doulx ihefus 2 ouquel il appelle fa 
mie quant il dift ou Hure des canchonnettes amoureufes vieng dift il 
en mon iardin ma deuote douche fœur et ma chère efpeufe. Cette dou- 
chette yoix cette canchonette amoureufe chante melodieufement ihefu- 
crift le loyal amant en appellant a foy la fainte ame qui eft dieu én- 
amourée par ardent charité et le nomme fa fœur et fon efpeufe fa fœur 
par confanguinite de nature et fon efpeufe par affinité de grâce. 

Ce traité est terminé au recto du 28 e feuillet. Le second 
commence ainsi au verso du même feuillet : 



io8 BIBLIOTHÈQUE 
En feigne m en 3 de diuine fapience a lancelle et ame deuotte. 
Cy après dit et recite comment la pardurable fapience enfeigne fon 

ancelle a pAtiamment viure. 

La première miniature représente un pèlerin entrant 
dans le jardin de vertueuse Consolation , à la porte du- 
quel il est reçu par dame Obédience, accompagnée de 
quajre femmes. Il est, dans la seconde miniature, à ge- 
noux devant un arbre, auquel est attaché un christ ; et la 
troisième offre divine Sapience enseignant l'ancelle et 
l'âme dévote. 

Cet ouvrage a été imprimé pour la première fois, sans 
date, par Colard Mansion , qui le donne pour la première 
production de son imprimerie. (Notice sur Colard Man- 
sion, in-8°, p. a5.) 

XL 

Le Retour du Cœur perdu, et autres Traités ascé- 
tiques. Petit in-folio , en m. r. , autrefois couvert 
de velours vert, n° 73 1 3. 

Beau manuscrit sur vélin, du milieu du quinzième 
siècle, en ancienne grosse bâtarde, avec sommaires en 
rouge , à longues lignes , au nombre de 20 sur les pages 
entières-, contenant g3 feuillets. Le premier porte ce 
titre en rouge : 

Cy commence un petit traittie intitule le Retour du Cuer perdu 
corapofe par un de nos religieux nomme Alexandre. 

Au bas du second feuillet , qui est enrichi d'un cadre 
et d'une jolie miniature qui représente un pèlerin con- 
duit par une religieuse, et prosterné devant un Christ 
mort que soutient et lui présente un pontife, sont les 
armes de Gruthuyse. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 109 
Ce premier traité commence ainsi : 

1. Sire dieu mifericors et iuftes qui pour avons courouchiez a nous 
poures pefcheurs que nous voelz veoir retourner a toy et oyr merchj 
criez. Vueilles recepuoir moy ton raffinant et oyr merchi et moy qui 
perdu nie fuis par toy eflongier par voie retournant 

Fol. i4, verso : 

2. Senfleut une moult bonne et profitable confeffion a noftre feigneur. 

Fol. 17 , verso : 

3. Piteufe complainte a jhefucrift. 
Fol. 21 , verso : 

4. Seniieut une deuote méditation fur la paûlon noftre feigneur et 
primes a matines. 

Fol. îa3 , verso : 

5. Méditation a primes. 
Fol. 24, verso : 

6. Méditation a tierce. 

Fol. 27 , verso : 

7. Méditation a midy. 

Fol. 29, verso : 

8. Méditation a nonne. 

Fol. 33 , recto : 

9. Cy parolle tant lomme a fon ame comme a Ton corps et premiè- 
rement commence a noftre benoift fauueur. 

Fol. 36, verso : 

10. Gomment on doit penfer a la mort au iugement et aux paines 
denfer. 

Fol. 48, verso : 

1 1 . Des grans biens qui font en paradis appareilliez a ceulz qui la 
font glorifiiez. 

Fol. 54, recto : 

1». Des trois douaires de lame et premièrement du premier douaire. 



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1 IO 



BIBLIOTHÈQUE 



Fol. 56, recto : 

i3. Du fécond douaire de lame glorifiée. 
Fol. 58, reclo : 

i4- Le tiers douaire de lame. 

Fol. 62 , recto : 

15. Des quatres douaires du corps. 

Fol. 77, verso : 

16. Oraifon pour manière de complainte a la vierge marie. 

Fol. 83 , verso : 

17* Autre oraifon a la vierge marie mere de dieux aduocate. 

Fol. 90 , recto : 
18 Autre oraifon a la vierge marie. 

Cette dernière oraison finit par ces mots : 

Que en fais laffus gloire de dame ainii efleuee par occafion de 
pécheurs yeez mercy recepuez raoy a merchy. 

On lit au commencement dû volume : 
Des biftoires et liures en francoys pult° i° a la cheminée. Bloys. 



Les Fleurs de toutes Vertus. Petit in-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert en velours, ti° 7521. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne bâtarde , à longues lignes , au nombre de 28 
sur les pages entières, et orné d'une miniature de 1 24 mm. 
(4 p. 7 1.) de haut, sur 120 mm. (4 p. 5 1.) de large. La 
totalité du volume est de 63 feuillets. Sur le premier, où 
se trouve cette miniature, on voit les armes de Gru- 
thuyse recouvertes. Il commence ainsi : 

En ce prëtëps q les humains efpris 



x. 



Sont plus agus en fcicnce ? efpris 




DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. m 

Et en vertus que nulle ault faifoo 

En mon refueil fus de defir furpris 

A tranflater aulcun liure de pris 

Non trop ha ul ta in mais mois par raifon 

Lors me fouuins quauoie en ma maifon 

Un g liure grec lequel auoit efte 

A ùng empereur Gonilantin prefente 

Sy me louay eftant en ce propos 

Sans arreFter ni prendre aucun repos 

Pour preftement quérir après le liure 

Veuillant mettre mon entente a deliure 

Quant ieux trouue le liure deffufdit 

Je le lus tout et y vy maint beau dit 

Combien quil fuft coucbic et fait en profe 

Dun lez le texte et dautre part la glofe 

Sy perchus bien quun ouuricr excellent 

Lauoit traittie de cuer fans eftre lent 

Et quil auoit en valere et juftice 

Veu maint beau point puis de fent auguflin 

Et domere traittoit enfinement 

En demdïtrant maint bel enfeignement 

Des coftumcs et meurs q lorac humain 

Doit par raifon obtenir foir et matin 

Pour complaire au vray dieu de droiture 

Seul créateur de toute créature 

Affin donqs quaucuns peu/Tcnt auoir 

De ce liure moult proufitable auoir 

Le tranflatoit a mon entendement 

Au mieulx que peulx mais afTez rudement 

De grec langaige en langaige francois 

Et pour caufe quil eftoit a mon chois 

Fleurs de toutes vertus lay mis a nom 

A celle fin que plus en fuft renom 

Pour tant fupply a ceulx qui 1 orront lire 

Ou qui vouldront defdites fleurs eflire 

Qui fay failly en aulcun obfcur pas 

Supportes moy grec langaige neft pas 

Doulx au francois aincois eft afTez rude 

Dur eft au clercq changier nouuelle eltudc 

Cy fine le prologue du tranflateur. 



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ii2 BIBLIOTHÈQUE 

Amour bienuellance délectation et plidflr eft prefque une mtifme 
chofe. 

A la fin : 

Saint yfidore dift qu'il vouldroit raieuli a lorame deftre auecquc9 
▼ng muet quil ne feroit de oir dire parolles qui len neu peuft entendre. 

Explicit les fleurs des vertus. 

Cet ouvrage existe aussi en italien , sous le titre de 
Fiore di Virtii. Il s'en trouve beaucoup d'éditions im- 
primées dans le quinzième siècle. La première est de 

XL 

La Vertu du Sacrement de Mariage. Petit in-folio, 
relié en veau marbré, autrefois couvert de velours 
bleu, n° 7393. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en ancienne 
bâtarde, à longues lignes, au nombre de 34 sur les pages 
entières , orné de quelques miniatures -, contenant f . 1 — 
189. Au premier sont les armes recouvertes. Les onze 
premiers renferment, i°. le prologue, qui porte le som- 
maire suivant : 

Le prologue du Hure de la vertu du facrement de mariage 
Et du reconfort des dames mariées. 

Ensuite : 

Entre les fainctes doctrines de noftre rédempteur Jefucrift il eft 
efeript en leuangile hoc eft preceptum m eu m vt diligatis inuicem 
ficut dilexi vos c'eft a dire que par cOmadement efpecial et Hoguler 
du doulx ihu nous deuons amer lun lautre fi cSme il nous a ame et 
faint Jehan leuangelifte en confirmant ledit cSmandement efeript en 
fes es. 

2 . La table des chapitres des quatre livres. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. n3 
Le dernier feuillet finit par ces mots : 

Benois foyes tu qui es Tenus ou nom de dieu roy difrahel ofanna in 
excelfîs ajes pitié de moy amen. 

XII.. 

Le Livre des Quatre dernières Choses à venir. 
Petit in-folio, en m. r. , autrefois couvert de velours 
incarnat ciselé, n° 7310. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en an- 
cienne grosse bâtarde , à longues lignes , au nombre de 
a5 sur les pages entières; contenant 98 feuillets. Les trois 
premiers con tien rient la table et le prologue. Il est enri- 
chi , au quatrième , au bas duquel on voit les armes de 
Grutbuyse recouvertes, d'une jolie miniature qui pré- 
cède le texte , dont le commencement est conçu en ces 
termes : 

Cy commence la première partie des quattre desrenieres chofes qui 
font a aduenir, 

La mémoire retrait lomme des pecbie. Cefl la mort prefente en tem- 
porelle et pour ce dit faint bernard en miroir des moyennes la fou* 
ueraine philofophie eft toufiours penfer a la mort. 

Il finit ainsi : 

Or pleuft dieu quilz fuflent bien fages et bien entendans et quilz 
pourueiffent aux chofes defrenieres dont la fréquente mémoire et recor- 
dation rappelle des péchiez a couple des vertus et confirme en bonnes 
oeuTres parquoy ont paruiët a la gloire éternelle amen. 

Explicit liber de quatuor qouilïunis. 

On lit sur un feuillet séparé au commencement du 
volume : 

Des hiftoires et liures en francoys pult° i° a la cheminée. 

C'est la traduction faite en i455, par J. Mielot, de 

8 



n4 BIBLIOTHÈQUE 
l'ouvrage latin de Denis Rikel , intitulé Cordiale de qua- 
tuor novissimis, dont il existe un grand nombre d'édi- 
tions du quinzième siècle , ainsi que de traductions en 
plusieurs langues. . 

La plus ancienne imp'rimée en François, paroit être 
celle d'Audenaerde , par de Keysere, sans date, d'en- 
viron i49<>« 

XIII. 

Le secret Parlement de l'Homme à son Ame, et 
de F Ame à l'Homme. In-folio , relié en m. r. , autre- 
fois couvert de velours, n° 685o. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 
28 lignes chacune , et enrichi de cinq très jolies minia- 
tures, qui ont 108 m. (4 p.) de hauteur, sur 70 m. 
( 2 p. 7 1. ) de largeur. Les feuillets où elles se trouvent 
sont ornés de cadres. Au fol. 1 , armes de Gruthuyse re- 
couvertes, cinq devises, dont deux effacées, et deux 
mortiers. Au fol. cij , armes recouvertes , deux devises : 
Plus est en vous > deux mortiers. Au fol. cxliij , armes 
recouvertes. Au fol. ciiij" iij , armes recouvertes, devise 
Plus est en vous. Au fol. ccvij, armes recouvertes, 
mortier, devise. 

Prél. 7 feuillets , contenant la table des chapitres. 
Texte , fol. j — ce xxxviij. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commence le décret parlement de lhomme contemplatif a fbn 
ame et de lame a lhomme fur la pourete et mendicité efpirituele pour 
apprendre recourir a dieu et a fes faints par oraifon deuote et pour 
receuoir les aumofnes de grâce et de vertus et pour Tenir auffi a la 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. n5 
fcience des affections qui proprement fe nome fapience cest a dire 
fauereufe fcience et contient deux parties. La première fait queftions 
et refponfes diuerses de Ihdme a fon ame et de lame a lhome. La 
féconde ptie contient oroifons diuerfes et méditations que fait lame en 
guife dune poure ntédiant qui fe pourechace et quiert fon pain. 

À la fin : 

Et ainiï fine icy le liurc de lame contemplatiue. 

À la suite , fol. ciiij** iij : 

Cy cômence le liure de feneque qui parle des quatre Tertus prin- 
cipaulz. 

Au verso du dernier feuillet : 

Cy fine le liure de feneque des quatre principales vertus tranflate du 
latin en cler francois par roaiftre jehan Trouffeau en la cite de Bourges 
en Berry lan de grâce mil trois cês lx et douze. 

Au fol. 207, recto : 

Cy fenfieut ung petit trahie de moralité de philozophie et premiè- 
rement prologue de lacté*. 

L'auteur est le traducteur de l'ouvrage précédent 5 il 
dédie ce traité au même prince. 

Le livre des quatre Vertus de Sénèque se trouve im- 
primé à la suite de l'histoire d'Orose , traduite en fran- 
cois, et mise deux fois sous presse pour Verard, en 1491 
et vers i5o3. 

Cette traduction est celle que fit, au commencement 
du quinzième siècle, Laurent de Premierfait. Il en existe 
un manuscrit dans la bibliothèque du Muséum de Lon- 
dres, parmi ceux des rois d'Angleterre. {Caslejy p. 3oa.) 

Le Secret Parlement de l'Homme est de Jean Gerson. 
Il s'en trouve un autre beau manuscrit dans la biblio- 
thèque de Bruxelles. Il a appartenu à Marguerite d'York , 
femme d'Édouard IV, roi d'Angleterre. Sa signature se 
voit sur un des feuillets. 



n6 BIBLIOTHÈQUE 



XIV. 

Le Miroir de l'Ame. Petit in-folio, en basane 
rouge, n° y5i5. 

Manuscrit du quinzième siècle, sur papier, écrit en 
ancienne bâtarde, à longues lignes, au nombre de ?4 sur 
les pages entières 5 contenant 67 feuillets. Le premier 
contient la table des chapitres, qui commence ainsi : 

Cy commence le miroir de lame lequel ung chartreux fift a la 
requefte dun fïen cordial amy. 

Le premier chapitre parle de la grant vilete et misère 
de Ihomme. 

Le second , du pechie en gênerai. 

Le troisième, de penitance. 

Le quatrième , du mesprisement du monde. 

Le cinquième , de la vaine gloire du monde. 

Le sixième, de la mort. 

Le septième , des jojes de paradis et des paines de 
lenfer. 

Au second feuillet, au bas duquel sont peintes les 
armes de la Gruthuyse entourées du collier de la Toison- 
d'Or, commence le prologue , précédé d'une figure colo- 
riée qui représente l'auteur composant son livre, par 
les mots suivans : 

Cy commence le prologue de .ce prefent traitie : 

Vanitas yanitatum et omnîa vantas dixit ecclefîaftes. Le fage roy 
Salomon efcript cefte auctorite au commencement de fon liùre quon 
appelle ecclefîaftes difant que en ce monde eft la Tanite des vanités 
et que tout quanques y eft ceft vanité comme dift lexcellent docteur 
monff. faint Grégoire. Il neft nul facrifice plus agréable a Dieu que 
lamour et la jaloude du falot des ames 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 117 
Les premiers mots du texte , qui commence au qua- 
trième feuillet, sont ceux-ci : 

De la grant vilete et mifere de lhomme. Pourquoy fuis-je failli hors 
du ventre de ma mère affin que je veiffe labeur et doleur et que met 
jours fuffent degoftes en confufion 

Et il est terminé de la manière suivante : 

Je ne fcay qui tu es laquelle dure chofe tourne arrière deuant jefu- 
crift noftre doulz fauueur qui vit et règne éternellement par fieclez 
infinis amen. 

Cy fine le miroir «le lame pechereffe lequel ung chartreux fift a la 
requefte dun fien cordial amy lequel a efte extrait et efcpt lan mil 
iiijc foixante et treize en la ville dabbè* leql fut parfait la nuit de la 
nre dame mi ouft les jours et an deffd'. 

Scriptor qm feptit cum x* viuere poflit pro pena fua detur fibi dei 
glï. 

C'est vraisemblablement à Âbbeville que ce manuscrit 
a été exécuté. L'ouvrage qu'il contient est d'un frère 
Laurent , de l'ordre des frères Prêcheurs. Il le composa 
en 1279, pour Philippe-le-Hardi. Les manuscrits en ont 
été très multipliés. Il s'en trouve plusieurs à la Biblio- 
thèque du Roi, et dans celle des ducs de Bourgogne à 
Bruxelles : les uns sont intitulés la Somme le Roi, des 
Vices et des Vertus ,• les autres, Traité du Monde, Miroir 
du Monde, etc. Beaucoup offrent des différences. A la 
suite de celui de la bibliothèque de Bruxelles, il y a un 
autre traité qui porte pour titre : le Livre du Jeu de la 
Paulme moralise a jouer, et spirituellement, composé 
par un marchand de draps de Bruges, en 1 435. 

L'ouvrage du frère Laurent a été imprimé en françois 
pour Verard, vers i5oi , in-4°. Il l'a été également en 
flamand, et imprimé à Delft en 1478. 

Le P. Éch^rd (Bibl. , tom. I, p. 386) cite plusieurs 



n8 BIBLIOTHÈQUE 

manuscrits en espagnol et en cfttalan comme existant à la 

Bibliothèque du Roi. 

XV. 

Le Livre des Saints Anges, de François Ximenès, 
traduit de la langue catalane en françois. In-folio , 
m. r., autrefois couvert de velours violet, n* 6846. 

Très beau manuscrit sur vélin, d'environ Tan 1460 , 
écrit en ancienne grosse bâtarde, sur a col. , de 3o lignes 
chacune, avec initiales et ornemens peints en or et en 
couleurs, et cinq jolies miniatures, dont quatre ont 
99 m. (3 p. 8 1.) de haut, sur 77 m. (3 p. moins 2 1.) 
de largeur. Les 8 premiers feuillets contiennent la table 
des chapitres, qui porte l'inscription suivante : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent Hure qui fe nomme 
le liure des angeles lequel liure contient chincq parties et premier 
commence le prologue. 

Le neuvième, coté ix, est orné d'un cadre, dans lequel 
on voit les armes de la Gruthuyse recouvertes de celles 
de France, et d'une belle miniature de 180 m. (6 p. 8 1.) 
de hauteur, sur 176 m. (6 p. et demi) de largeur, et 
représentant Dieu dans sa gloire, assis sur un trône d'or, 
et tenant le globe du monde dans la main. 

Le texte commence ainsi , au même feuillet : 

Moult faige et honnourable feigneur mon feigneur pierre dartes 
maiftre racional de très hault et puiffant prince jehan par la grâce de 
dieu roj darragon le fien feruiteur frère francoys examinez de lordre 
des frères mineurs a foi meifmes auec toute reuerence en celui éternel 
dieu qui eft père de tous les fains et bieneurez efperilz en gloire 

Ce prologue ou dédicace est terminé par l'indication 
de la division de l'ouvrage , dont le premier Livre trait© 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. n 9 

de la haultesse et nature excellente des anges; le second, 

de leur ordre révérend; le tiers, de leur service diligent; 

le quart, de leur victoire feruent; le cinquième, de leur 

honnourable présidence. 

Le dernier, qui est chiffré cçlv, finit ainsi : 

Acheue doncqnes êH 'le liure des angeles- félon ma ygnorancc com- 
porte des ditz des faints pères et docteurs ne refte fi non faire grâces a 
dieu tout puiffant en loffrant a moult honnourable et fage cheualier 
me/Tire Pierre dartes maiftre racional et chambellan de moult hault 
prince et feigneur jehan Huy par la grâce de dieu Roy darragon 
régnant qui comptons M iijc iiij" et vij. Suppliant a voftre bonté 
qui| Tous plaife prendre ceftui petit feruice de ma fîmpleffe a la reue- 
reira& de monjaigneur faint michiel et des fains angeles aufquelz il fcay 

que auez efpeciale devocion 

Explicit le liure des angeles. 

Le nom de l'auteur de celte traduction est inconnu. 
Elle a été imprimée à Genève en 1478. L'original parut 
à Burgos en 1490, in-fol. 

XVI. 

Vita Christi, traduit du latin de Ludolphe Char- 
treux (par Jean Mansel). Grand in-folio, relié en 
m. r. , autrefois couvert de velours, n° 6844- 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en*ancienne grosse bâtarde, sur 2 col. , de 3a lignes 
chacune , et enrichi de seize superbes miniatures en 
camaïeu gris, dont onze ont i56 m. (6 p. moins 3 1.) 
de haut, sur 169 m. (6 p. 3 1.) de large, et les autres 
n5 m. (4 p. 3 1.) de haut, sur 74 m. (a p. 9I.) de 
large. 

La bordure du fol. 1 offre deux fois les armes de la 
Gruthuyse recouvertes-, celle du fol. xv, les armes recou- 



i2S BIBLIOTHÈQUE 
vertes, et bannière effacée-, du fol. 1, les armes recou- 
vertes; du fol. lxxiij, les armes recouvertes, trois devises, 
dont deux effacées du fol. iiij" xvij , deux écussons 
recouverts; du fol. cij , quatre écussons effacés, et deux 
fois la devise Plus est en vous-, du fol. cvij , quatre écus- 
sons effacés; du fol. cxvj, écusson effacé, et autour duquel 
on lisoit la devise, qui est aussi effacée ; du fol. cliij/deux 
idem, autour la devise non effacée ; du fol. ciiij" xiij , deux 
écussons effacés, mortier autour duquel on lit la devise. 

Prél. 12 feuillets, contenant le prologue et la table 
des sommaires. 

Texte , fol. j — ciiij" xvij. 

Cet ouvrage a été traduit deux fois en françois par 
Jean Mansel de Hesdin , compilateur de la Mer des His- 
toires, et traducteur de Valère Maxime, et par Guillaume 
le Menand. 

La première, qui n'a jamais été imprimée, est celle 
qu'offre notre manuscrit. 

La Bibliothèque du Roi possède un autre magnifique 
manuscrit des deux premiers volumes, qu'elle a acquis 
chez le duc de La Vallière (le Cat., tom. I, p. 4 2 > n ° I 4^)- 
Le troisième volume du même manuscrit, qui contient la 
troisième et la quatrième partie , étoit chez M. Desroches, 
à Bruxelles, en 1776; il se trouve maintenant à Londres 
dans la bibliothèque d'un particulier. 

On en a une traduction portugaise, qui a été imprimée 
pour la première fois à Lisbonne en i4g5 , en quatre 
volumes in-folio, par Nicolas de Saxe et Valentin de 
Moravie. 

Une Vie de Jésus-Christ , qui vraisemblablement est la 
même, et dont le manuscrit a été exécuté à Gand en 



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DE LOUIS DE LA GRUTHIJYSE; 121 
1479 9 se conserve dans le Muséum Britannique, pangt 
les livres des rois d'Angleterre (Casley, p. 290). Cet 
auteur le dit enrichi de belles peintures, et écrit par 
David Àubert , habile calligraphe , dont la même biblio- 
thèque (Casley, p. 292) possède les anciennes chroniques 
de la Grande-Bretagne. 

Parmi les manuscrits du Roi, à Paris, n° 6766, il 
existe une chronique de Naples * écrite par le «néme 
Aubert , pour Philippe , duc de Bourgogne , à Hesdin , 
en i463-, parmi ceux de Bruxelles, les Faits de Charles 
Martel, exécutés en deux volumes in-fol. en i465; et à 
l'Arsenal, à Paris, le Roman de Perceforest, en plusieurs 
volumes in-folio. 

XVII. 

Les Dix Commandemens de la Loi. In-4% en vçau, 
dos de m. r., autrefois relié en velours violet, 
n°7284. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en lettres 
de forme, sur 2 colonnes, de 25 lignes chacune, enrichi 
de deux miniatures qui ont 72 m. (2 p. 8 1.) de haut, 
sur 108 m. (4 p.) de large. Au bas de la page où se 
trouve la première, on aperçoit les armes de la Gru- 
thuyse recouvertes. 

La totalité du volume est de 170 feuillets. Le premier 
commence ainsi : 

Le premier commandement qui dieux commande eft ceulx tu ne 
aouras mie diuers dieux. . 

A la fin on lit : 

Ceffc liurc compila et parfift uns frères de lordre des frères pref- 
cheurs a la requefte de Philippe le ftoy de France en lan de lincar- 



sas * BIBLIOTHÈQUE 

nacion M. ce Ixxix deo gracias. Copie et double fu ceft prefent Hure 
jufques a la fin commence a dieu a la vierge marie et a tous les fains et 
faintes do paradys fur la vigile de la Penlhecouftc eu lan de grâce 
mille quatre cens trente et huit. 

Autrefois, sur un feuillet séparé, au commencement 
du volume, on lisoit : 

Liure des dix Commandements de la loy des hiftoires et liures en 
francoy s pult 2 a la cheminée. 

C'est le même ouvrage que celui qui est annoncé sous 
le n° XIV. 

XVIII. 

Traité du péché de Vauderie. Petit in-4% couvert 
de velours figuré jaune, n° 7294. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 16 sur les pages entières , enrichi d'une belle 
et curieuse miniature qui a 117 m. (4 p. 4 de haut, 
sur 95 m. (3 p. 6 1.) de large. La totalité du volume 
est de cxx feuillets chiffrés. 

Il commence ainsi, après la table des chapitres : 

Par lenuie du diable la mort print entrée ou monde et fe fenfuiuent 
ceux qui tiennent fon party. Ceft la parolle du faige ou fécond liure 
de fapience. Dieu tout puiffant créateur du monde uniuerfel fift et 
créa tous les celeftiens cfperis. 

Ce livre est un traité contre les hérétiques qu'on 
appeloit alors vaudois , et qu'on accusoit de fréquenter 
lé sabat -, aussi on a représenté, dans la première minia- 
ture qui orne ce manuscrit, le lieu où se tient le sabat. On 
y voit un bouc, devant lequel treize hommes et femmes 
sont prosternés, tenant chacun un petit cierge à la main. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i 2 3 
Un d'eux lève eh l'air la queue de l'animal. Des hommes 
et des femmes, à califourchon sur des balais, sont en- 
levés par des diables. Parmi les médaillons qui décorent 
la bordure, il s'en trouve un qui représente un animal 
dont un diable fait baiser le derrière à différens person- 
nages qui sont à genoux devant lui. 

Colard Mansion a imprimé eet ouvrage sans date et 
sans nom, mais avec son monogramme. (Voyez Notice 
sur Colard Mansion, in-8°, p. 45. ) 

La Forteresse de la Foi (par Alphonse de Spina, 
traduite par Pierre Richart) , 3 vol. grand in-folio. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit en 
ancienne bâtarde , à longues lignes , enrichi de cinq 
grandes et belles miniatures , et d'autant de riches bor- 
dures. Dans la première on aperçoit les armes du seigneur 
de la Gruthuyse entourées du collier de la Toison-d'Or. 

L'abbé Rive a donné , de ces cinq miniatures , qui ont 
a35 m. (8 p. 8 1.) de haut, sur 217 m. (8 p.) de 
large, des copies informes. (Cat. La Vallière, tom. I, 
SuppL, p; 86.) 

Ce beau manuscrit a été acquiâ par la Bibliothèque du 
Roi à la vente des livres du duc de La Vallière. (Le Cat. 
tom. I, p. 266, n° 8i5 , et Add. 9 p. 3s.) 

Ce duc l'avoit trouvé parmi les livres de la famille 
d'Urfé, qu'il acquit en 1777 : ce qui prouve que tous les 
manuscrits de la Gruthuyse ne sont pas entrés ancienne- 
ment à la Bibliothèque du Roi. 

La souscription suivante , qui termine le manuscrit du 



124 BIBLIOTHÈQUE 

même ouvrage que possède la Bibliothèque de Berne, 

nous apprend le nom du traducteur. On y lit : 

Le prefent volume a efte tranflate de latin en francois par Pierre 
Ricbart ditJOifelet preftre et curé de Marques. 

Il en existe deux autres manuscrits d'une égale beauté 
dans la bibliothèque des ducs de Bourgogne à Bruxelles, 
et dans celle des rois d'Angleterre (Casley, p. 241).. Un 
troisième manuscrit, mais des quatre premiers Livres 
seulement, est indiqué par le même Casley, p. 3oo. 

On a deux éditions du quinzième siècle de l'original 
latin -, l'une et l'autre ont été imprimées sans date et sans 
nom d'auteur. On attribue la plus ancienne à M entelin , 
de Strasbourg , et la seconde à Bernard Richel , qui a 
imprimé à Bâle avec les mêmes caractères, vers i474» 
une Bible latine. 

XX. 

Histoire en brief prinse sur le Dialogue de saint 
Grégoire. Petit in-folio en m. r., autrefois relié en 
velours vert, ^7271. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 28 sur les pages entières ; cont. 295 feuillets. 
Il est enrichi de sept miniatures très jolies , lesquelles ont 
122 ra. (4 p. 61.) de largeur, sur 167 m. (6 p. 2 1.) 
de hauteur. Elles sont peintes sur les fol. 7, recto; 
3i, recto; 66, recto; 86, verso; 89, recto; 94, recto; 
220, recto; 270, verso, feuillets qui sont en outre ornés 
d'encadrement. 

La première représente saint Grégoire écrivant ses 
Dialogues dans l'intérieur d'une belle église gothique ; au 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. r 25 

bas <Ju cadre s'aperçoivent les armes de la Gruthuyse re- 
couvertes de celles de Francè. Dans la bordure de la 
troisième miniature on voit un homme sonnant d'une 
trompette, à laquelle est attaché l'étendard de la Gru- 
thuyse , aussi recouvert. Un autre étendard se trouve 
dans la bordure de la cinquième miniature. 
Sur un Feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et Hures en francois pult° a° a la cheminée. Bloys. 

Les six premiers feuillets renferment le prologue et la 
table des chapitres. 

Le septième commence ainsi : 

Cy commenche liftoire en brief du dialogue faint gregoirc et pre- 
mièrement fur le premier liure proheme , etc. 

. Dialogue ceft a dire parolle de deux hommes et le liure qui a nom 
dialogue que faint gregoire pope fift fu ainfî appelé parceque le diacre 
de mon feigneur faint gregoire lequel auoit nom pierre lui dift ung 
jour comme par admiration quil fe donnoit grant merueUle quil auoit 
eu fi peu de faintes gens en italie au regard des aultres nations du 
monde et pour ce que faint gregoire auoit congneu plufieurs faintes 
perfonnes comme par reuelation des notables gens dignes de foy plu- 
fieurs faintes perfonnes et de grant mérite il refpondy par fon dialogue 
a ladmiration de pierre fon diacre et lui remaint a mémoire les mer- 
ueilleux fais et miracles de ceulx dont il parle par lefquels fais pe* 
aparoiftre clerement que ceulx eftoient fains pour qui dieu feifoit tels 
œuvres et departy fon dialogue en quatre parties ou premier ou fécond 
et ou tierche il touche plufieurs exemples par lefquels il donne a con- 
gnoiftre que les ames viuent après quelles font yffues des corps et pour 
ce que le fécond liure dicellui dyalogue ne parle que de la vie et 
des miracles de faint Benoit et liftoire eft touchie cydelîus en liftoire 
des fains fur ce je ne procederay icy que fur le premier le tierchc et 
le quart et primes. 

Senfieuent les exemples du premier liure. 

Cette traduction n'est pas celle qui a été imprimée pour 

Verard en i5o9,in-4°« 



i26 BIBLIOTHÈQUE 
XXI. 

Là Cité de saint Augustin , traduite du latin en 
françois par Raoul de Praeles, énorme volume in- 
folio , relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
incarnat , n° 6712. 

Superbe manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, sur 
a colonnes, de 4 1 lignes chacune, et orné de dix très 
belleà et curieuses miniatures de a44 m. (g p.) de haut, 
sur 207 m. (7 p. 8 1.) de large. 

Dans les cadres qui ornent les fol. i et ix, les armes de 
Gruthuyse sont recouvertes. Le volume est composé de 
5o6 feuillets, numérotés depuis i jusqu'à v c vj. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commence le liure intitule de la cite de dieu de monfeigneur 
faint auguftin. Vous très excellent prince Charles le Quint Roy de 
France je Raoul de P radies voftre humble feruiteur et fubiect tout 
yoftre et tout ce que ie fcay et puis faire a voftre commandement. 

On lit au recto du dernier : 

Cy fine le x« liure et derrenier de ce premier volume de monfeigneur 
Tainct auguftin de la cite de dieu. 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume, 
est ce qui suit : 

Des hiftoires et liures en francoys. 

Au premier pult° par terre devers les foflez bloys. 

• On trouve des manuscrits de cette traduction dans 
beaucoup de bibliothèques, niais il y en a peu d'une 
exécution aussi belle que celle de Gruthuyse. 

Ceux des rois d'Angleterre , au Muséum Britannique 
(Casley, p. 294), "et de M. de Mac-Carthy (le Cat. , 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 127 
tom. I, p. 88, n° 547), méritent d'être distingués. Il y 

en a quatre plus ou moins ornés dans la bibliothèque des 
ducs de Bourgogne , à Bruxelles. On en compte plus de 
dix-huit dans celle du Roi. 

La première édition de cette traduction a été faite à 
Abbeville, en i486, par Jean Dupré et Pierre Gérard, 
in-folio. 

XXII. 



La Cité de Dieu de saint Augustin , traduite en 
françois par Raoul de Presles , liv. xi — xxii. Grand 
in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
incarnat figuré, n° 6856. 

Beau manuscrit du commencement du quinzième siè- 
cle, écrit sur vélin, en ancienne bâtarde, sur 2 col., de 
46 lignes chacune. Il y a une grande et belle miniature 
sur le premier feuillet du texte, qui est enrichi d'une 
bordure dans laquelle on voit les armes de Gruthuyse 
recouvertes. Une petite miniature décore le commence- 
ment de chaque Livre. 

Sur un feuillet séparé se trouvent ces mots : 

Des hiftoyres et Hures en francoys. 
Au pultre premier devers les foffes. 

Prél. 2 feuillets, contenant la table des chapitres du 
xi e Livre, par lequel ce volume commence. 
On lit sur le recto du dernier : 

Cefte tranflacion a cQpoficion fu commencée par meftre Raoul. 

Au verso : 

de praelles a la touffains Lan de grâce Mil trois cens foixante ? onze 
Et fu acheuee Le premier jour de Septembre Lan de grâce mil ccc. lxiv. 
Deo gracias. 



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i28 BIBLIOTHÈQUE 
Au bas, et d'une écriture différente : 

Des liures de MarcoufTy po* môtg de Guienne mis au louure en 
garde. 

J darfonual. 

Ce volume ne contient que les Livres xi à xxii de la 
Cité de saint Augustin. Avec le précédent il complète 
l'ouvrage. Les deux volumes sont de grandeur inégale , 
et écrits dans des temps très éloignés l'un de l'autre. Ils 
n'ont point été exécutés pour Gruthuyse^ mais les ayant 
acquis , il y a fait peindre ses armes. 

JURISPRUDENCE. 



XXIII. 

Les Décrétales de Grégoire IX, traduites en fran- 
çois. In-folio, relié en velours bleu figuré, n° jo55. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de somme, avec miniatures, sur 2 colonnes, de 48 lignes 
chacune 5 contenant 210 feuillets. 

On lit sur un feuillet séparé : 

Bloys. 

Des hyftoires et liures en francoys Pult 3° contre la muraille deuers 
la court. 

Les deux premiers feuillets renferment la table des 
chapitres. Au troisième, sur lequel on voit les armes de 
France cachant celles de la Gruthuyse, commence le 
texte par ces mots : 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 129 

Ci commencent les decretales en frScois. Ci commence li prologues 
fur la nouele compiloifon Gregorius. Gregorius eueiqs fers a touz les 
fera* clame dieu et fes chrs fuilz 2 aus meftrë 2 a tous les cfcoliers 
demoranz a paris falut 2 fa beneicon. 

On lit à la fin : 

Ci fin if f en t les decretales en francois. 

Il y a cinq Livres, qui sont numérotés : Liv. 1, fol. i — 
lxiiij -, Liv. 11 , fol. i — lij \ Liv. 111 , fol. i — lxiij 5 
Liv. iv, fol. i — xx; et Liv. v, fol. i — lj. 

Le traducteur est inconnu. 

XXIV. 

Les Institutes de Justinien , traduites en François. 
Très petit in-folio, relié en m, r. , autrefois couvert 
de velours bleu, n° 7543. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, sur 2 colonnes, de 33 lignes chacune, avec 
quelques figures; contenant 85 feuillets. 

Le premier, sur lequel on voit les armes recouvertes , 
commence ainsi, première colonne : 

El non del pere et del fil et dél faint efpit. Ci contiennent les Jnfti- 
tutes au f» empereor juftinian. 

n conuient que la maiefle lempereor foit aornee ne mie tant fol eût 
darmes mais de lois fi que li uns et li autres tens ce et cil de pes et cil 
de guerre puiz fe eftre gouuernee par droit 2 li empereres de rome foit 
vainqueur ne mie tant folement es bataillez quil a contre fes ennemis : 
Ainz bout arrière par la force des lois. 

Le dernier finit au verso , colonne première , par ces 
lignes : 

Vous enr fera donnes en Hures de digefte fe deu plaift. 
Ci faillent les inftitutes a lempereur iuftinian en francoiz. 

9 



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i3o BIBLIOTHÈQUE 

Sur la colonne seconde on trouve la signature de 
Cïiarles. 

Le traducteur est également inconnu , ainsi que celui 
des quatre ouvrages suivans. 

XXV. 

Les Institutes du Justinien : les trois Livres du 
Code. Grand in-folio, couvert en velours bleu figuré, 
n° 7057. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, sur 2 colonnes, de 4* lignes chacune, avec 
miniatures; contenant 232 feuillets. 

Sur un feuillet séparé est cette inscription : 

Blojrs. 

Des hiftoyres et Hures en francoys Pult° 3 e contre la muraille de- 
vers la court. 

Le texte commence ainsi, au recto du premier feuillet, 
sur lequel on aperçoit les armes de France recouvrant 
celles de la Gruthuyse : 

11 conuient que la magcfte lempereor foit aournec ne mie tant feule- 
ment de armes mes de lois. Si que lun et lautre temps ceft cil de pes 
et cil de guerre puift eftre gouuerne par droit. 

Le dernier finit de cette manière : 

Ses offices cera punis de paine de xxx iv. dor. 

Ci Coiffent les trois liures du code de lempereour iuftinien Et furent 
fes lan mil iij cens quarante 2 ij. le famedy après quafimodo par 
.p. le francois qui lemblera pendu fera. 

XXVI. 

Le Digeste, en françois. In-folio, relié en. velours 
bleu figuré, n° 7054» 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i3i 
Manuscril sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 

de somme, sur 2 colonnes, de 4$ lignes chacune, avec 

miniatures; contenant 282 feuillets. 

On lit au commencement, sur un feuillet séparé : 

Des hiftoires et liures en francoys Pult° 3° contre la muraille de 
devers la court 

Le premier, sur lequel on voit les armes de France 
qui couvrent celles de la Gruthuyse , commence ainsi , 
au recto : 

Ci commence li premiers liurcs de digeftc vielle au gloriex empe- 
reur juftinia. Ceft tytres eft de ioftife 1 de droit ul pians dit. 11 conuient 
que tuit cil qui uuelent doner entente a fauoir droit fâchent premiè- 
rement dont la nefTance de noftre droit deffent. 

Le dernier finit ainsi : 

Chofe que eles aient doeres poruoefier en fauz 1 por emplir en la 
lerre. 

Ci finift La digefte vieille en francois deo gracias amen. 
EXPLJCJT. 

XXVII. 

Le Code Justinien , en francois. In-folio, couvert 
de velours bleu figuré, n° 70 55, 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en lettres 
de forme, sur 1 colonnes, de 4$ lignes chacune; con- 
tenant 347 feuillets. 

Sur un feuillet séparé sont ces mots : 

Des Hures et hyftoires en francois Pult 3° contre la muraille de 
devers la court. 

Les six premiers feuillets renferment la table des cha- 



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i32 BIBLIOTHÈQUE 

pitres. Le septième, sur lequel sont les armes cachées de 

la Grulhuyse , commence ainsi : 

El non del pere a del fui a del feint efperit Ci commence li premiers 
liures del code au très feint prince juftinian lempereur. Cefte confti- 
tution cft dordener le nouuel code juftinian. 

A la fin , les dernières lignes sont : 

Soit les moinz non pas del dampnement mes de la paternel douceur. 
Ci finift li codes au très faint empereur juftinian. 

XXVIII. 

L'Ordinaire de maître Tancrez. Petit in-folio, 
relié en m. r. , autrefois couvert de velours tanné, 
n° 7347- 

Manuscrit sur vélin , du quatorzième siècle, en lettres 
de forme , sur a colonnes , de 4° lignes chacune • avec 
figures coloriées^ contenant i — cxxj feuillets. 

On Ut sur un feuillet séparé : 

Des hyftoires et liures en francoys Pult° 3° contre la muraille de- 
yers la court. 

Les deux premiers renferment la table des chapitres , 
qui a pour sommaire : 

Cy commence la table des chapitres de ce prefent volume jntitule 
lordinaire de maiftre Tancrez qui traitte comment toute perfonnc le 
doit auoir en iuftice Et contient quatre liures dont les rubrices du 
premier fenfuiuent. 

Au troisième feuillet , où sont les armes recouvertes , 
commence ainsi le texte , première colonne : 

Ci commèce li ordinaires meftre tancrez Li compagnon uos nous 
eftes grant pieca entre mis q ie uous fiffe vn liuret par quoi li dcman- 
dietres fuft enfeignez comment il doit demander 3 comment li deffen- 
dietres fe doit defiendre et li iuges. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i33 
Le dernier finit ainsi au recto , première colonne : 

Loeage en Toit a la benoite trinite pere filz et faint efperit. Arnë. 
Un semblable manuscrit est annoncé dans l'inventaire 
de la bibliothèque de Charles Y ; c'est la traduction de 
l'ouvrage de Tancredus de Corneto , jurisconsulte qui 
vivoit dans le treizième siècle , intitulé Apparatus ordi- 
narii tam juris canonici quant civiUs, ouvrage qui est 
resté manuscrit. La traduction n'a pas été publiée non 
plus. 

XXIX. 

La Somme rurale, par Jean Bouteillier,^ 2 vol. 
grand in-folio, en m. r., autrefois reliés* Ai un 
volume, couvert de velours vert, n° 6857. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
à longues lignes, au nombre de 29 sur les pages entières, 
en ancienne grosse bâtarde. . 

Tome I. Table des chapitres, fol. j — viij. Texte, 
fol. ix — ccciiij. 

Le premier est enrichi d'une très belle miniature , qui 
a 196 m. (7 p. 3 1.) de haut, sur 167 m. (6 p. 2 1. ) 
de large. Elle représente un vestibule d'architecture go- 
thique, où l'on voit le seigneur de la Gruthuyse assis 
dans un fauteuil , placé sous un dais tendu en drap d'or. 
Il est habillé d'une longue robe rouge ; il a sur la téte un 
chaperon noir, et autour du cou le collier de la Toison- 
d r Or. L'écrivain , vétu d'une longue robe grise, son cha- 
peron noir rabattu sur l'épaule, et à genoux aux pieds 
du seigneur de la Gruthuyse , lui présente son volume , 
dont la couverture est en velours vert, avec des clous 
dorés. On lit deux fois, sur les marches du fauteuil, en 



i34 BIBLIOTHÈQUE 
lettres d'or, les deux derniers mots de sa devise, en vous. 
A côté sont quatre personnages debout , et on en voit 
d'autres dans le fond de la salle. Dans l'encadrement de 
ce feuillet s'aperçoivent les armes de la Grutbuyse re- 
couvertes , un mortier, la même devise , et une bannière 
effacée. 

Le premier feuillet du texte commence ainsi : 

Prologue declairant lintention de ce prefeot volume. 

Tous princes ou feigneurs qui pour leurs vertus font enclins aux fais 
anciens auoir richement defcript et aournez en très fumptuelx Hures 
ne fe doiuent déporter que entre maint autres volumes ils naient le 
double de ce tres-recommandc liure intitule comme par la première 
rubrice aj>paroift la Comme rural lequel liure par le commandement et 
ordonnance de mon très redoubte et honnoure feigneur monfeigneur 
de Gruthufe prince de stenhuze a élite grotfi et mis en deux volumes 
comme en ceftui et au fécond enffieuant appert par jehan Paradis fon 
indigne cfcripuain lan de grâce mil cccc foixante et onze. 

In nomine domini amen foit commenchie ce liure appelle la fomme 
rural collegiez fomme par moy jehan BouteiUier homme rural et toutes- 
uoies enclin a la noble pratique et patrocination de ftille de court laye 
confîderant mémoire humaine mefmement en moy très abile et fraifle 
ay voulu redigier et mettre en cefte fomme rural ce que jay peu rete- 
nir des fages clercs e droit ciuil et canon de plufîeurs coftumiers et en 
plufieurs lieux et cours tant de parlement comme dehors sy prie 
humblement a tous que en cefte fomme lifant le ueillent fupleer et 
corrigier et moy auoir pour excufe fe ruralement lay mis par fomme 
félon mon petit entendement comme il foit par le philofophe. 

Tome II. Table, fol. i — viij; texte, fol. ix — ccciiij. 
Le premier est enricbi d'une belle et curieuse miniature , 
• représentant l'arbre consanguinité. Le cadre offre les 
armes recouvertes, supportées par un homme et une 
femme sauvages , et accompagnées d'un mortier. 
On lit sur un feuillet à la tête de chaque volume : 

Des hiftoires et liures en francoys pult° 3° contre la muraille devers 
la court, bloys. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i35 
Jean Paradis , qui a écrit ces deux beaux volumes , étoit 
d'Hesdin, et membre de la confrérie des libraires de 
Bruges, aux frais de laquelle il contribua en 1470. Son 
nom se trouve porté sur les registres pour avoir payé , 
comme les autres confrères , sa part des frais d'entretien 
de la société en cette année. On y lit : Item, Paraajs 
scrivere van ffesdin. 

Il a encore écrit, en 147 3 , pour le même seigneur de 
la Gruthuyse , le manuscrit intitulé la Chronique de 
Courcy. 

La premièrç édition de la Somme rurale a été imprimée 
à Bruges, en i479> par Colard Mansion (Voyez la Notice 
sur Colard Mansion, p. 38). Plusieurs autres éditions 
ont paru dans le même siècle et dans les suivans. Il en , 
existe une traduction hollandoise, imprimée à Harlem 
en 1484» in-folio. 

XXX. 

Nicolai Oresmii tractatus de Mutatione moneta- 
rum. Petit in-4% couvert de velours bigarré à car- 
reaux, n° ancien 10377, nouveau 8733 

A. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à longues 
lignes, et en ancienne bâtarde; contenant 44 feuillets. 
Le premier est enrichi d'une jolie miniature, représen- 
tant un atelier de monnoie, où Ton voit plusieurs ouvriers 
qui travaillent. Dans l'encadrement de ce feuillet on 
aperçoit, en trois endroits différens , les armes de la Gru- 
thuyse recouvertes. Sa devise Plus est en vous est effa- 
cée deux fois , et deux fois conservée. Le mortier sur son 



i36 BIBLIOTHÈQUE 
affût , un des supports de Gruthuyse , est pareillement 
effacé, et on a ajouté dans la bordure deux porcs-épics, 
emblème de Louis XII. 

Le premier feuillet commence ainsi , par le prologue 
de Nicolas Oresme : 

Quibufdam videtur quod aliquis Rex aat Princeps auctoritate pro- 
pria poffit de jure vel priuilegio libère mu tare moneta*. 

Il finit par ces mots : 

Explicit tractatus De mutatione monetarum. * 

Ce traité n'a été imprimé, pour la première fois, que 
vers le commencement du seizième siècle, et déjà, vers 
i475 environ, une traduction françoise étoit sortie des 
presses de Colard Mansion. (Voyez Notice sur Colard 
Mansion, p. 63.) 

Lacroix du Maine en possédoit un beau manuscrit 
(tom. H, p. 192 de sa bibliothèque). 



SCIENCES ET ARTS. 



XXXI. 

Les Livres des Secrets d'Aristole. Le Miroir de 
l'Ame, grand volume in-folio, relié en m. r. , autre- 
fois couvert de velours violet, n° 7062. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , à lon- 
gues lignes, au nombre de a5 sur les pages entières, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, et enrichi de deux minia- 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE: i3 7 
tares, qui ont 147 ni. (5 p. 51.) de haut, sur 174 m - 
($.}>. 5 1.) de large. Danàja bordure de la première page 
les armes sont effacées. 

Prél. 4 feuillets, renfermant la table des chapitres, 
a^rec cette inscription : 

<Qr commence la tabl a, 4ca rubrices de ceftui prefent volume nomme 
le liure des fecreU dAriftote traittant premièrement des fais des princes 
et en après de plufieurs belles autoritez feruans a la fante du corps. 

Après la table : 

Cy commence le liure appelle les fecrets de ariftote feruant a tous 
princes et nobles hommes prologue. 

Jehan filz patrice fage en toutes manières de langaiges trouua en la 
terre de grece repoft en ung temple du foleil que Euftapidns auoit fait 
faire le liure des fecrets dariftote et le tranflata de grec en calde et puis 
a la requefte du Roy darabe le tranflata de calde en arabie et après 
longtemps ung grant clerc appelle Philippe le tranflata de arabie en 
latin et lenuoia a très reuerend pere en dieu fage noble et honefte per- 
fonne guy de Valence euefque de Triple et fi cOme tefmoigne ung grSt 
philo fophe.... et pour ce fift et compofa aristote et le enuoia a alexandre 
et depuis par vng vénérable il a efte tranflate en francois.... 

La table du second traité occupe un feuillet ; celui qui 
le suit commence de cette manière : 

Cy commence le prologue de ce prefent traitie intitule miroir de 
lame lequel fift et compofa un notable religieux de lordre des char- 
treux pour introduire tous prince a defpfer le monde et fes vanités.. 

La traduction du Régime des Princes est d'un auteur 
inconnu -, elle n'a point été imprimée. 

XXXII. 

• 

Les Économiques d' Aristote, traduites par Laurent 
de Premierfait*. Petit in-4% relié en m. r. , autrefois 
couvert de velours, n° j55i. 



i38 BIBLIOTHÈQUE 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre 
de ai sur les pages entières, et enrichi de deux jolies 
miniatures, qui ont 61 m. (a p. 3 1.) de. large, sur 
81 m. (3 p.) de haut. Au bas de la bordure du pre- 
mier feuillet du texte sont peintes les armes de Gru- 
thuyse recouvertes. Le volume est composé de 76 feuillets. 
Les deux premiers renferment le prologue et la table des 
chapitres ; ils commencent ainsi : 

Cy commence le liure intitule yconomiques ceft de gouuerner hoftel 
et mefnage. 

Ariftote prince des Philofophes peripatetiques et jadis maiftre du 
grand alexiandre baille et declaire en ceftui liure de yconomiques aux 
hommes la forme et manière de honneftement et prouffitableraent 
gouuerner la chofe domeftique. 

Le texte commence de cette manière , au troisième 
feuillet : 

Scyencê économique et politique pas feulement ne différent tant 
comme différent une. prince maifon et une cite commune : 

Le dernier finit par cette souscription en rouge : 

Cy fine le liure de yconomiques compose par ariftote philofophe qui 
fut ramené en langaige francois par maiftre Lorent de Premierfait lan 
rail iiij e xyij le premier jour de feurier. Collationne par Giles hofte 
de lefcu de france. 

A la tête du volume , sur un feuillet séparé , on lit : 

Des hiftoirôs et liures en francoys pult° 4° contre la muraille deuers 
la court. 

Nicolas Oresme avoit traduit, avant Laurent de Pre- 
mierfait , les Économiques d'Aristote. Il en existoit deux 
manuscrits, avec les Politiques, dans la bibliothèque de 
Charles V. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i3g 
La traduction de Laurent de Premierfait existe en ma- 
nuscrit dans plusieurs bibliothèques on en connoît trois 
dans celle de Bruxelles. 

XXXIII. 

Sénèque, des Remèdes de Fortune, traduit en 
françois par Jacques Bauchant. — Mélibée et Pru- 
dence , in-4% relié en m. r. , autrefois couvert de 
velours, n° 7354. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde , à longues lignes, au nombre 
de 17 sur les pages entières, et enrichi de trois jolies 
miniatures, qui ont 117 m. (4 p. 4 de haut, sur 
io4 m. (3 p. 10 1.) de large. Le volume est composé 
de 94 feuillets. Le premier, dans l'initiale duquel se 
trouvent les armes de Gruthuyse recouvertes, commence 
ainsi : 

Vous très noble très excellât et très puiffant prince et en Terite la 
fleur et la merueille de tous princes terriens charles le quint de ce nom 
roj de franco digne de règne et de régner jacques bauchant de fainct 
Quentin en verraandois votre petit et humble feruiteur et fergent 
d'armes 

Au verso du fol. 28 se trouve un autre traité com- 
mençant par ces mots : 

Un jouuencel appelle melibee puiflant et riche eut une femme ap- 
pellee prudence, et cette dame au oit une moult belle fille. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et liurea en francoys pult* 4* contre la muraille de 
deuers la court. 

Cette traduction du livre de Sénèque,. des Remèdes 
de Fortune, a été faite avant celle de Laurent de Pre- 



i4p BIBLIOTHÈQUE 
mierfait, auteur d'autres traductions de quelques livres 
du même philosophe, qu'il entreprit pour Charles VI, 
Jean, duc de Berri, et Louis, duc d'Orléans. Elles sont 
imprimées dans un petit in-folio , intitulé les Œuvres de 
Sénèaue, translatez de latin enfrancois par Laurent de 
Premierfait. Paris, pour Antoine Verard y vers i5oo. Il 
en existe un manuscrit dans la bibliothèque de Bruxelles. 

La traduction de Jacques Bauchant est restée ma- 
nuscrite, ainsi qu'une autre traduction des Révélations 
des Voyes de Dieu de sainte Élisabeth, faite également 
par le même pour Charles V, et dont un manuscrit se 
trouve indiqué dans l'inventaire de 13^3, que nous avons 
de la bibliothèque de ce monarque. 

Le second traité renfermé dans ce manuscrit est de 
Christine de Pisan -, il n'a point été imprimé , non plus 
que la traduction en vers du même ouvrage mentionnée 
dans le même inventaire. 

XXXIV. 

Boëce, de la Consolation, traduit en vers françois, 
moralisé du jeu des échecs , par Jean de Vignay . — 
Le Roman de la Rose. — Les Dits des Philosophes , 
traduits du latin en françois par Guillaume de Ti- 
gnonville. In-folio, m. r. , autrefois relié en velours 
tanné, n° 7204. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en ancienne 
bâtarde, sur a colonnes, de 38 lignes chacune. Il est 
enrichi de cincf miniatures, qui ont 108 m. (4 p.) de 
haut,' sur 88 m. (3 p. 3 1.) de large, et il contient 
3 19 feuillets, sur le premier desquels sont les armes 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 141 
recouvertes. Il renferme les ouvrages suivans : i*. Boëce. 
H commence ainsi : 

Celuy qui bien bat les buiffons 
Eft digne dauoir les m o if f on s 
Je repute lengien pour vil 
Qu^ eft de lui cler et fubtil. 

Cette traduction est différente de celle de frère Re- 
gnault de Louens. Elle est aussi tout en vers , et elle a 
été imprimée x sans date , avec des caractères dont on se 
servoit à Lyon en i49°- 

Les bibliographes ne Vont point connue. 

2°. Le Roman de la Rose (par Guillaume de Lorris et 
Jean de Meun) : 

Maintes gens dient quen (bnge. 

3*. La Moralité du jeu des Échecs, traduite (du latin 
de Cessoles) par Jean de Vignay, qui est représenté dans 
la miniature ayant une croix blanche sur sa robe, marque 
de l'ordre de Saint-Jacques-du-Haut-Pas , dont il étoit 
religieux : 

Entre touz les mauuaiz lignes qui peuTcnt eftre en nul homme ceft 
quant homme ne doubtes a couroucier par pechie jhucrift noftre pere 
qui nous forma. 

4°. Les Dits des Philosophes : 

Cy commence les dis moraulx des Philosophes tranflates de latin en 
franfeois par noble homme meffirc Guillaume de Tygnonuille et pre- 
mièrement fenfuient les dis de fidechias philofophe. 

La première édition a été donnée par Colard Mansion , 
vers 1470. (Voy. Notice sur Colard Mansion, p. 440 

Il se trouve des manuscrits de ce même ouvrage dans 
différentes bibliothèques. Dans l'ancienne bibliothèque 



142 BIBLIOTHÈQUE 

des ducs de Bourgogne, à Bruxelles, il en existe quatre, 

dont quelques uns avec de belles miniatures. 

La Bibliothèque du Roi en conserve aussi plusieurs, 
comme des trois autres ouvrages que renferme ce volume. 

xxxv. 

De Vyf Boeken Boetii de Consolatione. Très grand 
in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
vert, n° 6810. 

Magnifique manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, 
écrit sur 2 colonnes , le texte latin avec la traduction fla- 
mande en grosses lettres de forme , et les commentaires 
en ancienne bâtarde. La totalité du volume est de 392 
feuillets. A la tête de chacun des cinq Livres se trouvent 
une miniature très curieuse et une bordure de la plus 
grande beauté. Les miniatures ont 3 16 m. (11 p. 81.) 
de haut, sur 406 m. (12 p. 3 1.) de large. 

Dans la première bordure sont trois écussons recou- 
verts des armes de la Gruthuyse , la devise Plus est en 
vous, et un mortier dans la première initiale. 

Dans la seconde bordure on aperçoit les armes recou- 
vertes, sept devises, dont deux effacées, et deux mor- 
tiers. Les initiales liées ensemble de Louis et de Margue- 
rite ornent la lettre initiale , mais de la lettre M on a fait 
un A , initiale d'Anne de Bretagne. 

Dans la troisième , on voit deux écussons recouverts , 
deux mortiers, quatre devises, dont deux effacées, quatre 
fois les initiales L M (Louis — Marguerite), dans les 
ornemens de la miniature. 

Dans la quatrième se trouvent les armes recouvertes, 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 143 
deux mortiers, six devises, dont trois effacées ; on voit un 
mortier dans l'initiale, entouré de la devise Mee es in u. 

Dans la cinquième, armes recouvertes, quatre devises, 
dont deux effacées, le mortier avec la devise Mee es in u 
dans l'initiale. 

Après la table le texte commence ainsi : 

Hier beghint die prologhe angaende den exccllenten bouke ghenaamt 
boetius de confolatione philofophie allcn ende fonderlinghe 

Il est terminé par cette souscription : 

Hier endt defen weerdeghen bouc boetius de confolatiOe philofophie 
ten troofte leeringhe ende confoorte aller menfchen in defen dracke 
der weereld zynde çhefcreuen om hogbe edele ende moghendë heere 
mer Lodewyc heere van den guthufe graue van Winceftre prinche 
van Steenhufe heere v5 auelghè* van Hamfte , van oorf camp , va Beue- 
ren van Tbielt ten houe, et , bi mi jan van kriekenborch under 
danich dienare des yoorn heere int jaer ons hêeren 1491 den 16 e ". In 
Maerte. 

C'est-à-dire , 

Cy finit ce digne livre de Boëce de la Confolation de la Philofophie 
pour la confolation , l'inftruction et aide de tous les hommes qui font 
dans la mifere de ce monde, écrit pour noble et puiffant feigneur 
Mgr. Louis feigneur de la Gruthuyfe , comte de Winceftre , prince de 
Steenhuyfe, feigneur d'Avelghem, d'Hamfte, d'Ooftcamp, de Beveren, 
de Thielt ten Hoyen , etc. , par Jean van Krîekenborch , humble fer- 
fiteur dudit feigneur, l'an de notre Seigneur ifoii le 16 mars. 

C'est un des plus beaux manuscrits de la bibliothèque 
de la Gruthuyse , et en même temps un des derniers que 
ce seigneur, qui mourut en ifai, ait fait exécuter. 

Le même Jean Kriekenborch a écrit en i485, à Gand, 
pour le même seigneur, le magnifique Ptolémée, qui sera 
décrit ci-après. 

Cette traduction flamande de Boëce, dont l'auteur est 
inconnu, a été imprimée à Gand, en i485, par Arnaud 
de Keysere (l'Empereur). 



i44 BIBLIOTHÈQUE 



XXXVI. 

Le Livre de Pétrarque, de l'une et l'autre Fortune, 
traduit en françois. Petit in-folio en bois, autrefois 
couvert de velours noir, semé de larmes de fil d'or, 
en un sac de cuir blanc, n° 7078. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, sur 2 col., 
de 4<> lignes chacune , en ancienne bâtarde. 
Sur un feuillet séparé sont ces mots : 

Des hiftoires et Hures En fi ancoys pult° 5° contre les murailles de 
devers la court. 

Il contient 101 feuillets, enrichis de deux miniatures 
en camaïeu gris. Le premier, sur lequel sont les armes 
recouvertes, commence ainsi, à la première colonne : 

Cy commence le prologue de maiftre francois petrarce ou fécond 
Hure de lune et lautre fortune qui traite De aduerfites que on fe repute 
auoir en ce monde Auffi edme fait le pmier des profperites. 

De toutes les chofes qui oneques me pleurent a lire ou a e (coûter 
oneques a bien pou ne fen affift a ne adioint pl 9 parfondement ne plus 
fermement. 

Cette traduction passe pour être de Nicolas Oresme , 
évêque de Lisieux, qui l'entreprit par ordre de Charles V; 
cependant il ne s'en trouve aucun exemplaire indiqué 
dans l'inventaire de sa bibliothèque : à la vérité , le duc 
de Berry, son frère, l'avoit dans la sienne. C'est en i5a3 
qu'elle a été revue et mise sous presse pour la première 
fois, par Gaillot Dupré, in-folio. 



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de louis de; la gruthuyse. 



145 



XXXVIL 

Les Dits des Philosophes. Petit in-folio, relié en 
m. r., autrefois couvert de velours tanné, n a 7362. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit en an- 
cienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 36 lignes chacune. 
Prél. 1 feuillets, contenant la table. Dans la première 
initiale sont les armes recouvertes. Texte, fol. j — cviij. 
Au bas du premier se trouvent les mêmes armes recou- 
vertes. Il commence ainsi : 

Sedechias fut phyjofrpjji le premier par qui de la yolonte de dieu 
fut loy receue u l ^ag jjjji m ptaadue. 

Sur un feuillet séparé il y a : 

Des hiftoires et liures en francoys pult° 4° contre la muraille devers 
la court. 

Cette traduction est de Guillaume de Tignonville , pré- 
vôt de Paris sous Charles VI. La plus ancienne édition , 
comme on Ta dit ci-dessus, p. i/Ji, a été faite par Colard 
Mansion, sans date, vers ityS* 

XXXVIII. . 

Le Secret des Philosophes. In-folio, relié en m. r., 
autrefois couvert (le velours vert, n° 6866. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne ^grosse bâtarde , sur 2 colonnes , de 
28 lignes chacune , et enrichi d'une superbe bordure au 
premier feuillet , où sont peints des fleurs , des fruits , 
des oiseaux, dans une grande perfection. Au bas sont les 
armes de Gruthuyse recouvertes. 

10 



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i46 BIBLIOTHÈQUE 

Prél. i3 feuillets , contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. j — cxliiij. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commence le Hure intitule le fecret aux philofophes et première- 
ment le prologue du compillateur. ' 

Ariftote dit en fon Hure de natures ou commencement dira Hure 
lequel eft appelle le liure de methafifique que tous les hommes naturel- 
lement délirèrent et conroitterent a faauoir iadis contenant les fecrets 
de nature et encoires auiourd'huy vérité moult ilz défirent a les com- 
prendre et fauoir aufR nul fol on ygnorant iamais ne mettroit fon 
entendement a ce enqnerre car bien haulte matière et moult foubtille 
eft a le bien incorporer et entendre et pourtant ie ieban Bonnet preftre 
docteur en théologie natif de Paris a la requefte dun mien bon feigneur 
et amjr ay yolentiers mis dîlligence et cure de conqueillier en plus 
briefs mots que il ma elle poffible. 

Sur un feuillet séparé , en téte du volume , on lit : 
Des hiftoyres en francoys pult° 4°. 

XXXIX. 

Othea, de la droite Cbevalerie de la Vie humaine. 
Petit in-folio , relié en m. r. , autrefois couvert de 
velours bleu, n° 7399. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes , au nombre 
de 2l3 sur les pages entières , et enrichi d'une jolie minia- 
ture, de im m. (4 p. 61.) de haut, sur %i5 m. (4 p. 
3 1.) de large. Sur le premier feuillet, où est peinte cette 
miniature , se trouvent les armes recouvertes. La totalité 
du volume est de 97 feuillets ; le premier commence ainsi : 

Othea deefle de prudence 
Qui les bons adreffe en vaillance 
À toy Hector noble prince puiiTant 
Qui en armes es fleuriflant. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ifa 
Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et Hures en francoys pult° 4° contre la muraille devers 
la court. 

Rithrae. 

Ce poème est de Christine de Pisan. C'est un traité 
d'éducation qui paroît avoir été composé pour le fils aîné 
du duc d'Orléans, qui fut assassiné en 1407. 

Il en existe plusieurs manuscrits dans la bibliothèque 
de Bruxelles , ainsi que dans celle du Roi. 

Il a été imprimé, sans date, par Philippe Pigouchet, 
petit in-folio , sous le titre des Cent Histoires de Troye. 

Dans cette édition il y a une dédicace en vers à 
Charles V, roi de France, qui ne se trouve point dans le 
manuscrit. 

XL. 

L'Instruction d'un jeune prince pour se bien gou- 
verner envers Dieu et le monde. Petit in-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours noir, n° 74 1 8. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre 
de 20 sur les pages entières , et enrichi de deux minia- 
tures, qui ont 1 17 m. (4 p. 4 1- ) de haut, sur autant 
de large. Il contient 88 feuillets. Le premier renferme la 
table. Dans la première initiale du second sont les armes 
de la Gruthuyse recouvertes. Ces mêmes armes se re- 
trouvent encore au deuxième feuillet, qui est en outre 
orné d'une miniature. Elle représente un personnage de 
distinction debout, sous un dais parsemé de deuxL enla- 
cés, décoré du collier de l'ordre de la Toison-d'Or \ il 
est vêtu d'une longue robe pourpre brochée d'or. C'est 



148 BIBLIOTHÈQUE 
ou le seigneur de la Gruthuyse, ou Philippe-le-Bon , duc 
de Bourgogne. Les dix premiers feuillets contiennent un 
prologue où l'auteur raconte qu'un chevalier picard se 
trouvant à Dantzig, et voulant retourner dans son pays, 
éprouva en mer une si violente tempête, qu'il fut jeté 
sur la côte de Norwége; là, en allant visiter un jour le 
prieuré de Saint-Ohohe, son secrétaire y découvrit un 
cahier écrit en allemand, et en mauvaise lettre, lequel 
contenoit de beaux enseignemens , qu'après son retour il 
fit traduire en françois. 
Il commence par ce sommaire : 

Comment ung jeune prince doit fur toutes chofes aimer dieu qui lujr 
a dône auctorite et feigneurie fur le peuple. 

Et finit ainsi : 

Cy fine le Hure intitule linftruction dun jSne prlce po* fe hn gou- 
uerner envers dieu et le monde. 

A la suite est le même traité que celui qui se trouve 
dans le manuscrit suivant, n° 74*9? et qui commence 
par très chier et très aime filz. 

Lacroix du Maine (tom. I, p. 264) donne à Georges 
Chastelain un ouvrage portant le même titre à y Instruc- 
tion d'un jeune Prince. Il le dit contenu en huit cha- 
pitres , comme celui-ci. 

XLI. 

Avertissement ou Songe adressé à Charles, duc 
de Bourgogne, pour son instruction. In-4°> relié 
en m. r., autrefois couvert de velours incarnat , 
n° 7419. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. % 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, tantôt au 
nombre de 22, et tantôt de 17 sur les pages entières, et 
enrichi de deux joliès miniatures, qui ont 142 m. 
(5 p. 3 1.) de haut, sur 95 m. (3 p. 6 1.) de large. 

Le volume est composé de 107 feuillets. Au bas de la 
première page , dans le haut de laquelle est la première 
miniature, së voient les armes effacées. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hyûoires et liures en francoys pult° 3 e contre la muraille de 
deuers la court. 

Ce manuscrit contient deux traités : le premier est un 
songe allégorique, qui a pour objet de donner de bons 
conseils à Charles , duc de Bourgogne , et la manière de 
bien gouverner ses Etats, dont il venoit d'hériter par la 
mort de son père Philippe-le-Bon. U commence ainsi : 

Comme nouuellement me feye troue en paroles et en angoiffeux foup- 
pireraens par la mort du très excellent prinee laugufte duc de Bour- 
goingne le pilier de lonneur de france et la perle des princes xpiens. 

Le second traité est une instruction d'un père à son 
fils , lequel commence de cette manière ; 

iVes chier et très ame filz pour la grant affection et amour paternelle 
que a toy jay je me vueil traueiller defcripre aucunes petites remonf- 
trances et enfeignemens. 

XLII. 

Le Livre des bonnes Mœurs. Petit in-folio, relié 
en m. r., autrefois couvert de velours, n° 7290. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , à longues 
lignes , au nombre de 34 sur les pages entières , écrit en 
ancienne bâtarde , et orné de quatre miniatures, qui ont 
108 m. (4 p.) de haut, sur i35 m. (5 p.) de large. Il 



i5o BIBLIOTHÈQUE 

contient 65 feuillets. Les deux premiers renferment là 

table , qui porte pour sommaire : < 

Cy commence la table des Rubrices du Hure intitule de bonnes meurs 
lequel eft diuife en cinq parties dont la première porte du remède qui 
eft contre les fept péchiez mortels. 

Le troisième feuillet , au bas duquel sont les armes de 
la Gruthuyse recouvertes, commence de cette manière : 

Tous orgueilleux fe yeullent a dieu comparer en tant quils fe glori- 
fient en eulx mefraes et es biens quilz ont defquelles chofcs la gloire 
eft deue principaument a dieu. 

Le dernier finit par ces mots : 

Parquoy il appert que peu voult lefperancc de ceulx qui dient que 
le monde durera moult longuement* 

Cy fine le liure des bonnes meurs explicit. 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume, 
on lit : 

Des hiftoires et Hures en francoys pult* a« a la cheminée. Bloys. 

Ce traité a pour auteur Jacques Legrand , religieux de 
Tordre des Augustins. 

Il en existe plusieurs éditions : la première porte la 
date de 1478 elle a été imprimée à Chablies par Pierre 
le Rouge. 

Quant aux manuscrits, il s'en trouve dans plusieurs 
bibliothèques , entre autres dans celle du Roi et dans 
celle de Bruxelles. 

XLIII. 

Introductorium Alcabitii, glose de Haly sur le 
Quadripartite de Ptolémée, traité d'Astrologie judi- 
ciaire. In-folio, relié en m. r., n° 4776. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i5i 
en ancienne grosse bâtarde , sur 2 colonnes, de 36 lignes 
chacune; contenant i63 feuillets chiffrés. U est enrichi, 
de très grandes et belles miniatures aux fol. i, liij et 
clxxiij. Les pages sur lesquelles elles sont peintes ont 
chacune une bordure : la première offre les armes recou- • 
vertes ; aux quatre coins de la bordure est la devise en 
couleurs Plus est en "vous. 

La seconde est également avec les mêmes armes recou- 
vertes , et supportées par deux licornes. Elles sont répé- 
tées trois autres fois , et composent , avec deux mortiers 
et la devise, également répétés trois fois, mais effacés, 
les ornemens de la bordure, 

La troisième est de même décorée des armes recou- 
vertes , et accompagnées de deux licornes , d'un mortier, 
et de trois devises , dont deux ont été effacées. 

On lit sur un feuillet : 

Alcabitij 
jntroductorû Albumafar 
CQ gloia Haly ft 4driptito Ptolemej en francoys. 

Le premier feuillet commence ainsi, au recto : 

Oftulata a do 
minio projixita 
P te vite ceyfan 
dadiha a gau 
dij regni et du 
rabilitatis fui honoris cufto 

Le fol. liij, recto, première colonne, commence de 
cette manière : 

Auoir et enten 
g dre eft glorieu 
fe chofe toute fa 
grâce eft dieu 
Et lamé de lui eft glorieufe 



i52 BipUOTHÈQUE * 

Et le fol. clxxiij : % 

pocra* le très > 

Y fa 6 c et ,c P* 9 

efprouue de f 

toas les mede 

cins dîft ainfî Quicooc 

Le dernier finit au recto, première colonne, par ces 
mots : 

Gens (il commence a 10 
ner deuers aquilonne il 
feignifie mortalité de 
Rapine. 

Ce dernier traité est enrichi de treize petites minia- 
tures avec des bordures , dans plusieurs desquelles on lit 
la devise du premier possesseur. 

Cette traduction n'a point été imprimée. 

XLIV. 

Phébus, des Déduits de la Chasse des Bêtes sau- 
vaiges et des Oiseaux de Proie (par Gaston Phœbus, 
comte de Foix), in-folio. 

Ce manuscrit, enrichi de très belles miniatures, et aux 
armes de la Gruthuyse entourées du collier de la Toison- 
d'Or, est dans la bibliothèque publique de Genève. (Cat. 
des Mss. de la ville de Genève, par Sennebier, in -8°, 
p. 4^5 , n* 169.) Il n'étoit pas parmi les livres de ce 
seigneur quand sa bibliothèque vint enrichir . celle du 
roi de France. Ce traité de Gaston Phœbus a été imprimé 
pour la première fois sans date, mais vers i5oo, pour 
Antoine Verard. 

Dans beaucoup d'ouvrages , entre autres dans les 



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DE JiOOlS DE LA GRUTHUYSE. i53 
Éclaircissemens du Catalogue de de Selle, V École de la 
Chasp, par le Verrier de la Conterie, 1763, 2 vol., 
tov* I, p. Ixxxij , et "tes Mémoires de M. de Sainte- 
Palaye, sur V ancienne Chevalerie, tom. III, p. a36, on 
trouve de curieux détail^ au sujet de cet ouvrage. 

Le manuscrit qui a appartenu à Jean,, duc de Berry, 
frère de Charles Y, fait partie des manuscrits de la mai- 
/ son de Condé. 

Dans ce manuscrit sur papier il est dit : 

Le Roman des déduis corapofé par Gace de la Bigne jadiz pmier 
chapellain de très excellent Roy ph. de France q dieux aflbille cSmenca 
ce Romant des déduis a Herefort en Angleterre Lan mil ccc lix de corn- 
mendement dudit feigneur affin q meffire Phe fon quart filz et duc de 
gine qui adoncques eftoit jofnes aprift des déduis pour le pechie 
doifeufe et quil en fuft mieux enfeignië en meilleurs vertus et depuis 
le dit Gace le parfift a paris. 

On lit à la fin : 

Ce liure eft au duc de Berry et danuergne conte de poitous et 
dauuergne. 

Signé Jehan 
auec paraphe. 

Neuf autres manuscrits du même traité se trouvent 
dans la Bibliothèque du Roi. 

XLV. 

Le Livre de Modus et de Ratio, qui parle des 
Déduits de Vénerie. In-folio, couvert de velours 
bleu, n° 7460. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à a colonnes, 
de 3o lignes chacune ; contenant 2^5 feuillets. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoyres et liures en francoys. Pult° a° contre la muraille de 
vers la court. 



i54 BIBLIOTHÈQUE 

Le premier, sur lequel sont les armes recouvertes, 
commence ainsi : 

Au temps du Riche Roy modus fu bien le ntôde cd paix ten 9 qui auoit 
le gouuernemeut fur toute manière de gent. 

On lit au verso , première colonne , du dernier : 

Que celle.de pechie A ramaine A la Toie de fainnement. Amen. 

Explicit le Hure du Roy modus et de la royne racio qui parle des 
déduis et de peftilences du monde. 

Ce traité de la Chasse est d'un auteur inconnu ; il a été 
pour la première fois imprimé à Chambéry en i486, 
édition qui a été suivie de plusieurs autres. 

Le Verrier de la Conterie (YÉcole de la Chasse, 1763, 
a vol. , in-8°, tom. I, p. lxxix), de Sainte-Palaye (Mém. 
sur l'ancienne Chevalerie, 3 vol. in«ia-, tom. III, p. 207) 
et M. Sennebier (Cat. des Mss. de Genève, p. 4 ao )> ont 
longuement parlé de cet ouvrage , dont il existe quelques 
beaux manuscrits dans différentes bibliothèques, et entre 
autres dans celle du Roi et des ducs de Bourgogne à 
Bruxelles. 

XLVI. 

De la Chose de Chevalerie en faits d'armes, tra- 
duite en françois de Végèce. Petit in-folio, autrefois 
couvert en bois, n° 7076. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en ancienne 
bâtarde , sur a colonnes , de 33 lignes chacune ; conte- 
nant ia3 feuillets. Les cinq premiers renferment la table 
des chapitres , avec ce sommaire : 

Cy commencent les tables des rubrices dun chafcun chapitre de ce 
pnt volume intitule de la chofe de cheualerie en fait darmes compofe 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. t55 

par vegece très fouuerain clerz a experz en droit a loix de irontin a 
plufieurs autres. 

Le sixième, sur lequel sont les armes recouvertes, com- 
mence ainsi : 

Pour ce que hardement eft tant neceflaire a haultes chofes emprendre 
que fans lui jamais eraprife. 

Au dernier feuillet, seconde colonne, recto : ' 

Deuifes prifes par haucteffe des le temps très ancien. 
Fin de ce pnt Tolume intitule les droits darmes. 

Sur un feuillet séparé se lisent ces mots : 

Des hiftoires et Hures en francoys. Pult° 3° contre la muraille devers 
la court. 

Il y a quatre miniatures aux fol. vj , xxxix , Ixxiii] et c , 
lesquels ont chacune une bordure. 

On attribue celte traduction à Jean de Meun; elle a 
été imprimée à Paris en *4 88 P° ur Antoine Verard. Il 
s'en trouvoit plusieurs manuscrits dans la bibliothèque 
de Charles V : il y en a trois dans celle de Bruxelles. 



BELLES-LETTRES. 



XLVII. 

Les Métamorphoses d'Ovide. Grand in-folio, relié 
en m. r. , autrefois couvert de velours tanné histo- 
rié, n° 68o3. 

Très beau manuscrit sur vélin , di? quinzième siècle , 
en ancienne grosse bâtarde, à 2 colonnes, de 38 lignes 
chacune. 



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i56 BIBLIOTHÈQUE 
Sur un feuillet séparé se lit : 

Des hiftoyres et liures en francoys au pmier pul*** par terre du 
coufte derers la court. Bloys. 

Prél. 7 feuillets, contenant la table des chapitres. Il y 
a sur le huitième, coté j , une très belle miniature avec 
une bordure, dans laquelle sont les armes recouvertes. 

Le texte commence ainsi au même feuillet : 

Cy commence le liure intitule ouide de methamorphofe qui contient 
en fomme quinze liures. Et fenfieat le prologue. 

Toutes efcriptures foient bonnes et mauuaifes font pour noftre prouf-* 
fit et doctrine faittes. 

Les fol. xiij, xxix, xlij, Ixxiij, c, cxvj, cxxxij, c xlvij, 
clxv , ciiij" x et ce xxiiij , sont également décorés d'une 
grande miniature, outre un grand nombre de petites. 
Beaucoup d'Initiales sont peintes en camaïeu gris. 

Le texte finit au fol. ce xxxvij par ces lignes : 

Lire ceftui mon liure fil eft portez la ou on face vérité retraire. 
Amen. 

Cet ouvrage est celui qu'a imprimé, en i4$4> C°l ar d 
Mansion à Bruges, avec la différence que l'imprimé con- 
tient des prologues qui ne sont pas dans le manuscrit. 
(Voyez la Notice sur Colard Mansion, p. 4o.) 

XLVIII. 

Le Vœu du Paon. La châtelaine de Vergy. Petit 
in-folio, en m. r., autrefois en velours, n° 7973. 

Manuscrit du quatorzième siècle, sur vélin , en lettres 
de forme, à longues lignes, au nombre de 3o sur les pages 
entières, contenant i53 feuillets. Le premier, sur lequel 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i5 7 
on voit les armes de la Gruthuyse , entourées du collier 
de Tordre de la Toison-d'Or, commence ainsi : 

Apres ce qualexaudres 
Ot de defur conquis 
Et a force defpee ocift 
Le duc Melchis. 

Au recto du i38 e feuillet finit ainsi le Vœu du Paon : 

Explicit H roumans des veuz plus nen ya. 

Au recto du 1 39 e commence le roman de la Châtelaine 
de Vergy , ainsi qu'il suit : 

Une manière de gens font 

Qui def loyal femblant font 

Et de fï bien confeille celer 

Quil ne conuient en euls fier 

Et quant revient con fi defceuurc. 

Il finit, au verso du dernier, par ces mots : 

Explicit la chaftelaine de vergi. 

Le premier poëme contient la suite et le complément 
du roman d'Alexandre, en vers, composé, partie dans le 
douzième siècle , et partie dans le treizième. C'est aussi 
l'ouvrage de plusieurs poètes, dont les principaux sont 
maître Eustache , Alexandre de Paris ou de Bernai, et 
Pierrot de Saint-Cloot. 

Le Vœu du Paon a été composé dans le quatorzième 
siècle, et n'a point été imprimé. Les manuscrits n'en sont 
pas rares. 

La Châtelaine de Vergy a été publiée dans la nouvelle 
édition des Fabliaux de Barhazan , donnée par Méon 
{Voyez tom. IV, p. 296) , et on en trouve l'analyse dans 
le tom. HT, p. 196, des Fabliaux de Legrand. 



i58 BIBLIOTHÈQUE 



XLIX. 

Le Vœux du Paon. Petit in-4°, de la bibliothèque 
de Saint-Germain, n° 3727. 

Manuscrit sur vélin , du quatorzième siècle , à longues 
lignes, au nombre de 33 sur les pages entières, en lettres 
de forme*, contenant i58 feuillets. Sur le premier on 
voit le nom du poète Ph. Desportes, et les armes de la 
Gruthuyse entourées du collier de Tordre de la Toison- 
d'Or. Il commence ainsi : 

Apres chou kalixandres 
Ot de dephur conquis 
À force defpee 
Ocis le duc melchis 
Noridas en mena 
Maries fa dauris 
Cheuauca li boins roys 
Lies et gais et iolis. 

Le dernier finit ainsi , au recto : 

Et que en tous endrois le dit empfera 

Et du bien dois on bien dire coi dire pieca. 

Ezplicit du veus du paon. 

C'est un autre manuscrit du même Vœu du Paon. 
L. 

Le Roman d'Anseis de Carthage. Le Roman d'Atis 
et de Prophelias ou Porphelias, en vers. In-folio, 
couvert autrefois en velours vert figuré, n° 7 191. 

Manuscrit du commencement du quatorzième siècle , 
sur vélin , en lettres de forme , à 2 colonnes -, contenant 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 169 
192 feuillets. Le premier, au bas duquel se voient les 
armes recouvertes , commence ainsi : 

Seignours oies que diex vous beueie 

Li glorieus li fiez fainte marie 

Cancbou moult bonne et de grant feignorie 

Elle neft pas faîte de gaberie 

Ains cft deftoire de vielle anchiferie. 

Ce roman finit, au verso du 72 e feuillet, par ces vers : 

Sois beneois qui le vers a efcris 
Et vous auflï qui les auez ois. 

Explicit li romans danfeis de Cartage. 

Le second roman commence, au recto du 73 e , par 
ces vers : 

Li fagcs eft 
De fapièche 
Dieu doit 
Efpandre 
Sa demêcbe 
Que tcus la 
Doie recuel 
Lir dont 
Boins exemple puift venir. 

Il finit ainsi , au verso du dernier : 

Dataines faut ici lestoire 
Que K efcris tefmoigne avoire. 

Explicit datis et de ppbelias. 

Le roman d'Anseis de Carthage , neveu de Charle- 
magne, et couronné roi d'Espagne, est un roman d'amour 
et de chevalerie, composé d'environ 11,578 vers, dans 
lequel Charlemagne et les Sarrasins ne sont que des per- 
sonnages secondaires. 

Celui d'Athis et de Prophilyas, ou le Siège d'Athènes, 



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* 160 BIBLIOTHÈQUE 
çst d'un auteur nommé Alexandre, peut-être le même 
que celui qui se donne, dans un autre poème en vers, le 
surnom de Paris. Il dit qu'il a entrepris son Athis pour 
qu'après sa mort son nom restât dans la mémoire des 
hommes. 

Il est d'environ 19,100 vers. 

Ni l'un ni l'autre de ces romans n'a été imprimé. Il se 
trouve à la Bibliothèque du Roi un deuxième manuscrit 
de l'^tis, sous le n° 6987. 

LI. 

Recueil de Pièces de Vers et de Prose chrétienne. 
Petit in-4°, fonds de Saint -Germain -des- Prés , 
n° i856. 

Manuscrit de la fin du treizième siècle, sur vélin , en 
ancienne petites lettres de forme , sur 2 colonnes \ con- 
tenant 202 feuillets. Les armes de la Gruthuyse , entou- 
rées du collier de la Toison -d'Or, décorent le premier 
feuillet , lequel commence par la vie de saint Laurent , 
en vers, dont voici les deux premiers : 

Maiftre a ceft befoinge tous drecier 
Et moi cOme deciple aidicr. 

Il renferme d'autres vies de Saints. 
Ce manuscrit a appartenu à Philippe Desportes, dont 
la signature se voit sur le premier feuillet. 

lu. 

Anticlaudistfius et plusieurs Fabliaux. In-folio, 
couvert de velours noir, n° 7652. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, en an- 



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DÊ LOUIS DE LA GRUTHUYSE. x6t 
ciennc bâtarde , à longues lignes , au nombre de 3o sur 
les pages entrères. Texte, fol. j — cix. 

Sur le premier feuillet se trouvent les armes de la 
Gruthuyse recouvertes. 

U Anti-Claudianus commence ainsi : 

Aucunes gens Tont arguant aucuns clers il font tranfuiuant 
Latin en roumant pour entendre le laie gent pour eaus apprendre. 

A la fin : 

Ci fine Anticlaudianus Ens ou quil lire ne peut nuls 

Sil y veut de bon cuer entendre Quil ny puift moult de bien aprendre. 

Explicit Antickudianus. 

On trouve, tom. V, p. 546, des Notices et Extraits des 
Manuscrits de la Bibl. du Roi, un extrait de V Anti-Clau*- 
dien, traduction libre de YAnti-Claudianus, poème latin 
d'Alain de Lille, dont il existe plusieurs éditions, et sept 
manuscrits à la Bibliothèque du Roi. Legrand-d'Aussy , 
auteur de l'extrait, met au-dessus de l'original cette 
copie, quelque imparfaite qu'elle soit. Elle n'a jamais été 
imprimée. Le même dit que ce beau manuscrit vient de 
la bibliothèque de Charles V \ il a raison , car il se trouve 
porté dans l'inventaire des livres de ce monarque. 

A la suite de YAnti-Claudianus sont quatorze fabliaux 
dans l'ordre suivant : 

i°. Ci commancent li dit Baudouin de Conde, et pri- 
mierement des preudoumes : 

Je ne meflfe contredit 

De raconter aucun biau dit. 

2°. Cest li contes dou vuarde cors : 

Pour ce que trop ai guit en mue 
Meft pris talent q men remue. 



BIBLIOTHÈQUE 



Cest le conte dauarise. 

Cil qui trouua du Tuafdc cors 
Nous raconte quen tous les cors. 

Cest li contes de lolifant : 

Je naurai ma langue apreftee 
A dire oeure manifeftee. 

Cest li conte du Preudomme : 

On dit moult quen tailler a feus 
Mais je ne Toi de nul a fens. 

Cest H contes de gentillece : 

Selon ce que dieus maprefte 
De fens lai ie tout aprefte. 

Cest li contes dou Bacheler : 

Jai maintefois oit retraire 
Quofi bû fe peut on trop taire. 

Cest li contes du dragon qui enuenime au lécher : 

Selonc le fîecle qui eft ore 
Ne puis trouuer de bone çfcole. 

Cest li contes dou mantiel : 

Qui des bons eft mete feD tente 
A bon eftre quar de bone ente. 



°. Cest la uoie de paradis que Rustebues fist : 



Que defous terre it la uermine. 

°. Ce sont li uers de droit bauduin de Conde : 



°. Cest li dis que hanris de loon fit des hyraus : 



Ou mois de mars en ce termine 



Drois menfengne que ie doi dire 
. Du m au uez fîecle qui empire. 



Cuifque nofe riens enteprendre 
Puet peu fauoir et peu aprendre. 



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DE LOUIS DE LA GHUTHUYSE. i63 
i3°. Un dit damours. 

Merueilles eft que ne fenift 
Li mous ainceis que Ion Teift. 

i4°. Le dit du corps. 

Cors en toi dûs point de fauoir 
Car tu délires trop auoir. 

Aucun de ces fabliaux, dits ou contes, n'a été imprimé 
parmi ceux qu'ont publiés Barbazan et Méon. 

Une chronique des évêques de Liège termine le vo- 
lume ; elle commence ainsi : 

On treuue es enchiennes efcriptures que mefires faint Pierres quant 
il fu Apoftoiles de Rome envoia moult de ces difcîples par le monde 
pour annuncier la foi de jehucrit entre les autres il envoia es parties 
doccident faint Euquaire et lordena eucfque et enyoia auec lui faint 
Valier et lordena a diaquene et faint Materne quil ordena a foudiaquene 
et lor commanda quil alalTent a treues et a coulongne et a tongres 
et effaufacent la le nom de jehucrift. 

Et finit de la manière suivante : 

Apres lui fu lxxiij* euefques jehans fins le comte guyon de flandres 
lan de lincarnacion nïe feigneur Mil ce et iiij n il eftoit eflus demes 
cil fu moult preudoms et de bone vie. Il tint le fîege xiij ans et tref- 
paffa en lan de lincarnacion nfe feigneur mil ce iiij u et xiij et fu 
enfevelis en labaye de félines. 

LUI. 

Le Livre des quatre Dames. Petit in-4°, relié en 
m. r. , autrefois couvert de satin noir, n° 801 1 . 

Petit in-4% manuscrit du quinzième siècle , sur vélin , 
en ancienne bâtarde, à longues lignes, au nombre de 25 
sur les pages entières*, contenant 7 3 feuillets. Il est en- 
richi d'initiales peintes en or, et d'une miniature au 
premier feuillet. Ce feuillet est orné d'une bordure dans 
laquelle sont les armes de France entourées du collier 



164 BIBLIOTHÈQUE 
de l'ordre de Saint-Michel, ce qui feroit douter que ce 
manuscrit eût appartenu au seigneur de la Gruthuyse. 
On lit sur un feuillet séparé : 

Des Hures en francoys aux armojres deftoulz le pulpiftre de la cro- 
DÎcq dangleterre. 

Sur un second feuillet est la signature de Charles VJH, 
à moi Charles. 

Le premier feuillet du texte commence de cette ma- 
nière : 

Pour omb'lier raerencolie 
Et pour faire chère plus lye 
Ung doulx matin aux chips. 

Le dernier finit aiqsi : 

Faictes du voftre a Toftre guife 
Et me prenez. 

Explicit 
le Hure des quatre dames. 

Cette pièce de vers est d'Alain Charrier, et se trouve 
imprimée pour la première fois dans l'ouvrage intitulé 
les Faiz de maîstre Alain Charetier. Paris , Pierre 
Lecaron, vers i5oo, petit in-fol. , au verso du 99 e feuillet. 

LIV. 

Le Débat de Félicité, pqr Charles Soillot. L'Épître 
de saint Bernard , de la Règle et Manière comment 
le Ménage d'un bon Hôtel doit être gouverné, trad. 
par Charles Solliot. Petit in-folio , en m. r. , autre- 
fois couvert de velours, n° y383. 

Manuscrit sur vélin, exécuté vers l'an 1480, en an- 
cienne bâtarde , à longues lignes , au nombre de 26 sur 
les pages entières; contenant 92 feuillets. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i65 

La miniature dont la première page est décorée , et 
qui a 072 m. (2 p. 8 1.) de haut, sur autant de large, re- 
présente Gruthuyse assis sous un dais, en robe d'écarlate 
tissue d'or, ayant un bonnet de velours noir sur la tète, 
et portant autour du cou les insignes de Tordre dont il 
étoit chevalier. Derrière lui sont deux personnages de- 
bout, et à ses pieds est prosterné l'auteur, lui offrant son 
livre, relié en velours vert. Il est tète nue, et velu d'une 
robe bleue. Charles Soillot, contrôleur de l'audience des 
sceaux de Maximilien d'Autriche , et auparavant secré- 
taire du comte de Charolois, devenu ensuite Charles-le- 
Hardi, duc de Bourgogne, le dédia d'abord à ce dernier 
prince, qui avoit été son parrain, et pour qui il avoit 
traduit dans sa jeunesse, du latin en francois, le Hiêron 
de Xénophon , sous le titre de Destruction de Tyrannie. 

Étant écolâtre de Sainte-Gudule de Bruxelles, il fut 
nommé, conjointement avec le doyen Martin Steenberch, 
par ordonnance de Maximilien , et par ordre de l'abbé 
de Saint-Bertin , chancelier de l'ordre de la Toison-d'Or, 
commissaire à l'effet d'inventorier les livres et volumes 
qui se trouvoient dans la chambre des joyaux de l'hôtel 
du Roi à Bruxelles. 

Cet inventaire, qu'il signa le i5 novembre 1487, se 
conserve aujourd'hui dans les archives du département 
du Nord, à Lille. M. Barrois, ancien député, Ta publié, 
avec les éclaircissemens nécessaires , dans un ouvrage 
intitulé Bibliothèque protypographique , ou Librairies 
des Fils du roi Jean, Charles V, Jean de Berri, Philippe 
de Bourgogne et les siens. Paris, i83o, in-4% p. 110. 

Les armes, au bas de la page, sont recouvertes par 
celles de France. 



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166 BIBLIOTHÈQUE 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume, 
est écrit : 

Des hystoires et Hures en francoys pult° 3° entre la muraille de 
deuers la court. v 

Cet ouvrage est mêlé de prose et de vers. Il commence 
par une épître dédicatoire au seigneur de la Gruthuyse, 
conçue en ces termes : 

Hanlt et piaffant mon treîhonnoure et redoubte feignr Meffire loys 
feignr de la grulhufe cSte de vinceftre prince de feoenhoue aceî. Che- 
uallier du très noble et irreprouchable ordre du tboifon dor et cheual- 
lier dbonnêur de très haulte et très excellente princheffe et ma très 
redoubtee dame madame dautriche de Bourgoingne et de Brabant 
conléffe de flandres acet. Charles Soillot jndigne fecretaire et contre- 
roleur de lauditfcc des fceaulz de très hault et très excellent prince 
mon très redoubte et fouaerain feignr Monff. Maximilien par la grâce 
de dieu duc dautriche de Bourgoigue aceï. feul filz et héritier de très 
illuftre et très victorieux prince frederic le tiers empereur des Romains 
pour vos très grandes vertus naturellement affecte a vous et pour le 
regard de voftre eftat ades preft et appareillie a vous feruir et com- 
plaire honneur aueuc tout eur et félicite. 

Il dit ensuite qu'il a composé cet ouvrage dans sa pre- 
mière jeunesse, et qu'en le relisant dans un âge plus mûr, 
il y a trouvé beaucoup de choses à reprendre. Il ajoute 
qu'il en avoit fait hommage, dans cet état d'imperfection, 
à Charles , comte de Charolbis , et que depuis qu'il a eu 
le malheur de le perdre, ne pouvant plus le lui offrir 
revu , corrigé et amélioré , 

Si le vous prefente et adreffe hault et puiffant mon très honnoure 
et redoubte feigneur bien meu certainement corne il me fomble car foit 
de la matière dont il traicte ou de la difpofîtion et forme dicelle qui 
en poeult mieùlx jugier que vous. De premiers de poly langaige raifons 
ou fentences a chun propos pertinentes me plaife ufer quele chofe plus 
polie que les mots qui partent de voftre bouche que les raifons plus 
pertinentes que celles dont vfe voftre langue ne quels dicts parlera ou 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 167 

cfcripts plus fubftancieux plus nets plus propres plus gens ou aornez 
que les voftres quant le moindre et plus famillier neft que tous ou 
proucrbe ou facecie. Se de félicite mondaine dont touche mon premier 
Hure vueil parler qui plus en a veu et cogneu que vous ne qui plus en 
voit et cognoit prefentement qui non feulement après les feus ducs de 
Bourgoingne Phelipe et Charles mais comme feul après eulx auez règne 
et gouuerne moult glorieufement comme encoires par voftre grant fens 
et prudence faittes aujourduy autour de mondit feignr Maxirailien et 
maintesfois nauez feulement efte en cours dautres ducs et princes mais 
de Roys et de cardinaulz demperenrs et de papes qui vous en ont 
diftribue comme encoires journellement font la dieu merchi voftre 
part. 

Se de mifere ou infelicite qui eft la féconde partie de icellui mon 
traictie me convient touchier qui en a plus non feulement veti mais 
meifmes en ce fou fier t que vous. Nauez vous pas et non feulement vous 
mais toute voftre maifon et lignye lui meifmes dont nauiez après dieu 
chofe plus chiere veu roifcrablcment abatre et trebuchier pour lui 
tollir la vie voz parens coufins et amis les aucuns occire les autres 
naurcr et les autres prendre et détenir prifonniers. Pareillement plu- 
sieurs vos fubgets pour tenir le party dicellc les aucuns tuer les autres 
emmener et en onltre vos chafteaux villes et fortreffes brûler et abatre 
et démolir. 

Se de la tierce et derreniere partie qui eft de vraie félicite je confens 
peracheuer mon oeuurc qui la quiert ou inveftigue plus que vous 
qui en chemine les voies ou fen tiers plus ({lie vous , Foy efpcrance 
et charité qui en font les degrez vous font tris et cogncus comme 
le pain pitié dcvocion et purite qui en font les paffets iamaiz ne vous 
habandonnent juftice attemprence et aultres vertus qui en font les 
moiens font voz principales riche fies et parement. Voftre vie eft toute 
religieufe vos fais juftes et fains voz dicts ediflians et fructueuz 
comme de perfonne faincte. Prenez le doneques en gre a vous fupplie 
et fe y trouuez aucune chofe ou trop atténuée ou fuperflue ou trop 
graue ou trop legiere ou mal polie ou peu aornee ne vucillies defdai- 
goicr la corrigier ou amender car en y mettant voftre décret comme 
de chofe paffee par le lambicq plus ne craindray ne enuieux ne 
obtrecteur quelconque. 

Ce témoignage si touchant de la reconnoissance de 
Soillot pour son ancien maître, et de respect pour le 
seigneur de la Gruthuyse, a été également adressé, avec 



168 BIBLIOTHÈQUE 
quelques changemens, à Philippe, comte de Chimay, 
chevalier de la Toison-d'Or, et premier chambellan de 
Maximilien , mort à Bruges en i483. Nous l'avons rap- 
porté, en l'abrégeant toutefois, parce qu'il peut servir à 
compléter la Notice que Legrand-d'Aussy a donnée du 
Débat de Félicité, d'après un manuscrit qui n'est plus 
aujourd'hui à la Bibliothèque du Roi, mais à Bruxelles, 
dans la Bibliothèque royale. (Voyez Notice des Mss. de 
la Bibliothèque du Roi, tom. V, p. 54^.) 

A la suite de celte dédicace l'auteur a joint celle qu'il 
avoit offerte à Charles, duc de Bourgogne. 

LV. 

La Danse aux Aveugles. Petit in-folio, relié en 
maroquin citron, autrefois couvert de velours tanné, 
n° 7675. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en ancienne 
bâtarde , à longues lignes , avec miniatures en couleur 
grise-, contenant 43 feuillets. Le premier, sur lequel on 
voit les armes recouvertes , commence ainsi : 

Chy cdmece la danfe aux auegles. 

Actain au cuer par ung corroux terreftre 
Ou point fecret dune nuyt nette 2 clere 
Penfoye feul que tout con trient terre eftre 
Ce qui a eu ou aura en terre eftre. 

On lit au verso du dernier : 

Qui lentende a life auûl 
n prie non pas commande 

Au treforier de Souffi. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 169 
LVL 

La Danse aux Aveugles. L'Abusé en cour. Petit 
in-4°- en m* r. , autrefois en- velours incarnat, 
n° 7912. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en 
ancienne bâtarde, à longues lignes, au nombre de 21 
sur les pages entières; contenant i55 feuillets. Il est en- 
richi de vingt-trois jolies miniatures et d autant de bor- 
dures : dans celles-ci on voit des armes qui varient pres- 
que toujours. Les premières sont celles de France; mais 
il est douteux qu'elles recouvrent les armes de la Gru- 
thuyse. Le têxte du premier commence ainsi : 

Actain au cuer par 
UDg corroux tcrreftrc 
ou point fecret dune 
nuit nette et ctere 
Penfoie feul que tout conuient terre eftre. 

Et le second traité finit, au recto du dernier feuillet, 
par ces vers : 

Peu de faiges perfonnes au dangier 
Et pour ce fe garde qui faimera. 

Explicit Labufe En Court. 

Ce manuscrit est ainsi spécifié dans l'inventaire de la 
bibliothèque de Blois : 

« Le livre de la Dance des Aveugles et de l'Abusée 
en court, couvert de velours rouge, ferré de cuivre 
doré. » 

Lambert Douxfils a fait imprimer à Lille, en 1748 , 
format petit in-8°, la Danse aux Aveugles , avec quel- 
ques autres poésies du quinzième siècle, d'après un ma- 
nuscrit de la bibliothèque des ducs de Bourgogne. 



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i 7 o BIBLIOTHÈQUE 

L'auteur se nommoit Michault ; il étoit secrétaire du 
comte de Charolois, fils de Philippe, duc de Bourgogne. 

V Abusé en Cour que renferme le même manuscrit, 
et dont on a plusieurs éditions anciennes, est ici mal à 
propos attribué à René d'Anjou , roi de Sicile. 

LVII. 

Les douze Dames de Rhétorique - y par Georges 
Ghastellain. In-folio, couvert de velours incarnat, 
n° 7392. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne bâtarde , à longues lignes , au nombre de 33 
sur les pages entières, et orné de quatorze jolies minia- 
tures, qui ont ifo m. (5 p. 3 1.) de haut, sur n5 m. 
(4 p. 3 1.) de large. Le volume est composé de 47 feuillets. 
Dans l'encadrement, au premier feuillet, se voyoient an- 
ciennement les armes de la Gruthuyse, mais elles ont été 
recouvertes de l'écu de France. On y remarque encore 
un héraut avec sa trompette. 

Il y a écrit sur un feuillet au commencement du 
volume : 

Des hiftoires et liures en francoys pult° 4° contre la muraille de 
deuers la court. 

Ce manuscrit , outre les douze Dames de Rhétorique, 
contient une correspondance de Georges Chastellain avec 
Jean Robertet , secrétaire du duc de Bourbon , et le 
seigneur de Montferrant , gouverneur de Jacques de 
Bourbon. Ce ne sont. que des lettres de compliment. 

Les douze Dames de Rhétorique y portent le nom de 
Science, Éloquence, Profondité, Gravité de Sens, Vieille 




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DE LOUIS DE LA GRtJTHTJYSE. i 7 i 
Acquisition, Multiforme Richesse , Flourrée Mémoire, 
Noble Nature, Clere Invention, Précieuse Possession, 
Déduction Loable, et Glorieuse Âchevissance. 

Un feuillet, avec une miniature qui le décoroit, a été 
enlevé de ce manuscrit , dont il se trouve une Notice par 
M. de Keralio, dans le tom. V, p. 167, des Notices et 
Extraits des Manuscrits de la Bibl. du Roi. 

LVIII. 

Le livre de Merveilles. Le Roman des Sept Sages 
de Rome. Grand in-folio , relié en m. r. , autrefois 
couvert de velours vert figuré , n° 6849* 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, en 
ancienne grosse bâtarde , sur 2 colonnes , de 28 lignes 
chacune. 

On lit sur un feuillet séparé : 

De? hiftoires et Hures en francoys Àu pult° troyfyeme par terre du 
coufte de vers la court. 

Prél. 4 feuillets, contenant la table des chapitres «du 
premier traité. Texte, fol. i — iij c xxxv. 

Le premier est décoré d'une grande miniature partagée 
en quatre sujets, qui ont i53 m. (5 p. 8 1.) de haut, et 
d'une bordure dans laquelle on voit les armes recou- 
vertes. 

Le sommaire , en rouge , est conçu en ces termes : 

Ci commence le volume intitule de merueilles. Et premièrement Du 
prologue. 

Le texte commence ainsi : 

En trifteffe et en langueur eftoit ung homme en terre eftraDge for- 
ment fefmerveilloit des gens de ce monde. 



i 7 a BIBLIOTHÈQUE 

Et finit ainsi , au recto du ii c iiij" xviij , recto : 

Reaiment pou le doublent lafchement le feruent et qui faintement 
lonnourent. 

Ci fine le liure intitule de merueilles. 

Ensuite, au verso, se trouve le commencement de 
l'autre ouvrage : 
Ci enfuit le R ornant des fept faiges. 

Romrae eut jadis ung enpereur qui eut a nom deocliteus il auoit 
femme. 

Le dernier finit , au recto , par ces mots : 

Apres la mort de l'empereur pofteffa le noble filz realement lempire 
en paix 2 tranquilete. 

Ci fine le Rommant de yîj fages de Rome. 

Le premier ouvrage est un traité de moralité chré- 
tienne. 

Le second , composé par un moine du douzième siècle , 
sous le titre de Dolopathos, titre qu'il a gardé , tire son 
origine de l'Inde. Hébers, surnommé le Clerc, le traduisit 
à la même époque en rimes françoises. M. Dacier dit que 
le manuscrit, peut-être unique, de cette traduction, qui 
étoit anciennement dans la bibliothèque de Sorbonne , 
ne s'est pas retrouvé lorsqu'on l'a cherché {Notice d'un 
Manuscrit grec de la BibL du Roi, tom. XLI, p. 546, 
des Mém. de TAcad. des Inscript, et Belles-Lettres) \ 
mais il s'en trouve deux autres manuscrits à la Biblio- 
thèque du Roi, sous le n° 7595 et lè n° 27, fonds de 
Cangé. Le roman en prose du Dolopathos , ou des Sept 
Sages de Rome, remonte à la même date à peu près. Il 
a été imprimé plusieurs fois, mais dans un style renou- 
velé. Il en existe en outre beaucoup de manuscrits, et 
on l'a traduit dans presque toutes les langues. 



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DE LOUÎS DE LA GRUTHUYSE. i 7 3 



LIX. 

Le Roman des Sept Sages. Petit in-folio, relié en 
velours bleu, n° 7619. 

Manuscrit sur vélin , du treizième siècle , en lettres de 
forme, sur 2 colonnes, de 3o lignes chacune, avec mi- 
niatures; contenant 96 feuillets. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hifloires et Hures en francois. Pult° i° contre la muraille de 
devers la court. 

Le premier, sur lequel sont les armes recouvertes , 
commence ainsi, au recto, première colonne ; 

Rome ot. i. empereur qui auoit a non dyoclecion. 11 ot famé ene. 
De cele famé li fu reines, i. hors masles. Li empereres fu uieulx et li 
enfes ot iu. vii auz J. iour apela li empereres les vij fages. 

Il finit, au verso du vingt-cinquième, par ces mots : 

Li cors fu en petit deure finez. lame ait ce que cle a déferai. 
Explicit le Ko uni an des vij. fages. 

Ce manuscrit offre l'ouvrage précédent dans un lan- 
gage plus ancien. 

Une traduction nouvelle, d'une rareté extrême, a été 
imprimée à Genève en i483, in-fol. On en conserve un 
exemplaire à la Bibliothèque du Roi. 

LX. 

Le Recueil des Histoires Troyennes , par Raoul 
Lefèvre. Très grand volume in-folio, relié en m. i\, 
autrefois couvert en velours bleu, n° 6757. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 



i 7 4 BIBLIOTHÈQUE 
écrit en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 3a sur les pages entières, et enrichi de qua- 
rante-quatre belles miniatures,- qui ont 217 m. (3 p.) de 
haut, sur 189 m. (7 p.) de large. Prél. xj feuillets, con- 
tenant le prologue et la table des chapitres. 
Il commence ainsi : 

Cy commence le Yolume intitule le recueil des hiftoires de Troyes, 
compofe par veneraMe homme raoul lefeure preftre chappellain de 
mon très redoubte feigneur roonfeigneur le duc Philippe de Bour- 
goingne en lan de grâce mil iiij c lxiiij. 

Quand je regarde et congnois les opinions. 

Texte, fol. j. — cccxxv. 

Sur un feuillet séparé, au commencement du volume , 
se trouvent ces mots : 

Des hiftoyres et liares en francois. Au fécond pult° par terre du 
coufte deTers la court. Bloys. 

Dans les bordures des fol. i , armes de Grulhuyse re- 
couvertes; fol. xxv, idem; fol. lxj , idem; fol. iiii" vij , 
deux idem; fol. cij, un idem; fol. cxxxvij , armes effa- 
cées ; fol. ccxxxviij, idem. 

On a plusieurs éditions de ces histoires de Troyes, dont 
une entre autres, excessivement rare, a été imprimée 
par Guillaume Caxton , avec les caractères qu'il avoit 
employés à l'impression de la traduction qu'il avoit faite 
de ce roman, laquelle dut paroître à Cologne vers 1471- 
(Voyez Notice sur Colard Mansion.) 

Il a été aussi traduit en hollandois , et imprimé à Haer- 
lem en i485, in-folio. 

Le manuscrit original, enrichi de miniatures, est con- 
servé dans la bibliothèque des ducs de Bourgogne, à 
Bruxelles. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i 7 5 



LXI. 

Histoire de la Conquête de la Toison-d'Or. Grand 
in-folio, en m. r. , autrefois couvert en velours noir, 
n° 6g53. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit eu ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 27 sur les pages entières , et enrichi de dix- 
huit grandes et belles miniatures, qui ont 1 35 m. (5 p.) 
de haut, sur environ 189 m. (7 p.) de large, avec autant 
de bordures remplies de figures grotesques. 

Dans celles du fol. i sont les armes recouvertes; du 
fol. ij du texte, quatre écussons presque entièrement 
effacés, dont un palé d'or et de gueules; un autre, de 
gueules à la croix de sable -, un troisième , de gueules au 
croissant d'or; du fol. xx, écusson palé d'or et de gueules-, 
du fol. xxxv", armes recouvertes, et quatre écussons 
effacés-, du fol. lij, armes recouvertes et mortier; du 
fol. iiij** iij , armes recouvertes et mortier ; du fol. iiij** xij , 
armes recouvertes dans l'initiale ; du fol. cvj , quatre 
écussons effacés; du fol. cxxxij, un mortier; du fol. cliij, 
six écussons, dont trois recouverts; du fol. clviij, écusson 
effacé. 

Prél. 3 feuillets, contenant la table des chapitres, avec 
cette inscription : 

Cj commence la table des rubrices ou fommaires de ce prefent livre 
nomme lhiftoire de la conquefte du noble et riche Thoifon dor faitte 
foSis par ung Taillant Prince de grece et filz de Roy appelle Jafon de 
Mirmidoine a layde dune haulte dame que Ion nommoit Medee 
comme cy après eft bien ou long declaire. 



, 7 6 -BIBLIOTHÈQUE 
Texte, fol. i — clxiij* Il commence par ces mots : 
Cy commence le Prologue de lacteur de ce prefent liure : 
La gallee de mon engin flottant na pas longtemps en la profondeur 

des mers. 

Sur un feuillet en tête du volume , et qui a été enlevé , 
se lisoient ces mots : 

Des hiftoyres et Hures en francoys Pult° a° contre les murs de deucrs 
la court. 

Ce roman est du même Raoul Lefèvre que le précédent. 
L'imprimeur anglois Caxton en a fait , sur le continent , 
et vraisemblablement à Cologne, sous le nom de Livre 
de Jason, une édition qui est d'une rareté extrême, et 
qui a été suivie de plusieurs autres, moins rares. 

Il existe aussi une traduction angloise , faite à Londres 
par Caxton lui-même , et une traduction hollandoise im- 
primée à Haerlem en i485. 

LXII. 

Histoire de la Toison-d'Or, par I'évêque de Tour- 
nai. Deux vol. grand in-folio, reliés en m. r., autre- 
fois couverts en velours bleu, n os 68o5 et 6806. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième-siècle, 
en ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 35 lignes 
chacune. 

Sur un feuillet séparé , on lit : 

Des hiftoyres et liurcs en francoys. Au praier pul tre par terre du 
coufte de u ers la court. Bloys. 

Prél. 3 feuillets , contenant la table des chapitres. Le 
fol. iiij est orné dune belle miniature, représentant 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i 77 
Charles, duc de Bourgogne, tenant un chapitre de la 
Toison-d'Or $ elle a 225 m. (8 p. 3 1.) de haut, sur 180 m. 
(6 p. 8 1.) de large. Dans la bordure dont est ornée la 
page on voit les armes recouvertes. 
Le texte commence ainsi : 

Très excellent et très puiffàt prince et m5 très redoubte feigneur 
monfeigneur Charles par la grâce. 

Au fol. xx se trouve une autre belle miniature. 
Le fol. ccc xxiij , verso,, première colonne, est terminé 
par ces mots : 
Cy fine le prefent liure leql traicte la vertu de magnanimité. 

Tom. II. Prél. 5 feuillets , contenant la table des 
chapitres. 

Au fol. vj , belle miniature et bordure , où se voient 
les armes recouvertes. Il commence ainsi : 

Très excellent prince et très reluifant en puiflance et vertu et mon 
très redoubte feigneur monfeigneur. 

Au fol. xvj , autre miniature. 

Au fol. cccc xxvj , recto, colonne première : 

Explicit le fécond volume de la thoifon. lequel liure traicte de toutes 
les vertus de juftice. 

L'auteur est Guillaume Filâtre , évêque de Tournai , 
chancelier de l'ordrë de la Toison-d'Or sous Philippe-le- 
Bon. L'ouvrage a été imprimé deux fois, par François 
Regnault en i5î6, et par Jean Petit en i53o, in-folio. 
(Voyez, au sujet de ce livre, un Mémoire sur l'Origine 
de F ordre de la*Toison-d' Or, dans les œuvres du prince 
de Ligne, tom. XXX, p. i — 272.) 

Le manuscrit original , avec de belles miniatures , se 
conserve dans, la bibliothèque de Bruxelles. 

1 2 



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i 7 8 BIBLIOTHÈQUE 
LXIII. 

Gyron le Courtois. Deux grands volumes in-folio, 
reliés en m. r. , n 04 6976 et 6977. 

Manuscrit sur vélin , exécuté après le milieu du qua- 
torzième siècle, en lettres de forme, sur 2 colonnes, de 
5a lignes chacune , et enrichi de trois grandes et très 
belles miniatures, qui ont environ 207 m. (7 p. 8 1.) de 
haut, sur 217 (8 p.) de large # , et de l'ig petites de 
99 m. (3 p. 8 1. environ) en carré. Il y en a 61 dans le 
premier volume, et 78 dans le second. 

Dans le bas de la bordure qui orne les pages où se 
trouvent lés grandes miniatures, on voit les armes de 
Mortagne, de gueules à la croix d'argent. 

Le tom. I, contenant 359 feuillets, commence ainsi : 

Cy commence un très noble liure nomme Guyron le courtois tranf- 
late de latin en francois par meffire Luces cheuaJier feigne ur du chaftel 
Dugat Toidns prouchains du fire de Cavlieres par le commandement 
de très noble et puiffant prince racmfeigneur le Roy Henry jadis Roy 
dangleterre lequel liure parle de la courtoifie et bonté des haultz fais 
des bons et vaillans cheualiers et nobles hommes anciens et de leurs 
auentures de la table ronde du temps patte. 

Le dernier finit ainsi : 

Cy Gne le premier liure de Guyron le courtois. 

Le tom. II, contenant deux Parties et 376 feuillets, 
commence par ce soinmaire : 

Cy commence la féconde partie du liure de guyron le courtois qui 
fait mencion de maintes belles auuentures et premièrement parleront 
du roy melyadus comment il feiournoit au chaftel îuec ij ferouez pour 
oyr aucunes nouuelles de monf. Lac. 

Le dernier finit par cette souscription : 

Cy finit le tiers et dernier liure de guyron le courtois tranflate de 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i 7 g 

latin en francois par meffire Luces chenalier feigneur du chaftel dugat 
a la rcqaefte dan très noble et puiffant prince monf. le Roy Henry 
jadis Roy dangleterre lequel liure parie de la courtoifie et bonté des 
hauts fais des bons et vaillans cheualiers de la table ronde du temps 
paffe. 

Ces deux volumes n'ont pas fait partie de la biblio- 
thèque de Blois; voilà pourquoi les armes de la Grutbuyse 
n'en ont pas été effacées. 

Un autre beau manuscrit en quatre volumes, prove- 
nant de l'ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne , 
est actuellement dans celle de l'Arsenal. 

Le roman de Gyron le Courtois a été imprimé deux 
fois, mais avec quelques changemens dans le texte pri- 
' mitif , dont il existe un grand nombre de* manuscrits du 
quatorzième siècle. La première édition a été faite poujr 
Antoine Verard vers i5oo, in-folio, 

LXIV. 

Gyron le Courtois, 6 vol. in-folio, reliés en ma- 
roquin citron , autrefois couverts de velours bleu 
figuré , n os 6978 à 6985 . 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
écrit en ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 3a lignes 
chacune, enrichi de sept belles miniatures, qui ont 189 m. 
(7 p.) de haut, sur $5 m. (3 p. 6 1.) de large, et de 
cinq petites de 95 m. (3 p. 6 1.) de haut, sur 81 m. 
(3 p.) de large. Les pages sur lesquelles elles sont peintes 
ont de très jolis encadremens. 

Tom. I. Prél. 6 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres, qui porte pour sommaire : 

Cj commence la table des rubrices de ce premier volume de lhiftoire 



i8o BIBLIOTHÈQUE 

de gujron le courtois dont le premier chapitre traitte comment le roy 
diodicias fe maria par le confeil de fes barons et du nombre de fes 
filles. 

Texte , fol. i — ccc xxxj , avec une grande miniature 
au fol. i. Dans la bordure sont les armes de France substi- 
tuées à celles de Gruthuysc , et supportées par deux 
licornes , un mortier, deux banderoles avec la devise , et 
une bannière effacée. Au fol. xiij , autre; au fol. xxxj , 
autre petite-, au fol. iiij^iij, idem; au fol. cxix, idem; 
au fol. clxviij , idem au fol. cclxxj , idem. 

Le texte commence ainsi : 

An temps que le preu Hercules et Thefeus régnèrent en grece et 
eftoit juge du peuple. 

Tom. II. Prél. 4 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte, fol. i — cccxxxj. Au fol. i, une grande 
miniature; dans la bordure, armes recouvertes, suppor- 
tées par deux licornes , quatre autres effacées , deux ban- 
deroles , avec la devise Plus est en vous. 

Le texte commence ainsi : 

Dieu qui ma donne pouoir engein et mémoire de deûner honnoura- 
blement le liure dou Bret qui parle des fais et de la naiiTance de gûiron 
le courtois. 

Tom. in. Prél. 4 feuillets, contenant la table des 
chapitres. Texte, fol. i — cccxxix. Au fol. i, grande 
miniature -, dans la bordure , armes recouvertes , et 
pour supports les mêmes licornes, deux mortiers, deux 
devises effacées ; dans l'initiale, la devise Plus est en vous. 

Tom. IV. Prél. 3 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres , qui porte pour sommaire : 

Cy commence la table de la première partie de ce tiers Toi urne de 
guiron le courtois lequel pour la groffeur dicellui il a cfte neceffaire 
de le mettre en deux volumes. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 181 
Texte, fol. i — cccxiiij. Au fol. i, grande miniature } 
dans la bordure, armes recouvertes, deux banderoles et 
quatre bannières effacées. 

Tom. V. Prél. 4 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte, fol. i — ccclv. Au fol. i, grande minia- 
ture 5 dans la bordure, deux écussons recouverts, dont 
un supporté par deux licornes; la devise Plus est en vous 
sur une banderole , trois autres effacées-, dans l'initiale, 
un mortier. 

Le dernier feuillet finit ainsi : 

Cy fine la II* partie de ce tiers volume de guiron le courtois lequel 
[tour la grandeur diccllui la conuenu partir et mettre en deux volumes. 

Tom. VI. Prél. 3 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte, fol. i — ccciiij xx xiij. Au fol. i, une grande 
miniature 5 dans la bordure , armes recouvertes , avec 
les deux licornes pour supports, deux mortiers et deux 
bannières effacées. 

On lit à la fin du dernier : 

Si prie et requier très aflectueufement a tous ceulx qui prenderont 
la paine de tous ces iiij volumes lire que silz y treuuent aulcunes laultes 
quih me vueillent tenir pour exeufe car ce feroit plus par ignorance 
que par fautte de bon volloir. 

Cy fine le quart et derrenier volume de meffire guiron le courtois. 

A la tête de chacun de ces six volumes on lit , sur un 
feuillet séparé : 

Des hiftoires et liures en francoys pult 3° entre les première et 
féconde croyfccs contre la muraille vers les foffes. Bloys. 

Dans ce manuscrit l'ancien langage a été moins altéré 
que dans le précédent. 



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182 BIBLIOTHÈQUE 



LXV. 

Histoire du saint Greaal, qui est le premier livre 
de la Table ronde, traduite par Robert de Borron, 
assez grand in-folio, autrefois couvert de velours 
noir, n° 7171. 

Manuscrit sur vélin, du treizième siècle, en lettres de 
forme, sur 2 col. , avec miniatures; cont. 33o feuillets. 
Le premier, au bas duquel sont les armes recouvertes, 
commence de cette manière : 

Chil qui fe tient et iuge au plas petit et au plus pecheour du monde 
mande falot au commenchement de cefte hiftoire et a tous chaus qui 
leur cuers ont et leur créance. 

Il manque à la fin quelques feuillets. 

Ce roman , qui a subi des changemens dans le langage, 
a été imprimé à Paris en i5i6, par Jean Petit, pour Gai- 
liot Dupré, et en i5a3 , par Philippe Lenoir. Il en existe 
un grand nombre de manuscrits. 

LXVI. 

Le Roman de Lancelot du Lac, 5 volumes très 
grand in-folio, reliés en m. r. , autrefois recouverts 
en velours violet, n 08 6792, 6795 et 6794» 

Manuscrit sur vélin. Le premier volume, du quinzième 
siècle , est en grosse bâtarde -, et les deux autres , du 
quatorzième siècle, sont en lettres de forme. 

Le tome I est sur deux colonnes, de 4<> lignes chacune. 

On lit sur un feuillet séparé : 
Bloys. 

Des hiftoires et Hures en francoys Pult° 4 e entre la première et 
féconde croyfees contre la muraille vers les fofles. 



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DE LOUIS DE LA GRDTHUYSE. i83 
Le premier feuillet, qui est orné d'une grande et belle 
miniature et d'une bordure, au bas de laquelle sont les 
armes recouvertes , commence ainsi au recto, colonne 
première : 

En la marche de Gaale et de la petite "bretaigne auoit anciennement 
deux Roy s qui eftoient frères germains et auoient femmes. 

Le tome II est aussi sur a col. , de 5© lignes chacune. 
Sur un feuillet séparé il y a : 

Des hiftoires et Hures en francoys Pult° 4° entre la première et 
féconde croyfees contre la muraille rers les foffes. 

Il est enrichi de quantité de miniatures, grandes et 
petites-, dans la bordure du premier feuillet, au bas, 
sont les armes recouvertes. Il commence ainsi : 

Chi deuife li maiftres comment lancelot ala ou Royaume de gorre 
pour reflrouTee la Royne genieure Et comment il pafla le pont des 
efpee qui eftoit fait fi tranchant de tous coites que nulle chofe plus et 
lancelot pafla outre a genous a moult grand paine. - 

Or dift H contes que quant li cheTaliers de la charete fe fu partis de 
la Cymentiere il cheuauca auec la puchelle qui moult le requeroit de 
fauoir fon non. Et tant que lancelot li dift fi comme par anui Dont ne 
tous ay iou dit que iou fui dou Royaume de logres. 

On lit à la fin : 

Explicit dou roumant lancelot et dou faint greal et dou roumant de 
la mort au roi artus qui fot dedens ceft liure fpnt definez et acomplis 
outré cuient et contient lxyiij coijers et fu definez le lundi prochain 
deuant le iour de pafkes flories xn mars lan mille, ccc. xliiij • 

Le tome III est d'une autre écriture. Les colonnes sont 
aussi , comme dans le précédent , de 5o lignes. 
Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et Hures en francoys Pult° 4° entre la première et 
féconde croyfees contre la muraille vers les foffes. Bloys. 



i84 BIBLIOTHÈQUE 

Les deux premiers feijûllets renferment la table des 
chapitres. Le troisième, sur lequel on voit les armes 
recouvertes, commence ainsi : 

Meleagaunt aueit une forour dont li contes a parie ça en arriéres a ki 
lancelot doùa la tefte duo cheualer kil ocift. E cele damoifelle aueit 
mout graunt doel. 

Il finit au dernier par ces lignes : 

Edefîne fon Hure fi ou tr ornent be après ceo non porreit nus raconter 
chofe ki non mentift. 

Cy faut la mort le reis artus. 

Ce vers est le premier de seize autres qui suivent. 

Ce roman fut d'abord composé en latin, et ensuite 
traduit en prose françoise par Robert de Borron. On l'ap- 
pelle le grand Artus, pour le distinguer du suivant. Il 
en a été fait diverses éditions , dont la plus ancienne est 
de Rouen-, Jehan le Bourgeois, et Paris, Jehan Dupré, 
i488, en 3 tomes in-folio. 

LXVII. 

Le Roman d' Artus le Restoré. Assez grand in-fol., 
autrefois relié en cuir tanné,' n° 7180. 

Manuscrit sur vélin, du quatorzième siècle, sur 3 col., 
avec figures coloriées; contenant i43 feuillets. 
On lit sur un feuillet séparé : 

Des Wtoires et Hures en francoys Pult i° contre la muraille vers 
les foffes. 

Il commence ainsi au recto, première colonne, du pre- 
mier feuillet, au bas duquel on aperçoit les armes re- 
couvertes : 

Apres la mort le bon Roy artu qui tant fu nobles Roys et gentils et 
en tour qui fu et régna. 



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V 



DE LOUjp DE LA GRUTHUYSE i85 
Le verso du dernier finit par ces mots i 

N ulz ne vit lautre fi forent tout efbahis dont ce venoit et ainfi fe 
depolirSt cil du pay«. 

Ejçdicit le romans dartus le reftore. 

C'est le roman du petit Àrtus de Bretagne , qui a été 
imprimé pour la première fois en i493, petit in-folio. 

LXVIII. 

Le Romant de Tristanl et d'Yseult. Grand in-fol., 
en m. r. , autrefois couvert en velours incarnat , 
n° 6776. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, sur 2 col., 
de 4° lignes chacune , en ancienne grosse bâtarde », con- 
tenant 43 1 feuillets. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Ceft pour le Roy. 
Des hiftoyres et liures en francoys Pult° 5° entre la première et 
féconde croyfees contre la muraille vers les fofles. 

Le premier feuillet, orné d'une miniature et d'une 
bordure dans laquelle les armes sont recouvertes , com- 
mence par ces mots : 

Apres ce que je tous ay par maintes fois contée hiftoire du faint grial 
moult me merueil que aucun ne vient que tranflate. 

Le dernier finit ainsi au verso , première colonne : 

Et vefquirent enfemble tant que dieu les voult prendre a fa part. Si 
face il de Meus. Amen. 

Cy finit le Roumant de triftan et yfeult. 

Il existe plusieurs éditions de ce Roman de chevalerie -, 
la plus ancienne est celle qui a été faite avant Tannée 



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i86 BIBLIOTHÈQUE 
i5oo, çn 2 voluqaes in-folio, pour Antoine Verard, de- 
meurant sur le pont de Notre-Dame, qui s'écroula en 
i499 9 au mois d'août. 

Dans les quatorzième et quinzième siècles on fit grand 
nombre de copies de ce roman. 

LXIX. 

Le Roman de Perceforét, 5 vol. in-folio, reliés 
en m. r., n°» 6966, 6967 et 6968. 

Manuscrit sur papier, du quinzième siècle, écrit en 
ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 36 lignes 
chacune. 

Tom. L Prél. 7 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte, fol. i — ccccxl. Au premier est une mi- 
niature sur vélin, et autour de la page se trouve une 
bordure dans laquelle on aperçoit les armes de la Gru- 
thuyse non effacées, un mortier, et la devise Plus est 
en vous. 

Le texte commence ainsi : 

Pour mettre en efcript ou langaige de france une yftoire celle dun 
gentil Roy qui jadiz régna en la grant Bretaigne tellement men vueil 
entremettre par quoy elle yiengne a la congnoiflance de tous preu- 
dommes elle fu celée entre les fais des Bretons et mife au néant. 

Tom. IL Prél. 6 feuillets, contenant la table, qui a 
pour sommaire : 

Cy commence la table du fécond Hure du Roy Percheforcft. 

Texte , 206 feuillets. Au bas du premier, qui est en 
vélin et orné d'une miniature, se trouvent les armes de 
la Gruthuyse entourées du collier de l'ordre de la Toi- 
son-d'Or. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 187 

Tom. m. Prél. 3 feuillets. Texte, fol. i — cccxvj. Au 
premier, une miniature en grisaille, avec un encadre- 
ment dans lequel sont les armes de la Gruthuyse suppor- 
tées par deux sauvages. 

On lit au verso du dernier feuillet : 

Ceft le linre de Përceforeft de la librerye du Roy. 

Tom. IV. Manque. . 

Tom. V. Manque. 

Tom. VI. Cont. 337 feuillets.' Le premier a été enlevé, 
sans doute à cause de la miniature dont il étoit orné. 
Le dernier est terminé par ces mots : 

De cefte fi taift pour le prefcnt Kftoire laquelte vouldra parler ou 
fiiieroe et derrain y oui u me du preu galafur dit la tout pafle pour 
racompter partie de fes aduentures. 

Ce manuscrit ne paroît pas avoir fait partie de la bi- 
bliothèque de la Gruthuyse au moment où elle fut acquise 
par Louis XII. 

Le roman de Perceforest a été plusieurs fois imprimé : 
la première édition est de Paris, i5a8 , 3 vol. in-fol. 

LXX. 

Le Jouvencel, par Jean de Bueil, amiral de France. 
In-folio , relié en m. r. , autrefois couvert de velours 
jaune et blanc , n° 685a. 

Magnifique manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
à longues Hgnes, au nombre de ai sur les pages entières, 
en ancienne grosse bâtarde , et enrichi de cinq superbes 
miniatures, qui ont 1 85 m. (6 p. 10 l.) de haut, sur 
i58 m. (5 p. 10 L.) de large. 

Gnq bordures , pareillement de la plus grande beauté, 
ornent les feuillets où se trouvent les miniatures. 



188 BIBLIOTHÈQUE 

Dans celle du fol. i sont les armes de la Gruthuyse 
recouvertes, deux mortiers, et trois devises Plus est en 

vous ; 

Du fol. xxxvj , trois armes recouvertes, et deux devises 
effacées \ 

Du fol. lxviii , deux armes recouvertes, deux mortiers, 
une devise, une bannière armoriée d'or à la croix de 
sable , qui est Gruthuyse 

Du fol. clxxvij, armes recouvertes, deux mortiers, 
deux bannières armoriées , Tune de gueules à la bande 
d'argent, accompagnée de six merlettes de même; autres 
de gueules au sautoir d'argent, qui est Vander Aa,; 
autres de gueules , bandées de trois pièces \ 

Dû fol. ccxxvj , une devise Plus est en vous, un éc us- 
son de gueules à la croix d'argent, et un autre effacé. 

Les sept premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres, le texte occupe les feuillets numérotés i à cclxxviij. 
L'avant-dernier est terminé par ces mots : 

Explicit le Hure raonP Dubueil oQme le Jeuuencel. 

Et le dernier, recto , finit par celte souscription : 

Cy fine le Hure du Jeuuencel copile par ung deferit et honnourable 
cheuallier pour introduire et donner couraige et hardement a tous 
jeunes hommes qui ont defir et voullente de Teruyr le noble ftille et 
exercite des armes efquelles on puet bien faire et acquérir fon fauue- 
ment qui {î fcet bien conduire et gouucrner en droit et bonne juflice. 

L'auteur de ce roman , dont il a déjà été question au 
tome II, p. 2o3, du Catalogue des Livres imprimés sur 
Vélin, qui sont dans des Bibliothèques publiques, à l'oc- 
casion d'une édition qui en a été faite en i49^ , est Jean 
de Bueil , amiral de France sous Charles VIL II le 
composa pour l'éducation de son fils Antoine de Bueil , 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 189 
qui épousa Jeanne, bâtarde de Valois, fille naturelle de 
Charles VII et d'Agnès Sorel , et qui en eut Renée , que 
Louis XI maria à Jean de Bruges de la Gruthuyse , fils de 
Louis , ancien propriétaire de ce manuscrit. 

Un semblable manuscrit, qui fut vendu 3oo livres, se 
trouvoit dans la bibliothèque d'Anet. (Le Cat. , p. 14.) 

Un troisième, mais sans miniatures, est dans celle de 
Genève. (Le Cat., p. 449-) 

Un quatrième se conserve dans celle des rois d'Angle- 
terre. (Casley, p. 290.) 

Un cinquième, avec miniatures, fait également partie 
de la même bibliothèque. (Idem, p. 292.) 

Ces cinq manuscrits ne contiennent que trois Livres , 
au lieu de quatre 9 t:e dernier Livre , qui est une conti- 
nuation du roman, n'ayant été composé que plus tard. 

Les deux seules éditions qui ont été faites de ce roman 
à Paris, en i494> par Verard, in-folio, et en 1529, par 
Philippe Lenoir, in-4% sont imparfaites et tronquées. 
Après le Mémoire sur le Jouvencel que Sainte-Palaye a 
inséré dans le tome XXVI des Mém. de l' Académie des 
Belles -Lettres 9 on lit encore avec plaisir la nouvelle 
analyse qui a paru dans la Revue française du mois de 
mars 1829, n° VIE, p. 204. 

LXXI. 

Les Constitutions et Ordonnances de Gage de Ba- 
taille, par Jean de Villiers, sire de Lille-Adam. Petit 
in-4% relié en m. r. , autrefois en velours, n° 7910. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , en ancienne 
bâtarde , à longues lignes , au nombre de 27 sur les pages 



i 9 o BIBLIOTHÈQUE 
entières ; contenant neuf feuillets. Sur le prejnier *e 
trouvent les armes recouvertes ; sur un autre séparé , 
on lit : 

Des hiftoyrei et Hures en francojs . Pult # 5° cotre la muraille de 
deuers la court. 

Le texte commence ainsi : 

Très hault et très puiffant prince et mon redoub te feigneur phelippe 
par la grâce de dieu duc de bourgôingne et de lembourg conte de 
flandres dartois et de bourgôingne palatin de haynea,u de hollande de 
zellande et de namur. Marquis de faint empire feigneur de frize de 
falins et de malices. Pour ce que je jehan de viîliers cheualier fire de 
Lille Adam votre 1res humble feruiteur confeiller et chambellan ay 
feeu que délires auoir un efcript pour quelles caufes félon les confti- 

tutions et ordonnances de france gaige de bataille eft adiugee 

jen ay diligemment enquis et trouue ce qui 

en eft efcript en ce petit liure 

Il finit , au verso du dernier, par ces mots : 
Ce comme ferez Ainfy a chafeun fon droit. 

Jean de Viîliers, sire de Lille -Adam, fut tué à Bruges, 
le a? mai 1437 , dans une émeute populaire. 

Son livre fait partie d'un ouvrage intitulé Traitez et 
Advis de quelques Gentils - hommes françois, sur les 
Duels et Gages de Bataille, imprimé à Paris en i586, 
in-8°, fol. 17 — 83. 

LXXII. 

Traité de Noblesse, composé par Jacques de Va- 
lère, traduit d'espagnol en François par Hugues de 
Salve, et autres traités de chevalerie. Petit in-folio, 
en veau, reliure ancienne, n° 745 1. 

Manuscrit sur vélin , exécuté après le milieu dtt quin- 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 191 
zième siècle, en ancienne bâtarde, à longues lignes, au 
nombre de 26 sur les pages entières. 

Les Onze premiers feuillets contiennent : 
i°. Le prologue, enrichi d'une miniature de 117 m. 
(4 p. 4 !•) de haut , sur 108 m. (4 p.) de large, et d'un 
encadrement, au bas duquel on trouve les armes de la 
Gruthuyse, mais recouvertes, et accompagnées de deux 
mortiers sur leur affût, d'où part une bombe. On y 
voit la devise de ce seigneur, Plus est en vous , répétée 
deux fois. Ce prologue commence ainsi : 

A la loeoge de dieu'noftre benoit créateur a Ihonneur des prince et 
a lexaulccment de vertu et de nobleffe je qui pour ma petiUfTe nomme 
ne me doy ay en ce petit volume raffemble et mis enfemble aucuns 
petis traittiez aufquelz iay adioufte plufieurs chofes feruant a tous 
diiirant fauoir quelle cbofe eft nobleffe dont elle prift fa naiffance et 
commencement 

2°. La table des chapitres. 

Le texte commence de cette manière, au fol. coté i, 
qui est décoré d'une seconde miniature de la même gran- 
deur, avec un encadrement dans lequel on voit les armes 
recouvertes et la devise presque entièrement effacée : 

Cy commence vn petit traittie de nobleffe compofe par Jaques de 
Valere en langue defpaigne et nagaires tranflate en francois par maiflre 
Hugues de Salue prevoft de fumes. 

Lorfqne ie me trouuay a par moy et deliure de toutes penfeez et 
occupations mondaines remis en mémoire un dict de Seneque 

Ce traité a été imprimé à Paris , pour Antoine Verard , 
en 1497» in-folio , sous le tilre de Trésor de Noblesse, 
mais les autres traités qui suivent ne l'ont point été. 

Au fol. xlvij , verso : 

Cy commence la table des xu chapitres de blafon darmes et premiè- 
rement prologue. 



BIBLIOTHÈQUE 



Au fol. lx , verso : 

Gomment on fait un nouucl empereur par élection. 

Avec une petite miniature. 



Au fol. lxxvj , verso : 

Cy après fenfieut la manière de faire champ a outrance félon lordon- 
nance faite par les roys dangleterre et le fift et compofa monff. Thomas 
duc de cloceftre connef table dangleterre. 

Thomas, duc de Glocester, était fils d'Édouard III. Il 
mourut dans la vingt -unième année du règne de Ri- 
chard II, à qui ce traité est dédié. 

Avec une miniature représentant un champ clos, de 
4 pouces en carré. 

Au fol. iiij" vij : 

Senfieuent les ordonnances gaiges de batailles en champ fermé félon 
la couftume du Royaume de france. 

Cette ordonnance de Philippe-le-Bel , roi de France , 
est datée de Paris, le mercredi de Pâques i3o6, et im- 
primée dans le Recueil des Ordonnances des Rois de 
France y tom. I, p. 435. 

Au fol. c : 

Cy après fenfieut la première inftitution des Roys darmes et heraulx 
et des fer mens et promettes quilz font a leur création. 

Avec une petite miniature. 
Au fol. cxj , verso : 

Senfieut la manière de faire tournois et behours quele chofe et com- 
ment fe doit maintenir les roys darmes et heraulx en iceulx et de 
leurs drois. 

Avec une miniature de 108 m. (4 p.) en carré, repré- 
sentant un champ clos entouré de tribunes. 



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DE LOUIS DË LA GMJTHUYSE. i 9 3 
Au fol. cxviij , verso : 

Seniieut lordonnance que foloicnt anciennement faire les parent des 
nobles hommes trefpaJTez. 

L'auteur de ce petit traité dit à la fin : 

Quil lefcript au .commandement de fon bon fiz fa^ge et prudent gilïes 
Roy darmes de flandres foubz très illuftrc et très excellent prince 
maximilian duc doftrice de Bourgogne , etc. 

Au fol. cxxij et suivant on lit ce qui suit : 

Exemple au propos des exeques. 

Depuis laccompliffement de ccftui traittie ma efté baillie de hault 
et noble feigneur monfgr. le conte de winceftre fgr. de la gruthufe 
prince de fteenhufe etc. pour exemple des obfeques dont cy deffus a 
efte traittie dun Ton precefTeur nomme monfgr. gyrard de Mortaigne 
dit defpieres fgr. de ca urines qui trefpaffa de ce ïiecle lan de noftre 
feigneur M. iiij n et xj lefquelles furent faites et acheueez en, la forme 
et manière qui fenfieut non obftant que la plupart de fes plus prochains 
pareils ny furent point femons ne évoquez et ce pour caufe de briefte. 
Car toutes les folennitez furent faictes en lefpace de quatre jours. 

Senfuiuent les ordonnances et folennitez qui furent faictes aux obfe- 
ques de feu de noble mémoire monfgr. gyrard de mortaigne feigneur 
despierres et caurines. 

. Cette relation que nous rapportons ici est d'autant plus 
curieuse, que plusieurs seigneurs des plus nobles et des 
plus anciennes familles de Flandre , assistèrent aux céré- 
monies funèbres de ce Gérard de Mortagne, dont il a déjà 
été question dans la généalogie de Gruthuyse, p. 5a, où 
nous avons rapporté son épitaphe et celle de sa femme. 

Cellui lire Gyrard trefpaffa en labbaye de f 1 Martin a Tournay le 
vendredi xxviij* jour de juillet en lan de. grâce mil quatre rings onze 
enuiron quatre heures après nonne et fut enfeuelis la nuitie en fui van t 
en ladicte abbaye en une chapelle delez le cuer la ou un frère duog 
feigneur en fon viuant fgr de mortaigne et defpieres gifoit en une 
grande tombe leuee hors de terre lequel fut ave dudit feu monfgr. de 
caurines et furent le lundy en fuivant en .ladicte abbaye dictes les 

i3 



194 BIBLIOTHÈQUE 

vegilcs et lendemain la melte par labbe de' fainct nicholay dehors 
Tournay. 

Item les nuitties defdis vendredy famedi dimanche et dudit Lundy 
fift on veilles en laditte eglife delez la fepulture dudit deffunot par 
plufieurs religieux et autres. 

Item le lundy qui fut le derrenier jour de juillet environ trots heures 
après midy les prochains amis et parens dûdit defiunct vertus de noir 
et en dueil alerent devers la chambre de madame la vefre et puis la 
convoyèrent alant devant elle jufques a ladicte chapelle delez ladicle 
fepulture et illec fut affife fur une platte couche couverte de noir a 
doffiere et tapis par deuant la couche pareil accompagnée dune tienne 
dame et de viij damoifelles dhonneur tant feulement a caufe que. les 
dames prochaines dudit defiunct ny puèrent eftre pour le brief temps 
et pourtant fut ordonne que tant plus fïmplement madicte dame la 
yefve feroit accompagnée laquelle tant lun jour comme lautre fut 
toufjours adeftree de deux cheualiers et la dame fa compaigne dun 
cheualier feul et eftoient tous iceulx chevaliers vertus de noir. 

Item en ladite chapelle fur laditte fepulture fut un grant blanc drap 
de foye a une croix noire tendu plat et aux quatre cornes atachie un 
efcu de fes armes et au chief et aux piez auoit mis deux chierges de 
cire pelant chacun xv Hures ou environ fur chandeliers femez de fes 
armes. 

Item ou grant cuer deuant le grant autel fut tendu plat un piet de 
hault un très beau drap dor fait de quatre draps dor paraulx et a 
chafcun corne des quatre debout fut affiz ung très grant chierge fur 
un chandelier feroe de fes armes. 

Item partout entour ledit cuer et en ladicte chapelle fut mis grant 
luminaire de chandeilles en nombre dentre deux et trois cens liures et 
auec xv j torfes aufdittes vegilles tenues par povres gens noirs veftus a 
tout efcùs devant et derrière des armes dudit defiunct. 

Item au fencftre cofte du cuer et autel furent aflis en dueil chevaliers 
et efcuiers en grant nombre tant aux vegiles comme lendemain a la 
mcffe et dictes deux vegiles audit lundy en ladicte abbaye lune par le 
colliege de noftre dame de Tournay et lautre par le couvent de ladicte 
abbaye. 

Item lendemain a la meffe fut augmente le luminaire par toute leglife 
et cuer et xxxij torfes tenues par povres gens noir veftus comme deffus. 

Item devant (offertoire vindrent deux efcuiers armes lun de guerre 
et lautre de tournoy affiz fur deux deftriers couvera et deux autres 
efcuiers a cheual deuant eulz noirs vêtus et etnbrouchiez lun portant 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSJE. i 9 5 

le penon de la guerre et lautre le penon do tournoy jufques a lhuis da 
mouftier et les autres .demourant toufjours fur leurs chevaux. 

Item a loffrande fut premièrement deliTTe lefcu de guerre' a Gyrard 
de Lïchtervelde et a Jehan de Twingheegn efcuiers auquel efcu furent 
attachies xij chapdeilles et a chacune ung blanc denier gros et fut par 
les deux efcuiers porte la pointe defTeure depuis le debout de leglife 
jufques auprei de la u tel et la le reoeurent meffeigneurs d'Antoing et 
de Briffueil et puis loffrireut a la u tel. 

Item pareillement 1fot porte et ténu lefcu de tournoy par Clais de 
Duerwaerdere et Pierre de Raiffe efcuiers et offert par melïlre Henry 
de Melun et monff. le Haze de Flandres. 

Item après fut tenue et portée lefpee de guerre par Oliuier de Win- 
gheem et offert par monff. de Robais. 

Item après fut tenue et portée lefpee du tournoy par clais Scaec et 
offerte par meffirc Pierre de Delft. 

Item après fut porte le heaume de la guerre a tout le tymbre par le 
Borgne de Berfeis et offert par monfîr. de Campighem. 

Item après fut porte le heaume du tournoy par Jehan de le Wale 
et offert par monfeigneur Jaques de Lichtervelde. 

Item après fut mené le deftrier de la guerre et larme par Jehan de 
Raiffe et Guillaume de le Gracht et offert par monûr. de Steenouerch 
et meffire Henry de Beauffart hault bailli de Tournelis. 

Item après fut mené le deftrier du tournoy et larme par Garin de 
Halewin et Zegher Scaec efcuiers et offert par monfeigneur de Roulcrs 
et le feigne ur de Beaurain. 

Item après yint lefcuier noir veftu qui portait le penon de la guerre 
et le porta et mift fur lautel et pareillement fift lefcuier qui portoit le 
penon du tournoy nomme Rogier de Boulogne. 

Cellui qui fut arme du harnois de la guerre auoit nom Olivier de 
Croix. 

Cellui qui fut arme du harnois du tournoy auoit nom Huart de 
Mandes. 

Cellui qui porta le penon de la guerre fut nomme Jaquemart de 
Farnaques. 

Cellui qui porta le penon du tournoy fut nomme Gille de Bufque). 

Item après Ja delTufdicte offrande des penons offry Robert Defpiere 
fils dudit deffunct et fes plus prochains. * 

Item après les deffusdits de dueil offry madame la vcfve accompagnée 
de fes deux cheualiers noirs veftus et après fa dame de compagnie 
adeftree dung cheualier et ainfi ûna loffrande. Senfieut les veftus de 



196 BIBLIOTHÈQUE 

dueil premièrement Pierre Robert meffire Rolant et meffire Henry 
Defpieres. 

Meffire Olivier de Hallewin feigneur dHeinferode. 
Monfeigneur de Hallewin meftire Guillaume et mefllre Percherai 
de Hallewin. 

Le (ire de Potes le fire de Chin et le fire du Quefnoy. 
Item le lire de Zweueghem le fire de le VJichtc meffire Wautier 
de Heinfrode. 

Item le fire de Harchies le' fîre de Lannoy meffire Hue et meffire 
Guillebert de Lannoy. 

Item meffire Colart de Foiïeux Jehan le Conrtrifien Rolland de 
Hallewin Daniel de Hallewin. 

Guillaume de Nyrelle et Percherai de. Lannoy. 

Item Girard Rogier et Ernould dAuterire et xij ou xvj des plus 
notables bourgeois de Tournay et avec aultres de loftel dudit deffunct 
et efcuiers et nobles hommes. 

Somme des chevaliers de dueil refais xrij et des efcuiers tant des 
dénommez comme de non nommez environ xxiiij. 

Item y poroit aroir a la meffe liiij chevaliers en tout. 

Item au difner yl y eut environ iij c plas de viandes tant dedens 
labbaye comme dehors et en la rille. 

Le lendemain dudit ferrice qui fut le merquedy fécond iour daouft 
après ce que on auoit tout conte et paye les difpens et mifes dudit 
ferrice et obfeque et aufli que on avoit fonde pour ledit deffunct et 
pour fes predeceffeurs et fucceffeurs une chappelle de il frans par an 
en ladicte abbaye et bien dottee et décorée daornement monta après 
difner madicte dame la refve en un chariot couuert de noir et le con- 
voierent les prochains de dueil et p lutteurs autres environ le nombre 
de xl cheuaux jusques en fon hoftel en la rille de Tournay et après 
congie pris chafeun en retourna en fon hoftel. 

Et fut toute cette ordonnance faitte et parfaite dedens quatre jours 
continuels après le trefpas dudit deffunct qui dieu pardoinft pour 
laquelle hafte ne furent euoequez ne appeliez a ces obfeques faire fors 
ceulx que cy deftus font nommez* 

Ce récit est terminé par un épilogue dont la fin est 
comme suit : 

Non obftant que pou ou gares foient anjourdhuy qui félon le contenu 
des règles icy noteez gouuernent leur noblefle mais il le fault imputer 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. i 97 

au temps qui règne de prefent lan mil quatre cenf quatre vingtt et ung 
un autre fe vendra fe dieu plaift qui la releuera par vertu hors de ta 
fange eft aucuns tout longuement tenue. 

LXXIIL 

Le livre appelé Trésor par Brutfetto Latini. In- 
folio, relié en m. r., autrefois couvert de velours, 
n°685i. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle,, 
sur 2 col. , de 28 lignes chacune, écrit en ancienne grosse 
bâtarde, et orné de trois belles miniatures, qui ont i85 m. 
(6 p. 10 1.) de haut, sur 180 m. (6 p. &1.) de large.. 

Dans la bordure qui orne le fol. 1 on voit les armes de 
la Gruthuyse recouvertes, un mortier, une devise et une 
bannière effacés; dans celui du fol. cxix, armes recou- 
vertes, mortier, devise et bannière effacés; et dans celui 
du fol. ccxxxix , armes recouvertes , mortier, devise et 
bannière non effacés. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hyftoires et liures en fraucoys pult° i° contre la muraille devers 
la court. 

Il commence ainsi : 

Cy commence la table des rubriches de ce Hure appelé trefor lequel 
eft diuife en trois parties comme il apert par la proffecution du prefent 
traitie. 

Cette table est de seize feuillets. 

Le fol. verso cccxxvj est terminé par ces mots : 

Et a tant prent fin le liure du trefor par jan du quefne de fa main. 
La première miniature représente, à genoux, l'écri- 
vain Jean du Quesne , vêtu d'une longue robe noire , 
offrant à deux mains sa copie au seigneur de la Gruthuyse, 



198 BIBLIOTHÈQUE 
qui est debout , environné de quatre personnages , ses 
amis ou les officiers de sa maison. H est vêtu d'une longue 
robe bleue , et décoré du collier de Tordre de la Toison- 
d'Or; dans sa main droite est une canne, et il a la tête 
couverte d'un bonnet blanc. 

Cette présentation a lieu dans une espèce de rotonde, 
et la partie droite de la miniature représente la création. 

Jean du Quesne ou Duchesne , l'écrivain , étoit de 
Lille en Flandre , ainsi que nous l'apprend un autre très 
beau manuscrit de lui , intitulé la Fortresse de la Foi, 
enrichi de cinq belles miniatures , lequel on conserve 
parmi les manuscrits des anciens rois d'Angleterre. (Cas- 
ley, p. *4i.) 

Cet ouvrage , qui a subi bien des altérations dans les 
copies nombreuses qui en ont été faites , et surtout dans 
celle-ci , où le nombre des Livres est réduit à trois , et 
où même le nom de l'auteur, Brunet latin, se trouve 
supprimé partout, n'a jamais été imprimé; mais il en 
existe une traduction italienne de Buono (ou Giàcomo) 
Giamboni , imprimée à Trévise par Gérard de la Lys ou 
de Flandre 9 en i474* in-folio. 

LXXIV. 

Le Dyalogue des Créatures , traduit du latin en 
françois par Colard Mansion. In-folio, rel. en velours 
cramoisi. 

Manuscrit sur vélin, de 147 feuillets écrits sur 2 col. , 
en gros caractère gothique, avec 121 miniatures repré- 
sentant diverses figures d'hommes et d'animaux analogues 
aux différentes fables qui composent l'ouvrage. La pre- 
mière page est entourée d'un beau cadre de fleurs, au 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 199 
milieu, duquel on voit Une grande miniature qui occupe 
la largeur des deux colonnes, où Ton a représenté l'inté- 
rieur d'une chambre avec l'auteur à genoux , offrant son 
livre à un seigneur décoré du collier de Tordre de la 
Toison-d'Or, et qui est entouré de cinq personnages. Un 
autre cadre de même dimension , qui se trouve au fol. 7, 
entoure une miniature représentant l'intérieur d'une école 
avec le maître et deux disciples. Les autres 119 miniatures 
sont plus petites, et n'occupent que la largeur d'une 
colonne. 

En tête de la première on lit : 

Ce linre appartient a mon fils Francifque de Bethencourt fon perc 
le lui at done le 28 décembre i(w8. Bethencourt a chérie que mourant 
fans (et au bas de ladite page) hoirs légitimes iceluy livre fera rendu 
a Iheritier de la maifon de Bethencourt. 

L'ouvrage commence par l'intitulé suivant : 

Cy commence le traittie intitule Le dialogue des créatures tranflate 
du latin en francois par Colart Manfion a Bruges a la contemplation 

de très hault et très puiffant F. raonfr. le conte de en lan M. cccc. 

lxxxij. 

Le luxe et les soins avec lesquels ce beau volume est 
exécuté , ne permettent pas de douter que ce ne soit là 
le manuscrit original. 

Lorsque, dans la Notice sur Colard Mansion, nous 
annonçâmes la traduction françoise du Dialogue des 
Créatures , f aile par cet imprimeur-libraire, de plus tra- 
ducteur, nous ne connaissions ni l'original ni l'époque 
où cette traduction fut achevée et publiée ; mais le ma- 
nuscrit qui existe dans la précieuse bibliothèque de 
M. le comte D. de Boutourlm , à Florence, et qui est dé- 
crit sous le n° 77 des Mss. de son Catalogue , dressé avec 
beaucoup de soin par M. Audin , libraire de cette ville, 



2oo BIBLIOTHÈQUE 
description que nous ayons reproduite ci - dessus , nous 
apprend qu'elle avoit déjà vu le jour à Bruges dès 1482, 
et, par là note dont ce libraire instruit a accompagné Tan- 
nonce du manuscrit , que ce fut après l'avoir décoré des 
plus curieuses et des plus belles miniatures que Colard 
Mansion en fit hommage à son illustre protecteur, le 
comte de Wincestre, nom qui s'y lisoit autrefois, et qui 
maintenant est effacé. 

Dans un autre manuscrit que possède la bibliothèque 
impériale de Vienne , et dont on trouve une description 
exacte à la page ao de la Notice sur Colard Mansion, 
cette traduction est dédiée, par le même auteur, à Phi- 
lippe de Crèvecœur, seigneur Desquerdes, lieutenant du 
Roi en Picardie-, mais il est à. croire que les deux manu- 
scrits offrent la même dédicace , et qu'on n'a fait que 
substituer dans celui-ci , au nom du comte de Wincestre, 
celui de Desquerdes , beau-frère de Jean de Bruges , fils 
aîné de Louis. 

Ces deux seigneurs avoient épousé les deux sœurs $ le 
premier, Isabeau ; et le second , Marie d'Auxy. 

HISTOIRE. 



LXXV. 

Claudii Ptolemaei Cosmographia latine a Jacobo 
Angelo. Très grand vol. in-folio, couvert de velours 
bleu, n° 4804 des Mss. latins. 

Magnifique manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 201 
à 2 colonnes, en ancienne grosse bâtarde; contenant 
160 feuillets. Les quatre premiers offrent : 

i°. Au verso du premier, une très belle miniature 
qui occupe toute la grandeur de la page , qui a 575 m. 
(21 p. 3 1.) de haut , sur 402 m. (14 p. 10 1.) de large : 
elle fut faite en l'honneur de Gruthuyse , car c'est lui qui 
est représenté dans son oratoire, à genoux sur un prie- 
dieu placé devant l'autel , avec deux personnages de sa 
suite, debout par-derrière. Dans la riche et large bordure 
de cette peinture étoient aussi lés armes du premier pos- 
sesseur*, elles ont été effacées. On a laissé subsister néan- 
moins les trois mortiers sur leur affût , et deux fois seu- 
lement la devise. 

2 . Au recto du second , une autre très large bordure , 
dans laquelle sont au bas de grandes armes effacées, et 
accompagnées de deux licornes. Aux quatre coins se voit 
un mortier ; à l'en tour de la bordure on aperçoit encore 
les traces des anciennes armes, ainsi que celles de la 
devise , qui se lisoit auparavant cinq fois, et qui ne se lit 
plus que deux. 

3°. Au verso du quatrième, en regard du texte, une 
autre belle miniature , représentant , à ce que nous 
croyons , le château d'Oostcamp , qui étoit au seigneur de 
la Gruthuyse. 11 est entouré d'eau, et placé au milieu 
d'un paysage qui se prolonge dans le lointain. Du château 
il sort un homme armé de pied en cap, sur le bonnet 
duquel est écrit en lettres d'or le mot LéaL Aux ouver- 
tures de la tour sont attachés quatre étendards, qui por- 
toient autrefois différens blasons , aujourd'hui effacés. 
Au-dessus de la porte d'entrée est un écu tenu par un 
lion. 



2oa BIBLIOTHÈQUE 

La bordure contient un grand mortier, deux plus pe- 
tits , trois écussons effacés , et quatre devises , dont deux 
le sont également. 

Le texte commence au cinquième feuillet, qui est 
coté iij. La bordure qui décore cette page renferme en- 
core les grandes armes et trois plus petites également 
détruites, six devises, dont trois effacées. 

On lit au folio verso clij : 

Explicit johannes 
de Vrickenborch fcriptor jn Gandauo Aono a oatali x piano 
M cccc lxxxv. 

Le volume est terminé au fol. clx. 

Jean de Kriekenborch est le même qui a exécuté pour 
le mêipe seigneur, en (v. s.) , le superbe manuscrit 
de la Consolation de la Philosophie, de Boëce, en fla- 
mand, que nous avons décrit ci-dessus, p. i4a. 

En entrant dans la bibliothèque de Louis XII , ce ma- 
nuscrit a été altéré en plusieurs endroits. Outre la dispa- 
rition des armes de la Gruthuyse, ainsi que d'une partie 
des devises , comme nous l'avons dit , c'est la tête du Roi 
qu'on a mise sur les épaules du seigneur flamand. La 
tenture et le tapis de l'oratoire, qui étoient parsemés de 
la devise Plus est en vous, n'offrent plus que des L cou- 
ronnés , cependant on a laissé subsister la première ini- 
tiale. 

Cette traduction latine de la Géographie de Ptolémée 
a été imprimée pour la première fois à Vicence, en i475, 
in-folio. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 20** 



LXXVI. 

Orose, traduit du latin en françois. Très grand 
Tolume in-folioj relié en m. r f , autrefois couvert de 
velours bleft ,* n° 67 3o * 

Superbe manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, à 
2 colonnes, de 4 a lignes chacune, et enrichi d'une belle 
et grande miniature, qui a m3 m. (8 p. 3 1.) de haut, 
sur ao3 m. (7 p. 6 1.) de large , et de dix-neuf petites, 
de 99 m. (3 p. 8 1.) de large, sur 108 m. (4 p.) de haut. 

Dans la large bordure du feuillet xv, où se trouve la 
grande miniature , on voit six blasons de Gruthuyse , re- 
couverts de porcs-épics, emblèmes de Louis XII. Les 
noms qui étoient à côté sont, pour la plupart, grattés : 
on ne lit plus que ceux de Gruthuyse, «FAvelghem et 
d'Espieres. Il y a voit dans le bas de grandes armes, qui 
sont aujourd'hui cachées par celles de France- On y 
voyoit aussi deux bannières, dont Tune présente aujour- 
d'hui le porc-épic, et l'autre les àrmes de France. On 
n'aperçoit plus rien sur la banderole qui portoit la devise. 

Les autres miniatures sont : au fol. xlj , recto , avec 
armes effacées, pendantes à un arbre ; au fol. lviij, recto, 
armes effacées , chiffres L M en or, initiales des noms de 
Louis et de Marguerite ; au fol. Ixvj , verso *, au fol. lxxiij, 
verso ? sur une bannière , on a peint vive le Roy; au fol. 
iiij^xj, verso y un mortier; au fol. iiij^xv, recto un E; 
au fol. ex , verso, un autre E ; au fol. vj" ix, verso, un 
mortier*, au fol. vij**viij, verso, une banderole, sur 
laquelle on lit, en gros caractères, Plus est en vous; au 
fol. viij**iij, verso, un mortier; au fol. viij M ix, recto, 
bannière effacée; au fol. ix* x xiij, verso, armes effacées 



2o4 BIBLIOTHÈQUE 
suspendues à un arbre*, au fol. ix" xvij , verso , bannière 
effacée -, au fol. ix" iij , verso ; au fol. ix" xvij , recto , 
armes effacées suspendues à un arbre $ au fpl; xj" xvij ; 
au fol. xij**ix, recto, une banderole avec la devise en 
gros caractères; au fol. xij^xix, verso, arifies effacées; 
au fol. xiij" iij , verso, devise Plus est en vous en carac- 
tères rouges et noirs. 

Prél. fol. i — xrv; table des chapitres. Texte, fol. xv — 
xiij" ij . Il commence ainsi : 

Quant dieu le créateur eut fait le ciel et la terre et les eàues et il eut 
a chafcun commande ouurer félon fon ordre. 

Et il finit ainsi : 

Quant Pompée f u lors venu a Romme toutes les guerres furent abaif- 
fees fi comme Eutropius racompte et ce fut lan vj c iiij» et viij. que la 
cite de Romme auoit efte fondée. 

• Cy fine le premier liure de Orofe. 

On lit sur un feuillet séparé , au commencement du 
volume : 

Des hiftoyres et liures en francoys Au premier pulpiftre par terre 
devers les foûes: Bloys. 

Cette traduction est anonyme; il est douteux qu'elle 
ait été faite pour Charles VIII, ainsi qu'on l'apprend dans 
la dédicace qui précède l'édition de 1 491, imprimée pour 
Antoine Verard , à Paris. Elle paroît être beaucoup plus 
ancienne. L'éditeur, qu'on croit être Claude Seyssel, a 
vraisemblablement substitué le nom de Charles VIII à 
celui pour qui, dans le principe, elle fut entreprise. 

Il y a toute apparence que ce traducteur est Sébastien 
Mamerot, dont il sera parlé ci-après dans la Notice du 
Romuléon et du Josèphe. 

L'inventaire de Blois indique deux volumes ; il ne s'en 
trouve plus que le premier à la Bibliothèque du Roi. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. *o5 



LXXVIL 

Le Miroir historial, traduit du latin de Vincent 
de Reauvais, par Jean de Vignay. Quatre très grands 
volumes in-folio, reliés en m, r., autrefois couverts 
en velours, n 08 6930 — 6933. 

Magnifique manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
écrit en ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 44 lignes 
chacune , et enrichi d'un grand nombre de très jolies 
miniatures en camaïeu gris, rehaussé d'or, avec des bor- 
dures et autres ornemens d'une délicatesse extrême. 

Tom. I, n°693o, contenant 391 feuillets, avec une 
grande et belle miniature en or et en couleurs, de 176 m. 
(6 p. 6 l.) de haut, sur 180 m. (6 p. 8 1.) de large, et 
i3i en camaïeu, dont la dimension n'excède pas 81 m. 
(3p.) en carré. 

On aperçoit dans l'encadrement de la grande minia- 
ture, qui est au douzième feuillet, les armes de Gru- 
thuyse recouvertes. 

Prél. 11 feuillets, Contenant la table, qui porte pour 
incription : 

Cy commence le premier volume du miroir hiftorial tranflale de 
latin en francois par la main de jehan du Vignay félon loppinion frère 
vincent qui en latin la compila a la requefte de monfeigneur feint Loys 
Roy de france. Prologue pour ce que oyfeufe eft chofe nuifant. 

On lit à la fin : 

Cy fine le premier volume du miroir hiftorial qui contient xv livres. 

Tom. II, n° 6g3i , contenant 3gz feuillets, avec 89 
petites miniatures. Au second feuillet se trouvent les armes 
recouvertes , à coté un porc-épic , et trois fois les chiffres 



f 



206 BIBLIOTHÈQUE 
L M , initiales de Louis et de Marguerite de Borssele, que 
Gruthuyse épousa Vannée où ce manuscrit fut exécuté. 
De la dernière lettre M on a fait un A , initiale du nom 
d'Anne de Bretagne. 

Le premier feuillet commence de cette manière : 

Cy commence le prologue de la table du premier liure du fécond 
vohime du miroir hiftorial qui' eft le x c . 

Tom. III, n° 693^9 contenant 4o6 feuillets. Le second 
est enrichi d'une grande miniature en couleurs, et de 
5o petites en camaïeu , avec les armes recouvertes. 

Le premier commence par ces lignes : 

Cy commence le prologue de la table du xviij* liure du mirouer 
hiftorial qui cft le premier liure de ce tiers volume. 

Tom. IV, n* 6933, contenant 482 feuillets, avec 22 
petites miniatures. 

Le premier commence ainsi : 

Cy commencent les rubriches du quart volume du miroir hiftorial 
qui eft le xxvj* l£ure du prefent euure. 

Au bas du second se trouvent les armes recouvertes, 
avec un mortier, et les initiales L A. Ce dernier chiffre 
étoit autrefois un M. Les mots suivans terminent la page : 

Cy fine le miroir hiftorial et fut accompli lan M cccc lij le vj« jour 
de feptembre. 

La traduction de cette volumineuse compilation a été 
imprimée pour la première fois à Paris, pour Antoine 
Verard, eu 5 volumes in-folio. Le premier volume, le 
29 septembre 149$, et le dernier, le 7 mai 1496. 

On en a fait autrefois de nombreux et beaux manu- 
scrits. Charles V en possédoit plusieurs dans sa biblio- 
thèque du Louvre. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 207 

LXXVIII. 

La Chronique dite de la Boiiquechardière. Deux 
grands volumes in-folio, reliés en m. r., autrefois 
couverts de velours violet, n° 6742. 

Ce manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, en an- 
cienne grosse bâtarde, sur deux colonnes, de 36 lignes 
chacune, est enrichi de très belles miniatures et d'orne- 
mens peints en or et en couleurs. 

Tom. I. Prél. 3 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres. Texte , fol. iiij — ccclxvij , avec trois grandes 
miniatures, de 221 m. (8 p. 2 1.) de haut, sur ao3 m. 
(7 p. 6 1.) de large. 

Dans l'encadrement de la première étoient les armes 
de la Gruthuyse , qui ont disparu sous celles de France ; 
on voit encore un mortier; dans celui de la seconde, au 
fol. clxxviiij, se trouvent, aux deux cotés, des armes qui 
sont effacées-, et dans la grande initiale, le chiffre L M. 
On y lit aussi, sur une bannière , la devise Plus est en 

VOUS. 

L'encadrement du fol. cclxxix offre les mêmes armes, 
les mêmes initiales L M, et le mortier. 
Le premier feuillet commence ainsi : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent volume nomme de 
la Bouquechardière lequel contient fix liures parciaux lefquelz pour 
la grandeur diceulx il a convenu partir ces fix livres en deux volumes. 
Ceft affauoir les trois premiers liures en ce premier volume et les trois 
autres au fécond comme en enfxeuuant cefte matière vous le pourez 
veoir. 

Après vient le texte : 

Cy commence le premier volume de la Bouquechardière lequel con- 



* 1 * " 

-» * 



208 BIBLIOTHÈQUE 

tieot en foy iiij u xij «happitres et commence premier le prolqgfte 
lequel parle du fait des gregois et de plufieurs hiftoires de Poetrie. 

Au, nom du benoift père du glorieux filz et du faint efprit trois 
personnes en une fubftance moy Jehan de Courcy cheualier normant 
plain de jours et widie de jeuneffe délirant leftat de paix et de repos 
contens a dieu des biens de fa grâce de ceulx de nature et des dons de 
fortune en lui rendant grâces louenges et mercis et pour efchiuer a vie 
oyfeufe et moy occupper en aulcun labour me fuis remembre des an- 
ciens faiz en eftudiant les vieilles histoires ay commence compilations 
prinfes fur le tour des contrées de grece en lan de la benoifte incarna- 
tion mil quatre cens et xvj et depuis celui temps me fuis entendu a 
traictier leâ matières félon Un lent ion que jay entreprinfe parce que 
mon pouoir na pas efte fi fort que iaie peu mon corps cxpofer ou fait 
de la guerre comme de tous eftats et toutes manières fe doit on occupper 
en ceft mondain labour chafcun félon ce quil eft ordonne ainfi que dit 
H auguftin les cheualiers pour gouuerner la guerre les clercs pour 
leglife les Lays pour le labour 

Le prologue se termine ainsi : 

Lefquelz fix liures deffusdits ont efte grofles et mis en deux volumes 
ceft a fcauoir au premier volume les trois premiers liures et au fécond 
les trois liures enfieuant par le commandement et ordonnance de mon 
très bault et très redouble feigneur monfeigneur le conte de Winceftre 
feigneur de la Gruthufc prince de Steenhufe confeiller et chambellan 
de mon très redoubte feigneur monfeigneur le duc de Bourgoingne par 
moy Jehan Paradis fon indigne efcripuain lan mil quatre cens foixante 
treize. 

Et le volume finit par ces mots : 

Cy finift le tiers et derrauet liure de ce prefent volume. 

Tom. II. Prél. a feuillets, contenant la table des cha- 
pitres du quatrième Livre. Texte, fol. v — ccclxiiij. 

Dans l'encadrement de la miniature qui est au fol. v, 
et qui représente la tour de Babel, sont les armés effacées, 
un mortier, et les chiffres L M dans l'initiale. 

L'encadrement de la miniature du fol. cxxj présente 
les mêmes armes et le même mortier. L'initiale renfer- 



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DE tOUIS DE LA GKUTPUYSE. 209 
moit le chiffre L M, mais FM ayant été changé en un À, 
ce n'est plus cet ancien chiffre qu'il faut voir, mais celui 
de Louis XII et d'Anne de Bretagne. 

Même changement dans l'encadrement de la miniature 
du fol. cclxix , où Ton voit aussi les armes effacées et le 
mortier. 

Lé volume est terminé par ces mots : 

Cy fine le derrain Hure de la Bouquechardiére. 

On trouve sur un feuillet séparé, au commencement 
de chaque volume : 

Des hiftoyres et Hures en francoys au pulpiftre fécond par terre vers 
les foffez. Bloys. ' 

L'écrivain Jean Paradis, qui étoit de Hesdin, et qui 
fut reçu, en 1470, dans la communauté des Libraires de 
Bruges, avoit déjà exécuté pour le même seigneur, en 
147 1 , la Somme rurale de Bouteiller. 

Cette chronique de Jean de Courcy, seigneur de Bourg- 
Âchard en Normandie, n'a point été imprimée. Son 
nom de Bouquechardiére ou Bouquassière vient de celui 
d'une seigneurie que possédoit l'auteur, qui mourut à 
Caudebec en i43i. 

Il existe encore d'autres beaux manuscrits de la Chro- 
nique de Jean de Coure/. Celui du duc de la Vallière a 
été acquis par la Bibliothèque du Roi, quoiqu'elle en eût 
déjà un que Labbe ÇNova BibL , Mss. in-4°, p. 3o8) in- 
dique sous le titre des Grégeois et de plusieurs Histoires 
de poeterie. 

Un second est dans la bibliothèque de Genève (le Cat., 
par Senebier, p. 33a). Un troisième, avec de superbes 
miniatures, dans celle du feu prince de Coudé. 

14 



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ai o BIBLIOTHÈQUE 

Trois autres, d'une exécution magnifique, se trou- 
voient dans la biblipthèque d'Anet (le Cat. , p. 9)} un 
étoit daté de 1426; un second de i43i.' 

Il y en avoit également un dans celle de l'amateur Paris 
(Bibl. Parisina, n° 497) ? c elui-ci y est annoncé comme 
provenant de d'Urfé, et c'est par erreur $ il appartenoit au- 
trefois à un Germon t-Tonnerre , ainsi que tous les autres 
livres qu'on dit, dans ce Catalogue, sortir de la biblio- 
thèque de d'Urfé. Ce fut en 161 1 que Henri de Clermont, 
comte de Tonnerre , donna les livres de sa famille aux 
Minimes de cette ville. Ces moines en vendirent les plus 
précieux, en 1788, à l'archevêque de Sens, et celui-ci, 
en 1791, au libraire anglois Edwards, qui les confondit 
avec les livres de Paris qu'il étoit chargé de vendre pu- 
bliquement. x 

LXXIX. 

Les Antiquités des Juifs , traduites de Josèphe en 
françois. Six grands volumes in-folio, reliés en m. r. 
dentelles, autrefois couverts de velours, n os 6706 
à 6712. 

Manuscrit du quinzième siècle, de la plus grande beau- 
té, sur vélin, écrit en ancienne bâtarde, à 2 colonnes, 
de 39 lignes chacune, et orné de 2*4 grandes miniatures 
d'une exécution parfaite, et qui ont pour la plupart plus 
de 162 m. (6p.) de haut, sur 189 m. (7 p.) de large. 
De riches bordures et des initiales peintes en or et en 
couleurs y ajoutent encore un nouveau prix. 

Tom. I, Part. 1. Prél. i4 feuillets, contenant la table 
des chapitres. Texte, fol. i — ex, avec des miniatures 
au fol. i. Dans la bordure, parsemée de fleurs et d'oi- 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 21 1 

seaux , sont les armes de ûruthuyse recouvertes , un mor- 
tier, et trois banderoles , sur lesquelles on lit Plus est en 
vous. 

Au fol. iij , verso , dans la bordure , les armes recou- 
vertes et accompagnées de deux mortiers, deux ban- 
deroles avec la devise , un lion supportant des branches 
d'arbre , auxquelles sont attachés dix écussons divers de 
Gruthuyse , dont une partie est effacée \ on aperçoit ceux 
qui étoient de gueules à la croix d'argent, qui est Spiere; 
d'or au chevron effacé ; un autre de sable au chevron 
d'argent ; un troisième de gueules à la croix ancrée 
d'argent. 

Au fol. xxxij , verso , dans la bordure , oiseaux, fleurs, 
trois mortiers, trois devises, armes recouvertes. 

Au fol. Ixiiij , recto, dans la large bordure, armes 
recouvertes et accompagnées de deux mortiers , trois 
devises. 

An fol. iiij"x, recto, armes recouvertes et accom- 
pagnées de deux mortiers , trois devises. 
Ce premier volume commence ainsi : 

Cy commence le premier des deux yolumes des anciennetés des juifs 
félon la fentence de jofephus et contient en foy quatorze liures par- 
tiaulz. 

Et après le prologue : 

Dieu noftre feigneuf qui eft le créateur de toutes chofes vifîbles et 
non yifibles fift au commencement ciel et terre mais quant la terre 
nauoit pas lumière pourquoy on la peuft veoir. 

A la fin : 

Cy finift le quart liure de lànciennete des juifs félon la fentence de 
jofeph. 

Tom. I, Part. 11 , fol. cxj — ccxxix, avec miniatures : 



212 BIBLIOTHÈQUE 

Au fol. cxxxv, dans la bordure , les armes recouvertes, 
et accompagnées de deux mortiers et trois devises. 

Au fol. clxv, les armes , les mortiers , trois devises , 
fleurs et papillons. 

Au fol. eiiij^xix, les armes, les mortiers, trois de- 
vises , dont deux effacées. 

Et à la fin du volume : 

Cy fine le huitiefmé Hure de jofephus intitule de lanciennete des 
juifs. 

Tom. II, Part, m, fol. ccxl< — ccciiij" iiij , avec mi- 
niatures : 

Au fol. cc*l, armes recouvertes, deux mortiers, deux 
devises, dont une effacée, fleurs et papillons. 

Au fol. cclxvj , armes recouvertes, deux mortiers, une 
devise , un singe touchant l'orgue. 

Au fol. cciiij" viij, armes recouvertes, deux mortiers, 
trois devises , fleurs. 

Au fol. cccviij , recto, quatre devises , dont deux effa- 
cées, deux mortiers, fleurs, papillons. 

Au fol. cccxxxiiij, trois devises, dont une effacée, deux 
mortiers, deux fois les chiffres L M, armes recouvertes, 
et fleurs. 

Au fol. ccclxij , armes recouvertes, quatre devises, 
dont deux effacées, les chiffres L M, fleurs. 
Ce volume finit par cette souscription : 

Cy finift le xïïij« Hure particulier de lanciennete des juifz félon la 
fentence jofephus et le yoluroe de xiiij premiers Hures lequel au com- 
mandement de hault et puiffant prince et mon très redoubte feigneur 
Lojs conte de Vinceftre prince de fteenhufe feigneur de la gru- 
thufc etc. et capitaine gênerai de Bruges et des chaftelnies et*. A efte 
efcript et parachieue en la ville de Bruges lan noftrc feigneur mil cccc 
iiij** et trois. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 2i3 
Tom. H, Part. 1. Prél. ig feuillets, contenant la table 
des chapitres, avec cette inscription : 

Cy commence la table des Rubrices de la féconde partie du liure 
intitule jofepbas des anciennetez des juifs contenant en foy treze Hures 
particuliers. 

Au fol. xx, une grande miniature représentant six 
différens sujets. Dans la bordure , armes recouvertes, 
deux devises*, dans l'initiale , un mortier avec la devise. 

Au fol. xxvij , autre, armes recouvertes, avec deux 
mortiers, une devise. v 

Au fol. Ij , autre, neuf écussons effacés, trois devises. 

Au fol. lxxxij, autre, armes recouvertes entre deux 
mortiers , quatre devises , dont deux effacées. 

Tom. H, Part. n. Au fol. cvij , une autre belle mi- 
niature , deux armes recouvertes , six devises , dpnt trois 
effacées; dans l'initiale, un mortier, avec une devise 
effacée. 

Au fol. cxxxix, autre, avec les armes recouvertes, 
accompagnées dé deux mortiers, et trois devises, dont 
une effacée. 

Au fol. clvj, autre, deux armes recouvertes, deux 
mortiers, deux devises, dont une effacée. 

Au fol. ccviij , autre, armes recouvertes, deux mor- 
tiers, une devise. 

Tom. II, Part. m. Au fol. eclij , autre, armes re- 
couvertes, deux mortiers, quatre devises, dont deux 
effacées. * 

Au fol. cclxxix, autre, sept écussons effacés, un.mor- 
tier, quatre devises , dont deux effacées. 

4u fol. cciiij" xiiij , autre miniature , qui représente 
la ville de Jérusalem. On y voit l'église du Saint-Sépulcre 



ai4 BIBLIOTHÈQUE 
peinte d'après l'église du même nom de Bruges , laquelle 
a été élevée sur le modèle de celle qui existoit au quin- 
zième siècle à Jérusalem, par Pierre Adornes, bourgue- 
mestre de Bruges, à son retour de Jérusalem, en i44^î 
armes recouvertes, avec deux mortiers et six devises. 

Au fol. cccxxij , autre très curieuse , sept écussons 
effacés, un. mortier, trois devises, dont une effacée; un 
autre mortier dans l'initiale , avec la devise en flamand 
Jffeer es in u. 

On lit, au fol. ccclxvij , recto, cette autre souscrip- 
tion , en rouge : 

Cy fine le xxyj* et dernier liure des anchiennetez des Juifs félon la 
fentence de jofephus acteur de cefte befoigne : 

Lequel par lordonnance et commandement de bault et puiffant prince 
et mon redoublé* feigneur Loys feigneur de la Gruuthufe conte de 
Vinceftre Prince de Steenbufe et*, cheuallier dhonneur de ma très 
redoubte dame dautrice de Beurgoigne de Brabant et*, contefle de 
flandres dartois et*, a efte ordonne en la ville de Gand comme il appert 
lan de grâce mil. cccc et quatre vings. 

La traduction offerte à Charles VIII, et imprimée pour 
Verard en 1492 , est la même revue par Claude Seyssel. 

L'inventaire de la bibliothèque de Charles V et de 
Charles VI fait mention d'une plus ancienne traduction 
qui fut envoyée , avec d'autres livres, le 7 janvier i4<>9? 
au duc de Guienne, fils aîné de Charles VI. Le manuscrit 
est annoncé de cette manière : 

Jofepbus efcpt en fncois en Ire de note couvt de veluyau (velours) 
a ij fmoirs de cuivre dorez a tiffus de foie. 

Dans un manuscrit remarquable par la beauté de la 
première miniature , la seule qui reste de dix-neuf dont 
il étoit enrichi , lequel appartient aux héritiers du prince 
de Condé , l'auteur anonyme , le même qui a traduit 



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DE LOUIS DE LÀ GRUTHUYSE. 2i5 
Orose en françois, dit avoir fait la traduction de Josèphe , 
à Reims, lieu $e sa résidence ,. le ia octobre 1460. Elle 
paroit être de Sébastien Mamerot, qui a également mis 
en françois dans la même ville, en 1466 , le Romuléon. 
Il est aussi auteur des versions faites, en i458, de la 
Chronique Martienne, qui a été imprimée, et en 1472 
des Passages d'outre-mer, dont il existe un beau manu- 
scrit à la Bibliothèque du Roi. 

Sous le n° 6891 de la même bibliothèque, se trouve 
un autre manuscrit de Josèphe de la plus grande beauté , 
à la fin duquel on lit cette note , d'une main qui n'est 
pas celle du copiste : 

« En ce livre a douze y foires les troys premières de 1 enlumineur du 
« duc Jehan de Berry et les neuf de la main du bon paintre et enlumin' 
« du Roy Louis XI* Jehan Foucquet natif de Tours. » 

A côté est cette autre note : 

Ce Liure de Jofephus de antiquité eft A monfeigneur Pierre deux"* 
de ce nom duc de bourbonnoys et dauuergne conte de clermont de 
foureflz de la marche a de gien viconte de cariât et de murât feigneur 
de beaujouloys et de chaftelchinon de boubon lanceys et de nonay per 
et chamberier de franco lieutenant et gouuerneur du pays de Lan- 
guedoc. Robertet. 

Celui qui a appartenu au duc de Berry se conserve 
aujourd'hui, avec sa signature originale, parmi les Mss. 
des ducs de Bourgogne , à Bruxelles. 

La bibliothèque d'Anet (le Cat. , 172, p. 3, 4 et 10) 
en possédoit trois d'une beauté incomparable. 

LXXX. 

La Légende dorée. In-folio, relié en m. r. , autre- 
fois couvert en velours incarnat, n° 7020. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 



ê 



216 BIBLIOTHÈQUE 
en "ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 3y lignes cha- 
cune, et enrichi d'une grande miniature de 162 m. (6 p.) 
de haut, sur environ autant de large, et de 78 petites 
en camaïeu gris rehaussé d'or, ayant pour la plupart 
68 m. (2 p. 6 L) de haut, sur 54 m. (2 p.) de large. 

La totalité du volume est de 4 1 ^ feuillets. Les trois 
premiers renferment, i°. le prologue, qui commence 
ainsi : 

Monfeigneur faint jerofme dit cefte autorite fait toufiours aucune 
choie de bien que le diable ne te treuue oyfeulx. 

2°. La table des noms des saints : 

Sur le premier feuillet on aperçoit, dans la bordure, 
les armes de Grulhuyse recouvertes. Le dernier est ter- 
miné par ces mots : 

Cy linifl la vie des faints nommée la légende dorée le famedy après 
la natiuite noUre dame iiij c et iiij. 

Rogo lectorem chriftum roget ore fideli ut det feriptori profpera 
gaudia celi. 

On lit sur un feuillet séparé, au commencement du 
volume : 

Des hiftoyres et liures en francoys Pult a° a la cheminée. 

Cette traduction de l'ouvrage latin de Jacques de Vora- 
gine, nom de sa ville natale, est de Jean de Vignay, de 
Tordre de Saint-Jacques-du-Haul-Pas, qui l'entreprit après 
l'an 1 333. On en trouve des manuscrits dans les grandes 
bibliothèques, entre autres dans celle de Genève (Cat. , 
p. 3i8), et six ou sept dans celle du Roi. 

Il y en avoit deux dans la bibl. d'Anet. (Le Cat., p. 3.) 

Après avoir été corrigée par Jean Batallier, jacobin 
de Lyon, elle fut mise pour la première fois sous presse 
en cette ville, par Barthélémy Buyer, en i/tfG, in-folio. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



LXXXI. 

La Légende de saint Hubert, par Hubert le Preu- 
vost. Petit in-folio , relié en m. r. , autrefois couvert 
de velours incarnat figuré, n° 7025. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle ; écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes , au nombre 
de ^4 sur les pages entières , et enricbi de neuf belles 
miniatures, qui ont 1 35 m. (5 p.) de haut, sur 117 m. 
(4 p. 4 M de large. Il contient 67 feuillets. . 

Les sept premiers renferment, i°. le prologue avec 
une miniature et les armes de Gruthuyse recouvertes. 

Commencement du prologue .: 

Comme ainfi que dit lappoftre nous nayons iey nulle cite permanable 
mais en querons une autre auenir ceft a fcauoir la fupernele en laquelle 
le roy des Roys eft feigneur des feignouriffans dieu tout puiïïant reiide 
en chayere glorieufement 

Par cette confideration doncques un Hubert le Preuuoft en lari mil 
cccc lix ayant en monfeigneur fainct Hubert fan efpecial parein et 
interceffeur très finguliere deuotion et defirant en fes fainctes œuures 
et doctrines par example et amendement de yie prouffiter et obtenir 
grâce enuers noftre feigneur a fes jours paffez a lonneur de lui aufTi 
adfin quil foit par fes mérites a lui plus enclin prins et mis paire dili- 
gence de trouuer fa légende et après plufieurs parquifîons il a trouue 
une partie délie et la moindre ou monaftere ou quil fon fainct corps 
gift et repofe en Ardenne une àutre partie a Thielemont une autre a 
Bruxelles et une autre en cefte Tille de Bruges 



Cette légende de saint Hubert n'a point été imprimée. 



218 BIBLIOTHÈQUE 



LXXXII. 

La Vie et les Miracles de Saint-Louis. In-4% m. r., 
autrefois relié en velours jaune à fleurs d'argent , 
11*9647. 

Manuscrit sur vélin , du quatorzième siècle , en lettres 
de forme, à 2 col., contenant 21 3 feuilles. Sur le recto 
du premier sont les armes de Gruthuyse recouvertes. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et Hures en francoys Palt° a* a la chemine, fcloys. 

Il commence ainsi au recto, première colonne, du 
premier feuillet. 

Ci omce U plogues en la uie m6 feign faint loys iadis roi de frSce : 
Gloire loenge a enneur foient rendues en humble reuerence a. 

On trouve à la fin du volume et à la suite du texte , la 

note suivante , écriture du quinzième siècle : 

This book of tbe life of feynt loys kyng of frauncé gafe and beqwaUi 

the Daikijefle of feynt margareï I weftm to tho (mots effacés) 

xxiij day of octobre the y ère of his règne xij deo gracias. 

D'après cette note, il paroît que ce manuscrit ftit donné 

par de Sainte-Marguerite à Westminster, à 

Tho.... , dont le nom, ainsi que deux lignes qui suivent, 
est effacé , la douzième année du règne, 'ou de Henri VI, 
roi d'Angleterre, commencée en septembre i434> ou de 
celui d'Édouard IV, en 1 47^* 

Cette Vie de Saint-Louis est imprimée à la suite de 
l'édition de Y Histoire de Saint - Louis , par Join ville, 
donnée par Melot en 1761 , in-folio, et c'est ce manuscrit 
qui en a fourni le texte. 

Gruthuyse l'avoit sans doute rapporté d'un de ses 
voyages en Angleterre. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



LXXXIII. 

La Légende de sainte Catherine dé Sienne. Petit 
in-folio, relié en m. r., autrefois couvert de velours, 
n° 7 336. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , à lon- 
gues lignes, au nombre de a3 sur les pages entières; 
contenant ia5 feuillets, dont les quatre premiers ren- 
ferment la table des chapitres, qui porte pour inscription, 
en rouge : 

Cy commence la légende faincte katherine de fejrne qui fut de la 
pénitence fainct Dominique qui a efte tranflatee de latin en francois 
par le maindre frère de lordre des frères prefchcurs lequel a un chafcun 
lifant cette légende prie humblement que il vuelle noftre fauueur 
jhefucritt pour le falut de fon ame prier. 

Le texte commence au cinquième feuillet , qui a été 
enlevé avec la miniature dont il étoit orné. Il en reste 
encore une au fol. 65, qui a 81 m. (3 p.) de haut, sûr 
99 m. (3 p. 8 1.) de large. 

On croit que ce manuscrit , par sa forme et son exé- 
cution , a appartenu à Gruthuyse , quoiqu'il ne porte 
aucune marque. 

Cette Vie de sainte Catherine a été traduite du latin, 
en 1467* par J. Mielot, secrétaire de Philippe, duc de 
Bourgogne , à qui il le dédia. 

Le manuscrit original se trouve à la bibliothèque de 
Bruxelles. 

Sur un feuillet séparé , en téte du volume , est écrit : 
Des hiftoires et liures en francoys Pult 2 a la cheminée. 



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BIBLIOTHÈQUE 



À la fin on lit : 

Exaudi nos deus falu taris nofter ut fi eut de béate katheriae virginis 
tue comraeraoracione gaudemus ita apud te patrocinia fenciamus, et 



Quinte-Curce, traduit de latin en françois par 
Vasque de Lucène. In-folio, relié en m. r., autrefois 
couvert de velours vert, n° 6899* 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
en ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 35 lignes cha- 
cune, et enrichi de dix grandes et superbes miniatures, 
de 189 m. (7 p.) de haut, sur 162 m. (6 p.) de large, 
et de trente-cinq petites, qui ont environ 81 m. (3 p.) 
de haut, sur 72 m. (2 p. 8 1.) de large. Les pages où se 
trouvent les grandes miniatures sont entourées de larges 
bordures. Au bas de celle où le traducteur est représenté 
offrant son livre à Charles-le-Hardi , duc de Bourgogne, 
on s'aperçoit que les armes de Gruthuyse ont été rempla- 
cées par celles de France. 

PréL 10 feuillets, contenant la dédicace et la table des 
chapitres. Texte, fol. i — ccix. Il commence ainsi : 

' Comment es hyftoires dAlexandre puet apparoir que les Royaumes 
croiffant par vertu et diligence et déclinent pour vicieufe lafehete et 
illec le preuue a efte conquift tout orient* 

Regardant les diftors et infelicitez des feignouries et Royaumes et 
veuillant monftrer que en leur matluretez a torts fe exeufent les roys 
fur faulte de bon peuple. 

Sur Un feuillet séparé , en tête du volume , on lit ce 
qui suit : 

Des hiftoires et Uures en francoys Pult 5° contre la muraille de 
devers la court. 





DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ii\ 
Cette traduction , faite en 1 466 , au château de Nieppe , 
ainsi que nous l'apprend une noté d'une autre main à la 
fin du manuscrit original qui se conserve à la Bibliothè- 
que du Roi , et qui est répétée dans quatre ou cinq autres 
manuscrits , est de Vasque de Lucènc , Portugais , qui la 
dédia à Charles-}e-Hardi , duc de Bourgogne. 

Un second manuscrit , très beau , et qui doit^etre aussi 
regardé comme original , fut exécuté par ordre du même 
prince , pour une de ses autres bibliothèques. Il se trouve 
maintenant dans celle du Roi. Celui de la bibliothèque 
de Genève ne paroît pas être d'une moindre beauté , et 
celui de la bibliothèque d'Ânet étoit aussi d'une exécu- 
tion parfaite (le Cat., p. 7), ainsi que deux autres des 
rois d'Angleterre , au Musée britannique. (Casley, p. 292 
et 3o4- ) 

La première édition de cette version a été imprimée 
pour Antoine Verard , demeurant alors à Paris près le 
Petit-Pont , où il étoit établi au commencement du sei- 
zième siècle. 

Vasque de Lucène a également traduit en françois , 
et dédié en i47° ? au même prince, la Çyropédie de 
Xénophon. Cette traduction n'a jamais été imprimée, 
mais il s'en conserve un très beau manuscrit dans la 
bibliothèque publique de Genève ( le Cat. , page 34o ). 
Vasque de Lucène ou Vasco de Lucina , fut sans doute 
attiré à la cour du duc de Bourgogne par Isabeau de Por- 
tugal, «mère de Charles-le-Hardi. 

Un jacobin portant le même nom, composa, après le 
milieu du seizième siècle, une Vie latine de saint Eloi, 
qui est restée manuscrite (Barbosa, Bibl. lusit., tom. III, 
p. 776), et dont on trouve deux manuscrits dans la 



222 BIBLIOTHÈQUE 

bibliothèque de Iéna, et des rois d'Angleterre, au Musée 

britannique. (Casley, p. 291.) 

LXXXV. 

Le Livre intitulé : Éracles traitant de la Conquête 
de la Teçre Sainte.. Très grand in-folio, relié en m. 
r. , autrefois couvert en velours , n° 6744» 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, à 
a colonnes, de ig lignes chacune, enrichi d'une miniature 
de i65 m. (6 p. 1 1.) de haut, sur 217 m. (8 p.) de 
large ; elle représente l'empereur Héraclius assis sur son 
trône-, à sa droite sont les officiers de sa cour, au nombre 
de sept, et à sa gauche deux autres personnages, l'un, 
ayant un genou en terre , et le second se tenant debout 
derrière lui, se découvrant la tête. Il y en a vingt-six au- 
tres, de 88 m. (3 p. 3 l.) de haut, sur 99 m. (3 p. 8 1.) 
de large , toutes en camaïeu gris rehaussé d'or. Dans la 
bordure de la première page on voit les armes de France 
substituées à celles de Gruthuyse , un mortier, et le nou- 
veau chiffre L À , initiâtes de Louis et d'Anne , rempla- 
çant l'ancienne M, initiale de Marguerite. 

Prél. 12 feuillets, contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. i — cccclxiij. 

La table porte cette inscription : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent liure intitule 
Eracles lequel parle de la conquefte de la terre fainte de jdhifalem 
contenant pluficuFS guerres et beaulx faii darmes faitz en icelluy 
Royaume et es pays yoyfins enfemble maintes merueilleufes befoingnes 
âduenues tant de ca que oultre mer a ce temps pendant et comment le 
Taillant duc Godefroy de Buillon conquift a lefpee le dit royaume et 
y fut Roy. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. . 223 
Le texte commence ainsi : 

Comment en ce premier chapitre peut apparoir que Eracles conquift 
Perfe occift Cofdree et rapporta en jherufalem la vraye croix. 

Les anciennes yftoires client que Eracles en fut moult bon chreftien 
et gouuerneur de km pire de Romrae mais en fon temps Mahommct 
auoit ia efte qui fut meffagier du diable et il fift entendant quil eftoit 
prophète envoyé de noftre feignéur ou temps dEracles eftoit ia la 
defloiaute et la faniTe loy quil femina efpandue par toutes les parties 
dorient. 

Il finit de cette manière : 

LEmpereur et les cheualiers de la terre lui firent voulentiers ce quil 
deuifa fi comme ilz auoient en conuenant et le roy a tant feh tint. 

Sur un feuillet séparé , en tête du volume , est écrit : 

Des hystoires et liures en francoys Au pul*™ fécond par terre devers 
les foflez. Bloys. 

C'est la traduction, faite par un anonyme, de Y Histoire 
Sainte de Guillaume, archevêque de Tyr, intitulée iîi 
Eracles y du nom de l'empereur Héracliùs. 

Cette version n'a point été imprimée , mais on en 
trouve plusieurs autres manuscrits à la Bibliothèque du 
Roi , un dans celle des rois d'Angleterre , au Muséum 
britannique (Casley , p. 292) , et un autre dans celle des 
ducs de Bourgogne, à Bruxelles. 

LXXXVL 

Description dù Siège de Rhodes, traduite du latin 
de Guillaume Çaoursih. Petit in-folio, relié en m. r., 
autrefois couvert en cuir brun, n° 10268. 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit en an- 
cienne bâtarde, et enrichi, au premier feuillet, d'une 
miniature qui représente le traducteur offrant son livre à 



224 BIBLIOTHÈQUE 
Jacques Calliot , chevalier de Tordre de Jérusalem ,- com- 
mandeur de Brabant et de Liège , seigneur de Chante- 
mire, pour qui il dit avoir fait la traduction de l'ouvrage 
de Caoursin. Notre manuscrit consiste en 54 feuillets. 
Les quatre premiers renferment la dédicace et la table 
des chapitres. Le texte commence au cinquième, ainsi 
qu'il suit : 

Le premier chapitre monftre les caufes qui meurent le turc dentre- 
prendre la guerre contre les Rhodiens. 

Quant que ie efcriue la ohfidion et fiege de la noble et anoienne cite 
de Rhodes Jl meft neceffaire defcripre et raconter" les caufes. 

Sur le premier feuillet se trouvent les armes de Gru- 
thuyse recouvertes. On lit en tête : 

Des hiftoyres et liures en frâcoys Pult° i° contre les murailles de 
deuers la court. 

• II* ne paroi t pas que cette traduction ait jamais vu le 
jour. Il en existe une en anglois imprimée par Caxton, 
sans date. 

On connott de l'original plusieurs éditions anciennes, 
dont la première est de 1480. 

LXXXVII. 

Titus Livius, traduit de latin en françbis par Pierre 
Berchoire. Grand in-folio, relié en m. r., autrefois 
couvert de velours noir, n° 671g. 

Très beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
en ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 3? lignes 
chacune. 

Prél. dédicace et table des chapitres, fol. i — viij. 
Texte, fol.- ix — iiij c lxxvj. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 22 5 
Outre les belles miniatures qui sont au commencement 
de chacun des dix Livres dont est composé ce manuscrit, 
on en voit encore 95 autres de moindre dimension ; elles 
ont i3i m. (4 p. 10 1.) de haut, sur n5 m. (4 p. 3 1.) 
de large, et les autres 226 m. (8 p. 4 1-) de haut, sur 
207 m. (7 p. 8 1.) de large. 

Dans la bordure de la première , qui représente le tra- 
ducteur offrant son livre au roi Jean , on aperçoit les 
armes de Gruthuyse cachées par celles de France. 
La dédicace- commence par ces mots : . 

Prince très foaueraine excellence jehan Roy de france par la grâce 
diuine frère Befleure fon petit ferriteur prieur a prefent de faint Éloy 
de Paris toute humble reuerence et fa bénédiction 

Le texte commence ainsi, au fol. ix : 

Cy commence titus lîuius tranflate de latin en francois a la requefte 
de très noble et fouuerain Prince Jehan par la grâce de dieu Roy de 
france par frère Pierre Berteure a prefent pri. de faint Eloy de Paris 
lan mil ccc lx deux. 

Le dernier feuillet finit par ces mots : 

Cy fine le x« Hure et darrenier de la première décade de Titus 
liuius. 

L'original de cette traduction se trouvoit dans la biblio- 
thèque de Charles V : l'inventaire qui en fut fait en 1373 
l'indique ainsi : 

Loriginal de Titus Livius en fncois la p« translata q en fu faift 
efcript de mauuaife IrS mal enlumine et point yftorie. 

En marge est écrit : 

A Mon£f. de Bourbon xiij dottob. iiij n et xij. 
Le même inventaire fait mention d'un autre manu- 



226 BIBLIOTHÈQUE 

scrit plus beau, à en juger par la manière dont il y est 

annoncé : 

Titus livius en un gût volume couvt de foie a deux gns frîioirs dargt 
e (ma il les de fiice. 

Ce manuscrit, qui avoit été donné au duc de Guienne, 
fils aîné de Charles VI, fut rétabli dans la bibliothèque le 
7 janvier 1409, ainsi que le porte l'inventaire dans un 
autre endroit : 

Titus liuius en frâcois en très grant vol* couv» de cuir qui autfois 
fu au Roy a ij fmoirs dargt efmaillie a fleurs de Lis très bû yftorie 
et efcpt. 

Enfin il en existoit un troisième , qui y est enregistré 
sous l'annonce suivante : 

Un Titus Livius de la Iranflacion du Prieur de S. Eloy de Paris 
contenant xxix liures en trois décades et eft figne Chartes. Petit vol. 
gros court. 

Les manuscrits de cette traduction de Pierre Berceure, 
Berseure, Beiiheure ou Berthoire, en latin Berchorius , 
ont été très multipliés dans les quatorzième et quinzième 
siècles. Entre plusieurs, celui de la bibliothèque de Ge- 
nève doit être distingué à cause de la beauté de son exé- 
cution. Dans la bibliothèque des héritiers du prince de 
Condé doit se trouver celui de Jean, duc de Berry ; on 
y lit : 

Ce Hure cTt du duc de Berry. 

Signé Jehan avec paraphe. 

A la fin de la seconde décade il y a ces mois : 

Ce Hure de la féconde décade de titus liuius efl a Jehan fil 7. du Roy 
de fiance duc de Berry et dauuergne conte de Poitou deftampes de 
Boulongne et dauuergne. 

Signé Flamel avec paraphe. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



LXXXVIII. 

La première Guerre Punique entre le» Romains 
et les Carthaginois, compilée par Léonard de Aretio, 
et traduite du latin en françois. In-folio, relié en 
veau marbré, et autrefois couvert de velours vert, 
n°7i58. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, de 20 sur 
les pages entières, avec sept miniatures, de 162 m. (6 p.) 
de haut, sur 1 35 m. (5 p.) de large. 

Prél. 4 feuillets, contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. i — clxiiij. Au premier est une miniature où 
l'auteur est représenté offrant sa traduction à Charles VIT. 
Dans la bordure sont les armes de Gruthuyse effacées. 

La dédicace commence ainsi : 

À très hatilt et fouuerain Prince Charles le feptiefme de ce nom par 
la diuine poarueance Roy de france paifible feigoeur foit donnée de 
celui qui pour caufe de fa petiteffe ne fe doit nommer offerte et pré- 
sentée honneur et reuerence et obeilTance en tous fes commandemcns 

fans contredit Certes ces chofes conlïderant ce noble orateur et 

hiftorien Léonard de Âretio qui eft une cite de Ytalie et ayant grant 
ccttipaûlon que entre les œuures et labeurs que fîft efcripre très grant 
et renomme hiftorien Tituliue Père et lauteur de lhiftoire romaine 
cette partie ou il auoit efcript la première guerre que les rommains 
auoient menée contre les Cartagiens des long temps eftoit perdue et 
nen eftoit plus aucune ou très petite mémoire entre les hommes de son 
temps a de nouuel et par fon grant engin trait des anciens auteurs tant 
grecs comme latins ce que trouuer en a peu et de tout fait ung petit 
traictie en latin que il a nomme de bello punico primo 

Aucuns ont voulu dire que tituliuius fîft cent et quarante quatre 
Hures de lhiftoire romaine dont il fift quatorze décades' et quatre liures 
et autres dient quil en lift trente décades contenant chacune décade 
de dix liures parciaulx dont nous auons feulement trois décades con- 
tenant trente liures. 



228 BIBLIOTHÈQUE 
On lit au fol. v, recto : 

La tranflation en franfcois de la dicte première guerre pugnicque 
que fift et compila ung noble clerc nomme maiftre Léonard de Aretio 
et fut ladicte tranflation faite en lan mil quatre ceot et cinq. 

Au fol. vj est le commencement du texte : 

Certes je doubte fort que aucun ne cuident moy enfîuure trop les 
chofes anciennes fe en ce prêtent noftre eage je entreprens defcripre les 
comment de la première guerre punicque 

Au fol. clxiiij , verso : 

Cy fine la tranflation de la première bataille ou guerre punicque 
entre les romains et les carthagiens. 

Sur un feuillet séparé, en tête du volume, est écrit : 

Des hiftoires et liures en francojs Pult° 4° contre la muraille de 
deuers la court. 

Cette traduction françoise de la Guerre Punique, de 
Léonard Bruni d'Arezzo , est imprimée dans le tout. III 
de la version françoise de Tite Live, par Pierre Berchoire 
(édition faite pour Ant. Verard, en 1487), à la suite du 
IX e Livre de la troisième Décade. 

Du Verdier (tom. II, p. 5a8) donne cette traduction 
à Jean le Vesgue , greffier de la Chambre des Comptes , 
en disant à tort qu'elle n'a jamais été imprimée; il s'en 
trouve deux beaux manuscrits dans la bibliothèque des 
ducs de Bourgogne à Bruxelles. On y apprend que cette 
traduction de le Vesgue fut dédiée, en 1 447 > ? Charles VII, 
roi de France. 

LXXXIX. 

Les Commentaires de Jules César, traduits de latin 
en françois. Très grand in-folio, relié en m. r. , 
autrefois couvert de velours vert, n° 6722. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 229 
Manuscrit d'une grande beauté, sur vélin, du quin- 
zième siècle, en ancienne grosse bâtarde, à 2 colônnes, 
de 39 lignes chacune , et enrichi d'une grande et belle 
miniature , divisée en eompartimens , formant quatre 
médaillons, de 120 m. (4 p« 5 1.) de haut, sur 102 m. 
(3 p. 9 1.) de large chacun. Il- y en a dix autres de la 
même grandeur. Les pages où ils se trouvent ont des 
bordures, dans lesquelles on voit les armes recouvertes 
portées par un porcrépic , une licorne , un chien et un 
singe. 

Âu fol. i, aux quatre coins, un mortier et une devise; 
cinq autres, dont une effacée, une Plus est en vous, 
Grutuse ; une troisième , Meer es in u; deux bannières 
effacées, deux recouvertes des armes de France, celles, 
de Gruthuyse, de même, à l'entour il y a plusieurs bla- 
sons, ceux de Ghistelle, de gueules au chevron d'her- 
mine , de M ortagne , de gueules à la croix d'argent , un 
autre de gueules à deux bandes d'azur. 

Au fol. lxix , armes de Gruthuyse recouvertes et accom- 
pagnées de deux mortiers, et des devises Plus est en vous, 
et Meer es in u. 

Au fol. iiij" xij , verso, armes recouvertes, avec deux 
mortiers. 

Au fol. cv, verso, armes recouvertes , quatre mortiers, 
deux devises en flamand et en françois. 

Au fol. cxvij, reclo, armes recouvertes, deux mortiers, 
deux devises , dont une effacée. 

Au fol. cxxxiij , verso , armes recouvertes, quatre mor- 
tiers, deux devises en flamand et en françois. 

Au fol. clxiij , armes recouvertes, six mortiers, quatre 
devises eu flamand et en françois, dont une effacée. 



23o BIBLIOTHÈQUE 

Au fol. clxxiiij, armes recouvertes, quatre mortiers, 
quatre devises en flamand et en françois. 

Au fol. ccxij , cinq armes recouvertes , un mortier , 
trois devises, dont deux en flamand, effacées. 

Au fol. ccxiij , armes recouvertes , quatre mortiers , 
quatre devises, dont deux effacées. 

Au fol. ccxxxij, armes recouvertes, quatre mortiers, 
cinq devises , dont trois flamandes , effacées. 

Prél. 20 feuillets, contenant la table des chapitres, 
avec ce sommaire, en rouge : 

Cy commence la table des rubrices de ce volume intitule les Com- 
mentaires de Cefar et contient en foy dix liures partiauhc. 

Texte, fol. i — cciiij** viij. Le premier feuillet com- 
mence ainsi par la dédicace : 

Cy commence le prologue du translateur de ce traitie contenant tn 
foy les dix liures particuliers des Gommentieres de Julius Cefar premier 
empereur de Romme. 

A 1res hault très puiflant très excellent très creflien et rictorieux 
prince et mon redoubte feigneur Charles par la grâce de dieu duc de 
Bourgoingne. 

Il est terminé par cette souscription , en rouge : 

A tant prent fin ce prefent volume lequel au commandement de hault 
et excellent prince et mon redoubte feigneur lojrs feigneur de la gru- 
thufe et*, et chevallier dhonneur de ma très redoubtee dame madame 
la duchelTe dau triche de bourgongne de Brabant et*, a efte efcript et 
parachiefue a gand en lan de grâce Mil cccc iiii D et deux. 

H existe plusieurs autres manuscrits de cette traduction 
de César, à Bruxelles , dans la bibliothèque des ducs de 
Bourgogne. On en compte plus de six dans celle du Roi. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a3 



xc. 

Le second Livre des anciennes Histoires Romaines, 
translatées de Lucain , Suétone et Salluste. Grand 
in-folio, relié en m* r. , autrefois couvert en velours 
vert, n° 6723. 

Magnifique manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, 
sur 2 colonnes, de 28 lignes chacune, en ancienne grosse 
bâtarde, enrichi d'une grande miniature, qui a a32 m. 
(8 p. 7 1.) de haut, sur 194 m. (7 p. 2 1.) de large, et 
de vingt-six petites, de 99 m. (3 p. 8 1.) de haut, sur 
autant de large. 

La première miniature offroit de chaque côté quatre 
blasons, qui marquoient les alliances de Gruthuyse; ils 
ont été recouverts par les armes de France ; un autre Ta 
été par un porc-épic , emblème de Louis XII. 

Ceux qui portent les noms d'Hoestene ( Woestyne) et 
de Spiere paroissent encore-, ceux de Gruthuyse et de 
Ghistelle n'ont plus que le nom. 

Dans le cadre étoit la devise sur une banderole. 

Dans les ornemens qui relèvent les petites miniatures, 
on voit, aux fol. xvj , un mortier; fol. xix, verso, armes 
effacées; fol. xxiij, bannière effacée; fol. xxxix, idem-, 
fol. 1, armes de la Gruthuyse non effacées; fol. lxvj , 
mortier ; fol. lxvj , la devise Plus est en vous; fol. lxxij , 
armes recouvertes; fol. inj^j, Plus est en vous; fol. 
iiii^xvij, mortier; fol. vj"v, armes effacées ; fol. xvij"iij, 
étendard effacé. 

Les fol. i — iij contiennent une table très brève des 
chapitres ; la voici : 

Cy commence la table des rubrices du Hure de Julius Cefar. 



, - * 



232 BIBLIOTHÈQUE 

Cy oommence la table du fécond liure des anciennes hyftoires des 
rommains tranflatees de latin en francois félon Lucain Suétone et 
ëalulte. 

Au fol. v l'auteur entre en matière par ces mots : 

Chacun homme a qui dieu a donne fens et entendement fc doit pri- 
mer et auifer quil ne gafte le temps en oyfeufe. 

Et il finit ainsi , au fol. ccxx : 

Mouroient de leurs griffes raefmcs dont ilz eurent cefar occis. 
Cy fine le liure des failz de Juliùs Cefar. 

A la lêle du volume , sur un feuillet séparé , on lit : 

Des hiftoyres et Hures en francoys. Au premier pulpiftre par terre 
deuers les foffes. 

C'est une traduction libre des Commentaires de César, 
à laquelle on a ajouté deux Livres. Le premier et le der- 
nier comprennent les premières et les dernières actions 
de ce grand capitaine, tirées des histoires romaines. 
Elle est attribuée, par quelques auteurs, à un Jean Du- 
chesne ou Duquesne , de Lille en Flandre , qui paroît 
n'en être que l'écrivain , et on est d'autant plus porté à le 
croire, que le même copiste a écrit, non seulement ce 
manuscrit, mais encore trois autres : un Quinte-Curce , 
un César, et la Fortresse de la Foi, lesquels sont dans 
la bibliothèque des rois d'Angleterre , au Muséum Bri- 
tannique. (Casley, pages 286, 287 et 295.) 

Il existe de beaux manuscrits de cette traduction de 
César dans la bibliothèque des rois d'Angleterre. (Casley, 
pages 286 et 291.) 

Il y en avoit trois à Anet (le Cat. , p. 7) , et un chçz 
M. de Mac-Carthy. (Le Cat., tom. H, p. 75, n° 4357.) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 233 
Elle a été imprimée , pour la première fois , par Pierre 
le Rouge, pour Antoine Verard, le 22 octobre 1490, 
sous le titre de Lucain , Suétone et Salluste. 

xci. 

Les Commentaires et Chroniques de César. Grand 
in-folio > relié en m. r., autrefois couvert de velours 
vert, n° 6909. 

Manuscrit de la plus grande beauté, sur vélin, du 
quinzième siècle, écrit en ancienne grosse bâtarde, sur 
1 cotonnes, de 28 lignes chacune, et enrichi d'une grande 
miniature, qui a 180 m. (6 p. 8 1.) de haut, sur i85 m. 
(6 p. 10 1.) de large, et de vingt petites en camaïeu gris 
rehaussé d'or; elles portent 99 m. (3 p. 8 l.) de haut, 
sur 72 m. (2 p. 8 1.) de large. Dans le cadre de la pre- 
mière de toutes, sont les armes de Gruthuyse recouvertes; 
on y voit le mortier. 

Prél. 16 feuillets, contenant la table des chapitres. 
Texte, fol. 1 — 270. 

Sur le premier feuillet ou lit : 

Cjr commencent les Commentaires et Cronicqnes de Cefar et premiers 
comment Pompeyus le grant qui eftoit retournes dorient a plaine 
rictoire Craffus et Julius Cefar furent ordonnes ditateurs de tout le 
peuple de Romme et contiennent trois cens lxviij chapitres. 

Âprez ce* que Pompeyus fu retourne dorient ainfî comme tous auez 
ouy deiTus établirent les fenateurs les confeillers et les haultz princes 
de la cite de Rome que Craffus Pompées et Cefar feroyent ditateurs 
du Peuple de Romme. 

Le verso du dernier feuillet est terminé par ces mots : 

Icelluy philippe fu frère a la conteffe de hainau iheh9ne laqle fe 
rendi puis nonne a fontenelles de lez Vallencefnes après le trefpas de 
fon mari le noble fage et vaillant comte guillaume de hainau deffùfdit. 



2 34 BIBLIOTHÈQUE 

Ce manuscrit, ainsi qu'une grande partie de ceux que 

nous avons décrits , vient de la bibliothèque de Blois : la 

place qu'il y occupoit est indiquée sur un feuillet séparé, 

au commencement , ainsi qu'il suit : 

Des hiftoyres et liures en francoyg. Au pulpiftre fécond par terre du 
• couftt derers la court. Blojs. 

Ces trois volumes , qui sont une suite l'un'de l'autre , 
ont été traduits et composés par le même auteur, dont le 
nom est resté inconnu. Dans sa dédicace à Charles-le- 
Hardi , il lui rend un compte détaillé de son travail. Le 
troisième volume est entièrement de lui \ c'est l'histoire 
des empereurs depuis Jules César, ainsi que des papes , 
des rois de France et des ducs de Bourgogne, jusqu'en 
i3a5. 

On lit à la fin d'un autre beau manuscrit du même 
ouvrage , appartenant aux héritiers du prince de Condé , 
et qui porte pour titre Gayus Julius César, selon ce 
qu'ont écrit Suétone , Lucain et Salluste : 

Ce prefent Hure fut efcript et acheue a befdin lan mil iiij c le 
dernier jour doclobre par lordonnance de Anthoine de ChourCTes feig r 
de Maignye et du Bois de Maine confeiller et chambellan du roy et fon 
gouuemcur a bethune. 

XCIL 

La Chronique de Pise , traduite de l'italien en 
françois. Grand in-folio , relié en» m. r. , autrefois 
couvert en yelours noir, n° 8376. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , 
en ancienne grosse bâtarde , sur a colonnes , de 29 lignes 
chacune; contenant 214 feuillets, cotés depuis i — ccxiiij. 
Les sept premiers renferment la table des chapitres et le 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a35 
prologue du traducteur, adressé à Charles-le-Hardi , duc 
de Bourgogne. Il est enrichi d'initiales peintes en or ët 
en couleurs, et de cinq grandes et belles miniatures, qui 
ont 176 m. (6 p. 6 1.) de haut, sur 169 m. (6 p. 3 1.) 
de large. Les pages où sont peintes ces miniatures ont des 
bordures en arabesques , au bas desquelles on voit les 
armes de la Gruthuyse recouvertes. Les miniatures se 
trouvent aux fol. viij , xlvij,, iiij" xix^ cxxix, clvij. La 
devise Plus est en vous se lit , en partie effacée , dans les 
deux dernières bordures. 

Le texte commence ainsi , au recto du 8 e feuillet : 

Pour tant que les fais et hiftoires des an chiens doit len voulcntiers 
oir Kre. ♦ 

Il finit ainsi au recto, seconde colonne, du dernier : 

Cy fine les chronicques des pifans jadiz moult renommez par terre 
et par mer. 

Cette chronique de Pise , qui paroit être celle de Phi- 
lippe Brunacchi, dont le manuscrit se trouve dans la 
bibliothèque Marrucelli à Florence, finit à la mort du 
pape Martin V, et à l'élévation du pape Eugène IV en 1 43 1 . 

Ni l'original , ni la traduction françoise , n'ont été im- 
primés. H existe un manuscrit de la traduction dans la 
bibliothèque des rois d'Angleterre (Casley, p. 290) , et 
un autre très riche d'orneniens r mais qui ne va que jus- 
qu'en i43o, daus celle de Bruxelles. 

XCIIL 

Chroniques de Jean Fftassart. Quatre grands vol. 
in-folio, reliés en m. r. et m. jaune, autrefois cou- 
verts de velours bleu, n°* 65ao, 21, 22 et 25. 



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236 BIBLIOTHÈQUE 

Manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en ancienne 
grosse bâtarde , à a colonnes , de 38 lignes chacune , en- 
richi de superbes miniatures, d'initiales, d'ornemens et 
d'encadremens en or et en couleurs. 

Tom. I. Prél. 9 feuillets, contenant la table des cha- 
pitres , qui porte cette inscription , en rouge : 

Cjr commence la table des rubrices des croniques fire iehan froiffart 
de la guerre et loccafîon dicelle qui fui longuement entre le Roj de 
france et le Roy Edouart dangletcrre et plufieurs aultres leurs fuc- 
cefTeurs. 

Texte, fol. i — ccccxxxiij. On y compte vingt grandes 
miniatures, qui ont, la plupart, 180 m. (6 p. 8 1.) de 
haut, sur 207 m. # (7 p. 8 1.) de large, et vingt-huit pe- 
tites, de 99 m. (3 p. 8 1.) de haut , sur 90 m. (3 p. 4 
de large. Les grandes sont distribuées ainsi qu'il suit : 

Tom. I. Fol. i : dans l'encadrement, les armes et la 
bannière de Gruthuyse effacées , un mortier. 

Fol. xviij , recto , armes recouvertes et banderole 
effacée. 

Fol. lx, recto : dans l'encadrement, mortier, deux 
trompettes , avec drapeau effacé. 

Fol. lxxij, recto, fol. iiij"xvij, verso, armes recou- 
vertes. 

Fol. cxviij, recto, mortier, armes recouvertes, devise 
effacée ; les initiales L M ( Louis , Marguerite ). 

Fol. vij" xvij , verso, un trompette, dont le drapeau 
est effacé. 

Fol. viij" v, verso , mortier, armes recouvertes. 
Fol. viij" xiiij , recto, armft recouvertes, homme ar- 
mé , portant les armes effacées , les initiales L M. 
Fol. ix D , recto , trompette dont le drapeau est effacé. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a3 7 

Fol. ix" vKj , mortier et trompette comme ci-dessus. 

Fol. ccvij, recto, un singe qui tient les armes effacées. 

Fol. ccxxvj , verso, bannière effacée. 

Fol. cciiij iv, verso, armes recouvertes. 

Fol. ce" iiij xij , recto, armes recouvertes, trompette 
dont le drapeau est effacé , un singe qui tient les armes 
non effacées. 

Fol. cccxij , verso, mortier, et la devise. 

Fol. cccxxviij , verso, une bannière effacée, et un 
homme qui tient les armes aussi effacées. 

Fol. ecc" iiij ij , recto , armes recouvertes , bannière 
effacée, un singe qui fouette un autre singe. 

Fol. cçciiij xiij, recto, devise non effacée. 

Fol. ccccvj , armes recouvertes, devise non effacée. 

Tom. II. Prél. 10 feuillets,, contenant la table. Texte, 
fol. i — ccclv, avec treize grandes miniatures aux : / 
Fol. i, armes recouvertes. 
Fol. ix , idem. 

Fol. iiij xx j, verso, trompette, dont le drapeau effacé. 
Fol. iiij" v, mortier, bannière. 
Fol. vj" xv, recto , armes recouvertes. 
Fol. vij" ij , recto , bannière effacée, singe qui fouette 
un homme. 

Fol. vij** viij , verso , singes qui dansent. 
Fol. vij" xix, verso. 

Fol. viij"xj, recto, bannière effacée, les initiales L M. 
Fol. cclvjj recto, bannière effacée, mortier. 
Fol. cclxv, recto , armes recouvertes. 
Fol. cclxxv, verso. 

Fol. cccxlvj, recto, armes recouvertes. 



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238 BIBLIOTHÈQUE 

Tom. III. Prél. 7 feuillets, contenant la table. Texte, 
fol. i — iij c lxxix, avec neuf grandes miniatures et sept 
petites. Les grandes sont aux : 

Fol. i, armes recouvertes. 

Fol. lxij , verso. 

Fol. iiij" ij , verso. 

Fol. cxvj , verso. 

Fol. ij c xj , verso* 

Fol. ij c xlij, recto. 

Fol. ijc iiij» ij , verso. 

Fol. iij c xxj , verso. 

Fol. iij c lj , verso. 

Tom. IV. Prél. 4 feuillets, contenant la table. Texte, 
fol. 6 — 34i , chiffres modernes, avec huit grandes mi- 
niatures et quatorze petites. Les grandes sont aux : 

Fol. 6, mortier. 

Fol. 79, idem. 

Fol. i4i, recto, idem. 

Fol. i53, verso, idem. 

Fol. 176- 

Fol. 220, idem. 

Fol. 24^1 verso, idem. 

Fol. s55, verso, idem. 

Ce manuscrit est un des plus beaux de la bibliothèque 
de Gruthuyse et de ceux du Roi 5 les miniatures en sont 
de la plus parfaite exécution. Le P. de Montfaucon en 
a fait graver quelques unes pour ses Monument de la 
Monarchie française y savoir : du tom. I, celles du folio 
cxviij , recto : entrée d'Isabeau , reine d'Angleterre , à 
Paris. Tom. H, Pl. 4a , p. *33. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 239 

Du fol. iiij" vij, recto : Jean de Montfort et sa femme, 
reçus à Nantes. Tom. H, Pl. 45, p. a56. 

Fol. ex viij , recto : Bataille navale de Grenesai. Tom. II, 
Pl. 46 , p. a5<). 

Fol. cevij , recto : la Bataille de Poitiers. Tom. II, 
Pl. 54, p. ^98. 

Fol. cciiij" iiij, verso : Couronnement du roi Charles V 
et de la Reine sa femme. Tom. El, Pl. a , p. 2. 

M. Johnes en a reproduit plusieurs autres parmi les 
soixante au simple trait dont il a enrichi la belle tra- 
duction angloise qu'il a faite de Froissart. 

Dans les arabesques qui ornent les bordures , le peintre 
a représenté des sujets bizarres et assez plaisans. 

Chaque volume porte au commencement , sur un feuil- 
let séparé : 

Blojs. Des hiftoires et Uures en francoys paît* 4° contre la muraille 
de devers la court. 

Outre les nombreux manuscrits qui existent de Frois- 
sart, on doit principalement distinguer ceux du roi de 
France, des rois d'Angleterre (Casley , p. 394), et celui 
qui se trou voit à Anct (le Cat. , p. 6); mais aucune des 
parties de cette Chronique n'étoit dans la bibliothèque de 
Charles V, ni dans celle de son successeur; ce qui est fort 
étonnant. 

XCIV. 

Les Chroniques d'Enguerran de Monstrelet. In-fol. 
en sa reliure ancienne en veau tanné, n° 8344- 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde , sur 1 colonnes, de 29 lignes 
chacune, et enrichi de six jolies miniatures, qui ont 



?4o BIBLIOTHÈQUE 

i8o m. (6 p. 8 1.) de haut, sur autant de large; de treiUe- 

quatre autres qui n'ont que g5 m. (3 p. 6 1.) de haut, 

sur m. (2 p. 8 1.) de large; de bordures et d'or- 

nemens. 

Il y a six bordures, dans lesquelles on trouve les armes 
de Grulhuyse recouvertes, ainsi que son étendard ou 
sa bannière , qui a été effacée. 

Les fol. chiffrés i à xxvj contiennent la table des cha- 
pitres -, les fol. xxvij à ccccvij renferment le texte, qui 
commence ainsi , au recto du fol. xxvij : 

Premièrement dit Enguerran de Monftrelet. 

La table porte celte inscription , en rouge : 

Cy commence la table des rubriebes de ce prefent volume intitule 
Engucrran de Monftrelet commençant la ou honnourable homme fire 
jeban froiffart laiffa a eferipre des haulz faiz du noble Royaulme de 
france et commence cette hiftoire en lan de grâce mil cccc que les 
grans pardons feoient a Homme et pourfuit en lan xxviij. 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume , 
on lit : 

Des hiftoircs et Hures en francoys pult° 4° contre la muraille de 
deuers la court. 

Quoique ce volume vienne de la bibliothèque de Blois, 
il ne se trouve pas indiqué dans l'inventaire 5 il contient 
la Chronique de Monstrelet jusqu'à la mort du comte de 
Salisbury devant Rouen , assiégé par les Anglois en 1428, 
c'est-à-dire la presque totalité du premier volume. 

Enguerrand , de Monstrelet en Picardie, mourut au 
mois de juillet 1 4^3. Il commence sa chronique à l'année 
i4oo, où celle de Froissart finit, et la conduit jusqu'en 
1 444 - Tout ce que les manuscrits et les éditions con- 
tiennent de faits au-delà de cette dernière année, appar- 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 
tient à des continuateurs , dont le plus moderne , dans 
l'édition de i6o3 , la termine en idi5. 

Parmi les beaux manuscrits qui existent de Monslrelet, 
un des plus remarquables est celui qui appartenoit&u duc 
de la Vallière, et dont la Bibliothèque du Roi a fait l'ac- 
quisition en 1784. Cependant nous croyons qu'un autre 
manuscrit de la bibliothèque de Colbert , n° 82^9 , l'em- 

porteroit sur celui-ci , s'il étoit complet \ malheureuse- 
ment il n'en existe que le premier volume. 

xcv. 

Les anciennes Chroniques d'Angleterre, par Jean 
de Waurin. Douze grands volumes in-folio, m. r. , 
reliés anciennement en 6 vol. en veau tanné. 

Manuscrit de la plus grande beauté, du milieu du quin- 
zième siècle, sur vélin, à 2 colonnes, de 38 lignes cha- 
cune, en ancienne grosse bâtarde. Il est enrichi d'un 
grand nombre de miniatures très curieuses et de la plus 
belle exécution , et de beaucoup d'autres ornemens. 

Tom. I, Part. 1, n° 6748. Prél. i4 feuillets, contenant^ 
la table des chapitres. Le prologue occupe le i5 e . Le texte 
commence au fol. i, et finit au fol. ciiij"i; il est ac- 
compagné de treize miniatures, qui ont 217 m. (4 P-) 
de haut, sur 108 m. (7 p.) de large, et de quatorze pe- 
tites, de u3 m. (4 p. 2 l.) de haut, sur 54 m. (2 p. 2 1.) 
de large. Les pages où se trouvent les grandes sont ornées 
de larges bordures en arabesques entremêlées de fleurs 
et de fruits. Dans le bas de la première sont les armes de 
Gruthuyse recouvertes. Le texte , précédé d'un som- 
maire, commence ainsi : 
Cy commence le premier volume des anchiennes cronicques dangle- 

16 



BIBLIOTHÈQUE 

terre lequel contient en foy fix Hures particuliers defqaelz le premier 
prent fon commencement a dame Albine et dure ce prefent Yolume 
jufques au Taillant Roy Edouard de Windibre auquel Roy le fécond 
Tolume fe commence comme tous orez en pourfuioant cefte matere et 
premiers enfieult un petit prologue pour plus jleremcnt donner a 
entendre cefte euure fequeftre premier chapitre. 

Or doncques pour cefte matere plaifant entammer et mettre a eflect 
il eft a fcauoir que ce premier liure qui contient en foy V chapitres eft 
comme ung préambule et prologue pour 1 entendement et inftruction 
de toute cefte prefente euure. 

Ceft a entendre des quatre volumes de croniques dangleterre jadis 
appellce la baffe Hibernie et depuis par diuerfes guerres et conqueftes 
de gens elle a forty plufieurs noms ceft a fcauoir Albion pour dame 
Albine et Tes feurs filles du Roy Diodicias defqu elles eft faitte mention 
en ce prefent liure pour ce quelles y habitèrent premièrement comme 
tous orez et lui dura ce non dAibion jusques au temps dun prince 
appelle Bru ctus qui la conquift fur les geans qui furent procréez et iflus 
de la Tille ditte Albine et Tes feurs lequel lappella Bretagne la grant 
doultre mer a la différence de baffe Bretagne et depuis un grand 
prince de Saxone nomme Englift et acointance a Vortigier conte de 
Vinceftre lequel fift morir par traifon Conftance filz de Conftantin 
pour eftre Roy et fucceder au royaulme après lui et efpoufa la feur 
dudit Englift lequel le fecourut de xj m hommes contre fes ennemis et 
pour cefte caufe le Roy Vortigier lui donna la terre de kent et la 
feiernourie de tout le pays entièrement dont il le fift Roy et nomma 
fondit royaulme de fon non lequel non ceft a fcauoir engleterre lui 
dure encoires jufques aujourd'hui comme il eft euident. 

Tom. I, Part, n, n° 67495 contenant fol. ciiij" ij au fol. 
cccxxxix, et dix-sept grandes miniatures, et seize petites. 

Ce volume finit à l'arrivée en Angleterre de Robert , 
comte d'Artois, banni de France en i332. 

Tom. H, Part. 1, n° 6750. Préi. 3 feuillets pour la 
table des chapitres; pour texte, fol. iiij au fol. ccxix; 
seize grandes miniatures avec bordures, et une petite. 

Dans la bordure du fol. iiij sont les armes de Gruthuyse 
effacées , ainsi que dans celle du fol. xx , verso , et de plus 
un étendard, sur lequel on lit Plus est en vous; du 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 243 

fol. xxxiiij, recto, de même, la devise effacée ; du fol. xIy, 
verso, avec les armes effacées $ du fol. lxj , de même; 
du fol. lxix, v$rso, de même, et l'étendard ayec la de- 
vise ; du fol. iuj* x , de même ; du fol. iiij" x , de. même ; 
du fol. cj , avec les armes et l'étendard effacés ; du fol. cxv, 
de même-, du fol. cxxxj , avec les armes effacées-, du 
fol. cxliiij, avec les armes et la bannière effacées-, du 
fol. cliij , avec armes effacées, et bannière avec la devise-, 
du fol. clxviij , avec les armes et la bannière effacées; du 
fol. clxxviij , avec armes effacées, et la devise conservée 
sur la bannière ; du fol. ciiij" vj , avec deux bannières -, 
du fol. ciiij" xix, avec des étendards armoriés-, du fol. ccx, 
avec les armes et la devise effacées. 

Tom. II, Part. 11, n° 6751, fol. ccxx , finissant au 
fol. ccccxxv; douze grandes miniatures et trois petites. 

Dans la bordure du fol. ccxx, les armes effacées-, du 
fol. ccxlij, les armes et l'étendard, avec la devise, effacés; 
du fol. ccliij , de même; du fol. cclxix, armes effacées; 
du fol. cciiij" xiij , les armes et la bannière effacées de 
même; du fol. cccxx , de même; du fol. cccxxix, de 
même; du fol. cccxlv, les armes effacées, la devise con- 
servée sur une bannière; du fol. ccclxxj , les armes et la 
bannière effacées; du fol. ccciiij" vj , de même; du fol. 
ccccij, de même-, du fol. ccccxiiij, de deux étendards, 
dont un effacé. 

Ce volume finit à la mort d'Édouard , roi d'Angleterre, 
en 1377. 

Tom. III, Part. 1 , n° 6752. Prél. 8 feuillets, contenant 
la table des chapitres. Texte non chiffré, contenant 191 
feuillets et six grandes miniatures. Dans la bordure de 



244 BIBLIOTHÈQUE 

la première sont les armes de France substituées à celles 

de la Gruthuyse. 

Tom. III, Part, n, n° 6753, contenant i56 feuillets 
non chiffrés , cinq grandes miniatures et une petite. 

C'est par le récit de l'ambassade envoyée par Charles VII 
au duc de Bretagne, que l'auteur termine ce tom. III. 

Tom. IV, Part. 1, ^6754. Pour la table, 9 feuillets-, 
pour le texte, fol. i — cxxxvj. Aux fol. i et Ixxvj deux 
grandes miniatures , avec les armes recouvertes dans la 
bordure de la première. 

Tom. IV, Part. 11, n° 6755, contenant fol. cxxxvij — 
cccxxvj. Quatre grandes miniatures : fol. cxxxv, recto; 
cciij , recto*, cclxij , recto cciiij" iij , recto. 

Il finit à Tannée à la mort de Henri IV, roi 

d'Angleterre. 

Tom. V, Part. 1, n° 6756. Table, 14 feuillets. Texte, 
fol. i — clx; trois grandes miniatures : au fol. i , dans la 
bordure, étoient seize blasons des alliances de Gruthuyse; 
ils ont été effacés , à l'exception de ceux de Vander Aa et 
de Ghistelles , que l'on aperçoit encore ; aux feuillets lix, 
recto , et iiij** xviij , recto , avec les deux mortiers à côté 
des armes effacées. 

Tom. V, Part. 11, n° 6757. Fol. clxj — eccij ; trois 
grandes miniatures : au fol. clxj, recto, où sont les armes 
effacées et un mortier dans la première lettre initiale ; au 
fol. cev, les armes effacées et les mortiers; au fol. cclxix, 
recto, les armes effacées, au-dessus la devise Plus est 
en vous : à coté les mortiers. 

Ce volume est terminé par les secours qu'envoie Char- 
les -VII, en i443 > à la ville de Dieppe, assiégée par les 
Anglois. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 245 
Tom. VI, Part. 1, n° 6758. La table, ia feuillets-, le 
texte , fol. i — clxiiij ; trois grandes miniatures , avec en- 
cadrement. Au fol. i , dans le bas de la bordure, sont les 
armes effacées, à côté les deux mortiers*, autour, trois 
banderoles portant la devise -, une est effacée -, au fol. Ivj , 
recto , les armes effacées , deux mortiers, trois banderoles 
avec la devise , une effacée -, la lettre initiale renferme ua 
autre mortier avec la devise. 

Tom. VI, Part. 11, n° 6759. Fol. clxv — ccciiij"jv 
deux grandes miniatures avec bordures , et cadre -, au fol. 
ccciiij" j , les armes sont effacées , et accompagnées des 
deux mortiers-, il y a trois banderoles avec la devise , dont 
une effacée-, au fol. cclxxvij , les mêmes armes effacées, 
avec les mortiers , et quatre banderoles , sur lesquelles on 
lit la devise ; une seule est effacée. 

Ce volume finit par la lettre qu'Edouard IV, roi d'An- 
gleterre , écrivit aux babitans de Bruges , pour les remer- 
cier de la bonne réception qu'ils lui avoient faite -, elle 
est datée du 29 mai i^i* Nous la rapportons dans la 
note (34). 

Le père de Jean de Waurin, auteur de cette chronique , 
fut tué à la bataille d'Azin court , en i4i5. Il avoit 
épousé Jeanne de Créquy. (Voyez Y Histoire généalo- 
gique, etc., par le P. Anselme, tom. VI, p. 702.) 

Son petit-fils , Philippe de Waurin , à qui elle est dé- 
diée (de i'Espinoy, p. i45, et le P. Anselme, tom. VI, 
p. 705 ) , étoit, suivant un compte de Jean de Vison , de 
i444 » «capitaine, gouverneur et conducteur gênerai de 
m quatre galees , que le duc de Bourgogne mit au port de 
« Venise , pour, avec le grand nave et autres galees que 
« ledit seigneur duc avoit audit port et fait armer, aller 



*46 BIBLIOTHÈQUE 
« contre les infidèles et mescreans » , par lettres patentes 
données à Bruges en avril i444* {Mèm. pour servir à 
l'Histoire de France et de Bourgogne, tom. II, p. 2o5.) 
^Jfean de Waurin dit , dans un prologue qui est très 
curieux ,3pi'îl a commencé sa chronique d'Angleterre vers 
i455, et qu'il la termina au couronnement d'Edouard IV, 
en 1461. Tout ce qui suit cette époque, et qui est ren- 
fermé dans la seconde moitié du sixième Volume , est 
tiré de Monstrelet , avec quelques additions et retran- 
chemens, jusqu'à la mort de Philippe-le-Bon , où il en 
est resté. La nouvelle de cette mort parvint à l'auteur 
lorsqu'il étoit à Londres avec Antoine , bâtard de Bour- 
gogne. La cqptinuation jusqu'en itfli a été écrite, par 
le même auteèr, sur des renseignemens que lui fournit 
le comte de Warwick à son débarquement à Calais, en 
1469. Et il ajoute ensuite, au fol. cclxxiv, verso, du 
vol. n° 6759 : 

Et moy acteur de ces croniques defirant fcauoir et auoir en matières 
véritables pour le parfait de mon euure prins congie au duc de Bour- 
goingne adfin de aller jusques a Gallaix lequel il me ottroya pour ce 
quil eftoit bien aduerty que ledit comte de Warewic mauoit promis 
fe ie le yenoie veoir a Callaix quil me feroit bonne chiere et me bail- 
leroit homme qui madrefcheroit a touz ce que ie vouldroie demander 
touchant ces matières fi fut yers lui ou il me tint ix jours en me faifant 
grant chiere et honneur mais de ce que ie queroie me fut bien peu 
dadreffe combien quil me promift que fe au bout de deux mois ie 
retoumoie vers luy il me fourniroit partie de ce que requeroie et au 
congie prendre de luy il me deûrea de tous poins et me donna une belle 
haquenee ie veoie bien quil eftoit embefongnie daulcunes groffes ma- 
tières et ceftoit le mariage qui fe traitoit de fa fille au duc de Clarence 
frère du Roy Edouard lefqueles fe parfirent yoqt] jours après mon 
partement dedens te chaftel de Callaix. 

Parmi quelques faits curieux et intéressans que nous 
avons extraits de cette chronique, relatifs à Gruthuyse, 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 247 
et que nous avons rapportés dans nos recherches sur ce 
seigneur, on y trouve, au fol. cclj , verso, l'histoire du 
ménestrel qui découvrit la prison de Richard Cœur-de- 
Lion , que l'empereur d'Allemagne , Henri VI , avoit fait 
arrêter à son passage par ses États , lorsqu'il retournoit 
en Angleterre. La voici différemment racontée que dans 
Fauchet (Recueil de t Origine de la Langue françoise , 
page 92) : 

Raifon eft que je tous die du Roy Richard que le duc doterice tenoit 
en prifon de quoy nul ne fauoit nouuelle ou il eftoit fors lui et fon plus 
fecret confeil. Or eftoit ainfy que le Roy auoit nourry ung meneftrel 
denfance qui auoit nom Blondes u fy fe penfa quil le querroit par toutes 
terres fans arrefter fans quil oit aulcunes nouuelles du Roy fy erra 
tant par effranges contrées bien an et demy que onc quil nen ouy nulles 
certaines nouuelles mais enfin ainfy comme dauenture le menoit il entra 
en terre en otherice fy vint au chaftel ou le Roy eftoit en prifon ouquel 
fe herbreg fur une vcfue a laquelle il demanda a qui ce chaftel eftoit 
lequel tant eftoit beaulz et fort foo oftefle lui dift que ceftoit au duc 
dotherice et le meneftrel dift lors belle ofteffe na il ores nulz prifon- 
niers dedans ce chaftel. Certes dift la dame il y a ung paffe quatre ans 
mais nous ne pouuons fcauoir quil eft lequel on garde bien fongneufe» 
ment par quoy nous croions bien quil foit grand feigneur. 

Quant Blondeau oy ces parolles il fut a merueilles lyes et lui fembla 
en fon cuer quil auoit trouue ce quil queroit ne oncques ne fut fy lies 
mais oncques nen fift nul femblant ainfî fen ala dormir jufques au 
jour puis fe leua et fen ala au mouftier prier dieu quil lui aydaft et ce 
fait fen ala au chaftel fy facointa du chaftelain de céans auquel il dift 
quil eftoit meneftrel fy lui fouuint dune chanfon quil auoit eut fini le 
Roy oi lui laquelle il fe prift a jouer aupre dune tour et le Roy 
recongnoiffant la chanfon fe prift a refpondre en chantant. Car il 
chantoit moult bien. Le meneftrel Blondeau oyant le Roy chanter fceut 
yeritablement que ceftoit fon feigneur dont il eult la grigneur joye 
du monde fy fe parti du yergier a tant et Tint en fa chambre ou il 
commença a violer de fa vielle en quoy grandement fe delitoit pour ce 
que au fon dicelle fon feigneur trouue auoit et ainfy demoura illec 
jufques a la Penthecoufte fans ce que nul fapperceuft de fon fait puis 
dift au chaftelain quil fe Touloit partir de la pour retourner en fon 
pays. Car paffe longtemps ny auoit efte Blondeau. Beau fire dift le 



4 

« 



V 



248 - ; BIBLIOTHÈQUE 

chaftelain ce ne feres pas fe m en croyes. Ains demoure* encoires auecq 
moy et je Arou* ferai gran bien* Certes dift Blondeau fire pardonnes 
moy je ne demouroye en nulle manière et lors le chaftelain voyant que 
retenir ne le ^ourroit il luy ottroya fe parti Blondeau du chaftelain et 
tant ala quil Tint en angle terre. Sy dift quil auoit trouue Richard leur 
feigneur en ung chaftel dotherice quil nomma ou le duc le faifoit 
fecretcment garder par le commandement de lempereur dallemagne 
qui le chargeoit daulcun cas mais on ne pouoit fcauoir quoy. 

Quant les amys du Roy Richard fceurent ces nouuelles ilz en furent 
moult joyeulz fy ordonnèrent entre eulz labbe de clugny et guillaume 
Euefque de Ely chancellier d angle terre yroient deuers lempereur pour 
impeterer la deliurance de leur feigneur fe faire le pouoient lefquelz 
eulx venus en allemagn* firent tant deuers lempereur que en la pre- 
fence de fes prelaz et Barons il fift ammener le Roy Richard y lencufa 
des articles qui fenfuiuent. Mais tant ce fut par laduertence du Roy 
de france lequel enuoya a lempereur une grande fomme dor affin quil 
detinft plus longuement le Roy dan g le terre prifonnier en dementiers 
que a fon pouoir il lui tolloit Northmandye. 

Au fol. clxvij du sixième volume , on raconte ainsi la 

mort du comte d'Oxford : 

Le comte doxfort fi eftoit en youllence de faire morir le Roy dune 
dolloreufe mort mais a dieu ne pleut pas car la chofe fut defcouuerte 
par quoy ledit comte fut prins et exécute. Si fut fa mort tele quil 
feofieut et fut mis hault fur un efchaflault adfin que chafcun le Teift 
fi fut affis en une chayr/fcuis deuant lui fut fait ung grant feu demprez 
lequel il fut loyez et attachies roidement et la deuant tout le peuple 
on lui fendy le ventre et furent tirez de fon corps toutes fes entrailles 
puis luy couppa fon humanité et fut tout gefte dedens le feu et aprez 
lui fut cfrachie fon cuyr jus du dos et liure a deux frères mineurs qui 
le recheurent en un drap linge lequel ilz emportèrent et enfeuelirent 
en une chapelle puis fut fon corps efquartele et fes membres pendus 
aux portes de Londres. 

Aucun historien anglois , pas même Fabyan , ne parle 
de ce supplice barbare qu'on fit éprouver à Jean , comte 
d'Oxford, un des chefs du parti du duc de Lan castre. 
Dugdale (Baron., tom. I, p. 197) dit simplement qu'ayant 
été atteint et convaincu , il fut décapité avec son fils 
Aubery, dans la première année du règne d'Edouard IV. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ' a4 9 
X-CVJ- 

Chronique des Guerres advenues en France, en 
Angleterre et en Bourgogne, depuis- l'année i444 
jusqu'en i47*« Grand in-folio, en m. r. , autrefois 
relié en velours, n° 6762. 

Très beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , • 
en ancienne grosse bâtardej, à 2 colonnes , de 37 lignes 
chacune. 

Les dix premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres, qui porte cette inscription, en rouge : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent volume qui traitte 
des guerres et aduenues qui ont efte depuis lan mil iiij c xliiij jufques 
a lan mil iiij c foirante onze es royaulmes de france et dangleterre et 
en tous les pays du duc de Bourgogne. 

On lit au verso du onzième feuillet : 

Gy commence le premier chapitre de ce prefent volume qui parle des 
treues qui furent faittes entre les francois et anglois lan mil iiij c xliiij 
puis dift cornent durant les treues le daulphin mena les francois et 
anglois en allemagne et comment le roy dangleterre efpoufa la fille du 
Roy de Sezille. 

Le douzième feuillet commence ainsi : 

Lan mil iiij c xliiij a la fin du mois dapuril aprez pafques les anglois 
prindrent treues pour xviij mois et fianchicrent la fille du Roy Renier 
Roy de Sezille pour eftre femme du Roy Henri dangleterre en efpe- 
rance que paix fer oit entre les deux roy s. 

En tête de ce manuscrit est une grande et très belle 
miniature, de a3o m. (8 p. 6 1.) de haut, sur 217 m. 
(8 p.) de large-, elle représente une ville assiégée. Les 
instrumens de guerre employés à ce siège sont le canon , 
Tare et l'arbalète. La bordure qui entoure cette miniature 



2 5o BIBLIOTHÈQUE 
offre , avec des arabesques , les armes de Gruthuyse re- 
couvertes , et supportées par deux licornes. Elles étoient 
entourées du collier de Tordre de la Toison-d'Or. On y 
voyoit deux banderoles et la devise Plus est en vous, 
mais une a été effacée. 
Le dernier chapitre a pour sommaire : 

Cy fait mention daulcunes Tilles prinfes par le Roy de Portugal fur 
les Sarafins et dautres befongnes aduenues entre le Roy de portugal 
et les farrafins le jeudi xtj« jour dudit mois daouft de lan deflufdit 
(«47'). 

Et il finit, au fol. cclxj , par ces mots : 

Puis aprez enuoya le Roy faifir la^rille de Tangere que les farafîns 
auoîent laiffie la ou ilz trouuerent beaucoup de biens et dartillerie et 
fi conquefta le Roy plufieurs placés oudit pays dafirican. 

Ezplicit. 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume , 
on lit : 

Des biftoires et liures en francoys Pult° 6° contre la muraille derers 
la court Bloys. 

C'est la suite des chroniques de Monstrelet , commen- 
çant à l'année i444> el finissant par la mort de Philippe- 
le-Bon en 1467, avec la continuation par un autre jus- 
qu'en 147 1 • 

XCV1L 

Chroniques de Charles VII , roi de France , par 
Alain Charetier. Grand in-folio, relié en m. r., au- 
trefois couvert de velours bleu, n° 835o. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 29 lignes 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 25 1 

chacune; il est enrichi dè huit belles miniatures avec 
autant de bordures, de 180 m. (6 p. 8 1.) de haut, sur 
autant de large, et de vingt-deux petites, ayant 95 m. 
(3 p. 6 1.) de haut, sur 104 m. (3 pt 10 1.) de large. 

Les dix premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres, avec cette inscription : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent traitie des chro- 
nicques de très excellent et puiflant roy charles septiefme de ce nom 
Roy de france et premier commence le prologue. 

Ensuite vient le texte au onzième feuillet , qui est dé- 
coré d'une miniature et d'un encadrement , dans lequel 
sont les armes de Gruthuyse entre deux mortiers , et re- 
couvertes de celles de France. La devise Plus est en 
vous y est deux fois répétée. 

Voici le début de l'ouvrage : 

Au nom du Pere et du fîlz et du faint efperit de la glorieufe yicrge 
marie de monfeigneur faint Denis Patron de france et de la béatitude 
celefte fy commence la cronicque du temps de très cbreftien roy Charles 
feptieme de ce nom Roy de france faitte et compillee par moy jehan 
charetier chantre de leglife monfeigneur faint dénis en france et cro- 
nicqueur dudit royaulme ad ce commis ordonne et deppute de par le 
Roy mon fouuerain feigneur combien que a y celle faire fuis et men 
reputte moindre de tous et entre les aultres plus indigne lequel feigneur 
commença a régner et prendre le gouuernement de fon dit royaulme 
incontinent et tantoft après le doloreux trefpas de feu de bonne mé- 
moire fon Pere.' 

Et il finit, fol. cciiij" xvij , verso, de cette manière : 

Et par efpecial commencèrent les pages très fort a plourer. 
Cy fine la cronique du très yitorieux et excellent prince Charles vij* 
de ce nom Roy de france. 

On lit sur un feuillet séparé, au commencement du 
volume : 



252 BIBLIOTHÈQUE 

Des hiftoires et liures en francoys pult« 4° contre la muraille de 
devers la court. Bloys. 

Cette chronique a été imprimée pour la première fois 
par François Regnault, à Paris, en i5a8, in-folio. 

XCV11L 

Examen des Droits que prétendent avoir les An- 
glois sur la Possession du royaume de France. In-fol. 
relié en carton, avec un dos de maroquin, autrefois 
couvert de velours vert, n° 9680. 

Manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, en ancienne 
bâtarde , à longues lignes , au nombre de 28 sur les pages 
entières ; contenant 64 feuillets. Le premier est orné d'une 
miniature, qui a 126 m. (4 p. 8 1.) de haut, sur autant 
de large , et d'une bordure dans laquelle sont les armes 
de Gruthuyse recouvertes-, il commence ainsi : 

Pour ce que plufîeurs a la relation de la vérité dautrui fans auoir 
certaine congnoiffance de la vérité des matières ou a lappetit des parties 
auxquelles ilz font plus affectionez parlent des- queftions et debas qui 
ia par longz temps ont efte et aincoires durent entre les roys et royaumes 
de france et dangleterre tant a caufe des droits prétendus et . que chaf- 
cune des dites parties querele et maintient auoir a la couronne et 
totalité dudit royaume de france en aucunes terres et feignouries auffi 
particulières dicellui et particulièrement au fait de la rupture des 
treues qui fut lan mil quatre cent quarante neuf foùbz timbre et con- 
fiance defquelles les anglois fe dient auoir perdu et leur auoir efte ofte 
par le feu roy Charles le vïy les duché i de Normandie et de Guienne. 

Ce traité est divisé en trois parties : 

La première traite des drois que lesdis Anglois prétendent a la cou- 
ronne et a la totalité du Royaume de france et les moyens par lefquelz 
ilz dient, quilz leur compétent et appartiennent. 

La féconde fi eft es fingulieres terres et feignouries du Royaume que 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 253 

a iiltre hereditalles des Ad g lois prétendent a eulx appartenir et eftre 
leur vray et droit héritage. 

La tierce eft touchant le fait des treues aux anglois moyens deftat 
declairies et que icy deffoubx font aincores plus amplement fpecifiez. 

Sur un feuillet séparé , au commencement du volume , 
on lit : 

Des hyftoires et liures en fraocoys Pult° 3° contre la muraille dcTcrs 
la court. Bloys. 

XC1X. . 

Le Tournoi de Jean de la Gruthuyse en i3g3 
(n. s.). Grand in-folio. 

On trouvera ci-après l'histoire de ce tournoi , et la des- 
cription du manuscrit, p. 265. 

c. 

Le même Tournoi de Jean de la Gruthuyse. In- 
folio. 

Ce manuscrit sera également décrit ci-après, à la suite 
du précédent. 

CI. 

Opuscula varia historica. In-folio; ancien n°9g85j 
nouveau, 6049, des manuscrits latins. 

Manuscrit sur vélib, du quatorzième siècle, en ancienne 
bâtarde, à longues lignes, composé de 98 feuillets. Au 
bas du premier sont les armes de Gruthuyse recouvertes. 

Ce manuscrit est composé de pièces importantes pour 
l'histoire de France et d'Angleterre. En voici le détail : 

i°. Proceffua factus ad coronacionem Régis Riâ poft conqueftura. 
2°. Modus tenendi Parlamentum in anglia. 



2 54 BIBLIOTHÈQUE 



3*. Chronica bona et compendiofa de regibus Angliae tantum a noc 
ufque ad annum chrifti 1377. 
4*. Modus faciéndi duellum coram Rege. 

5°. Ceux font les eftatutz ordenances 2 coftumes a tenir en loft orde- 
nez et faitz p bone auifement 2 deliberacion de nïe très excellent fofierin 
feign le Roy Richard a john duc de Lancaftre fenefchall dengleterf 
Thomas conte deffex a de Bukynghm coneftable dengleterre a Thoms 
de Montbray conte de Notynghm Marefcball dengleterre a des autres 
ù's (feigocurs) contes barons a duresme le xvij jo r de moys de Juill. 
lan du règne nïe fs. le Roy Richard fécond noefifme. 

6°. Ceux sont les ordonnances de les troys batailles a de les deux 
eles du bataille du Roy a fon prol viage en Efcoce lan de fon règne 
Hoeûfme. 

7°. Journal de lexpedition du Roy Edouard III en Ecoffe lan xxiY* 
de fon règne. 

8°. Recueil de pièces où fe trouvent Je traité de Bretigny et dififérens 
actes faits en conféquence tant de la part du Roi de France que de celle 
du Roi d'Angleterre. 76 pièces dont plufieurs font imprimées dans les 
actes de Rymer. 

9 . Quedam relaxacio feS p Regem jfpanie Régi anglie de Vafconia. 

1 o. De treugis fcocie captis anno dni millo ccc mo lvij° apud Berewi- 
cum fup twedam. 

1 1*. Thefe ben the names of worthi gentil m en that comen out of 
Normandye with king Wiilm conquerour the yere of our lord Mil. 
fixti and fix into Englond. 

Ces honorables hommes normands qui suivirent Guil- 
laume. en Angleterre, sont au nombre de deux cent qua- 
rante-trois. La plupart se trouvent compris dans une 
autre liste , tirée d'un manuscrit de Battail Abbay en 
Angleterre, qu'a publiée Duchesne dans son Historia 
nomianorum scriptores, p. ioa3, et où l'on en compte 
trois cent quatre-vingt dix-huit. 

On lisoit autrefois sur un feuillet séparé , au commen- 
cement du volume : 

Des hiftoires et liures en francoys Pult° 3° contre la muraille de 
deuers la court. Blois. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a55 



CIL 

Chroniques de Flandre. Grand in-folio, en m. r., 
autrefois couvert en velours bleu, n° 858o. 

Superbe manuscrit sur vélin , du quinzième siècle, en 
ancienne bâtarde, sur 2 colonnes, de 22 lignes chacune. 
Il est enrichi de vingt-neuf miniatures en camaïeu gris, 
rehaussé d'or, de la plus belle exécution , et dont vingt 
et une ont environ 108 m. (4 p.) de haut, sur 162 m. 
(6 p.) de large-, les autres sont de moindre dimension. 

Les 14 premiers feuillets contiennent la table des cha- 
pitres ; le texte commence au i5*, qui est coté i. La pre- 
mière page est décorée d'une grande miniature , qui , 
seule, est peinte en couleurs; elle représente Charle- 
magne debout sous un dais semé de fleurs de lis, revêtu 
du manteau royal -, il remet à Liederic de Harlebeque , 
premier forestier de Flandre , qui a un genou en terre 
et la tête découverte, les anciennes armes de ce pays. 
Derrière lui sont des espèces de moines , au nombre de 
quatre. La suite de Liederic est composée de six personnes. 
Cette cérémonie se passe dans une salle au fond de la- 
quelle se trouve la porte d'entrée, au-dessus de laquelle 
on lit la devise Plus est en vous. La bordure qui entoure 
cette même page offre les armes de Gruthuyse recou- 
vertes-, elles ont pour supports deux hommes nus affublés 
d'un capuchon et armés d'un bâton. On y voit encore la 
devise , peinte en gros caractères , deux mortiers sur leur 
affût, d'où partent des bombes enflammées; un singe por- 
tant une bannière, et les initiales L M et e — l. Les deux 
premières lettres sont les initiales du nom de Louis et de 
celui de Marguerite , femme de Louis. 



256 " BIBLIOTHÈQUE 

Les miniatures les plus curieuses sont celles du fol. xij, 
recto , où est représenté l'assassinat de CharleS-le-Bon , 
comte de Flandre. La scène se passe dans la galerie de 
la cathédrale de Saint -Donas, à Bruges. Ce comte est 
assailli par sept hommes, ayant à leur tête Bouchart, qui 
fond sur lui l'épée à la main , au moment où il donne 
l'aumône à une pauvre femme. 

Du fol. lij, verso. Elle représente la bataille de Bovines. 

Du fol. iiij" j. Le débarquement de Saint -Louis à 
Damiette. 

Du fol. cxliiij. La bataille de Mons en Puelle. 

Du fol. ccxxiij , recto. La bataille de Crécy. 

Du fol. cclxxiiij. L'armée des Gantois retranchée, en 
i38i , dans un bois entouré de larges fossés, devant les- 
quels ils avoient affmté leurs ribaudequins (canons) et 
aultres engins et trait à main. Vis-à-vis est l'armée du 
comte de Flandre. 

Du fol. cciiij", recto. La bataille de Rosebeke. 

Cette chronique est celle qu'a publiée , en i56a , Denis 
Sauvage, qui a jugé à propos d'en rajeunir le langage et 
d'en supprimer quelques détails intéressans , tels que la 
description des obsèques de Louis de Maie, et la relation 
de- la mort de François Ackerman, en 1387, et de celle 
d'un de ses domestiques , par où elle finit ainsi : 

Et lui miz a torture congneu que au commandement francoîs acre- 
man il auoit feme les paroles .a gand lorfque len traittoit de la paix a 
Lille pour feduire le peuple a rébellion (1 en fut décapite et quartele 
et mis fa tefte fur une lance. 

Cy ûniffent les croniques de flandres. 

Cette chronique se termine précisément avec les der- 
niers événemens racontés dans l'ouvrage intitulé Histoire 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. ' a5 7 
de Flandre, depuis le comte Gui de Dampierre, c'est- 
à-dire depuis 1280 jusqu'en i383, publiée par Jules 
Van Praet, en 2 vol. in-8°, à Bruxelles, en 1828. 

Récit des Obsèques de Louis de Maie, tiré du manuscrit 
ci-dessus. 

Premièrement les ch eu ailiers qui eftoient armez de guerre meffire 
jehan de halewin pour le prochain du corps et fut mené par Engueran 
de le walle et Rogier defpire efcuiers. Monfeigneur de Marcque deuant 
ledit meffire jehan fut mené par Henry de la belle et iehan gonier 
efcuiers. Monfeigneur de Mamynes deuant le feigne ur de Marcque fut 
mené par jehan de la pierre et faufet de frefin efcuiers. Monfeigneur 
iehan du moulin deuant le feigneur de Mamynes fut mené par Godef- 
froy de noielle et henry de la Vacquerie efcuiers. 

Deuant ceulx de guerre alerent les cheualliers qui portoient les armes 
du tournoy meffire Pierre de bailleul deuant monfeigneur iehan' du 
moulin lequel fut mené par iehan de loyeghem et lammequin le ma- 
refchal efcuiers. Meffire fohier de gand deuant mefT. pierre bailleul 
mené par ftaflart de wanes et par guyot de longpre efcuiers le feigneur 
de leuthencourt deuant meffire fohier mené de gand et mené par gerard 
de loieghem et par Roland de yfeghem efcuiers meff. bugues daraines 
dit le chenu deuant luy le feigneur de leuthencourt mené par huart 
de loyeghem et par michel de* la barre efcuiers. 

Senfuiuent ceulx quy portèrent les banieres de guerre. Premièrement 
meffire franchois de hauefquerque deuant meffire iehan de laigle dit le 
borgne de brymeu. Meffire goffuin le fauuage deuant celluy meffire 
franchois meffire lancelot de la perfonne deuant ledit meffire goffuin 
meffire iehan Belle deuant ledit meffire lancelot. 

Senfieuuent les cheualliers qui portèrent banieres de tournoy. Pre- 
mièrement meffire mathieu de humieres deuant meffire iehan de Laille 
le feigneur desabiaulx deuant meffire thierry de la barre deuant le 
feigneur desabiaulx et meffire iehan de Paris deuant meffire thierry 
de la Barre. 

Senfuiuent les noms des feigneurs qui aidierent a porter le corps 
dudit conte. Premièrement admirai de france au deftre cofte deuant le 
feigneur de guiftelle a feneftre monfeigneur Walleran de Rayneual 
après a dextre le chaftellain de difquemude a feneftre meffire anfel de 
falins après a dextre le feigneur de drueul a feneftre. 

'7 



2 58 'BIBLIOTHÈQUE 

Apres fenfieuuent les noms des cheualliers qui aydierent a porter le 
corps de la contefle de flandres depuis la porte des malades a Lille 
jufques a leglife collégiale de Saint Pierre. Premièrement le feigneur 
dé fully au deftre cofte deuant le feigneur de chaftillon a feneftre 
'après le marefchal de Bourgoingne a deftre et meflîre gerard de guiftelle 
a feneftre en après derrière raeffire henry danthoing a deftre et meflîre 
ieban de la Houftrdie chaftellain de furnes. 

Senfieut loffertoire du jour de lendemain et premièrement les efeus 
de guerre le duc Philippe de Bourgoingne le premier efeu et fut porte 
fon efeu par les feigneurs de la gruthufe et de Raynneual lequel efeu 
fut tenu par Lammequin de la contrée et par iehan de pontaillie 
efeuiers le feigneur dEu et monfeigneur Philippe de Bar leur efeu fut 
tenu par Gille de le Bieft et Robert de Florigny efeuiers. Monfeigneur 
de la Marche et monfeigneur Philippe dartois leur efeu fut tenu par 
guillaume de le Harfele et le borgne dennequin efeuiers. Monfeigneur 
guillaume de Namur les efeuiers tenant leurs efeus furent alleamme 
de Cambrenart et gerardin de la mandife. Les efeus de tournoy le 
feigneur dEnghien et monfeigneur iehan de namur fi fut leur efeu 
tenu par engueran de Pouques et par henry de Mifly efeuiers. Monfei- 
gneur jacques de Chaalon et meflîre jehan daubigny feigneur de la 
ferc leur efeu tindrent jehan de hallewin et oudinet de chazeron 
efeuiers le feigneur danthoing et le feigneur de guiftelle leur efeu 
tenoient jehan de freilnghen et danyel de Bourgeroles efeuiers le fei- 
gneur de Sully leur efeu tenoient triftan de Lambrei et jehan le 
Combiart efeuiers. 

Senfiuent ceulx quy offrirent les deitriers de guerre premièrement 
monfeigneur le grant bailly de haynnau et monfeigneur iehan de Chas- 
tillon le premier deftrier monfeigneur de walleran de Rameru et le 
chaftellain de difquemude. Le fécond monfeigneur dauzi le tiers le 
feigneur de Briftoul et le feigneur de brymeu le quart. Senfieuuent 
les deftriers de tournoy premièrement monfeigneur henry et monfei- 
gneur gerard de guiftelle le premier monfeigneur jehan de montigny 
et meff. gerard de Raifeghem le fécond le feigneur de la hamaide et le 
chaftellain de furnes le tiers le feigneur de faigneul le quart. 

Senfieuuent ceulx qui offrirent les glayues de guerre lamiral de 
france pour le premier le feigneur de Ray le fécond le marefchal de 
Bourgoingne le tiers le feigneur de Sempy le quart. 

Senfieuuent ceulx qui offrirent les heaulroes de guerre le feigneur 
de Vilîers et le feigneur de Mailly pour le premier monfeigneur Anfeau 
de Salines le fécond meflîre jehan de opinghem et le chaftellain de 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 2% 

faint omer le tiers meff. guyon de guiftelle et meCf. legallois dannoy 
le quart. 

Senfieuuent ceulx qui offrirent les heaulmes de tournoy. Monfeigneur 
jofle de halewin et monfeigneur oliuier le huiffîer le premier le fei- 
gneur de la chapelle et meffire iehan de mournay fécond lç feigneur 
de Blefbeque et le feigneur de lalain tiers meffire iehan de jeumond 
et meffire triftan du bois iiij*. 

Senfieuent ceulx qui offrirent les banieres de guerre. Meffire gerard 
de hallewin et meffire Lionnel dauaynes le premier meffire iehan de 
blafy et meffire gheldolf de la gruthufe le fécond Meffire orignois de 
ligney et meffire iehan de difquemude et meffire guillement de la dite 
quatriefme. 

Senfieuuent les noms des feigneurs quy mifrent le corps du conte 
loys en terre ladmiral de franc© le feigneur de ghiftelle meff. walleran 
de Rayneual le chaftellain de difquemude le feigneur de Ray et meffire 
anfel de falines. 

Senfieuuent les noms de ceulx qui mifrent le corps de la conteffe en 
terre. Premièrement le feigneur de fully le feigneur de chaftillon le 
marefchal de bourgoingne meffire gerard de gu if tel le meffire henry 
danthoing et le chaftellain de furnes. 

cm. 

Chronique de Hollande, de Zeelande et de Frise, 
par Jean de Beeke. Grand in-folio, couvert de 
velours tanné, n° 8585. 

Beau manuscrit sur vélin , du quinzième siècle , écrit 
en ancienne grosse bâtarde, sur 2 colonnes, de 29 lignes 
chacune. Il est orné de grandes miniatures, de 180 m. 
(6 p. 8 1.) de haut, sur 176 m. (6 p. 6 1.) de large, et 
d'autant de bordures , et de seize petites miniatures , de 
95 m. (3 p. 6 1.) de haut, sur 77 m. (2 p. 10 1.) de 
large. 

Prél. 7 f. de table, avec cette inscription, en rouge : 

Cy commencent les rubrices des chapitres de ce prefent volume inti- 
tule de hollande de zeellande et de frife tant des evefques comme des 
comtes dy ceulx pays. 



a6o BIBLIOTHÈQUE 

Texte, fol. i — clxj . Le premier est enrichi d'une grande 
miniature, et d'une bordure où Ton voit les armes de 
Gruthuyse sous celles de France. 

Le texte commence ainsi : 

Reuerens Pères et très excellens princes et feigneurs mefTeigneurs 
jehan euefque de leglife de uutrech et guillaume duc Palatin ou prince 
de Hollande jehan de Beeke clerc fafois ce que indigne pair joye et 
falut nous defirons les prefentes croniques compiler et defcripre de- 
clairons et faifons fcauoir a touz magnifîcens et comme les prefens 
geftes et vies des fains Pères euefques de leglife de uutrech et les cora- 
geux et eureuz Princes de hollande lefquelz jadis auons quis et cueillie 
de plufîeurs hiftoires croniques liures priuileges dittiêrs et epiftres 
Aegmond par grant eftude et deligence et défia y auons vacque pref- 
que par continuelle folitude aucuneflbiz allez laboricufe lefpaffc de 
fept ans et ce auons voulen tiers fait affin que par diifaulte et non- 
challence des Cronographes ceft a dire de ceulx qui fe méfient defcripre 
les croniques la mémoire de fi excellens princes ne fut reduicte et 
foubzmife a oubliance. Jeuffe peu ces geftes diuifer ou defcripre en 
deux parties affauoir les geftes des ecclefiaftiques dune part et les geftes 
des princes feculiers de lautre pour ce quilz font tellement entremêliez 
que nullement ne fe peuuent defioindre que en faifant mention des 
ungs on ne mentionne les autres nous auons la prefente hiftoire en 
brief et legier ftille compile et defcript des faiz des ungs et des 
autres 

Comment granis conful et antoine tribun pour efcheuer la tyrannyc 
de lEmpereur Néron vindrcnt arriuer ou pays quon dift maintenant 
hollande. 

Cette chronique finit au fol. 161, verso, par ces mots : 

Et le meifme an lcuefque florent morut (en i393). 
Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoires et liures en francoys Pult° 4° contre la muraille de 
devers la court. 

L'auteur , Jean Van Beek , issu d'une famille noble 
d'Amersfort, et chanoine d'Utrecht, vivoit dans le qua- 
torzième siècle. Son ouvrage a été imprimé deux fois 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 261 
en langue latine. Il en existe une ancienne traduction 
hollandoise par un auteur inconnu, qui Ta continuée 
jusqu'en ifo6. Matthœus Ta imprimée dans le tom. OT, 
p. 1 — 4°7j de ses Analecta veteris œvi. La traduction 
françoise est également anonyme, mais elle n'a point vu 
le jour. 

Il y en a un second manuscrit avec miniatures à la 
Bibliothèque du Roi. 

civ. 

Voyage de Jean de Mandeville, Ànglois, en Asie, 
etc. , tel qu'il Ta descrit à Liège en langue gauloise, 
Tan 1 555, sur vélin , avec les armes de M ro Louys de 
Bruges, seigneur de la Gruthuse, au bas de la pre- 
mière page. In-4°- 

Ce manuscrit, annoncé comme ci-dessus, se trouvoit 
chez Meerman. (Bibl. Meerman., tom. IV, p. i5a, 
n° 885 5 vendu 4o fl.) 

Le voyage de Mandeville a été d'abord composé en 
françois , et traduit dans presque toutes les langues de 
l'Europe. La première édition françoise est de Lyon, 
faite à la requête de Bartholomieu Buyer, le 8 février 
1480, in-folio. 

cv. 

Le Livre de Jean Boccace , du Déchiet des nobles 
hommes, traduit en françois. Grand in-folio, relié 
en mar. r., autrefois couvert en velours rouge, 
n° 68oo> 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle, sur 



*6a BIBLIOTHÈQUE 
2 colonnes , de 44 lignes chacune. Il est enrichi d'une 
grande et belle miniature, qui a 217 m. (8 p.) de haut, 
sur 162 m. (6 p.) de large, et de neuf petites, de 90 m. 
(3 p. 4 !•) de haut, sur 95 m. (3 p. 6 1.) de large. 

Ou voit dans la bordure de la première page les armes 
de Gruthuyse recouvertes. 

Il contient ciiij** iij feuillets chiffrés. Le premier com- 
mence ainsi : 

Aprens cheualier ceft euure emprainte de mon engiu en quoy font 
traittiez les malheureufes fortunes et fins des nobles hommes et femmes 
en efpecial ceft euure a efte longuement deuers moy oyfeufe car il ne 
pouoye accorder auec moy affin quil donnaft aucune beaulte a fon 
nom 

Le texte commence ainsi , au fol. iij : 

Quant ie difcours en ma penfee les plourables maleuretez de nos 
premiers Percs affin que ie preuiiîe de la multitude les trefbufchiez. 

Et il finit de cette manière : 

Et fe aduient que vous cheyez que len ne voye que ce neft mye 
par voftre difîaulte mais par la Rudeffe de fortune que toutes chofes 
tourne. 

Cy fine bocace fon liure du dechiet des nobles hommes. Deo gracias. 

Cette traduction est de Laurent de Premierfait -, il la 
dédia à Jean, duc de Berry, fils de Jean , roi de France, 
le i5 avril 1409. L'épître dont il accompagna l'hommage 
qu'il en fit ne se trouve point dans ce manuscrit ni dans 
les éditions qui en ont été faites , et dont la première est 
de Paris, Jean Dupré, le 16 avril i483. 

L'édition que Colard Mansion a donnée de cet ouvrage, 
à Bruges, en 1476, Ta été d'après une traduction qui 
diffère d'autant plus de celle-ci , qu'elle a été très abrégée 
par le nouveau traducteur. (Voyez la Notice sur Colard 
Mansion, p. 27.) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 263 
Parmi la grande quantité de manuscrits qui ont été 
faits de la traduction de Laurent de Premierfait , et qui 
sont au nombre de plus de quatorze à la Bibliothèque du 
Roi, on doit distinguer ceux des rois d'Angleterre (Casley, 
p. 3o4), du château d'Anet (le Cat., p. 12), les deux 
du duc de la Vallière (le Cat., tom. DI, p. 36g, n°* 56oi 
et 56oa), de Mac-Carthy (le Cat., tom. H, p. i35, 
n° 5395) et plusieurs de la Bibliothèque du Roi et des 
ducs de Bourgogne , à Bruxelles. 

Dans celui de la maison àt Condé , qui est orné de 
grandes et belles miniatures, on lit : 

Et eft ce prefent liure fait et contrefeript a loriginal dudit Laurent 
tranflateur dicelluy liure de latin en francoys fait par moy iacob Te- 
neyken lan mil cccc lxv. Fait et accompli le mercredi le v* iour de 
feurier. Deo gracias. 

A la fin : 

Ce liure de boccace des cas des nobles h5mes maleureux eft au duc 
de Nemours conte de Lamarcbe. 

Signe Jagries pour Lamarche. 

cvi. 

Plusieurs Remontrances par manière de Conso- 
lation adressées à la Reine, fille du roi de Naples. 
Petit in-folio, relié en m. r. , autrefois couvert de 
velours, n° 7427. 

Beau manuscrit sur vélin, du quinzième siècle,. écrit 
en ancienne grosse bâtarde, à longues lignes, au nombre 
de 20 sur les pages entières , et enrichi de deux minia- 
tures, qui ont environ ifa m. (5 p. 3 1.) de haut, sur 
122 m. (4 p- 6 1.) de large. 



a64 BIBLIOTHÈQUE 

Table des chapitres , fol. i — vj , ayant pour sommaire : 

Cy commence la table des rubrices de ce prefent traittie intitule de 
plufieurs remonftrances félon le ftile de jehan Bocace par manière de 
confolation adrefchans a la Royne dengleterre fille a Régnier Roy de 
Naples de Cecille et de Jherufalem. 

Texte, fol. vij — ixxv. Le premier féuillet, au bas 
duquel sont les armes de Gruthuyse recouvertes, com- 
mence ainsi : 

Une dame nagueres démenant grant duel en foy complaignant a moy 
de fortune que dure et paruerfe lui auoit procure fe difoit importable 
annui et donne non en fon eftat confufe morfure. 

A la fin : 

Cy fine ung moult autenticque traittie félon le ftille de Jeban Bocace 
pour par lettres remonftrances redreiïier par le cas et de plufieurs 
maleureux nobles et aultres une defolee royne dangleterre exillee. 

Sur un feuillet séparé on lit : 

Des hiftoyres et liures en francoys pult° 2° contre la muraille de 
deuers la court. 

M. Buchon (Collection de Chroniques, chronique de 
J. Lalain, p. xij de la Notice) a parlé de ce manuscrit. 

C'est l'ouvrage de Georges Chastelain , intitulé le Tem- 
ple de Jean Boccace, de la Ruine d'aucuns nobles mal- 
heureux. Il le composa pour consoler dans son malheur 
Marguerite d'Anjou, femme de Henri VI, roi d'Angle- 
terre, qui fut chassée par la faction de Warwick, et con- 
trainte de fuir, en 1471? avec son fils Edouard IV, à la 
cour du duc de Bourgogne. 

Ce traité a été imprimé pour Galiot Dupré, en i5i7, 
in-folio. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 265 



DESCRIPTION DU TOURNOI 

DE JEAN DE LA GRUTHUYSE, 

ET DU MANUSCRIT QUI LE CONTIENT. 



Ce tournoi fut fait à Bruges, le 1 1 mars i3g3 (n. s.) , 
par Jean , seigneur de la Gruthuyse , tenant , et par le 
seigneur de Ghistelles, assaillant. Ils arrivèrent au lieu 
du combat , sur le Grand-Marché de la ville , l'un , accom- 
pagné de quarante-neuf chevaliers; l'autre, de quarante- 
huit , tous issus des premières familles du pays. 

Rien ne nous apprend quel étoit ce seigneur de Ghis- 
telles , adversaire de la Gruthuyse , et dont la famille 
ancienne, puissante et illustre, étoit alliée à cette der- 
nière maison. Sanderus (Fland., tom. II, p. a5i) et 
l'auteur des Annales de Bruges (tom. I, p. 471) l'appel- 
lent Wolfart. Est-ce Jean, sixième du nom, qui se trouva 
à la bataille de Poitiers en i356, soutint le siège d'Aude- 
naerde en 1379, suivit Charles VI, roi de France, dans 
son expédition contre les Flamands conduits par Jean 
d'Artevelde , combattit à la bataille de Roosebeke , le 
27 mai i382 (uénn. de la Belgique, p. 173), et qui 
mourut en i4o5 , ou bien son fils , dit le Grand, septième 
du nom , tué à la bataille d'Azincourt en i4i5 , ou enfin 
Jean, fils de celui-ci, grand-veneur de Flandre, mort 
avant son père ? 

Si c'est un Wolfart dont le blason est avec ceux des 



266 BIBLIOTHÈQUE 
chevaliers qui combattirent contre Gruthuyse , on n'est 
pas moins embarrassé de savoir qui il étoit; dans les deux 
généalogies de Ghistelles qu'on a été à portée de consulter, 
on n'en trouve que deux de ce nom , mais existant à une 
époque trop antérieure au temps du tournoi pour qu'on 
puisse identifier l'un ou l'autre avec celui dont il est 
question. 

L'un étoit second fils, suivant le manuscrit d'Hozier, 
de Jean, sire de Ghistelles et de la Woestine, grand-cham- 
bellan de Flandre, mort en i3i6, et qui épousa, en 1289, 
Marie de Luxemboarg, morte en 1337. Ce Wolfart, au 
rapport de Meyer (Ann., fol. i4o, recto), étoit un des 
seigneurs flamands qui se joignirent, avec le duc de Bra- 
bant, à Édouard III, roi d'Angleterre, et s'engagèrent, 
en i33g , dans l'alliance des Flamands et de ce monarque 
contre la France. Il étoit échevin du franc de Bruges en 
1357. (Sanderus, tom. H, p. i85.) 

L'autre Wolfart de Ghistelles étoit seigneur de Wan- 
drupel , et troisième fils de Jean III du nom , mort en 
1280 ou 1395, et dont la sœur Marguerite épousa Gel- 
dolphe de Bruges, seigneur de la Gruthuyse. (Rec. gé- 
néalogique de Familles des Pays-Bas, tom. I , p. 1 56.) 

Dans la généalogie de Ghistelles donnée par Butkens, 
il n'est question d'aucun seigneur du nom de Wolfart. 
( Troph. du Brabant, tom. H, p. v des Add.) 

Ce fut d'après l'ordre et les formes observées dans ce 
tournoi , et généralement suivies à cette époque en Flan- 
dre, en Allemagne et en France, que René d'Anjou, roi 
de Sicile , grand amateur de spectacles et de fêtes , com- 
posa par la suite un Traité des Tournois, dans lequel il 
réunit les lois, réglemens, usages, cérémonies et détails 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 267 
observés dans ces exercices, qui avoient l'avantage d'ac- 
coutumer de bonne heure la jeunesse au métier des armes. 
Il l'adressa à son frère Charles d'Anjou, comte du Maine. 
Comme tout ce qui s'étoit passé au tournoi de i3g3 (n. s.) 
étoit rapporté dans l'ouvragé de René , Louis de la Gru- 
thuyse , pour honorer la mémoire de son père, et entrete- 
nir parmi les chevaliers de son temps l'habitude des armes 
et des combats, en fit faire une copie avec des peintures, 
et il y ajouta les noms ainsi que les blasons de tous les 
combattans. Et afin qu'aucun honneur ne manquât à un 
aussi beau travail, il conçut le projet de l'offrir au roi 
Charles Vin ; projet qu'il eut bientôt occasion de réaliser, 
ayant été, en 1489, compris dans le nombre des députés 
envoyés par les États de Flandre à ce monarque , qui 
s'étoit rendu médiateur, d'après les articles de la paix con- 
clue le 22 juillet de la même année , entre Maximilien et 
les Flamands. Cette députation étoit composée de vingt- 
six personnes -, voici leurs noms : 

L'abbé de Saint-Bavon , de Gand , et celui d'Oudèn- 
bourg -, Pierre van Houtte , prévôt de Ronse , et chanoine 
de Saint-Donas de Bruges $ Lieven de Jonckheere , cha- 
noine de Cassel ; mess. Louis de Bruges, seigneur de la 
Gruthuyse ; mess. Wouter, seigneur vander Gracht-, mess. 
Jean van Stavele, seigneur d'Ysegem-, mess, de Baenst, 
seigneur de Lembeke; Arnaud vander Beke, docteur en 
droit canon et civil; maître Jean de Beer-, mess. Adrien 
Vilain , seigneur de Rassegem ; Jean Coppenolle ; Lieven 
de Moor-, Jean van de Walle ; maître Lieven Zoete, pen- 
sionnaire de Gand ; mess. Jean van Nieuwenhove Jean de 
Keyl-le-Vieux-, Corneille van Halewyn ; Pierre van Riems- 
lede ; Pierre van Bassevelde , pensionnaire de Bruges ; 



a68 ÉIBLIOTHÈQUE 
mes*. Colard van Halewyn -, seigneur van Boesingen -, 
Antoine vander Fonteyne; maître Jean van Ravecourt, 
et maître Jean de Coene, pensionnaire d'Ypres. 

La députation partit de Bruges le 20 du mois d'août. 
En arrivant en France elle apprit que le Roi s'étoit rendu 
à son château de Plessis, au Montilz-lès-Tours ; elle ne 
tarda pas à s'y transporter, ainsi que les négociateurs de 
Maximilien. Elle resta en France plus de trois mois et 
demi , et ce ne fut que le 5 décembre qu'elle revint à 
Bruges, accompagnée de Tévêque de Paris, de l'abbé de 
Saint-Denis , et de plusieurs seigneurs françois. 

Le seigneur de la Gruthuyse profita de son séjour en 
France , et de l'accès que sa qualité de député lui donnoit 
auprès du Roi , pour lui faire hommage de son manu- 
scrit, auquel il fit ajouter, en forme de frontispice, une 
peinture où se voit la cérémonie de cette présentation. 

Première Miniature, au fol. 1 , recto. 

Le roi Charles VIII, avec l'air de jeunesse qu'il devoit 
avoir à l'âge de dix-sept ans , est représenté assis sur son 
trône , revêtu d'un manteau bleu semé de fleurs de lis , 
doublé et garni d'hermine. Il est décoré du collier de 
Tordre de Saint-Michel, et porte sur la tête une couronne 
d'or. Il tient de la main droite un long sceptre doré ; de 
l'autre il reçoit des mains de Louis de la Gruthuyse le 
volume du tournoi , couvert en velours noir, et garni de 
clous et de fermoirs de cuivre doré. Louis de la Gru- 
thuyse est à genoux, et vêtu d'une longue robe de velours 
noir garnie de marte. Le collier de Tordre de la Toison- 
d'Or est passé autour de son cou -, son bonnet ou chape- 
ron noir, orné d'un diamant , est placé devant lui , sur 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 269 
les marches du trône. Ses traits annoncent un vieillard 
(il pouvoit avoir soixante-dix ans à cette époque); ses 
cheveux, comme ceux du Roi, tombent sur ses épaules. 
Les quinze personnages richement habillés, qui sont de- 
bout derrière lui , paroissent être une partie de la dépu- 
tation qui Ta accompagné. 

A la droite du trône sont également debout, au nom- 
bre de neuf, les officiers et les seigneurs de la cour de 
Charles VDI. Celui qui est sur le devant tient un faucon 
sur le poing de la main gauche, et dans la main droite 
une patte d'oiseau ; il est ceint d'une épée , et porte en 
écharpe une grosse chaîne d'or. On voit à ses côtés un 
lévrier blanc avec un collier rouge orné ; c'est peut-être 
Jacques Odard , alors grand-fauconnier de France , que 
l'on a voulu représenter. 

Le trône du Roi , dont le fond est bleu , est parsemé 
de fleurs de lis. Les m on tans, en rouge, sont chargés de 
son chiffre, formé d'un K couronné d'or; au-dessus du 
dais sont les armes de France, supportées par deux anges 
peints en or. Sur le tapis, pareillement bleu, qui couvre 
les marches, est couché un autre lévrier. Un 6econd tapis 
étendu par terre offre, dans des compartimens , les armes 
de Flandre, qui sont d'or au lion de sable. Au travers 
des croisées de l'appartement où se passe cette cérémonie, 
et sur les lambris duquel on lit les mots viue Le Roy > 
on aperçoit dans le lointain un vaste et beau château : 
sans doute celui de Plessis-lès-Tours. 

Au bas de la miniature qu'on vient de décrire, et qui 
a 288 m. (14 p. 8 1.) de haut, sur 262 m. (9 p. 81.) 
de large , on lit les vers suivans , écrits en ancienne 
bâtarde : 



270 BIBLIOTHÈQUE 



Pour exemple aulx nobles et gens dormes 
Qui appettent les faitz darmes hanter 
Le fire de Gruuthuufe duyt es armes 
Volut au roy ce liure prefenter. 

Deuxième et troisième Miniatures, aux fol. iij , verso, 
et iiij , recto. 

Elles représentent les seigneurs de la Gruthuyse et de 
Gliistelles armés de pied en cap , couverts de leur cotte 
d'armes : le premier, monté sur un cheval blanc; le se- 
cond, sur un cheval brun ; lesquels sont caparaçonnés des 
armes de ces seigneurs , qui s'élancent l'un sur l'autre 
pour se frapper de leur épée. L'heaume de Gruthuyse, 
qui est baissé, a pour cimier une tête et col de bélier 
d'argent , accorné d'or entre un vol d'hermine de trois 
rangs d'argent, avec achement et bourrelet d'argent et 
de gueules. Sa lance est pendue à son côté: son cheval 
porte sur sa tête le même cimier. L'heaume de Ghistelles 
a une tète et col de chèvre d'hermine, accornée d'or, 
entre deux pennes d'hermine , avec achement de gueules 
et d'hermine , bourrelet d'or, d'argent et de gueules. 

Quatrième et cinquième Miniatures, aux fol. vj, verso, 
et vij , recto. 

Ces deux miniatures représentent le roi d'armes de 
Gruthuyse et celui de Ghistelles , revêtus de la cotte 
d'armes, armoriée de l'écu de leur seigneur; ils sont, 
l'un , sur un cheval brun ; l'autre, sur un cheval blanc, 
et proclament, à cri, chacun de son coté, à l'entrée de la 
barrière, le tournoi qui doit être frappé. 

Le roi d'armes de Gruthuyse porte la devise de ce sei- 
gneur, Plus est en vous. Derrière chacun d'eux est un 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 271 
trompette : celui de Gruthuyse est sur un cheval brun ; 
celui de Ghistelles sur un cheval blanc. Ils annoncènt au 
son de cet instrument, orné de l'étendard des deux com- 
battans, la même fête. 

Sixième Miniature, fol. iiij, verso, et fol. y, recto. 

On y voit représenté les blasons des chevaliers du coté 
de la Gruthuyse. 

Septième Miniature , fol. v, verso, et fol. vj , recto. 

Elle offre les blasons des combattans du côté du sire 

de Ghistelles. 

Au fol. iii, recto, on lit ce qui suit : 

N lan de nOtre feigneur mil trois cens 
■p quattre vingz et douze le onzième jour 
du mois de mars fut faiz ung tour- 
jioy en la ville de bruges. Par très bault 
et puiffant feigneur Mon feigne ur de la gruthufe 
appellant dune part. Et très hault et puiffant 
feigneur roonfeigneur de gbiftelle deffendant 
dautre part lefquelz tournoyeurs ont en enfuiuât 
lordre et manière des tournoysaccouftumez cy def 
foulz rais leurs armes tymbres et leurs noms 
tant feullement comme len pourra reoir. Pour 
ce que toutes les ordonnances appartenans Ung 
tournoy font cy dedens pourtraictes et figurées 
pourquoy ie me tais quant a prefent de ne plus 
parler. 

Dans l'initiale E est la devise Plus est en vous, Meer 
es in hu. 

Les armes des combattans sont peintes sur un champ 
d'or *, chaque écu est surmonté de son cimier, composé 
du timbre, du capuchon de l'écu et d'une banderole, 
sur laquelle on lit le nom du tournoyeur. Cette bande- 



272 BIBLIOTHÈQUE 
rôle est en or du côté de la Gruthuyse , et en argent du 
côté de Ghjstelles. Plusieurs écussons sont accollés de la 
bannière armoriée des armes du seigneur qui étoit cheva- 
lier banneret, c'est-à-dire qui avoit obtenu de son sou- 
verain la permission de lever bannière, sous laquelle 
étoient obligés de ^e ranger ses vassaux appelés au ban de 
guerre. Les écussons de ceux qui ont combattu sous le 
seigneur de la Gruthuyse sont disposés sur cinq lignes 
horizontales; ils forment un tableau en deux feuillets, 
qui sont placés, dans le manuscrit, en regard l'un de 
l'autre. Ils ont ensemble 469 m. (17 p. 41-) de large, 
sur 638 m. (2 p. 7 1.) de haut. 

Les blasons des chevaliers qui combattoient avec le sei- 
gneur de Ghistelles sont rangés de la même manière. 

Les seigneurs dont on va lire les noms étoient tous 
parens, alliés ou amis, et non pour la plupart vassaux, 
comme l'assure Sanderus (Fland. ill., tom. H, p. a5i), 
de Gruthuyse et de Ghistelles, sous lesquels ils tour- 
noyèrent. Cet historien a commis une erreur plus grave 
en fixant l'époque de ce tournoi au 11 mars i38a, dix 
ans plus tôt qu'il n'eut lieu. 



CE SONT CEULX QUI ONT TOURNOYES SOUBZ LE 
SEIGNEUR DE LA GRUTHUSE. 

Première ligne. 

1. De Bastaert Parts. 

Fascé d'argent et de gueules , chargé de quatre sau- 
toirs d'or, au bâton de sinople, posé en barre. 

2. WoUTERS VAN WeLDEHE. 

D'or, au canton de gueules, au sautoir d'or. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 27 3 

3. Jak van Brandeghem. 

D'or semé de larmes de sable , au lion rampant de 
gueules, lampassé d'or. 

4. Jan van Roreghem. 

D'or, à la croix de gueules , chargée en cœur d'une 
étoile d'argent. 

5. Mer Robrecht van Leverghem. 

D'azur semé de billettes d'or, au lion rampant de 
même, couronné de gueules, et chargé d'une fleur de 
lis de même, accollé de sa bannière. 

6. H. vaw Berghen B. (Bastaert). 

De sinople , à 3 mâcles § et 1 d'argent , au chef d'or 
chargé de 3 pals de gueules , au bâton d'argent bro- 
chant sur le tout. 

7. WOUTER VAN RANST. . 

D'or à 3 pals de gueules, celui du milieu chargé 
(dans l'autre manuscrit n° C, p. 258) d'un croissant d'or. 

8. Rasse van Godegont (ou Godegout). 

De gueules, à 5 fleurs de lis d'or, 1 et 2 , accostées 
d'une coquille de même. 

9. Willem yak Hersele. 

Au 1 et 4 d'argent , à la bande fuzelée de gueules , 
au 2 et 3 d'or, à la fasce d'azur, chargée d'un lion issant 
de gueules. 

10. Mer Heinric van Berghen. 

Comme au n° 6, mais sans bâton. Pour cimier tête 
de cheval et col d'un âne sauvage de sable , le museau 
et le bout d'oreilles de sable et d'hermine, accosté 
d'une bannière de l'écu. 

18 



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74 



BIBLIOTHÈQUE 



Seconde ligne. 



. Mer Rasse vak Renty. 

D'or engrêlé de sinople, à 3 dooloires de gueules, 
les deux au chef adossées à une molette de sable en 
abîme, et une bordure dentelée. 

. RoBRECHT DE RoNC (OU Roue). 

Au i et 4 vairé d'or et de sinople , à a chevrons de 
gueules , au 2 et 3 d'or, à trois corbeaux de sable , a 
et 1, accosté de la bannière de i'écu. 

. Jak Gherolf. 

De gueules, au chevron de sinople, chargé d'un 
autre chevron d'or, et en pointe d'un fermail de même, 
et accompagné de 3 étoiles d'or. 

\. Hector vahder Gracht, Bastaert. 

De sable , au canton d'argent , chargé d'un chevron 
de gueules, accompagné de 3 merlettes de sable. 

5. Arkoud vak Zweveghem. 

D'or, au lion de sable, à 3 bandes d'azur brochant 
sur le tout, h la bordure componée de gueules et 
d'hermine. Cimier un capuchon d'or, achemens d'or 
et «fargenU 

6. Ghidolf vanden Grutuse. 

Porte comme ci-dessous , brisé d'une étoile d'or sur 
la croix du premier quartier. 

7. De Heere van Steewhuse. 

Mêmeâ armes que celles de Zweveghem. 

8. Jaiï vakden Gruthuse. 

Au 1 et 4 d'or à la croix de sable , qui est Vander 
Aa, au 2 et 3 de gueules, au sautoir d'argent, accom- 




DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. a 7 5 
pagné , dans le manuscrit n° C , p. ^58 , d'un croissant 
d'or en chef, qui est Gruthuse > avec sa bannière; 
il a pour cimier une tête de bélier d'argtpt accosté 
de gueules, bordé d'or entre un vol d'hermine et de 
gueules, accosté de la bannièrede Gruthuyse. 

9. Jan vànder Hàghê. 

Bandé d'or et de gueules de six pièces, la première 
chargée, dans le manuscrit n° C, p. a58, de 3 mer- 
lettes de sable. 

Troisième ligne. 

1. Philips vànder Couderbuerch . 

D'or, au chevron de gueples , chargé de 3 merlettes 
d'argent. 

2. WOUTER VAlî WtJÎGHEHE. 

D'azur, à 3 mâcles d'or, au chef de même , à 3 pals 
de gueules, comme Berghen. 

3. Mer Heinric Eràenhàls, 

Au 1 et 4 de gueules , au lion rampant d'or, au 2 
et 3 d'azur, à 3 lis d'or, cimier un fruit d'or. 

4« LOUIS VÀNDEN BERGHE. 

D'or, au sautoir de gueules, chargé de cinq anneaux 
d'or, et accompagné en chef d'une rosette d'azur. 

5. LiEviw va» Steelàwt. 

De gueules, à la fasce d'or, accompagnée en chef de 
3 étoiles d'or. Capuchon, hachemens de gueules et 
d'argent. 

6. Ywein van Stràten. 

De gueules, à 3 épées d'argent, rangées en bandes. 



276 BIBLIOTHÈQUE 

7. Jan van Bochout. 

D'azur, à un écusson d'or, chargé d'une fasce fuzelée 
de gueujf s , et accompagné de 3 arcs d'argent. 

8. Mer Louis van Moerkerke. 

D'or, au sautoir de gueules, chargé de cinq coquilles 
d'or, et accompagné en chef d'un écusson chevronné 
d'or et de gueules de 6 pièces. 

9. Mer Jan van Dudzeele. 

Au 1 et 4 de gueules, au chevron d'argent, au 2 et 
3 d'argent, au chevron de gueules, qui est Dudzeele, 
accosté de son étendard. Il a pour cimier une tête de 
bouc d'argent dans un vol. 

10. Gtjyot van Cauhont. 

D'argent, à 3 étoiles d'azur, 2 et 1. 

Quatrième ligne. 

1. Joris Hoste. 

D'or, à la bande de gueules, chargée de 3 fouines 
d'argent. Il a pour cimier une fouine d'argent dans 
un vol. 

2. Jacob Breidel. 

De gueules, à 3 têtes et col de cheval d'argent, bri- 
dées de sable, avec sa bannière. 

3. Baltazar Langheraed, zone. 

Mi-parti de gueules, à 3 tours d'or, 2 et 1 , et d'argent 
à l'aigle éployé de sable , à la bordure engrenée de 
sinople. 

4. Everaert Rinvisch. 

D'or, à 6 dauphins d'azur couronnés d'or, 3, 2 et 1. 
Cimier un dauphin d'azur. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 277 

5. Lodewic va» Aerthike. 

D'or, à 6 pots de sable au cœur, à l'écusson d'or à la 
croix de gueules, cantonnée de ia merlettes de même. 

6. Philips van Aertrike. 

D'or, à 6 pots de sable. 

7. De Bastaert uten Zwane. 

De gueules, au lion rampant d'or, chargé sur la 
poitrine d'un fer de cheval d'argent , au bâton d'azur, 
brochant sur le tout. 

8. De Bastard utem Zwahe. 
, Comme ci-dessus. 

9. Galoys y an Massemeyn ^ Bastaert. 

D'azur, au lion rampant d'or, au bâton de sable, 
brochant sur le tout. 

10. Reynier vaw Hersele. 

Au 1 et 4 d'argent, à la bande fuzelée de gueules, au 
a et 3 d'or, à la fasce d'azur, au lion issant de gueules. 

Cinquième ligne. 

1. Jan Caerlier. 

De sable , au chevron vairé d'or et d'azur, accom- 
pagné de trois haches d'or. 

2. ACHARD VAN DoRNEKE. 

D'azur, à 3 maillets d'or, accosté de son étendard. 

3. JAN DE CrOMBEKE. 

D'azur, au sautoir d'or, chargé de 5 étoiles de gueu- 
les, et accompagné de 4 mâcles d'argent. 
4« Jacob de Crombeke. 

Comme ci-dessus. 
5. Willem de Crombeke. 

Comme ci-dessus. 



278 BIBLIOTHÈQUE 

6. Jaw vaji Temsere. ' 

D'or, à 3 trois têtes et col de cheval bridé de sable , 
au bâton de sable, brochant sur le tout. 

7. Ruuschàert Boni (ou Bouï) Bàstàert. 

D'azur, au canton de gueules, chargé d'un bâton 
noueux mis en sautoir d'or, accompagné de 4 gerbes 
de même. 

8. Lodewic Metteneye. 

De gueules, au chevron d'or, chargé en pointe d'une 
étoile d'azur, et accompagné de 3 tours d'or. 

9. Jàcob Broolor. 

D'or, à la fasce de gueules, chargée de 3 besans d'or. 
Il a pour cimier a cornes de taureau de sable garnies 
d'un anneau d'or. 

10. Pieter Metteneye. 

De gueules, au chevron d'or, accompagné de 3 tours 
de même, au lambel de 3 pendans d'azur. Il a pour 
cimier un col de cygne d'argent. 



CE SONT CEULX QUI ONT TOURNOYES SOUBZ LE 
SEIGNEUR DE GHISTELE. 

Première ligne. 

1. Mer Willem van Halewyn. 

D'argent, à 3 lions rampans de sable et lampassés 
d'or, qui est Halewyn, au cœur un écusson d'argent, 
à la croix de sable, chargée de 5 coquilles d'or, qui est 
Uyikercke, accosté de sa bannière. Il a pour cimier 
une tête de lion d'argent dans un vol d'hermine , sor- 
tant d'une cuvette de même. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 279 
a. Mer Pbrchevael van Halewyn. 

D'argent, à 3 lions rampans de sable, au cœur un 
écusson d'or, à la croix de sable , qui est Mortagne. 

3. Mer Olivier van Halevtyn. 

D'argent, à 3 lions rampans de sable, autour un 
croissant d'or. 

4. Mer Willem va» Nevele. 

D'or, à la croix de gueules. 

5. Mer Jan Blankaert. 

D'azur semé de France , au chevron d'or. 

6. Mer Jan van Lembeke. 

D'or, à la fasce de gueules, au lambel de 3 pendans 
d'azur. 

7. Daniel van Halewyn. 

D'argent, à 3 lions rampans de sable, au lambel de 
3 pendans de gueules. 

8. WlJLFAERT VAN GhISTELE. 

Au 1 et 4 fascé d'argent et d'azur de 10 pièces, au 
lion rampant de gueules, brochant sur le tout, qui est 
Luxembourg, au 2 et 3 de gueules, au chevron d'her* 
mine, qui est Ghistelles. 

9. OsTELET VAN DEN CASTEELE» 

D'argent , à 3 lions rampans de sable , au cœur une 
tour d'or. 

10. Jan van Regaersvliete. 

D'azur, à la croix engresnée de sable , au lambel de 
3 pendans de gueules. 



280 



BIBLIOTHÈQUE 



Seconde ligne, 

i. Jan Scone Jans. 

D'argent , à 3 lions rampans de sable , au cœur un 
écussoa de même, à 3 tours d'or, 
a. Jan van Varsenare. 

De sable , à 3 épées d'argent les pointes en bas, ran- 
gées en bandes. 
3. Teistham van Messeem. 

D'or, au chevron de gueules, chargé en pointe d'un 
anneau d'or, et accompagné de 3 croissans de gueules. 
4» Victor van Yabeke. 
D'or, à 4 chevrons d'azur. 

5. Jan vander Beerst. 

D'azur, à 3 chevrons d'or, au canton de même. 

6. Boudin de Marescalt. 

D'or, à la bande d'azur, chargée de 3 fers à cheval 
d'argent , au canton d'azur, à 3 gerbes d'or. 

7. Hostin Faucket van Dornere. 

D'or, au chevron d'azur,. accompagné de 10 roses de 
gueules, 6 en chef et 4 en pointe. 

8. Pauwels dele Bassecort. 

D'or, à une rouç de gueules 1 , au bâton d'azur, bro- 
chant sur le tout. 

9. Mer Joris van Braderic 

De gueules, à 3 poissons rangés en bande d'or. Il a 
pour cimier un dauphin d'or dans un vol de gueules. 

10. Jacob van Aertrike. 

De sable, à 6 pots d'or, trois et trois, à la bordure 
de gueules. 



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DE LOUIS DE LA GRUTIJUYSE. 281 



Troisième ligne. 

1. Jouis va* Rysele. 

De sinople, au sautoir d'or, chargé de 5 coquilles 
de gueules. Il a pour cimier une tête de léopard de 
sable dans un vol d'argent et de sable. 

2. Jan vander Buerse, 

D'or, à la bande de gueules , chargée de 3 goussets 
d'argent. Il a pour cimier une tête et col d'aigle d'ar- 
gent , becqué d'or, tenant un anneau de même. 

3. Jacob Vlamyng. 

D'azur, au sautoir d'or, engrélé de 6able , cantonné 
de 3 croix au pied iiché de même. Il a pour cimier 
une tête de nègre de sable , la fasce brune , les che- 
veux noirs, la tête liée d'argent, habillé d'azur, bou- 
tonné d'or. 

4. PlETER VANDER StOVE. 

D'or, à 3 maillets d'azur, posés 2 et 1. Il a pour 
cimier un dragon d'argent. 

5. Godscale Perkelmoes. 

Au 1 et 4 d'argent, au chevron de sable accompa- 
gné , au 2 et 3, de 3 merlettes de même, qui est vander 
Gracht. Dans l'autre manusorit n° C, p. 258 , d'argent 
à une fleur de lis d'or. 

6. Zeger vanden Walle. 

De gueules, au lion rampant d'or, chargé d'un écus- 
son d'argent , au chevron d'or, accompagné de 3 co- 
quilles de même. Il a pour cimier une tête de lion d'or, 
lampassé de gueules, couronné dans un vol d'or. 



2te ♦ BIBLIOTHÈQUE 

7. Gillis Bràder?c. 

De gueules, à 3 poissons d'or mis en bandes, à la 
bordure engrêlée d'or, accosté de sa bannière. 

8. Jam vahder Brueghe. 

D'argent, à 3 fleurs de lis d'azur, posées a et 1, au 
filet de gueules. 

9. Jan de Maetse^aere. 

De sinople, au chevron vairé d'or et de gueules, 
accompagné de 3 fermaux d'or. 

Quatrième ligne. 

1 . Rivik van Rysele. 

De sinople, au sautoir d'or, chargé de 5 coquilles 
de gueules , accompagné en chef d'un croissant d'or, 
a. Jacob vah Melakt. 

D'argent, au chevron d'azur, chargé de 3 étoiles 
d'or, accosté de sa bannière. Cimier, un dragon d'or, 
entre un vol de 3 rangs d'argent. 

3. RUBRECHT SCOTELAERE. 

De gueules, au chef d'or, chargé de 3 mâcles d'azur. 

4. LlEVEN SCOTELAERE. 

Comme Rubrecht. Cimier, tête et écu d'aigle d'or 
entre un vol. 

5. EVERAED GOEDEVE. 

D'azur, au lion rampant d'or, chargé au cœur d'un 
écusson d'azur, à 3 fleurs de lis d'or. Cimier, un lion 
naissant de Técu, couronné dé gueules, et un bour- 
relet d'or et de gueules. 

6. Philips de Vul. 

D'argent, à la bande d'azur, chargée de 3 coquilles 
du champs* et accompagnée de 2 mâcles de sable. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 283 

7. HOSTIN FauCHET VAM DoRftEftE. 

D'or, au chevron d'azur, accompagné de 10 roses 
de gueules , 6 en chef et 4 en pointe. 

8. Pauwels dele Bassecort. 

D'or, à une roue de gueules, au bâton d'azur, bro- 
chant sur le tout. 

9. MlCHIEL VAN AsSENEDE. 

De sable , au chevron d'or, chargé en pointe d'une 
étoile de gueules, et accompagné de 3 hures dç san- 
glier d'or. 

Cinquième ligne. 

1 . .MlCHIEL VAN DeRLEKE. 

D'azur, à 3 pals vairés d'or et de gueules. 

2. Franse Slinger. 

D'azur, à un double aigle éployé d'argent, aux col 
et pattes d'or, avec sa bannière. Il a pour cimier une 
tête de lion d'argent , lampassé de gueules. 

3. Mer Jan Belle. 

D'or, à 6 clochettes d'azur, les battans d'argent, 
posées 3 , 2 et 1 , au lambel de 3 pendans de çueules. 
Il a pour cimier un col de cygne de sinople , becqué 
d'argent. 

4* Mer Clais Belle. 

D'or, à la bande de gueules , accompagnée de 6 clo- 
chettes d'azur, posées en chef 2 et 1 , et en pointe 
posées en bande. Il a pour cimier comme Jean. 

5. Mer Cornelis vande Heechoute. 

D'azur, à la bande d'or, chargée de 3 merlettes de 



284 BIBLIOTHÈQUE 

sable, et accompagnée de 6 billettes d'or, posées en 
chef 2 et i, en pointe, posées en bande. 

6. Frànse vàw Dixmude. 

Fascé d'or et d'azur de 8 pièces , au bâton dentelé 
de gueules, mis en abîme. 

7. Roelànt vàw Levendeghem. 

' D'azur, ait chevron d'or, chargé de 3 coquilles de 
gueules, avec sa bannière. 

8. Willem van Ràvekscote. 

D'or, à 3 corbeaux de sable , au lambel de 3 pendans 
de gueules. 

9. &MOEN VANDEIf HoLE. 

D'or, à 3 aigles éployés d'azur, becqués et armés de 
gueules. 

10. Jan vawden Hole. 
Comme Simon. 



t 

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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



a85 



LISTE ALPHABÉTIQUE 

DES CHEVALIERS QUI ENTRÈRENT EN LICE AU TOURNOI 
DE LA GRUTHUYSE, 

AVEC DES ÉCLAIRCISSEMENS SUR LEURS FAMILLES- 

A. 

Aertrike (Jacob van) , seigneur d' Aertrike, à deux lieues 
et demie de Bruges ; du côté de Ghistelles , a 6 ligne , 
n° 10. 

Etoit un des commandans des arbalétriers de la con- 
frérie de Saint-Georges , de Bruges , qui se portèrent 
contre les Gantois en i38o (Jaerbouck der Gilde 
van Sint Jooris , 1786, in-12, p. 10). Il fut doyen 
de la même confrérie, et partit le 9 mai; il marcha 
de nouveau contre les Gantois, qui furent battus à Ni- 
velle (id. 9 ibïb.) , et il se porta bientôt après (le 29 juin) 
sur Dense et sur Gherardtsbergen , dont il s'empara 
de vive force (jd. y 9^12). Le 9 décembre il marcha 
sur Maie, et le 3 mai i38a, contre les Gantois, à Bever- 
hout, où les Brugeois furent défaits (id., p. 16 et 17). 
Il fut roi de la confrérie en i383 (id., p. 22): 

Aertrike (Lodewic van); du côté deGruthuyse, 4 e ligne, 
n° 5. 

Aertrike (Philips van); Gruthuyse, 4 e ligne, n° 6. 
Bourguemestre de lar commune de Bruges. Il devint 
chef-homme de la confrérie de Saint-Georges en i4n> 
entra en campagne avec Jean , duc de Bourgogne , pour 
Ham en Vermandois, accompagné de quatre-vingts 



4 



286 BIBLIOTHÈQUE 

arbalétriers divisés en quatre compagnies, commandées 
chacune par un chef-homme de la même confrérie. 
(JA,p.a8.) 

Cette famille tiroit son nom du village d' Aertrike, 
qui est à deux lieues et demie de Bruges; elle étoit 
ancienne. Un Gilles van Aertrike étoit échevin de 
Bruges en i335 (Sand., FL y tom. II, p. 22), et un 
Simon en i35o j i36o, i36i (id. 9 ibid, et p. 22 et 23). 
Un Jean épousa Elisabeth de Steelandt, famille consi- 
dérable , fille de Robert , et fut échevin de Bruges de- 
puis i36i jusqu'en 1371, (Sand., tom. II, p. 23.) 

Marguerite van Aertrike, veuve de Gilles van Loo, 
épousa Nicolas Belle, chevalier, fils de Nicolas, mort 
en 1376. (Rec. gén. , tom. I, p. 25, et tom. III, 
p. 253. ) 

Jean van Aertrike figura dans les joutes annuelles 
de Bruges, en 1418 (Jaerb., tom. I, p. 4<)5), et fut 
un des seigneurs qui accompagnèrent Philippe-le-Bon , 
qui entroit en France avec une nombreuse armée pour 
venger la mort de son père , assassiné à Montereau. 
{Idem y tom. II, p. 40 * " 

Simon van Aertrike prit part aux joutes annuelles 
de i4^3, i4^4 ? I 4 2 7> *4 2 9 e * ifôi (M., tom. H, 
p. 6, 8 , 9, 10, i5), et fui forestier dans celles de 
14^4 > où tournoyèrent Philippe-le-Bon et le seigneur 
de Lille- Adam. 

Jean van Aertrike , seigneur de Tillegem , assista à 
celles.de i47 2 - tom. II, p. 164.) 
Assenede (Michîel van); Ghistelles, 4 e ligne, n° 9. 

Seigneurie près le Sas-de-Gand. Il étoit échevin de 
Bruges en i38i. (Sand., Fl. , tom. II, p. 23.) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 287 



B. 

Ràssecort (Pauwels dele)-, Ghistelles , 2 e ligne, n° 8. 
Le Carpentier (Hist. de Cambrai, tom. H,, p. 171) 
fait mention de trois familles du nom de Bassecourt , 
dont une portoit les mêmes armes que Paul. 

Beerst (Jan vander); Ghistelles, 2 e ligne, n° 5. 

Un Richard vander Beerst étoit bailli de Rruges en 
1377, et un Jacques vander Beerst échevin dTpres en 
i38o. (Sand., tom. H, p. 23 et 274.) 

Le village de Beerst est à trois quarts de lieue de 
Dixmude. 

Belle (Mer Jan) 5 Ghistelles, 5 e ligne, n° 3. 

Famille ancienne, dont on trouve, dans les généalo- 
gies de quelques familles, 1774* in-8% tom. I, p. 246, 
un Salomon Belle , fils de Jourdain , qui vivoit en 
1241 j un Baudouin van Belle étoit bailli de Bruges 
en i23o et 1234. (Sand., tom. II, p. 18.) 

Jean Belle ou van Belle étoit fils de Nicolas, avoué 
de l'hôpital dTTpres en 1376, et de Catherine, fille de 
Jean de Bonin, morte le 5 mai i355. Il étoit échevin 
d'Ypres en i4oo, et grand-bailli en i4i3 (de TEspi- 
noy, p. 229). Il mourut le 1 1 septembre i43o (Sand. , 
tom. II, p. 274). Antoine van Belle fut fait prisonnier 
par les François à la bataille de Guinegate. Belle, en 
françois Bailleul, est un village à une lieue trois quarts 
de Tournay. 

Boni» (Ruuschaert) bastaert; Gruth., 5 e ligne, n° 7. 
D'une famille ancienne, dont on trouve le nom écrit 
de trois différentes manières : Bonin , Bonyn etBovyn. 



288 BIBLIOTHÈQUE 

On voit un -Pierre Bonyn parmi les échevins de 
Bruges en i333. (Sand. , tom. II, p. 22.) 

Un Jean en i35i, i363, i366, i368, i36g, 1370, 
1371, 1374 » 1376 et 1377. 

Un Pierre en 1392. 

Catherine, fille de Jean Bonin, morte en i355, 
épousa Nicolas de Belle, mort en 1376. (Généalogies, 
tom. IQ, p. a5a.) 

Isabeau Bonin , autrement Bovin , fille de Jacques, 
morte en i4^i, épousa Gérard vander Zype, seigneur 
de Dentregfiem, village à une lieue trois quarts de 
Deynse, mort en i4oo. (Id., tom. II, p. 33a.) 

Un Jacques Boonin parut dans les joutes annuelles 
de Bruges en i4i8, 1419 et (Jaerb. , tom. I, 

p. 494' 4969 et tom. II, p. 3.) 

Un Jean dans celles de 14^1, x 4 22 et i4^i- (Id., 
tom. H, p. 5.) 

Un Adrien dans celles de 1422. 

Un Tredeman dans celles de i4^3. 

Un Joos dans celles de 1 4^4 ? *4 a 7 et I 4 2 ^* 

Un Ttlartin dans celles de 14^7, i4^8 et i4^9* 

Un Joris dans celles de 1476. (Id., tom. II, p. 168.) 

Suivant le P. Anselme , Marguerite Bonin de Bruges 
épousa Guillaume de Halewyn, fils d'Antoine et de 
Marguerite de Gruthuyse. 

BbJlderic (Mer Joris van)-, Ghistelles* 2? ligne, n° 9. 
Ce Georges Braderie fut échevin de Bruges en 1396, 
i4oi et i4o4- (Sand., Fland., tom. H, p. 23 et 24.) 

Son fils Jacques étoit roi de la confrérie de Saint- 
Georges en i4i3. (Jaerb. van S. Jooris, p. 175.) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 289 
Un Jacques Bradenck fut échevin de Bruges en 

i38a et i383. (Sand., tom. II, p. 24.) 
Un autre du même nom , fils de Henri , parut dans 

les joutes de ifoi, 14^2, 1 4^4 9 x 4 2 7> î fôi. (Jaerb., 

tom. II, p. 3, 5, 7, 9, i5.) 

Braderic (Gillis); Ghistelles, 3 e ligne, n° 7. 

Il étoit de la même famille que le précédent. 

Brjlndeghem (Jan van); Gruthuyse, i re ligne, n° 3. 

Breidel ( Jacob ); Gruthuyse, 4 e ligne, n° 2. 

Il prit part aux joutes de i4*4î I 4 1 9 et I 4 21 (Jaerb., 
tom. I, p. 95 et 496; tom. II, p. 3). Il combat au 
tournoi de l'Épinette , à Lille , en i&5 (tom. I, p. 8). 

Son fils Jean fut roi de la confrérie de Saint-Georges 
en i4i3. (Jaerb. , tom. I, p. 175.) 

Broolor (Jacob)-, Gruthuyse, 5 e ligne, n° 9. 

C'étoit vraisemblablement Jacques Broolose ou Broo- 
loos, échevin de la ville de Bruges çn 1412, i4 x 7> 
i4^o et i4^3. (Sand. , FL y tom. II, p. 24 e ( t 25.) 

Brueghe (Jan vander); Ghistelles, 3 e ligne, n° 8. 

On trouve un Loys vander Brugge parmi les confrères 
de la confrérie de Saint-Georges. (Jaerb., p. 208.) 

Buerse (Jan vander); Ghistelles, 3 e ligne, n° 2. 

H étoit échevin de la ville de Bruges en i386, 1387, 
1389, 1390 et 1395. (Sand., .tom. II, p. 23.) 

Jacques vander Buerse , probablement son fils , pa- 
rut dans les joutes de i4^4 et 14*7 (Jaerb. , tom. II, 
p. 7 et 9). Trésorier de la ville de Bruges, il devint 
chef-homme de la confrérie de Saint-Georges en i436. 
(Jaerb., tom. II, p. 171.) 

*9 



BIBLIOTHÈQUE 



C. 

Cabrlier (Jan de) -, Gruthuysé , 5 e ligne, n° i. 
Casteele (Ostelet van den); Ghist. , i re ligne, n° 9. 
Portoit les armes d'Halewyn , avec une brisure. 
On lit , dans la copie de M. van Huere : Hostel van 
Halewyn, gheseyt van Casteele. 
Caumoht (Guyot van) 5 Gruthuysé, 3 e ligne, n° 10. 
Couderbuerch ( Philips vander) , Gruth. , 3 e ligne, n° 1. 
Terre et seigneurie au pays de Waes. 
Philippe de Cauderborch, fils de Simon de Cauder- 
borch, chevalier, seigneur d'Oplinterc en i356, châ- 
telain de Rupelmonde en i365, fut aussi châtelain de 
la même ville en i385. De TEspinoy a fait graver ses 
armes (Voyez p. 235, 236, 262 et 4075 voyez aussi 
Sanderus, tom. m, p. 219). Il épousa Isabelle, dame 
héritière de Moere, veuve de Gérard de Ghistelles, 
fille de Guy, qui épousa Catherine de Bruges de la Gru- 
thuse. (Rec. généal. deFamill., tom. II, p. 161.) 

Crombeké (Jacob de) 5 Gruthuysé, 5 e ligne, n° 4- 
Crombeke (Willem de); Gruthuysé, 5 e ligne, ri 5. 
Crombeké (Jan de)*, Gruthuysé, 5 e ligne, n° 3. 
- Un Gérard de Crombeke , seigneurie près de Fumes, 
fut fait prisonnier avec d'autres seigneurs flamands à 
la bataille de Bovines, en 1214» 

Un autre Jean Crombeke , probablement le fils de 
Jean , figura dans les joutes de 1 468. (Jaerb., tom. II, 
p. i38.) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



D. 

Derleke (Michiel van)-, Ghistelles, 5 e ligne, n° i. 

Un Michel van Derleke , du nom d'un village à une 
lieue et demie de Courlrai , est peut-être le même qui 
parut dans les joutes de i4 I 8, i4 x 9) I 4 21 et i4 22 * 
( Jaerb. , tom. I, p. 495 et 496 ; tom. II, p. 4 et 5.) 
Derleke (Jacob van). 

De l'Espinoy parle d'une famille de Derleke qui por- 
toit d'autres armes (p. 294). 
Dixmude (Franse van) -, Ghistelles, 5 e ligne, n e 6. 

Il portoit les armes de la ville de Dixmude, telles 
que les ont fait graver, sans brisure, de l'Espinoy, 
p. 753, et Sanderus, tom. IQ, p. 346. 

La famille de Dixmude est illustre, et a possédé de 
belles terres et contracté de grandes et nombreuses 
alliances. 

Une Denise van Dixmude , fille de Jean , épousa Jean 
Belle, deuxième du nom, avoué de l'hôpital d'Ypres, 
en i384» (Rec. généal. , tom. III, p. 254.) 
Dorneke (Àchard van); Gruthuyse, 5 e ligne, n° 2. 

De l'Espinoy (p. 354 et 372) fait mention d'un Jean 
van Dornykè ou de Tournay, échevin du deuxième 
banc de Gand , en i3o3 et i3o8 , dont les armes étoient 
différentes. Il portoit de gueules à la croix d'or. 
Dudzeele (Mer Jan tan); Gruthuyse, 3 e ligne, n° 9. 
Dudzeele, terre et seigneurie du Franc de Bruges. 
Ce Jean de Dudzeele étoit Jean de Ghistelles, cheva- 
lier, seigneur de Dudzeele et de Straeten , dont le père, 
Roger (Gautier, suivant dé l'Espinoy, p. 289) de Ghis- 



292 BIBLIOTHÈQUE 

telles, avoit épousé eu premières noces Marguerite ou 
Anne, héritière de Dudzeele, en 135^. 

Il épousa Jacqueline, fille de Craon, seigneur de 
Domart , et de Marie de Châtillon. Il fut tué à Bovines, 
en i43o, en cômbattant contre les Liégeois. (Géneal., 
tom. I, p. 167.) 

Son petit-fils , Jacques de Ghistelles , fut décapité à 
Bruges le 17 mars 1488. (Jaerb. , tom. II, p. 368.) 

E. 

Eraenhals (Mer Heinric); Gruthuyse, 3* ligne, n° 3. 

G. 

Gherolf (Jan); Gruthuyse, a" ligne, n° 3. 

Beaucourt (Jaerb. van 't Vryen, tom. II, p. 80) le met 
au nombre des grands-baillis de Bruges qui ont rempli 
cette charge depuis i4^3 jusqu'en 1467. On le trouve 
aussi parmi les confrères de la confrérie de S.-Georges. 
(Jaerb, p. 204.) 

Un Guillaume Geerolf parut aux joutes de 14*9» 
i4^3, i/\i5 et 1427 (Jaerb., tom. I, p. 496 } tom. II, 
p. 6, 8 et 9). Meyef (Ann., fol. 292, verso) le cite 
comme un des hommes les plus pacifiques de Bruges 
qui furent envoyés, en 1437, vers Philippe-le-Bon. 

Un Jacques Geerolf prit part aux joutes de Bruges 
en i4^i 9 i4 22 > *4 2 3 et i4a5 (Jaerb., tom. H, p. 2, 
5 et 8.) 

Ghistele ( Wulfaert van) ; Ghistelles, i re ligne, n° 8. 
Il étoit , dans ce tournoi , l'antagoniste de Jean de 
Bruges. On ignore de qui il étoit fils. Le manuscrit 
d'Hozier rapporte l'alliance d'un Wulfart de Ghistelles, 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. * 9 3 
qui ne peut être le nôtre ; car celui-là étoit second 61s 
de Jean , sire de Ghistelles et de la Woestyne , grand- 
chambellan de Flandre, mort en i3i6, lequel épousa , 
en 1289, Marie de Luxembourg, morte en 1337. ^ 
fut, suivant Meyer (fol. i4o, verso), un dçs seigneurs 
flamands qui se joignirent au duc de Brabant, et à 
Edouard III, roi d'Angleterre, et signèrent 9 en i33<), 
l'alliance des Flamands avec ce monarque contre la 
France. H étoit, en i357, échevin du Franc de Bruges. 
(Sand., tom. II, p. i85.) 

Un autre Wulfart de Ghistelles , seigneur Wandru- 
pel , est dit , par l'auteur des Généalogies des Pays- 
Bas (tom. I, p. i56), troisième fils de Jean , troisième 
du nom , mort en 1280 ou 1295 , et dont la sœur Mar- 
guerite avoit épousé Geldolphe de Bruges, seigneur de 
la Gruthuyse. 

Le village et seigneurie de Ghistelles est à deux 
lieues d'Os tende. 

Godegout (Rasse van); Gruthuyse, i r * ligne, n° 8. 

Goedeve (Éveraed); Ghistelles, 4 e ligne; n° 5. 
La copie de M. van Huerne porte Goderick. 

Gracht (Hector vander) Bastart; Gruth. , 2 e ligne, n° 4 
Il portoit les mêmes armes que les vander Gracht 
ou Desfosses, qui ^ossédoient la terre et seigneurie de 
ce nom dans la châtellenie de Courtrai. 

On ne le trouve nommé ni parmi ceux de cette fa» 
mille, alliée dès i352 aux premières familles de la 
Flandre, aux Halewyn et aux Ghistelles, rapportés 
par de l'Espinoy (p. 288) , ni dans la généalogie qu'en a 
donnée Bulkens (Troph. du Brabant, tom. II, p. 10 1.) 



394 BIBLIOTHÈQUE 

Il est probable qu'il étoit fils naturel de Gautier van- 
der Gracht, de Morseele, mort en i36<), et qui avoit 
épousé Marie de Moerkerke. H ne laissa, selon Le Car- 
pentier (tôm. II, p. 585), que des bâtards. 

Un Arnout vander Gracht étoit roi de la confrérie 
de Saint-Georges en 1892. (Jaerb., p. 174*) 
GauTu&E (Ghidolf vanden) ; Gruthuyse, 2 # ligne, n° 6. 
Il étoit probablement frère de Jean de la Gruthuyse; 
c'était celui-là qui portoit la bannière de guerre aux 
obsèques de Louis de Maie, comte de Flandre, en 1 383. 

Aucune généalogie n'en parle. Meyer (fol. 168, v°) 
en fait mention sous Tannée 1377 j et ^ e l Espinoy dit 
(p. 216) qu'un noble chevalier, nommé messire Guy- 
dolf de la Gruthuse, étoit bailli d'Alost en i385. 
Gmjtuse (Jan vanden)-, Gruthuyse, aligne, n° 8. 

Il en a été question dans la généalogie de sa famille. 

H. 

Haghe (Jan vander) ; Gruthuyse, 2 e ligne, n° 9. 

Un Jacques vander Haegen , fils de Gilles , étoit , en 
1309, I e sixième échevin du deuxième banc de Gand 
(de l'Espinoy, p. 376). Le même ajoute qu'il s'en 
trouve plusieurs de ce nom qui ont été chevaliers, et 
entre autres messire Jacques vander Haegen , allié à 
dame Catherine Nemps (Cremps), laquelle épousa en 
secondes noces Guydolf de la Gruuthuuse , peut-être 
celui qui parut au tournoi; de 1391. 
Hàlewyn (Mer .Willem van) 5 Ghistelles, i re ligne, n° 1. 

Il étoit second fils de Roland de Halcwyn et de Mar- 
guerite de Bruges de la Gruthuyse, fille de Jean vander 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 2 9 5 
Aa, premier du nom (le P. Anselme, tom. III, p. 908). 
Il étoit par conséquent oncle de Jean IV de la Gru- 
thuyse. Il épousa Marguerite Bonin de Bruges, et fut, 
suivant Le Carpentier (tom. H, p. 640), seigneur 
d'Uytkercke. Etant écoutète de Bruges, en i383, il fit 
décapiter un riche habitant nommé Jacques vander 
Colve , condamné par un conseil comme chef de mu- 
tins (Jaerb., tom. I, p. 440* ^ assista en 1891, avec 
Perceval et Olivier, ses deux frères, qui suivent, aux 
obsèques de Gérard de Mortagne, beau-frère de Jean 
de la Gruthuyse. 

En 1399 il étoit bailli d'Alost (de TEspinoy, p. 216). 

Il brisoit ses armes d'Halewyn de celles d'Uytkercke. 
Le P. Anselme (tom. III, p. 917) les a fait graver. 
Halewyn étoit une seigneurie et village considérable 
près de Menin. 
Halewyn (t)aniel van)-, Ghistelles, i r * ligne, n° 7. 

Il étoit (ils de Wautier, deuxième du nom , de la 
branche de Gavre , seigneur de Halewyn et de Tron- 
chiene, qui fut un des olagcs du roi Jean en x36o , et 
mourut après l'année i383, et de Péronne de Saint- 
Orner, dame de Piennes, Labarre, Bugenhoult, Bas- 
serode et Beaurepaire (le P. Anselme, tom. HT, p. 908). 
Daniel soutint le siège d'Audenaerde contre les Gantois 
en i38i. Il môurut sans enfans. 
Halewym (Mer Olivier van) Ghistelles, i re ligne, n° 3. 

Il étoit troisième fils de Roland , et seigneur de Lae- 
ken et d'Hemserode. Il épousa , suivant le manuscrit 
d'Hozier, Marguerite , fille de Colard , seigneur de la 
Clyte, de Reneghem et de Praines (id. , tom. III, 
p 919). Il étoit bailli de Termonde, en i38a (Sand. , 



296 BIBLIOTHÈQUE 

tom. III, p. 234)5 et d'Alost, en i385 (de l'Espinoy, 
p. 216). • 

Hàlewyiî (Mer Perchevaet van); Gbist. , i re ligne, n° 2. 
Il étoit quatrième fils de Roland, et seigneur de 
Hanaples. Il mourut sans enfans. (Le P. Anselme, 
tom. m, p. 908, et le manuscrit d'Hozier.) 

Heechotjte (Mer Cornelb vande) 5 Ghist., 5 e ligne, n° 5. 
C'est le même sans doute que Cornille vanden 
Eechoute, chevalier, qui, en 1402, fut sous-bailli 
de Gand , et ensuite grand-bailli. Il épousa une fille 
bâtarde du comte de Flandre (de l'Espinoy, p. 189). 
Le même auteur parle d'un autre Cornille vander 
Eechoute, existant en i449> et q u * eut pour femme 
Catherine de Haveskercke. 

Heesele (Willem van) ; Gruthuyse, 1" ligne, n° 9. 

Il est nommé Guillaume de le Harsele dans une re- 
lation des obsèques du comte Louis de Maie, faites 
en i383 -, il y porta l'écu du seigneur de la Marche. Il 
avoit d'autres armes que celles de la famille van Her- 
sele dont fait mention de l'Espinoy (p. 272). 

Un Jean van Hersele signe l'alliance des Flamands 
avec Edouard, roi d'Angleterre, en i33g. (Meyer, 
fol. i4o , verso.) 

On trouve un grand-bailli de Bruges, en i35i, por- 
tant le nom de Bernard van Herzele , chevalier, sei- 
gneur de Ronsele (Sand., tom. II, p. 18). Beaucourt 
le place sous l'année i352 , et le qualifie de seigneur 
de Roussele. (Jaer-boeken vanden Lande vanden 
Vryen , in-8°, tom. m, p. 148.) 

SanderUs (tom. III, Liv. îv, fig. n° 5) a fait graver 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 297 
le château de Herssele , seigneurie à deux lieues et 
demie d'Alost. 
Hersele (Reynier van); Gruthuyse, 4 e Hgue, n° 10. 
Un Daniel van Herzelle se trouve au nombre des 
prisonniers faits par les François à la bataille de Gui- 
negate. 

Un Rasse van Hersele est nommé, en i3g9, un des 
chefs des chaperons. (Hist. de la Flandre, par Jules 
van Praet, tom. II, p. 98 et io5.) 

Hole (Simeon vanden) Ghistelles, 5* ligne, n° 9. 

Hole ( Jan vanden) ; Ghistelles, 5 e ligne, n° 10. 

De l'Espinoy (p. 5oo) fait mention d'un Lieven van- 
der Hole qui étoit dixième échevin du premier banc 
de Gand, en i357, et ajoute que eette famille, qui 
portoit d'argent à 3 aigles d'azur, membrés de gueules, 
étoit alliée aux plus riches familles de Flandre , nomi- 
nativement à celles d'Artevelde, de Belle, de Raves- 
choot, de van Huuse, d'Ydeghem. 

Un Louis de le Hole étoit bailli d'Alost en 1417 (id., 
p. 216) , et premier échevin de la Keure de Gand , en 
i43o (id., p. 637; et Meyer, fol. 291, recto, et 292, 
verso )• / 

Il fonda, en i43 1, un monastère chanoines régu- 
liers de Saint- Augustin ter Hofe , dans le village de 
JMelle, près d'Alost. Sanderus (tom. III, p. i53) a 
donné la vue de ce monastère. 

Hoste ( Joris) 5 Gruthuyse, 4 e ligne, n° 1. 

Les armes de Georges Hoste sont différentes de celles 
d'un Hoste, prince et seigneur de Steenhuyse, qui, 
en 1377, partagea, avec ses sœurs Agnès et Margue- 
rite, les biens de Gérard de Steenhuyse. 



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298 BIBLIOTHÈQUE 

Un Gilles Hoste épottea, vers 1876, Jeanne de la 
Gruthuyse , fille de Jean d'Aa , premier du nom , sire 
de la Gruthuyse. 

On trouve un Jean Hoste, échevin de la ville de 
Bruges, en i345, 1398 et 1399 (Sand., tom. H, p. 22 
et 24); c'est le même sans doute que celui qui se 
trouve au nombre des confrères de la confrérie de Saint 
Georges, reçus depuis Tan i3ai. (Jaerb., p. 2o3.) 

Un autre Jean Hoste parut dans les joutes de 74*4 > 
1419, i4^3 et 1424. (Custis, tom. I, p. 495, 496; 
et tom. II, p. 6 et 7.) 

Et un Jacques Hoste dans celles de i4*5 et 14^7. 
(Id. y tom. II, p. 8 et 9. ) 

L. 

Langheraed, zone (Baltazar); Gruth. , 4 e ligne» n° 3. 
Lembeke (Jan van)-, Ghistelles, i re ligne, n° 6. 

Terre et seigneurie de Flandre, à deux lieues et 
demie du Sas-de-Gand. 

Un Jean van Lembeke, fils de messire Roger van 
Lembeke, vivant en i32i , et de dame Isabelle vander 
Moere , chevalier , partagea les biens de sa mère en 
1372 (de TE&jjJnoy, p. 44° et ^07, qui en a fait graver 
les armes). Beauctourt le met au nombre des écbevins 
du Franc-de-Bruges. (Jaer-boeken van 't Vryè, p. 17.) 

Un Hugues van Lembeke étoit, en i334, douzième 
échevin du premier banc de Gand, et, en i3$9, pre- 
mier échevin du deuxième banc. 
Levendeghem (Roelant van); Ghisl. , 5 e ligne, n? 7. 
Terre et seigneurie considérable à une lieue trois 
quarts de Gand. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 299 

Robert de Levendeghem partagea en i3Ô2 , avec son 
frère et sa sœur Catherine , les biens de leur 'père Oli- 
vier de Levendegbem , et de leur mère dame Catherine 
vander Moere. Il fut fait chevalier, et épousa dame 
Marguerite van Praet. (De l'Espinoy, p. 246.) 
Leverghem (Mer Robrecht van) ; Gruth. , i re lig., n° 5. 

Lewerghem ou Leeuuerghem, terre et seigneurie 
considérable près Alost. (Van Ghtstel,. Hist. mecHel. , 
1725, tom. II, p. 283.) 

Robrecht ou Robert de Lewerghem épousa Jeanne , 
fille de Roger de Ghistelles et de Marguerite ou Anne, 
dame héritière deDudzeele, en 1357. (GénéaL, tom. I, 
p. i66;*et Sànd. , tom. II, p. 161.) 

Il étoit grand-bailli d'Alost en i4o5, et grand-bailli 
de Courtrai en 1407 (de l'Espinoy, p. 84 et 216). Sa 
fille unique épousa Robert , baron de Masmines. 

M. 

Maetsetsaeee (Jan de)} Ghistelles, 3 e ligne, n° 9. 
Marescalt (Boudin de) -, Ghistelles, 2 e ligne, n° 6. 

Il étoit échevin de Bruges en 1^16 et t4^7- San- 
derus (tom. II, p. 24 et 25) écrit son nom Maerscalk. 

Le Carpentier (tom. II, p. 761) parle d'un Guillaume 
Mareschal, bienfaiteur des chanoines d'Amiens en 1 291 * 
qui portoit les mêmes armes. 

Une Pasquine de Marescall épousa Josse de Halewyn, 
mort en i455. (Sand. , tom. H, p. 24, elle manuscrit 
d'Hozier. ) 

Massemeyn (Galoys van), Bastaert; Gruth. , 4 e h'g-> n* 9- 
Massemen , seigneurie de Flandre , à deux lieues et 
demie de Gand. 



3oo BIBLIOTHÈQUE 

La famille ancienne des Massemeyn ou Masmines 
étoit alliée à celles de Maldeghem , Ghistelles , vander 
Aa. (Butkens, tom. II, p. 85 , et le Ms. d'Hozier.) 

Melàwt (Jacob van) $ Ghistelles , 4 e ligne, n° 2. 

Jacques van Milaenen le jeune ou de Milan parut 
dans les joutes de Bruges de i4*8, où il remporta le 
prix de la corne. H reparut dans celles de i^ig, 
1422 et i4^3. ( Jaerb., tom. I, p. 495, 496; et tom. II, 
p. 3, 5 et 6.) 

Messeene (Tristram van)} Ghistelles, 2 e ligne, n° 3 
La terre et seigneurie de M essenine ou Meersines , à 
deux lieues d'Ypres, étoit, selon d'Espinoy (p. i33), 
qui en a fait graver les armes , ancienne bannière et 
ancien comté de Flandre , dont celui qui en portoit le 
nom étoit un des douze pairs de Flandre, et prenoit 
séance aux États. (Voyez \ dans de l'Espinoy, la planche 
où sont représentés les Etats, p. 70). 

Metteneye (Lodewic) Gruthuyse, 5 e ligne, n° 8. 

Famille ancienne de Bruges. 

Un Jean de Metteneye étoit, en i35o, châtelain de 
Furnes (Sand. , tom. III, p. 223) , et Un Jacques Met- 
teneye étoit échevin de Bruges en 1357. (Id., tom. II, 
p. 22.) 

Trois autres Metteneye, Jacques, Antoine, Gilles, 
parurent dans les joutes de i4*8, i4^i , i4^3, i4*9> 
i432, i434 et i435. (Jaerb. , tom. I et II.) 

En 1467 le jeune Pierre Metteneye partit pour Liège 
à la téte des arbalétriers de la confrérie de Saint- 
Georges , et revint victorieux avec le Péron de Liège. 
(Jaerb. , p. 60. ) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3oi 
Le même porta la bannière de l'armée qui se mit en 
campagne, en i477> contre Louis XI. (Jaçrb., tom. II, 
p. 180. ) 

Metteneye (Pieter)-, Gruthuyse, 5 e ligne, n° 10. 

On trouve un Pierre Metteneye parmi les écoutètes 
de la ville de Bruges. (De l'Espinoy, p. 224, et Sand., 
tom. II, p. 20.) 

Moerrerke (Mer Louis van) ; Gruth. , 3 e ligne, n° 8. 
Terre et seigneurie considérable à deux lieues et un 
quart de Bruges. 

N. 

Nevele (Mer Willem van) Ghist. , 1" ligne , n° 4* 

La terre et seigneurie de Nevele, au quartier de 
Gand , appartenoit anciennement , selon de l'Espinoy 
(p. 101 ) , aux châtelains de Courtrai , et passa succes- 
sivement à ceux de Tournai, aux seigneurs de Mor- 
taigne, de Boulers, etc. 

Guillaume de Nevele, sire de Lichtervelde , fils de 
Guillaume, mort en i33o, et de Wilhelmine ou Guil- 
lemette de Halewyn, dame de Lichtervelde, fille de 
Gérard, vivant en 1387, et de N. de la Gruthuyse, 
épousa Marguerite de Halewyn, fille de Daniel, mort 
en i385. (Le P. Anselme, tom. III, p. go5, 9205 et 
Butkens, tom. II, Suppl. add., p. 1.) 

Il assista, en i3ç)i, à l'enterrement de Gérard de 
Mprtaigne. De l'Espinoy a fait graver ses armes. 



3o2 BIBLIOTHÈQUE 



P. 

Parys (de Bastaert); Gruthuyse, r* ligne, n° i. 

Une famille noble et ancienne de la ville de Gand , 
du nom de Paris, occupoit les premières places de Ma- 
gistrat de cette tille en 1890. Un Simon Paris y rem- 
plit celle d'amman; un Jean Parys, chevalier, s'allia 
à la famille de Masmines (Butkens, tom. II, SuppL 
add. , p. 2 et p. ix), et porta en i384 , aux obsèques 
de Louis de Maie , comte de Flandre , la bannière de 
Tournai. 

La famille de Parys, selon de l'Espinoy (p. 192), 
portait de gueules à la fasce d'or, chargée de trois fleurs 
de lis et de 6 merles d'or, armes qui sont différentes de 
celles du Bastard de Paris ci-dessus. 
Perkelmoes (Godscale); Ghistelles, 3 e ligne, n* 5. 
• 

R. 

Ràkst (Wouter van); Gruthuyse, i re ligne, n° 7. 

Un Gauthier (Wouter) de Berckem, qui avoit les 
mêmes armes , mourut , suivant le manuscrit d'Hozier, 
en 1280. Son fils, du même nom, épousa la dame de 
Ranst, et mourut en 1238. 

Un troisième Gauthier, fils de celui-ci, épousa la 
sœur du sire de Bouchant, et mourut en i363. 
Ravenscot (Willem van) 5 Ghistelles, 5 e ligne, n° 8. 
Terre et seigneurie considérable près Gand. 
Guillaume de Ravescoot épousa Marguerite Borluut, 
fille de Jean, et de Jeanne Sesanders. Ils vendirent leur 
maison à Gand , en 1406, à messire Walrave, sire de 
Masmines. (De l'Espinoy, p. ^43.) 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3o3 
Son père étoit Baudouin de Ravescoot, mort en 1 36o, 
et sa mère Catherine , fille de Baudouin de Steelandt , 
morte en i366. (Le manuscrit d'Hozier, et de TEspi- 
noy, qui a fait graver ses armes, p. 38o, et Rec. 
généaL , tom. I, p. 26. ) 
Reygàersvliete (Jan van); Ghistelles, i re ligne, n° 10. 
En i35x un messire Guillaume de Reygaersvliët de- 
vint bailli d'Alost. 

Le même fut chargé, le 8 octobre i363, par Louis 
de Nevers , comte de Flandre , du gouvernement de la 
Flandre , conjointement avec les seigneurs de Malde- 
ghem et de Dudzeele: Ce fut lui probablement qui 
fut un des seigneurs flamands qui suivirent Le roi 
Charles VI en i382, et assista à la bataille dfe Roose- 
beke. {Ann. belg. y Brux. , i83o, p. 173.) 

Henri de Reyngersvliete , chevalier , seigneur de 
Hembrone et de Hoomelede, fut fait bailli de Bruges 
et du Franc, le 26 septembre i4o4- (De l'Espinoy, 
p. 78 et 21 5-, Sanderus, tom. II, p. 19-, etBeaucourt, 
Hist. du Franc, tom. III, p. i5o.) 

Un autre Henri de Reyngersfliete étoit doyen de 
l'église d'Harlebeque , en i3g4. (Sand. , tom. III, 
p. a5. ) 

Anne de Rigeitsvlict , morte en i34o, épousa Wau- 
tier de Halewyn , mort en i338 (le P. Anselme, 
tom. III, p. 905 ), et Marguerite de Reygersliet eut 
pour mari Antoine de Ghistelles, mort à la bataille 
d'Azincourt. (Butkens, tom. n, SuppL add., p. 5, 
et Rec. généaL , tom. I, p. 160. )' 
Rent* (Mer Rasse van)-, Gruthuyse, 2 e ligne, n° 1. 

H n'est pas nommé dans la généalogie des Renty qui 



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3o4 



BIBLIOTHÈQUE 



se trouve dans le Ms. d'Hozier, et dans Le Carpentier 
(tom. II, p. g4i). 
Rinvisch (Everaert) -, Gruthuyse, 4 e ligne, n° 4. 

Famille ancienne de Flandre, alliée à celles deRym, 
Adeghem, Vaernewyck, Borluut, etc. (De l'Espinoy, 
p. 388. ) 

Un GuyselbrechtRynvisch étoit échevin de la Keure 
de Gand , en i3i3 et i33i. 

Un Everaed Rynvisch étoit échevin de Bruges en 
i3a5 et i3a8. (Sand., tom. II, p. m.) 

Un Jacques Rinsvisch étoit premier échevin du 
deuxième banc de Gand, en 1 349. (De l'Espinoy, p. 479*) 

Un Gilles Rinsvichs , doyen des tondeurs de draps 
de Gand, étoit premier échevin du premier banc en 
i35o. (Id., p. 48i*) 

Un Philippe Rynvisch étoit échevin de Bruges en 
i356. (Sand., tom. II, p. 22.) 

Marie Rynsvich épousa Baudouin de Rym , créé che- 
valier par Louis de Maie, comte de Flandre, en i356, 
et mourut en 1387. (Géncal., tom. III, p. 206.) 

De l'Espinoy, qui a fait graver les armes de cette 
famille (p. 389) , dit qu'elle portoit de gueules, à trois 
truites de poissons' d'argent, armes qui diffèrent en 
émaux et en nombre de poissons de celles d'Everaert 
Rynvisch. 

Rokegbem (Jan van); Gruthuyse, i Te ligne, n° 4- 
Seigneurie ancienne , située près d'Audenaerde. 
Il existoit un Ulric de Rockeghem en 1167 (Sand. , 
tom. III, p. 281). Il signa, sous cette date, avec d'au- 
tres seigneurs flamands, les lettres de Philippe d'Alsace, 
comte de Flandre , par lesquelles ce prince confirmoit 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3o5 
à ceux du cloître de Ninove la possession de leurs biens. 
(De l'Espinoy, p. 285.) 

Un Jean de Rocqueghem , qui est vraisemblablement 
le nofre, vendit, en i4*6> un bois à Lancelot vander 
Meersch (id. , ibid*). De l'Espinoy dit qu'il n'a pas 
pu voir les armes de cette famille. 
Ronc (Robrècht de) ; Gruthuyse, 2 e ligne, n° 2. 
Le village de Roncq est à une lieue de Menin. 
On trouve un Jean Ronck van Bemmelen partant 
pour la Terre Sainte, en i437, avec Jean de Berghe 
et Claes Noris. (Nederlandschen Herauld, fol. 3 18.) 
Rysele (Gilles van). 

Ses armes sont différentes de celles de Georges et 
Rivin de Lille , qui suivent. 
Rysele (Joris van) \ Ghistelles, 3 e ligne, n° 1. 

En i38o> étant chef-homme de la confrérie de Saint- 
Georges , il partit pour Courtrai avec dix-neuf arba- 
létriers de la même confrérie (Jaerb.,*p. i5). Il étoit 
encore chef-homme, commandant cinquante arbalé- 
triers, en i38a (id., p. 21), et conseiller de la ville 
de Bruges en i386 (id., p. *3). 

Un Jean van Rysele étoit châtelain et bailli de la 
Mote-au-Bois de Niepe (de l'Espinoy, p. 234), et, en 
i35o, grand-bailli de Bruges (id., p. 222), et bailli 
de Furnes en 1357. 
Rysele (Rivin van); Ghistelles, 4 e ligne, n 9 1. 

S. 

Scone Jàiïs (Jan); Ghistelles, 2* ligne, n° 1. 

Jean Schoon Jans étoit amman de la ville de Gand 
en i4i 1 (de l'Espinoy, p. 193); il portoit les armes de 

20 



3o6 BIBLIOTHÈQUE 

la famille de Halewyn , et il est probable qu'il étoit ce 
Jean de Halewyn surnommé Beau Jean. 
Scotblàee (Lieven); Ghistelles, 4 e Kg 116 » n ° 4- 

Il étoit échevin de Bruges en i4o4 (Sand. ,*tom. II, 
p. 24), et sortoit d'une noble et ancienne famille de 
cette ville -, les armes en sont gravées dans de l'Espi- 
noy, p. 168. 

IJn Jean Scoutelaere se trouve parmi les échevins 
de la même ville en i333. 

Un Jacques de Schotelaere étoit grand-bailli de Gand 
en 1 384 {id. y ibid.) 9 et chef-homme de la confrérie 
de Saint-Georges en i4n. (Jaerb., p. 28.) 

Un Vincent Scotelaere parut dans les joutes de 14^7? 
i43o, i43i, i43a, i433 et i434 (Jaerb., tom. II, 
p. 9, i4 5 i5, 16, 17), U remplaça, en i436, Jean de la 
Gruthuyse, qui se démettait de la place de gouverneur 
de Bruges (de TEspinoy, p. 168, et Jaerb., tom. II, 
p. 3s). Il fut décapité pour crime de rébellion, le 
3 avril i438. (Meyer, fol. 294, verso; et Jaerb., 
tom. II, p. 84.) 

Sa sœur Gertrude, et Louis van de Walle, son mari, 
bourguemestre de la commune de Bruges, éprouvèrent 
le même sort. (Id. y tom. II, p. 56 et 85.) 

Une Jacqueline de Scheutelaere épousa en premières 
noces Guy de Steelandt, mort en i438; et en secondes 
noces, Olivier vander Gracht. (Gén., tom. I, p. 29.) 

Un Jacques de Sceutelaere étoit, en 1^1 1 , chef d'une 
compagnie de trente hommes delà confrérie des arba- 
létriers de Saint -Georges, et marcha sur la ville de 
Ham, avec Philippe -le -Hardi, duc de Bourgogne. 
(Jaerb., p. 28.) 



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DE LOUIS DE LA GRtJTHUYSE. 3o? 
Scotëlaere (Rubrecht); Ghistelles, 4 e ligne 9 n° 3. 
Slinger (Franse) -, Ghistelles, 5* ligne, n° a. 

La copie de M. van Heurne porte Slyngheere. 
Steelant (Lievin van) -, Gruthuyse, 3* ligne, n° 5. 

Ancienne famille de Flandre , dont la seigneurie, près 
d'Axel, a été submergée. (Sand. , tom. III, p. 260.) 

Ce Lieven van Steelant est probablement Lieven van 
Steelandt vivant encore en i45a , et fils de Guillaume , 
et d'Avezante van Belle. (GénéaL, tom. I, p. 26.) 

Beaucourt (Jaer-boek. vanden Vrye, tom. II, p. 17 
et 18) fait mention d'un échevin de Bruges de ce nom. 

Hellin van Steeland , seigneur de Winvelde , étoit 
bourguemestre et échevin de Bruges en i4i5 et i4^8, 
et mourut en i435. (Généal., tom. I, p. 29.) 

Jean van Steelandt étoit bourguemestre du Franc- 
de-Bruges en 1357. (Sand. , tom. II, p. i85.) 

De l'Espinoy, qui donne les armes de cette famille 
(p. a5i), dit qu'elles sont de gueules à la fasce d'ar- 
gent , au sautoir d'azur. 

Steenhus^ (de Heere van) \ Gruth. , 2 e ligne, n° 7. 

Seigneurie du pays d'AIost. De l'Espinoy en a fait 
graver les arme* (p. 86) , bandées de 6 pièces d'or et 
d'azur, à la bordure componnée d'argent et de gueules. 

Le seigneur de Steenhuyse dont il est ici question 
doit être ou Félix de Steenhuyse et d'Avelghem, ou 
Gérard de Steenhuyse, seigneur de Sweyeghem. 

Le premier étoit le beau-père de Jean de la Gru- 
thuyse* et seigneur de Tournai en i3gi. Il étoit grand- 
bailli de Flandre lorsqu'il fut choisi pour un des com- 
missaires qui, en 1409 et 14^4? renouvelèrent le Ma- 
gistrat de Bruges (Sand. , tom. II, p. 24). Le second 



3o8 



BIBLIOTHÈQUE 



tua dans une révolte, en i383, deux notables bourgeois 
du Magistrat de Gand. (De l'Espinoy, p. 86. ) 
Stove (Pieter vander)-, Ghistelles, 3 e ligne, n° 4- 

Un Guillaume van de Stove fut bourguemestre de 
Bruges en i3i*9, i33i, et échevin en i33a, i334, 
i335 et i336. 

Un Walterus (Gautier) remplit la même fonction 
en i334) ainsi qu'un autre du nom de Jean en i336. 
(Sand., tom. H, p. 22.) 
Steàten ( Ywein van) ; Gruthuyse, 3 e ligne, n° 6. 

Il fut échevin du Franc-de-Bruges. (Beaucourt, 
Jaer-boek. vanden Vrye, tom. II, p. 17 et 18.) 

On trouve un Richard van Straaten , bourguemestre 
de Bruges en (Sand. , tom. II, p. i85.) 

T. 

Temseke ( Jan van) ; Gruthuyse, 5 e ligne, n° 6. 

Terre et seigneurie au pays de Waes, dont San- 
derus (tom. H, p. 219, fig. 3, V e Liv.) a fait graver 
le château. 

Un Jean, fils de Y vain de Themseke, existoit en 
1262. (De l'Espinoy, p. 261, et Sand., toib. II, p. 219.) 

Celui qui assista au tournoi de 1392 épousa Cathe- 
rine de Schietere , fille de Jacques , et dont la sœur 
Isabeau se maria, le 2 décembre i4 12 » à Guillaume 
van Themseke. (Généal. 9 tom. I, p. 207.) 

Un Adrien van Themseke , un Lodewyk , un Daniel , 
un Christofle, un Gelein van Temseke, figurèrent dans 
les joutes annuelles de Bruges , des années 1 4 1 8, 1 42 1 , 
14^2, i4^3, i4*4> I 4 2 5, i4 2 7> i43°> i43i, i433 et 
i448. (Jaerb., tom. I, p. 498; tom. II, p. 5, 6, 7, 8, 
9, 10, 14, i5, i6 > 17 et 53i.) 




DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



3o 9 



Marguerite de Themseke , fille d'un Nicolas Tbem- 
seke, épousa Pierre Adornes, receveur général de 
Flandre et d'Artois du temps de Philippe- le-Hardi. 
(GénéaL, tom. I, p. 357. ) 



V. 

Varseware ( Jan van); Ghistelles, 2 - ligne, n° 2. 



C'est le nom d'une terre et seigneurie à cinq quarts 
de lieue de Bruges. 

Jean van Vasseuaere étoit fils d'Yvain. Il étoit con- 
seiller du duc de Bourgogne , et fut fait prisonnier par 
les Turcs, avec Jean de Bourgogne, alors comte de 
Nevers, en 1896, et délivré la même année. (Meyer, 
fol. 299, verso.) 

Il étoit un des seigneurs de Bruges qui accompa- 
gnèrent Philippe , duc de Bourgogne , lorsqu'il alla 
venger la mort dfe son père. ( Jaerb. , tom. H, p. 5.) 

Il fut aussi échevin de la ville de Bruges (Beaucourt, 
Jaerb. van 't Vrye, tom. II, p. 80), et mourut en i443. 
Il a voit, épousé Catherine, fille de Nicolas Barfrasaen , 
laquelle mourut en i443. Tous les deux furent en- 
terrés dans leur seigneurie de Varsenaere. (Meyer, 
ci -dessus.) 

Mauritius van Varsenaere, de la même famille, bour- 
guemestre de Bruges, et son frère Jacques, chef-homme 
de la ville, furent massacrés le 18 août 14^7, dans une 
émeute populaire. (Jaerb. , tom. II , p. 55.) 

TMaurice avoit été échevin en i4^8, i43i et i436 
(Sand. , tom. H, p. 25). Il parut dans les joutes an- 



nuelles de i4^4 et i435. (Jaerb., tom. II, p. 17 et 20,) 
Un Joos van Vassenaere prit part à celle de 1488. 
(Id., V . i36.) 




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3io 



BIBLIOTHÈQUE 



Dans le village de Vassenaere étoit le château de 
Provene, appartenant à la famille de Ghistelles. San- 
derus (tom. II, p. a»4) l' a ^ l graver. 
Vlâmyng (Jacob); Ghistelles, 3* ligne, n° 3. 

On ignore s'il étoit de la famille de Raoul le Fia- 
mène, seigneur de Cany, qui épousa une fille de Bau- 
douin de Créquy, lequel vivoit dans le treizième siècle. 
(GénéaL, tom. II, p. 178.) 

Jean Vlaeminck, dixième échevin du deuxième banc 
de Gand, année i4^o, portoit d'autres armes. (De 
l'Espinoy, p. 619.) 

Vten Zwàke (de Bastaert); Gruth., 4 e ligne, n° 7. 

Un Geerein Wyten Zwane , seigneur de Wacquene 
( Wacken , village à trois lieues trois quarts de Cour- 
trai), de Miromez, de Herdissem (Herdersem) et de 
Lembeke (Zonnebeke), vers i35o, épousa la seconde 
fille de messire Simon de Mirabello, chevalier, seigneur 
et baron de Perawes (Perwez) et de Berverene (Be- 
veren) , et d'Elisabeth, fille bâtarde de Louis de Nevers, 
comte de Flaridre. 

U en eut Catherine , qui épousa Philippe de Mas- 
seme , seigneur d'Eecke , et Hundelgem (Herdergsem) , 
bailli de Dendermonde. (De l'Espinoy, p. 66, et Sand., 

tom. ni, p. 234.) 

Catherine Vuter Zwane , dite Mirajbelli , épousa Jean 
Sersanders, qui vivoit vers la fin du quinzième siècle. 
(GénéaL, tom. I, p. 62.) 
Vtew Zwane (de Bastard) ; Gruth. , 4 e ligne, n° 8. 
Vul (Philips de)-, Ghistelles, 4 e ligne, n° 6. 
La copie de M. van Huerne porte Bul. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 



3d 



w. 

Walle (Zeger vanden); Ghistelles, 3* ligne, n" 6. 

Famille ancienne , alliée aux premières de la Flan- 
dre. De l'Espinoy (p. 297 et 4'3), qui en a fait graver 
les armes , fait mention d'un grand nombre de per- 
sonnes de ce même nom. 

La terre et seigneurie de vander Walle tenoit en fief 
de la châtellenie de Courtrai. 

Zegber vanden Walle étoit échevin de la ville de 
Bruges en 1396. (Sand., tom. II, p. a3.) 

Un Lambert vanden Walle remplit la même fonction 
en 1329; un Gilles, en i33i, i33a et i334; un Jac- 
ques, en i35i et i357 ; un Jean, en i35a, i354 et 
i355; et un Pierre, en i353. (Sand. , tom. H, p. 22.) 

Un autre Jacques prit part aux joutes de i4i8, 1419, 
i4ai, 14*2 et 14*3 (Jaerb. , tom. I, p. 495 et 496} 
et tom. Il, p. 3, 5 et 6) , et un Joas à celles de i433 
et i435. (Id.y tom. H, p. 17 et 20.) 

Marie van de Walle , fille de Daniel et d'Ide Vilain , 
épousa Jean de Steeplandt , haut échevin du pays de 
Waes en i4i4j qui eut la tête tranchée par les Gan- 
tois en i45i. (GéncaL, tom. H, p. 3a.) 

Isabeau van de Walle, fille de Jean, épousa Tristan 
de Halewyn. (Le P. Anselme, tom. III, p. 99.) 
Weldewe (Wouters van) ; Gruthuyse, r e ligne, n° 2. 

Welden, terre et seigneurie à unfc lieue et un quart 
d'Audenaerde. 
Wiwghene (Wouter van ) 5 Gruthuyse, 3 e ligne, n° 2. 

Terre et seigneurie considérable à trois lieues de 
Bruges. 



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3i2 BIBLIOTHÈQUE 

Gauthier van Winghene jétoit , selon toute probabi- 
* lité , fils de Wautïer, dit de Winghene, second fils de 
Henri IQ , sire de Bautershem en 1223 , 1224 et 
123a. (Butkens, tom. H, Suppl. , p. 211.) 

Il portoit les armes de Berghes-, de l'Espinoy (p. 3oi) 
les a fait graver. 

On trouve parmi les confrères ^le la confrérie des 
arbalétriers de Bruges , un Arnaud van Whynghene. 
( Jaerb. , p. 282. ) 



Yàbeke (Victor van) 5 Ghistelles, a* ligne, n° 4- 

Jabeke , terre et seigneurie à deux lieues et un quart 
de Bruges. 



Zweveghem (Arnoud van); Gruthupe-, 2 e ligne, n° 5. 

Terre et seigneurie près d'Harlebeke. Sanderus en 
a fait représenter le château (tom. III, p. 3a). 

Arnoud van Zweveghem assista à l'enterrement de 
Gérard de Mortaigne en i3gi. 

Un Hallard , seigneur de Steenhuyse , étoit aussi sei- 
gneur de Zweveghem vers i3oo. Il portoit les mêmes 
armes qu' Arnoud. (Van Ghistel, Hist. Mech., tom. H, 
p. 229-) 

De l'Espinoy (p. 27a) fait mention d'un seigneur de 
Zweveghem qui fut d'un duel, en i364, avec Rasse 
van Herselles , qui y fut tué , entre Jean de Ghistelles, 
seigneur de la Woestyne, et de Nevele et les siens. 



Y. 




DE LOUIS DE "LA GMJTHUYSE. 3i3 
SUJETS DES MINIATURES * 

DONT LE MANUSCRIT DE RENÉ d' ANJOU EST ENRICHI. 
(Voyez ci-dessus, p. a65. ) 



Miniatures du Texte. 

Fol. ix , recto. 

Quand un seigneur se proposoit de faire un tournoi , 
il envoyoit son héraut d'armes à celui qu'il vouioit 
combattre. 

Ici le héraut d'armes reçoit à genoux l'épée des 
mains du duc de Bretagne , assis sous un dais , pour la 
porter au duc de Bourbon. 

Sujet composé de neuf personnages. 
Fol. xj , recto. 

Le roi d'armes s'acquitte des ordres de son seigneur ; 
il est devant le duc de Bourbon , à qui il offre , à ge- 
noux, l'épée du duc de Bretagne, qu'il lui présente 
par la garde. 

Huit personnages. 
Fol. xiij , recto. 

Le duc de Bourbon a accepté le défi; le héraut 
d'armes lui présente un rouleau où sont peints huit 
quartiers d'armes des chevaliers proposés pour être 
juges diseurs : il en choisit quatre. 

Huit figures. 
Fol. xiiij , verso. 

Les quatre juges étant choisis, le héraut d'armes va 



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< 3i4 BIBLIOTHÈQUE 

leur demander, de la part de son seigneur, s'ils, accep- 
tent cet office. 
Sept figures. 
Fol. xvij. 

Le héraut d'armes publie le tournoi; un des deux 
poursuivans d'armes distribue les armes aux tour- 
noyeurs. 

Neuf figures. 
Fol. xx, recto. 

Deux formes de heaumes; celle du heaume avec 
timbre : le tout posé sur le lambrequin armorié. 
Fol. xxj , verso. 

La cuirasse. 
Fol. xxiiij , recto. 

Forme de trois gantelets. 
Fol. xxiiij. 

Forme des garde-bras et avant-bras. 
Fol. xxv, recto. 

L'épée et la masse. 
Fol. xxviij , verso. 

Le sac pour mettre le hourt. 
Fol. xxix, verso. 

Le hourt à l'envers. 
Fol. xxx, recto. 

Le hourt à l'endroit. 
Fol. xxxj. 

La couverture du hourt. 
Fol. xxxij , verso , et xxxiij , recto. 

Le duc de Bretagne et le duc de Bourbon combat- 
tant comme Gruthuyse et Ghistelles dans les minia- 
tures a et 3, p. 270. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3i5 
Foi. xxxiiij, verso, et xxxv, reeto. 

Grande miniature représentant la lice remplie d'une 
multitude de chevaliers. On y voit deux tribunes des- 
tinées , Tune , aux juges du combat , et l'autre , aux 
dames. 

Fol. xxxvj , verso, et fol. xxxvij , recto. 
L'entrée des tournoyeurs èn ville. 
Douze personnages à cheval. 

Fol. xxxix, verso, et fol. xl, recto. 

Les loges des tournoyeurs , aux fenêtres desquelles 
sont placées leurs armes et leur bannière, au nombre 
de vingt-deux. 
Fol. xlj , verso , et xlij , recto. 

L'entrée des juges du tournoi dans la ville , avec une 
suite de plus de vingt personnages à cheval. 
Fol. xliiij , recto. 

Un héraut d'armes tient les bannières des quatre juges. 
Fol. xlvj , verso, et xlvij , recto. 

La lice où se trouvent réunis tous les combattans , 
rangés en ordre et prêts à en venir aux mains. Trois 
tribunes, dont celle du milieu est occupée par les juges; 
les deux autres, par les dames. 
Fol. xlvij , verso, et xiviij , recto. 

Visite des heaumes, timbres et bannières des com- 
battans, par les juges, les dames et les seigneurs. 

Fol. lij , verso, et liij , recto. 

Prestation du serment par le seigneur appelant et le 
seigneur défendant. Deux tribunes, sur lesquelles on 
lit la devise Plus est en vous; l'une est occupée par les 
juges; l'autre, par les dames. 



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3i6 BIBLIOTHÈQUE 
Fol. xlij , verso, et xlij , recto. 

Le seigneur appelant et le seigneur défendant assem- 
blent le tournoi en dedans de la "barrière. Trois tri- 
bunes/, une pour les juges, deux pour les dames. 
Fol. lxvij , recto , et lxviij , recto. 

Une multitude de tournoyeurs dans la lice , combat- 
tant par bandes. Sur deux tribunes on lit, en grosses 
lettres d'or, la devise Plus est en vous, plusieurs fois 
répétée. 
Fol. lxx, verso. 

La distribution des prix par la dame , le chevalier 
d'honneur et les juges. 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3t 7 



DESCRIPTION 

d'un autre manuscrit 
DU TOURNOI DE JEAN DE LA GRUTHUYSE. 
N°C. (p. 255.) 

Ce manuscrit, coté 835 1 , se trouve aussi à la Biblio- 

thèque du Roi. Il est un peu moins bien exécuté que le 
précédent , auquel il paroît avoir servi de modèle ; néan- 
moins il a appartenu au même seigneur, car au fol. coté i 
sa devise Plus est en vous, meer es in u, se voit écrite 
dans la première initiale. 

Les armes de France , peintes au bas du récit rapporté 
ci-dçssus, page 271 , et qui indique l'époque à laquelle 
ce tournoi eut lieu, recouvrent celles de la Gruthuyse; 
ce qui prouve que ce manuscrit resta dans sa bibliothèque 
jusqu'au moment où il passa, avec tous les autres, dans 
celle de Louis XII. 

Le premier feuillet est enrichi de la miniature qui re- 
présente l'hommage que Gruthuyse fit à Charles VIII ; 
mais cette miniature est moderne , et faite d'après la 
peinture originale, pour un des possesseurs qu'a eus ce 
manuscrit, et dont les noms sont rapportés dans des notes 
écrites au commencement du volume. Il y est dit que , le 
6 novembre 1616, Le Breton le reçut de son père, Hector 
Le Breton , sieur de la Doinetrie , roi d'armes de France , 



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3i8 BIBLIOTHÈQUE 

qui a fait dorer son nom et ses armes sur les deux plats 

de la couverturé, en maroquin rouge. 

Le 29 avril 1707, un nommé Lehay l'acquit i5o livres, 
de M. d'Omonville , qui s'en défit ensuite par besoin 
d'argent ; mais il reste à savoir comment il devint la pro- 
priété d'Hector Le Breton. L'avoit-il obtenu en sa qualité 
de héraut d'armes, comme étant double à la Bibliothèque 
du Roi, où se trouvoit déjà l'original, et pouvant lui 
être utile dans l'exercice de ses fonctions de roi d'armes ? 
Il appartint plus tard à M. de Gaignières , et revint à la 
Bibliothèque du Roi avec tous les livres de cet amateur, 
lesquels furent acquis en 171 5. 

Gaignières en fit changer le dos pour y faire dorer son 
chiffre, et peut-être est-ce également lui qui y ajouta la 
première miniature, qui n'y étoit point, et ne devoit être 
que dans le manuscrit original. Au moins est-il certain 
qu'il s'en procura une autre copie pour l'insérer dans son 
grand recueil de monumens françois , portefeuille 8 , 
u° 56 , et c'est d'après cette dernière qu'a été faite la gra- 
vure de ce sujet, laquelle se trouve dans le tom. IV, Pl. iv, 
p. 58, des Monumens de la Monarchie françoise, du 
P. de Montfaucon. 

En tête de ce second manuscrit du tournoi de la Gru- 
thuyse, sont six feuillets, y compris celui qui offre la 
peinture de la présentation -, ces six feuillets contiennent 
les figures relatives au tournoi de 1392. 

Suit l'ouvrage de René , dont les feuillets sont chiffrés 
depuis i jusqu'à lxviij , et sur le premier desquels on lit, 
au recto, l'historique du tournoi. 

La Bibliothèque du Roi possède encore deux autres 
manuscrits de l'ouvrage de René d'Anjou , sans aucune 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3 19 

des miniatures que la Gruthuyse fit faire pour le sien. Ils 
sont l'un et l'autre du quinzième siècle, et sur papier. 
Le plus ancien vient aussi de Gaignières; il est relié en 
veau fauve , à son chiffre. Le second , couvert de maro- 
quin noir, après avoir appartenu au prince de Conti et 
au duc de la Vallière, fut acquis en 1766. {Essai hist. 
sur la BibL du Roi, p. 106.) 

H est très douteux que ce dernier manuscrit soit celui 
qui fut exécuté par l'auteur lui-même, ainsi que l'assure 
le duc de la Vallière, qui, en le vendant à Louis XV, 
employa peut-être ce moyen, soit pour en relever l'im- 
portance, soit aussi pour justifier le haut prix qu'il en 
demandoit, sans doute. René peignoit très bien, comme le 
prouvent plusieurs manuscrits qu'il nous a laissés -, et cer- 
tainement un ouvrage composé par ce Roi seroit sorti de 
ses mains avec les emblèmes, les devises et les initiales 
de son nom-, en un mot, tous les ornemens dont il se 
plaisoit à enrichir ses manuscrits. L'auteur de l'Essai 
historique sur la Bibliothèque du Roi (p. 106) , et M. de 
Villeneuve , dans son Histoire de René d'Anjou (tom. U, 
p. 3oo — 3o4)i et d'autres qui en ont parlé, se sont 
contentés de répéter l'assertion de ce noble amateur, sans 
s'appuyer de preuves. M. de Villeneuve, en décrivant le 
tournoi de i3ga, le place à l'année i49*> et &u lieu 
d'en faire honneur à Jean de la Gruthuyse , il l'attribue 
à Louis, son fils, qui n'a fait qu'ordonner l'exécution du 
manuscrit. 

On trouve encore à la Bibliothèque du Roi deux autres 
manuscrits très modernes, copiés d'après les anciens. 

L'un , composé de 102 feuillets, coté n° 835 1, est un 

2a 

grand in-folio sur papier. Il vient de la Bibliothèque de 



32o BIBLIOTHÈQUE 
Colbert , n° 4 du Catalogue dé ses Manuscrits, et il paroît 
avoir été exécuté par ordre de ce ministre , probablement 
pour donner à Louis XIV une idée des anciens spectacles 
de ce genre, et l'engager à les introduire dans les fêtes de 
la cour. En effet, les carrousels, les joutes, les courses 
de têtes et de bagues, les divertissemens de 1662 et des 
jtnnées suivantes, en offrent quelque image. Le manuscrit 
de Colbert est écrit en lettres rondes ; les miniatures dont 
il est enrichi ont été faites avec le plus grand soin, d'après 
le manuscrit original. Celles qui ont rapport au tournoi 
de la Gruthuyse précèdent l'ouvrage de René , qui com- 
mence au fol. 12. 

Le premier feuillet offre un frontispice peint, où on 
lit: 

Portraits du tournoi de Monfeigneur de la Gruthafe appeilant et de 
Monfeigneur de Ghiftellt defleodant 139a. 

L'ordre et la manière comment les Tournois doivent élire faicts et 
conduis par m" René daniou Roy de Sicile duc de Lorraine. 

L'autre manuscrit est aussi sur papier, et de la même 
époque : il a appartenu à Gaignières. On y trouve toutes 
les armes blasonnées , ainsi que les noms en françois des 
chevaliers. Le titre porte : 

Noms et armes de ceulx qui furent a ung tournois tenu au marché 
de la ville de Bruges lan de noftre feigneur 1393 le n« jour du mois 
de mars par monfeig* Jean feigneur de la Gruthufe contre monfeig. 
Jean feigneur de Ghiftelle. 

Smallegang , auteur d'une chronique de Zeelande , en 
hollandois, dit qu'étant à Paris, en i65i, il eut occasion 
de voir le manuscrit du tournoi de la Gruthuyse , que lui 
montra Pierre Dupuy, garde de la Bibliothèque du Roi, 
et qu'il en fit une courte description , qu'il a insérée 
depuis dans son histoire, p. 726. Il avoit le projet de faire 



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DE LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 32 1 

graver lés miniatures où sont les armes et les noms des 
chevaliers qui figurèrent dans ce tournoi , et d'en enri- 
chir son ouvrage % pensant, avec raison, que beaucoup de 
familles nobles de la Hollande seroient flattées, de niéme 
qu'aujourd'hui, d'y trouver plusieurs de leurs ancêtres. 

Dans sa vie de Peyrecs (p. 181), Gassendi nous ap- 
prend qufe cet illustre protecteur des lettres avbit eu , 
avant Smallegang, qui l'ignoroit, l'intention de faire im- 
primer une édition de l'ouvrage de René d'Anjou , et 
qu'il avoit même commencé à en faire graver les figures 
d'après le manuscrit de la Bibliothèque du Roi, n° 835 1, 
le seul qui y existât alors, et celui-là même que Gru- 
thuyse avoit présenté au roi Charles VIII. On ignore cé 
qui a pu empêcher l'exécution de ce projet. 

A l'exception de la miniature qui représente la céré- 
monie de l'hommage au Roi , des deux où Gruthuyse <et 
Ghistelles s'élancent l'un sur l'autre, et des deux sui- 
vantes , et dans lesquelles les hérauts d'armes de ces sei- 
gneurs proclament le jour et le lieu où doit se faire le 
tournoi , Peyrecs a fait exécuter au burin toutes les au- 
tres , au nombre de seize. 

Cette suite de figures est devenue tellement rare, qu'on 
ne la connoît aujourd'hui qu'à la Bibliothèque du Roi, 
où il s'en trouve deux exemplaires. Dans celui qui est 
au Cabinet des Estampes il manque les deux figures des 
blasons des combattans, qui sont néanmoins dans l'exem- 
plaire qui est au dépôt des livres imprimés, relié, assez 
mal à propos, à la fin de l'ouvrage intitulé : Pompeuse et 
magnifique Description du Sacfe de Louis XIV. Paris , 
i655 , in-folio. 

Dans cette seconde suite, plus complète que la pre- 

21 



322 BIBLIOTHÈQUE 
mière , il manque cependant la figure in , qui se voit dans 
l'autre , et qui représente le héraut d'armes tenant le rôle 
des blasons de huit chevaliers et écuyers , parmi lesquels 
on doit choisir quatre juges diseurs. 

Gôtze (die Merckwurdigkeiten der Kônig. BibL zu 
Dresden, tom. I, p. 121) , Wilken (Studien herausgeg. 
von Cari. Daub. , in-8°, tom. II, p. 168), eb'M. Ébert 
(Gesçh. der Kônigk BibL zuDresden, in-8% p. 344) > 
donnent d'assez amples détails d'un beau manuscrit de la 
bibliothèque de Dresde , dans lequel se trouvent réunis 
trois différens ouvrages , dont le premier offre une très 
belle copie du même livre de tournoi , enluminée magni- 
fiquement, et enrichie de trente-trois miniatures*, mais 
où rien n'indique qu'elle soit de la main de René. 

Le second est intitulé : Traictie de la droicte Ordon- 
nance du Gaige de Bataille par tout le royaulme de 
France, et c'est l'ouvrage dont M. Crapelet nous a donné 
récemment un exact et curieux fac-similé, vrai chef- 
d'œuvre de typographie et d'enluminure. 

Le troisième contient une chronique abrégée des Faictz 
de France : depuis tan de grâce mil quatre cens jusqu'à 
l'an Mil iîij c soixante sept inclus, par Régnier d'Anjou. 

Quelques personnes ont fait faire, en différens temps, 
des copies modernes des noms et des blasons seulement 
des chevaliers qui parurent dans ce tournoi. Il en est 
parvenu cinq à notre connoissance. 

La première de ces copies a appartenu à François-Joseph 
de Castro y Toledo , premier échevin du pays de Waes. Il 
l'avoit acquise à la vente des effets de Ferdinand-Philippe, 
baron de Boneen, grand-bailli du même pays de Waes, 
mort le 12 février 1728. 



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DE. LOUIS DE LA GRUTHUYSE. 3*3 
La seconde étoit, en 1 63g, à G. de Sieenhuyse de Fiers ; 
elle passoit pour avoir été faite par Alexandre Leblanc , 
seigneur van Aleurchin et Bailleul , ou par son frère 
Guillaume Leblanc, vers i55o, parce que sur le second 
feuillet se trôuvoient peints quatre de ses quartiers : 
Leblanc, Loz, Ruffault et Carlin. 

Les blasons n'éloient point exécutés à la manière an- 
cienne , mais ornés de fleurons. La plupart avoient pour 
cimier un timbre et un capuchon peint en or et en 
argent. 

La troisième a été acquise pat la Bibliothèque du Roi , 
à la vente des Livres de M. Neuwens, à Bruxellés; elle est 
de la main de Corneille Gaillard, roi d'armes, et écrite 
en i54p. Outre les armes des chevaliers, elle contient 
des notes historiques sur l'ancienne chevalerie de Flandre. 

La quatrième nous appartient-, elle est sur 18 feuillets 
de papier, avec les armes dessinées et décrites, et avec 
les noms des tournoyetirs. A la suite sont les épitaphes 
que l'on lit dans les églises de Bruges. 

La cinquième, en deux feuillets d'un mètre 922 millim. 
( 49 p. 1 1 1. ) de haut, sur 65o millim. (24 p.) de large, 
se conserve dans le riche et curieux cabinet d'antiquités 
nationales de M. van Heurne , à Bruges. 

On y lit à la fin : 

Int jaer ons heeren duufent drye hondert ende twee entneghentich 
op den xj dach van Maertè was dit ghefpel ende tournoy ghehouden 
te Brugghe up de maert by den zeer Edelen heere Tanden Gruulhuufe 
beroepen jeghens den moghende heere Van Ghiftelle vermeerdere eïc 
met de voors' perfoonen te weten up de rechter zyde mer Gruùthuufe 
ende up de flnynker zyde mer Ghyftclle ende weder vernieut hier ter 
plaetfe up twintichften dach van Meye vyfthier hondert ende twee' 
tneghentich. 



324 BIBL. DE LOUIS DE LA GRUTHÛYSE. 

Wlson de La Colombière , qui a donné , en 1648 , dans 
le tom. I, p. 49» de son Vrày Théâtre £ Honneur, le 
texte de l'ouvrage de René , renfermé dans le manuscrit 
de Gruthuyse, Ta accompagné de tous les sujets des mi- 
niatures qu'il a réunis sur deux planches gravées en taille- 
douce, et qui sont placées aux pages 49 et 81 de son 
ouvrage. 

MM. Gassier (Hist. de la Chevalerie françoise, 1814, 
in-8% p. 290 à 33a) , Wilken, à qui nous devons une 
histoire curieuse des tournois en général , et Champol- 
lion-FJgeac , dans son beau volume intitulé les Tour- 
nois du roi René, d'après le manuscrit original et les 
dessins originaux de la Bibliothèque royale r ont aussi 
reproduit l'ouvrage de René. 

M. Champollion l'a enrichi de divers monumens que 
ce Roi nous a laissés de son talent pour la peinture. 



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NOTES. 



(1) Beaucourt, Historié van 't Vrye, tom. I , p. 146- 

(2) Custis, Jaer-Boecken der stadt Brugge. Brugge, J. van 
Praet, 1765, 3 vol. in-12, tom. I, p. 496. » 

(3) Idem, tom. II, p. 102. 

Le jeune de Gruthuyse pouvoit alors avoir seize à dix-sept ans ; 
c'étoit l'âge ordinaire où les jeunes gens nobles commençaient à 
s'exercer dans les tournois au maniement de la lance et de l'épée. 
Le comte de Charolois , fils de Philippe-le-Bon , n'avoit guère 
(pie cet âge lorsqu'il joûta pour la première fois en i45i , contre 
Jacques de Lalain. ( Hist. de Jacq. de Lalain , par Georges 
Chastellain, in-4°, p. 23.) 

(4) Custis, tom. II, p. 106. 

(5) Idem, tom. II, p. 108. 

(6) Idem, tom. II, p.'no. 

(7) Mém. pour servir à VHist. de Bourgogne , in-4°, tom. II, 
p. 23o. Dans un compte de Yison, de l'année i449> ^ porte 
cette même qualité d'échanson. 

(8) Almanach de Cambrai, année 1764, in-12, p. xx. 

(9) Hist. de Lalain, p. 229 et 298 ; Hist. de Charles VII, 
par Math, de Coucy, publ. par Godefroy. Paris, 1661, p. 638. 

(10) Meyeri Ânn. Ântverpiœ, i5i6, in-fol. , fol. 3o6, verso, 
et Chronike van Vlaenderen. Brugge, 1727 — 1737, 4 v °l« 
in-fol., tom. II , p. 295. 

(n) Maurice , Hist. de la Toison-dOr, i665, in-fol. , p. 65 ; 
Chronike van Vlaenderen, tom. II, p. 317. 
(12) Hist. de Charles VII, p. 654- 



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3a6 



NOTES. 



(i3) Ordonnance du Banquet, manuscrit in-4°, original, qui 
se trouve dans la Bibliothèque du Roi. 
(iA) Hist. de Charles VII, p. 667. 

(15) Idem, p. 666. 

(16) Ferwerda, nederland Stamboek , tom. I, in-folio, au 

mot BoRSfiELE. 

(17) Ca*. des Râles gascons , par Th. Carte, 17/p, in-folio, 
tom. II, p. 352 ; Jfl/n. <fe /. du Clercq, publiés par M. le baron 
de Reiffenberg. Bruxelles, 1823, 4 vol. in-8°; tom. III, 
p. i3o ; Monstrelet, Paris, i5g5, 3 vol. in-fol. , tom. III, 
fol. 84» verso. Le manuscrit du Roi, n° 6759, contenant les 
anciennes chroniques d'Angleterre , par Jean de Waurin , 
tom. VI, fol. clxviij , décrites ci-dessus page 24, rend ainsi 
compte de cette mission : ' 

Le duc Philippe de Bourgoingne doncques ainsi infourme et requis 
comme vous auez oy defirant de complaire au Roy Edouard et ycelluy 
exaulchier en la joiflancc du Règne anglois enuoya haftiuement deuers 
fadite niepce dEfcoce par fourme dambaffade le feigneur de la Gru- 
thufe Prince de Steenhufe ung noble et puiflant baron de la nacion de 
flandres fage et prudent lequel ayant receu le commandement -du duc 
fon feigneur fappareilla et mift en point moult notablement et puis 
honnourablement accompagnie de cheualliers et efcuyers tant de lor- 
donnance du duc comme de fon boftel entra fur mer a lefclufe et tant 
naga quil vint en efcoce auquel lieu luy arrive fift enquerire ou eftoit 
la royne puis tyra celle part Ou il cuidoit trouuer et quant il approcha 
le lieu la royne \uy alla au deuant en fa propre perfonne laquelle après 
les faluemens et bien viegnans lui enquift la fan te et eftat du duc fon 
oncle de fon filz le comte de charollois et fa belle ante la dncheffc a 
quoy le feigneur de la gruthufe luy refpondy courtoifement et a point 
comme bien pourueu de fens et beau language fi fut recheu et feftoie 
moult honnourablement de la royne et des dames de fa court premiè- 
rement et puis des princes et haulz barons defeoce tant pour amour 
du bon leal prince duquel il portoit lordre de fa toifon comme auffi 
pour Ihonneur et recommandation de fa perfonne a tous reuerente et 
agréable. 

Apres tous les feftoiemem et reooeillutes quant ledit feigneur de la 



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NOTES. 327 

gruthufe vey le temps oportun en moult bel eftat et meure contenance 
Te trait par deuers la royne et Tes confaulz ou il raonftra et explicqua 
les articles et poins de fa légation tant arzeement prolyxement et yiue- 
ment en honneur rèuerence que youlentiers fut oy de tous et telement 
procéda que auant foa partement par laigreur de son fens et dilligence 
les traities et dillacions de alyances nouuellement faites entre les deux 
Roynes dangleterre et defcoce furent rompues et adnichillees mettant 
y celles du tout au néant lesquelles chofes adcomptees le feigneur de la 
gruthufe moult joyeulx de fon hel exploit aprez congie prins a la royne 
et aux feigneurs et dames de fa court il fe party defcoce et revint en 
flandres deuers le duc de Bourgogne fon feigneur auquel il raconta tout 
au long la manière de fon expédition ainfi que cy-deffus eft contenu 
de quoi le duc et fes confaulx furent moult contentz. 

(18) Maurice , Hist. de la Toison-£Or, p. 65 ; Historia de la 
insigne orden del Toysùn de Oro ^ por don Julian de Pinedo , 
1787, in-fbl., tom. I, p. 74. 

(19) Mém. de J. du Clercq, in-8°, tom. III, p. 162 et 174. 

(20) Joseph van Praet, Jaerboek dèr gilde van Sint-Joris. 
Brugge, 1786, in-12, p. 60. 

(21) De Wree, Généalogies des Comtes de Flandre. Bruges, 
1642 , in-fol. , tom. II , p. 36s. 

(22) Hoynck van Papendrecht, Annalecta Belgica, 1743, 
in~4°, tom. II, Part. I , p. 3o des Preuves. Dans la nomen- 
clature des objets d'entretien laissés à la charge de Gruthuyse , 
on trouve les ustensiles d'hôtel, c'est-à-dire les meubles , les 
battelages (les bateaux), la belle chère ou dépense de la table. 
Le mot chère, indiqué par abréviation par celui de chrc r n'a 
pas été compris par Hoynck , qui rapporte en entier les lettres 
patentes de Philippe-le-Bon , datées de Bruges le i4 mai i463, 
qui contiennent la nomination de Gruthuyse , réforment les con- 
seillers en Hollande , et ordonnent le transport de la Chambre 
des Comptes , qui étoit à La Haye , dans la ville de Bruxelles. 

(23) Monstrelet , tom. III , fol. 120 , verso ; du Clercq , 
tom. IV, p. 267. 



4 



328 



NOTES. 



(24) Du Clercq , tom. TV, p. 267. 



(25) Monstrelet, tom. III, foi. 121, versa; Excellente Chro- 
njrke van Vlatnderen y Antwerpen, fol. lxxviij , verso ; Râles 
gascons, tom. II, p. 356; Rapio Thoyras , Hist. d Angleterre , 
in-4°> *749> tom - V> p. 3i. 

(26) Chronique de Georges ChasteUain , Paris , 18*7, in-8% 
p. 3r4; Chronique van Vlaend., tom. II, p. 388 et 38g. 

(27) Excellente Chron van Vlaend., fol. ccxxiïij, verso! 

(28) Idem, fol. cxxxix — cxlv, verso. 

(29) Custis, tom. II, p. i54- 

(30) Aub. Mirai opéra Diplom. et hislorica, Bruxellis, 1723, 
in-fol. , tom. IV, p. 3 et 626. L'endroit où ils établirent ce 
couvent étoit appelé Gruuthof; c'étoit sans doute une ancienne 
demeure de la famille de Gruthuyse , située près la porte Sainte- 
Catherine. 

(31) Smallegang, Nieuwe Chron, van Zeelandt, Middelburg, 
1696, in-fol., p. 687 ; Mém. de Philippe de Çomines, Bruxelles, 
1706, in-8°, tom. I, p. 167; Rapin Thoyras, in-4°, I749> 
tom. V, p. 5i et 82, et le manuscrit du Roi, n° 6759, qui a 
appartenu à Gruthuyse, et qui contient les anciennes chro- 
niques d'Angleterre, 12 vol. in-fol., décrits p. 241 . On y lit, 
fol. cciiij" vij , verso : 

(Vers le mois de mai 1470) le duc de Bourgooigne dautre part 
adcertene des chofes dites fe party de Lille et fen alla a lefclufe adfin 
de mettre une grant puiffance fur la mer pour aller combattre ledit 
comte de Warewic ouquel navirre entrèrent hollandois zeelandois et 
flamands qui font vaillans gens marins auec aulcuns de Ihoftel du duc 
de laquelle flotte furent conducteurs le feigneur de la Verre admirai 
de la mer le feigneur de la gruthùfe lors gouverneur de hollande le 
feigneur de Halleuin et autres jufques au nombre de xxxvj navires 
contendans a combattre le comte de Warewic mais il avoit colloque 
fon navire en fi fort lieu quil cftoit mal poffible de le grever. 




NOTES. 329 

(32) Manuscrit n° 6759, fol. cciuj**', recto, de la Chronique 
a* Angleterre , de Jean de Waurin , décrit p. 241 • 

(Édouard ) confiderant comment lefdits feigneurs frères de Warewic 
le trahiffoient yillainement en prendant partj contraire fe tyra bafti- 
vement en la ville de Hepfhuve (Ipftrich) 00 il trouva daventure 
navire fi paffa en hollandes luy accompagnie de fon frère duc de Glo- 
ceftre du-comte de Rivière feigneur de Scalles Ton ferouge (beau-frère) 
le feigneur de Haftings le feigneur de Duras et autres fi vint arriver a 
la haye duquel lieu fut envoyé par le duc de Bourgoigne le feigneur de 
la Gruthufe prince de Steenhufe pour lors gouverneur dudit pays de 
Hollande qui honnourablement le recheut comme bien faire le feavoit 
et la le feftoia bonne efpace de temps parmy ledit pays de Hollande et 
fi au gre dudit Roy le conduifi que grandement depuis fen loa comme 
bien y parut car il luy eflargy aînfi que digne de plus grant bonnour 
et prééminence la comtee de Winceftre en Angleterre. 

(33) Excell. Chron. van- Vlaend., fol. cliij, recto; Chron. 
van Flaend. , tom. II, p. 4*8 et 4^i ; Custis , Jearb. , tom. II, 
p. i56, et le manuscrit n° 6759, où on Ut, fol. ccciiij , Verso : 

En lan mil quatre cens lxxj le fécond jour de mars le noble Roy 
Edouard quatrième de ce nom par la grâce de dieu Roy dangleterre 
et de franco fyre djrlande aprez quil eut longtemps fejourne en la 
ville de Bruges ou il fut feftoye et affifte de plufieurs gens en efpecial 
du feigneur de la gruthufe fift préparer fes habillemens de guerre et 
affembla grant compagnie de gens darmes tant des pays du duc de 
Bourgoigne comme dAngleterre puis vint en Zeelande au port de Flef- 
chine auec luy fon frère le duc de Gloceftre le comte de Rivière le 
feign. de Sage (Scales) le f* de Duras et aultres adeompagnie denviron 
xijc combattans bien prins. 

(34) Excellente Chron., fol. cliij, recto, tom. II, p. 160, et 
le manuscrit du Roi, n° 6759, où on lit : 

Toutes les befougnes ainfi faites et achevées que oy auez cy deffus le 
Roy Edouard eferipuit une lettres moult amiables a ceulx de Bruges 
dont la teneur fenfieult : 

Edouard par la grâce de dieu Roy dangleterre et de franco feigneur 
djrlande a nos très chien et efpeciaux amis les nobles hommes efcou- 
tette Burgmaiftres et Echevins et Confeil de la ville de Bruges et a 
chacun deulz falut et dillection très chiers et bien efpeciaulx amis nous 



33o NOTES. 

tous mercyons tant et fi cordialement que faire .povons de la bonne 
chiere et grande courtoifie que votre très begnivolente affection tous 
a pieu de nous faire et demonftrer gracieufement et largement au bien 
et confollation dé nous et de nos gens pendant le temps que nous eflions 
en yoftre ville. Nous nous en tenons grandement tenus a vous ce que 
nous recon$aoifferons par effet fe chofe .eft qife iamais pu i (Tons faire 
bonnement pour le bien de tous et de ladite ville vous lignifiant quil 
a pieu a noftre benoitf créateur de fa grâce nous donner depuis que 
partifmes de ladite ville et arrivafmes en caftai noftre Royaulme fi 
bonne profperite et gracieufe fortune que nous avons obtenu là victoire 
de tous nos annemies et rebelles de pardeoha et fommes paHiblenient 
refaifis et poffeflex de noftre Rojaulme couronne et regalite et bien 
duement obey comme par le porteur de celtes en porrez eftre adcer- 
tenez plus amplement dont nous rendons très fingulieres grâces et 
mercisa «noftre rédempteur lequel très cbiers et efpeciaulx amis prions 
vous avoir toujours en fa fainte garde. Donne foubc noftre figne en 
noftré cite de Cantorbery le xrix* jour de may lan mil iiij c lxzj. Ainfi 
figne Edouard. 

Cette lettre se trouve traduite en flamand dans le tome rf , 
page 160 , des Ann. de Custis. 

(34 bis) Casley rapporte ainsi les titres de deux de ces ma- 
nuscrits. 

Le premier est intitulé : 

« Le quart volume de lhiftoire fcolaftique contenant le livre de 
v Tobie jufqua les faiz des apoftres avec plufieurs belles miniatures 
« lequel livre fut fait a Bruges par commandement du Roy Edouard 4 
« lan 1470. Efcrit par J. du Rees. • * 

L'autre porte pour titre : ^ 

« La grande hiftoire de Cefar tirée dè Lucain Suétone Orofe. etc. 
« faite a Bruges du commandement du R. Ed. 4 lan 1479 avec pein- 
« tures. » 

(35) Chron. van f^laend., tom. II, p. 

(36) /</., ibid. 

(37) Jaer-boek vander Hoofd-Gilde van Sint-Jooris, door 
Joseph van Praet, Brugge, Joseph van Praet, 1786, in-12, 
p. 62. 




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NOTES. 33 1 

(38) Beaucourt, Histl de T Église de Notre-Dame à Bruges, 
Bruges, 1773, in-4°, p. 108. 

Cette tribune > construite en bois de chêne du Rhin , qu'on voit 
encore dans toute son intégrité , a trois faces , et communique 
de l'hôtel de Gruthuyse à l'église de Notre-Dame. Elle se trouve 
pratiquée dans là nef septentrionale du choeur, vis-à-vis la sé- 
pulture de la famille, ayant vue au travers de deux piliers du 
chœur sur le maître-autel. Elle est composée de deux étages. 
Au bas du premier sont artistement sculptées en bois les armes 
de Gruthuyse, entourées du collier de la Toison-d'Or. Elles 
ont pour supports deux licornes , et sont surmontées de son 
timbre. On lit au-dessous sa devise Plus est en Vous, précé- 
dée et suivie des initiales L. M. , qui sont celles de son nom 
Louis et de celui de Marguerite sa femme. Entre les mots Plus 
est, «t après ceux en vous, est un mortier enflammé d'où vient 
de partir une bombe. 

La porte donnant dans la nef, que M. de Rudd a représentée 
dans la Planche 20 de sa description des Plans de Bruges, 
est aussi sculptée en bois» Les panneaux de cette porte offrent, 
dans la partie supérieure, les armes de Gruthuyse et d'Aa, et 
dans la partie inférieure , les armes seules d'Aa , à la croix can- 
tondée au i et 3 d'un mortier, 4 lançant deux bombes qui sont 
au 2. Au 4 il y a 1« initiales enlacées de Louis et de Mar- 
guerite 1 à côté est l'étendard de Gruthuyse. 

Nous en avons reproduit , p. i3 , la gravure réduite. 

(3g) Id., p. 67. 
(4o) Id., p. 109. 

(40 Stow, Annales of a gênerai Chronicle ofEngland, i63i , 
in-fol. , p. 4 2 6, année i47 2 * 

(42) Id., ibid. 

(43) Dugdale , baronage ofEngland, London, 1675 et 1676, 
tom. II, p. 283; Rjrmer, acta, Lond. , tom. II, p. 765. 

(44) Id. , ibid. 



332 W NOTES. 

(45) Carte, Rôles gascons , tom. II, p. 198. 

(46) D'Outreman , Histoire de Valenciennes , 1639, in-fol. , 
P- ^ 

(46 bis.) L'original de ce testament se conservoit , avant 1 792, 
dans les archives de l'église de Notre-Dame de Bruges ; il se 
trouve maintenant en la possession d'un habitant de cette ville. 

Une copie moderne appartient à l'auteur de ces Recherches ; 
voici l'extrait et les principales dispositions du testament. 

Il est précédé de lettres patentes délivrées à Valenciennes en 
mai i473 9 par Charles, duc de Bourgogne, en vertu desquelles 
il est accordé , sur la demande de messire Loys de Bruges , comte 
de Wincestre et seigneur de la Gruthuyse , et de dame Mar- 
guerite de Borsele, comtesse et dame desdits lieux , sa compagne, 
que le seigneur de Gruthuyse tiendra en" fief du duc de Bour- 
gogne l'amortissement et le transport en faveur de l'église de 
Notre-Dame de Bruges, de la communauté des tailleurs ou 
d'autres , à la condition , 

i°. D'une dîme de i5 livres de gros par an , tenue en fief 
près Roulers , du seigneur de Wackene , et appartenant à Mar- 
guerite de Borsele. 

2°. D'une sous-rente de 16 livres de gros , assise sur la sei- 
gneurie d'Aessebroucke près Bruges. 

3°. De 9 livres de gros à acheter sur le produit de chaque 
manne de poissons qui est apportée au marché de Bruges. 

Pour le tout ensemble faire 4<> livres de gros , laquelle somme 
devant servir à fonder deux messes perpétuelles par chaque jour 
et 4° obits , et à l'habillement et l'entretien annuel de treize ' 
pauvres vieillards. 

Dans ces lettres Charles qualifie le seigneur de Gruthuyse de 
féal chevalier, de son conseiller, chambellan et lieutenant général 
de Hollande, Zeelande et Frise, et les lui accorde en consi- 
dération des bons , notables et agréables services qu'il lui a faits 
par ci-devant , fait chaque jour, et qu'il espère encore faire doye 
de bien en veulx au temps à venir. 



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NOTES. * 333 
Ce testament, fait le 18 mai à quatre heures après dîner, dans 
l'hôtel et oratoire du seigneur de Gruthuyse, devant deux no- 
taires publics et neuf témoins , à savoir, un chanoine et trois 
chapelains de Notre-Dame, Jean de Hallewyn, prêtre, Jean 
de Blaesere, Louis Cotthoff, Martin vanden Grave et Michel 
Knupe , porte les dispositions suivantes : 

i°. L'acquittement entier des dettes que les testateurs pour- 
raient laisser. 

2°. La fondation de quatre services annuels dans le chœur de 
Notre-Dame de Bruges : au I er mars, i« juin, 2 septembre et 
i o décembre , avec vigiles et neuf leçons la veille , et auxquels 
assisteront un prêtre jacobin , un frère mineur, un augustin et 
un carme , les treize pauvres vieillards , et la communauté des 
tailleurs. 

3°. Celle de deux messes basses perpétuelles qui seront dites 
tous les jours derrière le maître-autel , près la sépulture des 
testateurs , sur laquelle le prêtre ira chaque fois lire le de Pro- 

fundis. 

4°. Les seigneur et dame de Gruthuyse, et leurs descendons, 
sont chargés d'habiller chaque an , à perpétuité , treize pauvres 
vieillards , dont dix choisis par eux , deux par la communauté 
des tailleurs parmi ceux de leur métier, et un par les poisson- 
niers de la confrérie de l'hospice de Saint-Josse, et auxquels il 
sera donné une chemise, un habit de dessous, un pourpoint 
doublé de draj? ou de futaine , deux bas doublés , deux souliers , 
un chapeau de feutre , une robe appelée tabard, un bonnet et 
des patenôtres de bois. 

5°. Les deux prêtres chargés de dire les deux messes journâ- 
lières sont tenus , tous les ans , le jeudi saint , l'un > de laver les 
mains et les pieds des treize pauvres vieillards , qui seront assis 
sur un banc devant l'oratoire ; l'autre , de les essuyer, et de leur 
donner ensuite à chacun d'eux cinq gros. Us seront assistés dans 
cette cérémonie du bedeau , qui leur apportera tout ce qui sera 
nécessaire à cet acte d'humilité. 



334 NOTES. 

6°. Tous les ans, aux quatre anniversaires susdits, il y aura 
une distribution, de soixante pains , frite dans l'intérieur du pa^ 
lais de Gruthuyse , au prévôt de Notre-Dame ou à son vicaire , 
aux deux bourguemestres de la ville de Bruges, aux quatre 
ordres mendians , aux pauvres de la communauté des tailleurs , 
aux neuf grands métiers, aux susdits treize pauvres vieillards, 
aux prisonniers de la Chambre noire, aux Insensés et aux Orphe- 
lins , au doyen de l'hospice de Saint-Josse , pour deux pauvres 
poissonniers. En tout quarante-cinq pains : le restant des pains , 
pour compléter le nombre de soixante , est laissé à la disposition 
de la famille. 

7°. Pour subvenir à la dépense et aux frais que doivent oc- 
casionner les dispositions précédentes, les deux testateurs con- 
sacrent, outre la dîme de i5 livres de gros et la sous-rente de 
16 livres , mentionnés dans les lettres patentes du duc, une ferme 
nommée le Cooldorp, de ioo mesures, 25 mesures de marais, 
avec habitations et arbres , situées à Erkeghem ; la terre de la 
dame d'Oguemont, de 21 mesures 2 lignes 90 verges ; le Dries- 
meersch , ayant appartenu à feu Adrien Keersmeesters ; 18 me- 
sures 1 ligne 22 verges dans la paroisse d'Oostcamp. Le tout 
produisant par an 6 liv. 7 esc. 3 gros. Ce qui forme en tout 
une somme amoruséV de 3«j liv. 15 esc. 3 gros, laissée en don 
à la communauté des tailleurs de Bruges, pour l'entière exécu- 
tion des dispositions testamentaires ci -dessus, dont elle reste 
perpétuellement chargée. 

8°. Des deux blocs de marbre que Gruthuyse a acquis, et qui 
sont prêts à être sculptés, il sera fait deux statues en pied, sui- 
vant le modèle qu'il a fait frire : l'une , de son père , et l'autre , 
de sa mère , avec leur épitaphe , leurs armoiries , et avec des 
rayures en cuivre , lesquelles statues devront être placées debout 
derrière le maître-autel , à chaque colonne , à l'endroit où se 
conserve la châsse de Saint-Bon iface. 

9 . La construction d'un tombeau en cuivre et en pierre 
polie , pour lui et sa femme , d'après le modèle qu'il en a fait 



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VOTES. 335 
exécuter, à la place ou se trouve celui de son père , tombeau 
qui servira à tous ses descendons, les seigneurs et daines de 
Gruthuyse. 

io°. Ils nomment pour exécuteurs testamentaires le prévôt de 
Notre-Dame, Arnaut de Lalaing, docteur en théologie et en 
droit , Jacques de Ghistelles , chevalier , seigneur de Dudzeele ; 
un troisième, pour leur être adjoint, sera choisi par le commun 
de ladite église. A chacune des deux premières personnes il 
accorde en don six marcs d'argent , et à la troisième six livres 
de gros. 

1 1°. En cas d'empêchement dans l'exécution des clauses dé ce 
testament , de la part d'un de leurs héritiers et de leurs descen- 
dans y ils veulent qu'ils soient tenus de payer 3ooo couronnes , 
dont un tiers au duc dé Bourgogne , un tiers à l'évêque de 
Tournay, et le dernier à la fabrique de l'église de Notre-Dame. 

A la suite du testament on trouve la copie de plusieurs pièces 
qui y sont relatives , savoir : 

i°. De la constitution d'une rente héréditaire de 16 livres de 
gros , assise *ur divers endroits de la seigneurie d'Aessebroucke , 
avec l'octroi de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne 9 comme 
seigneur suzerain , en date du 3 janvier 1464* 

2°. De l'acte de transfert de ladite rente fait par Stassin de 
M elles et dame Marie Heulacrd , fille de Claerout sa femme , au 
seigneur de Gruthuyse , en date du 3o juin 1468. 

3°. D'un autre acte passé entre le sire Adrien van Claerhout, 
chevalier et seigneur de Pithem, de Coolscamp et d'Arssem- 
brouck , et le seigneur de Gruthuyse , concernant le rachat de 
ladite rente, daté du. n août i^S. 

4°. De l'acte d'abandon de ladite rente, fait parles seigneur et 
dame de Gruthuyse, au profit de la communauté des tailleurs 
de Bruges. 

5°. De l'acte de donation de 6 livres de gros 7 escalins 3 gros 
par an, en une rente héréditaire, sur des biens situés à Oostcamp, 



336 NOTES. 

faite par lesdits seigneur et dame, à la même communauté, du 
10 août i475. 

6°. De l'acte de transport de la dîme tenue du seigneur de 
Wachene , fait par lesdits seigneur et dame , au profit de la 
même communauté, du 21 septembre i^5. 

7 . D'un acte d'obligation juridiquement fait devant les bour- 
guemestres et échevins de la ville de Bruges, par les doyen, 
officiers et notables de la communauté des tailleurs, envers les 
seigneur et dame de Gruthuyse et leurs descendant, concer- 
nant les fondations religieuses ordonnées par eux , en date du 
i4 septembre 147 5, 

8° . D'un acte de pareille obligation pour ce qui les concerne 
dans les mêmes fondations, des quatre ordres mendians, daté 
du 26 novembre i474* 

9 . P'un acte de semblable obligation du chapitre de l'église 
collégiale de Notre-Dame , en date du 28 novembre tfaS. 

io°. D'une lettre scellée du sceau de la communauté des tail- 
leurs, contenant la déclaration que le seigneur de Gruthuyse 
ou autres , ses héritiers et descendons , pourront racheter la rente 
de 6 livres de gros 7 esc. 3 gros , sur certains biens dans la 
paroisse d'Oostcamp, du 1 4 septembre 1^5. 

(47) Don Plancher, Hist. de Bourgogne, Paris, 1739 — 1781, 
4 vol. in-fol. , tom. IV, p. 4^5. • 

L'auteur paroît avoir confondu Gruthuyse avec Reynaldus 
Bruchusius , qui eut ce commandement , au rapport de Meyer. 
{Armâtes, fol. 36 1, verso.) 

(48) Beaucourt, Hist. de Notre-Dame, in-4°, p^ 49* 

(49) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 5i5. 

(50) Id., ibid. ; Hist. de Bourgogne, .in-fol. , tom. IV, p. 472 ; 
Duclos, Hist* de Louis XI, in-12, tom. III, p. 526. 

(51) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 52Ô. 

(52) Idem, tom. II, p. 525 et 52Ô ; Gouthoevcn , iHOude 
Chron. van Hollandt, in-fol., p. 100. 



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NOTES. 339 

(53) Custis, tom. II, p: 170. 

(54) Idem , tom. II, p. 178. 

(55) ExcelL Chron. ,îo\. clxxyv, verso; Chron. van Vlaend., 
tom. II, p, 537. 

(56) Id. , fol. cbcxxviij, verso; Chron. van Vlaend., tom. II, 
p. 53g. 

(57) Excell. Chron., fol. cciiij , verso, et fol. ccv, verso. 

(58) Chron. van Vlaend*, tom. H, p. 55o. 

(59) Excell. Chron., fol. ccxvij, verso. 

(60) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 55o. 

(61) Miraus, Opéra Dipl. et Hist. Brûxellis, î*j 23 — 1748, 
tom. IV, p. 73 et 626. 

- (62) Chron. van Vlaend., tom. II, p. 553. 

(63) Custis, tom. II, p. i85. 

(64) Excell. Chron,, foL ccrviij, recto. 

(65) Custis, tom. II, p. 192; Chronique de Molintt, in-8°, 
tom. II , p. 1 19. 

(66) La même Chronique, tom. II, p. 126. 

(67) Mélanges du Prince de Ligne, tom. XXX, p. 92. 

(68) L'original de cette quittance est conservé à la Biblio- 
thèque du Roi ; elle est conçue en ces termes : 

Nous Loys feigneur de la Gruthuufe conte de WicefTtre prince de 
Steenhuufe chevalier donneur de ma très redouhtee dame madame 
duchefte dauf triche de Bourgongne confefîbns aueir receu de maiftre 
Thibault Barradot confeiller et maiflre de la chambre aux deniers de 
madicte dame la fome de trois cens quatre vins dix liures quatre folz 
du pris de xv gros monnoie de Flandres la Hure qui deue nous eftoit 
a caufe de nos gaiges et plat et dont de femblable fomme Jaques douce 
nagaires maiftre de la chambre aux deniers de madame la ducheûe de 
bourgogne de brabant a prefent douairière et de madicte dame la 
ducheffe dauftriche et de bourg nc héritière nous a mis en refte en la 
chambre des comptes a malines auec aultres parties des debtes diceUe 

22 



338 



NOTES. 



dame contenue en deux quarres de parchemin attachez à la fin de fon 
deuxième et dernier compte f<> xj ainfi que par lextrait de ladicte 
chambre cy attachie appart plus aplain de laquelle fomme de iij« iiij» x 
Ht. iiij" dicte monnoie nous fonunee contens et en quittent madicte 
dame ledict maiftre Thibault et tous autres. Tefmoing afe nom cy mis 
le viij« % jour de mars lan mil quatre cens foixante dix huit. 

Signé Loys , avec paraphe. 

(69) Chron. van Flaend. , tom. II, p. 569. C'est par erreur 
que cet accouchement y est mis au 22 juin. Chron. de MeJinet, 
tom. II, p. i56 et suiv. 

(70) Custis, tom. II, p. 198. 

(71) Mélanges du Prince de Ligne, tom. XXX, p. 98. 

(72) Chron. van Vlaend. , tom. II , p. 604. 

(73) Idem, p. 607. 

(74) Dumont, Corps dipl., tom. I, p. 704 ; Godefroy, His- 
toire de Charles FUI, p. 346. 

(75) Custis, tom. II, p. 216; Beaucourt, Hist. de Notre- 
Dame, p. 39. 

(76) Cet inventaire se conserve dans les archives de la ville 
de Lille. 

(77) Les comptes de l'hôpital , de 1484 à i485, fol. 47, 
portent : 

Betaeleû mynheer vanden Gruuthuufe voor xxxvj brauten van ij 
ftuvers parifis 3 1. 16 fch. 16 ft. 

(78) Beaucourt, Tableau fidèle des Troubles et Révolutions 
arrivés en Flandre, Bruges , 1792 , in-8°, tom. I , p. i55; Oli- 
vier de la Marche, Mém., 1695, in-4°, p. 629; Chron. de 
Molinct, tom. II , p. 444- 

(79) Chron. van Vlaend. , toni. III, p. 35 et 36; Chron. de 
Molinet, tom. II, p. 44&* 



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NOTES. 33g 

(80) , Chron. van Vlaend., tom. 111, p. 33 et 38; Beaucourt, 
Tableau, p. 160; Histoire de ? Ordre de la Toison-a"Or, par 
M. le baron de Reifienberg. Bruxelles, i83o, in-4°, p. 170 
— 184. 

Lorsque nous mîmes sous presse nos Recherches sur Gru- 
thujrse, l'ouvrage de M. le baron de Reifienberg , quoique déjà 
imprimé , ne paroissoit pas , parce que l'édition entière , qui avoit 
été faite aux frais et par ordre du gouvernement belge , fut sé- 
questrée pendant la révolution de i83o, et resta plusieurs mois 
sous les scellés ; mais l'auteur heureusement avoit entre ses mains 
la vingt-troisième feuille (p. 17g — 182), celle qui renferme le 
plus de particularités concernant Gruthuyse , et il a eu la com- 
plaisance de nous la communiquer. Il se trouve quelques autres 
faits aux pages 189 à 198, 2o5, 207, 211, 236 et 254, <l ue 
nous n'avons pu connoître que postérieurement à la publication 
de cet ouvrage , qui n'a paru qu'en août de cette année ^83 1 . 

(81) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 35; Olivier de la 
Marche , Mèm. , i6g5, in-4°, p. 63 1 . 

(82) Chron. van Vlaend. , tom. III, p. 38. 

(83) Idem, ibid. 

(84) Beaucourt, Tableau, p. 211. 

(85) Dumont, Corps dipl., tom. III, Part, u, p. 2o3. 

La Bibliothèque du Roi possède un exemplaire de cet acte 
de paix , imprimé l'année de la date qu'il porte , et , selon toute 
apparence , par Arend de Keyser, imprimeur à Gand , qui y a 
employé les mêmes caractères dont il s'étoit servi pour exécuter 
son Boèce flamand de i485. On y trouve une de ses grosses 
initiales en bois , si singulièrement historiées. 

C'est un petit in-folio , en ancienne bâtarde , sans chiffres , ré- 
clames ni signatures , à longues lignes , au nombre de 38 sur les 
pages entières; contenant 6 feuillets. Le premier commence, 



34o NOTES. 

au recto, par ces lignes, dont la première lettre est gravée en 
bois : 

lien den gbenen die deze prefente letteren zul 
len zien oh horen lefen Wy Oooffîn Abt 

* van affelghC Martin Abt yâ fente bernaerta 

Maere Abt van grimberghe Oiederiç Abt 
yan parke Antneunis yan brabant Ruddere 
Arend van buerne heexe yan brimeu wiU 
lem yan fontaines beere yan Milâm Jan yfi 
gaure, Pieter yft herbais Jân bernai ge hee* 

re van perke Rudderen Daneel buxoren beurgmeeftere Jan pinnoc 

Ruddere 

(86) Chron. van Vlaend*, tom. III, p. 93. 

(87) Beaucourt, Tableau, tom. I , p. 247. 

(88) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 107. 

(89) Beaucourt, Tableau, tom. I, p. 247* 
(90^ Idem, ibid. 

(91) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 101 ; Custis, tom. II, 
p. 438. 

(92) Idem, tom. III, p. io3; Beaucourt, Tableau, p. 242. 

(93) Chron. van Vlaend., tom. III, p. 108 et 1 10; Custis, 
tom. II , p. 4^0. 

(94) Excell. Chron., fol. ccliiij , recto; Chron. van Vlaend., 
tom. III, p. n3; Tableau, p. 258. 

(95) Chron. van Vlaend., tom* III, p. 1 14 î Tableau, p. 260. 

(96) Hist. de la Toison-d?Or, par M. le baron de Reiffenberg, 
in-4% P' ! ^2 ; Mélanges du Prince de Ligne, t. XXX, p. io3. 

(97) Hist. de la insigne orden del Tojrson de Oro, tom. II , 
p. 4<>5. 

(98) Chron. de Molinet, tom. V, p. 1^1. 

(99) Id., ibid. 

(1 00) En lui donnant soixante-dix ans , on suppose qu'il avoh 



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NOTES. 341 
environ dix-huit ans lorsqu'il parut , en mars 1 443 , pour la pre- 
mière fois, dans un tournoi. 

(101) ExcelL Chron., fol. cclxxvij, recto. 

(102) Dierùc, continuation des Mémoires sur la ville de Gand. 
Gand, i8i5, in-8 # , p. 2S0. 

(103) Cojard Mansion l'appelle son compère dans 1# dédicace 
qu'il lui a faite de sa traduction de la Pénitence et Adam , 
entreprise par ses ordres. (Voyez Notice sur Cafard Mansion, 
page 17.) 

(104) Sanderus, FL ill., tom. II, p. 148. 

(105) Chastekin, Chronique de Bourgogne. Paris, 1826, 
tom. I, in-8°, p. 3 14. 

(106) Il est aussi représenté dans la miniature du manuscrit 
de la Pénitence et Adam. (Voyez Notice sur Colard Mansion, 
page i3.) 

On le voit encore dans une autre miniature du manuscrit 
n° 7 383 déjà cité ci-dessus, p. i65, contenant le Débat de 
Félicité, par Soillot; dans deux de Y Horloge de Sapience, par 
Jean Souhau, n os 7041 et 7042, p. io5; dans celle qui décore 
la Somme rurale de Boutbillier, n°6857, P- l33 i enfin » d »™ 
une de celles du beau manuscrit de la version latine de la 
géographie de Ptolémée , qui lui a appartenu , et qui malheu- 
reusement a été endommagé. {Voy. ci-dessus, p. 201.) 

(106 bis) Lorsque Gruthuyse fit son testament , en i474 > ces 
. deux statues n'étoient point encore sculptées , mais les blocs de 
marbre se trouvoient déjà préparés pour l'être. (Voy. p. 334 ) 

(107) Gustis, tom. I, p. 204. 

(108) Sanderus, Fl. ill., tom. III, p. 281, planche 9. 

(109) Idem, Fl. ill., tom. II, fig. n° 20. 

(110) Nous avons fait faire un trait de cette tribune Voyez 
page i3. 



342 NOTES. 

(i 1 1) Mémorial de la Chambre des Comptes, registre Vi 

Dûs Joan. de la Gruthufe mil. confnl. et campnri dûi Régis D. Com- 
pendie 9 junii 1498. receptus fait ad officiel fenêli. Andegavenfb , 
fol. 14. 

(112) Les lettres patentes se conservent à la Bibliothèque du 
Roi, au Cabinet des Généalogies. 

(11 3) Cette bannière, de $47 m * ( 2 P k 11 P-) ^ e naut > sur 
•;58 m. (2 p. 4 p ) de large, est d'un travail médiocre, et peinte 
à l'huile sur une toile , dont l'un et l'autre côté représentent le 
même sujet avec quelques différences. 

Sous un grand portique cintré , on voit debout la Vierge Marie 
tenant dans ses bras l'Enfant Jésus. Devant elle est également 
debout saint Lâdre , patron des lépreux. La tête de celui-ci est 
ceinte d'une auréole ; ses jambes, à demi nues, couvertes de lèpre, 
sont léchées par son chien. Il a dans une main un long bourdon, 
et dans l'autre une cliquette ou tartarelle , que , suivant les an- 
ciennes ordonnances , 'et principalement selon la Charte de Hai- 
naut, tout homme jugé atteint de la lèpre étoit tenu de porter 
lorsqu'il sortoit de la borde où il étoit séquestré. Cet instrument 
étoit formé de trois petites lattes de bois, réunies de manière 
qu'en les secouant on pût, par le bruit qu'elles faisoient, être 
averti qu'un lépreux ap prochoit. Un manteau, et un chapeau 
gris qu'il a sur la tête , forment tout le costume du saint. 

Plus bas sont à genoux, en adoration , le maître et la religieuse 
de l'hospice. A l'entour du grand portique régnent six autres 
plus petits, sous lesquels sont représentés : 

Un ange avec ses ailes étendues ; 

L'intérieur d'un appartement , où , devant une table servie de 
toutes sortes de mets annonçant l'abondance qui règne dans 
l'hospice , on voit un homme , probablement l'économe , et deux 
femmes chargées sans doute du soin des malades. A la porte de 
cet appartement un valet en rerase l'entrée à un lépreux qui se 
présente pour y être admis , tenant son bourdon et ses cliquettes 



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NOTES. 343 
à la main : deux chiens lèchent les plaies dont ses jambes sont 
couvertes ; 

Une autre chambre , dans laquelle un malade étendu sur son 
Ut , expire , assisté du maître de l'hospice , qui est à genoux , d'un 
récollet et d'une religieuse. Son âme sortant par sa bouche, et 
représentée sous une forme humaine de petite proportion, est 
emportée par le diable. À coté on le voit tenant un verre à la 
main, pour faire entendre apparemment que l'ivrognerie, à 
laquelle il s'étoit livré dès son jeune âge, étoit la cause de sa 
perdition. Enfin, et plus loin, il est au milieu des flammes de 
l'enfer. 

Pour pendant à ces trois sujets on a peint , en regàrd , un 
autre Ange , la Résurrectiou du Lazare opérée par Jésus-Christ , 
et un Lépreux étendu sur l'herbe , rendant le dernier soupir, et 
dont l'âme est recueillie et portée au ciel par un ange. 

Le pourtour de ce tableau , plus curieux que bien exécuté , est 
composé d'une bordure de fleurs, de quatre cliquettes, et de 
divers quartiers des armes de Jean de la Gruthuyse, avec les 
attributs des quatre Évangélistes aux quatre coins, Au bas on 
lit cette date : M. v c . ij. 

(n4) Cette chronique de Saint -Riquier se conserve à la 
Bibliothèque du Roi , sous le n° 532, Mss. de Saint-Germain-des- 
Prés. Elle est intitulée : Chronici centulensis, seu sancti Richarii 
continuatio. Studio et opéra domini Victoris Cotron, monachi 
congregationis sahcti Mauri ejusdemque abbatiœ centulensis seu 
sancti Richarii ejusdem Abbatiœ Prioris. In-folio, manuscrit du 
seizième siècle. 

(11 5) Même chronique. 

(116) Même chronique. 

(117) A la fin de l'inventaire qui en fut dressé , les 1 1 , 1 2, 14 
et i5 avril i423, et dont le P. du Molinet a vu l'original le 
4 mars 1686 , comme le porte une note de la main de ce savant 
religieux , au commencement de la copie qu'il en a fait faire , 



344 NOTES. 

et qui existe à la bibliothèque de Sainte - Geneviève , étoit 
écrit : 

Le vendredy xxij jour de juin mil cccc xxv mon très puiflant prince 
et mon très redoubte feigneur mous' Jehan régent du Royaume de 
France duc de Bedford demoure content de tous les Livres cy-deffus 
defignez et fpecifiez. montant par prifee a la fomme de deux mil trois 
cent vingt et trois livres quatre fols parifis lesquels il a reçus de 
Garnier de S 1 Yon jadis garde defdits livres et en acquitte et décharge 
ledit Garnier et en témoin de ce jay par fon ordonnance et comman- 
dement efeript ceft prefent article et figne de mon feing manuel lan 
et jour deffufdits. Signé Petmel , avec paraphe. 

Depuis la quittance et décharge deflufdite mondit fîeur le Regent a 
baille enjgarde tous les livres en ce prefent papier efcripz et defignez 
lequel garnier la tenu et oblige de luy en rendre compte bon et loyal. 
Efeript de ma main led* xxij jour de juin Mil cccc xxv sous mon feing 
manuel. Signé Petmel , avec paraphe. 

Et tout à la fin ef t efeript ce qui en fuit : Le famedy xv« jour doc- 
tobre lan Mil cccc xxix très hault et puiflant prince MonF le Regent du 
Royaume de France duc de Bedford fe teint comptant de tous les livres 
defignez et déclares «y devant en cet prefent jnventaire et en quitta 
en ma prefence Garnier de S* Ton et veût quil en fut et demeurât 
quitte et décharge en temoing de laquelle chofe jay par lordonnance 
et mandement de Monfeigneur le Regent efeript ceft prefent article de 
ma main et figne de mon feing manuel- lan et jour deffufdits. , 

Signé J. Saluain, avec paraphe. 

Ce Jean Salvain, et non Lulain, comme a lu le copiste en 
transcrivant cet inventaire , étoit maître-d'hôtel du duc de Bed- 
ford, et en même temps gardien de tout ce que renfermoit le 
château de la Bastille en i43o. (Voyez Y Auditeur des Comptes, 

P a g e 79) 



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TABLE ALPHABÉTIQUE 



DES MATIÈRES. 



Abus* (Y) en cour, ms., p. 169. 
Alain ae Lille. L'Anti-Claudia- 

nus, ms., p. 161. 
Al ait*. Voy. Chartier. 
Alcabitius. Introductorium,ms., 

p. i5o. 

Ambassade envoyée par Édonard 
IV à Charles, duc de Bour- 
gogne, p. i3. 

Anseis de Carthage, ms., p. i58. 

Anti-Glaudianus, ms., p. 160. 



Antiquités des Juifs, par Josèphe, 

ms. , p. aïo. 
Apocalypse (Y) représentée par 

figures, ms., p. 93. 
Artus le Retoré , roman , ms. , 

p. 184. 

Atis et Prophelias , roman, ms. , 
p. i58. 

Avertissement adressé à Charles, 
duc de Bourgogne, ms., p. 148. 



B. 



Baudouin de Condé. Dit , ms. , 
p. 161. 

Bedford (le duc de) enlève les 
manuscrits de la Tour du Lou- 
vre, p. 89. 

Beeke (Jean de). Chronique, 
ms. , p. 25q. 

Berchoire (Pierre), Tite Live, 
ms., p. 224. 

Bible françpise manuscrite de 
Charles Y, p. 86. 

— françpise, ms. , p. 92. 

— historiée en françois , ms. , 
p. 83. 

Bibliothèque de Louis de la Gru- 
thuyse, p. 82. 

Bibliothèques de Charles V et 
de Charles VI , par qui enle- 
vées, p. 89. 



Bibliothèques enlevées par les 

vainqueuo, p. 89. 
Blondeau ou Blondel, ménestrel, 

Boccace (Jean). Du Dechiet des 
nobles Hommes, ms. , p. 261. 

Boece. De la Consolation, en fla- 
mand, ms., p. 33. 

Borssele (Marguerite de), épouse 
Louis ae Bruges, p. 5. 

Bruges (Jean de). V. Gruthutse. 

Brunaccm (Philippe). Chronique 
de Pise, ms., p. 235. 

Bruketto Latini. Trésor, ms. , 

P- l 97- 

Bruni. Voyez Léonard de Aretio. 
Bueil (Jean de). Le Jouvencel, 
ms. , p. 187. 



Calliot (Jacques). Siège de Rho- 
des, ms. , p. 224. 

Caoursin (Guill.). Description du 
Siège de Rhodes, ms., p. 223. 



César (Jules). Commentaires, 
ms., p. 228, 232 et 235. 

Champollion-Figeac Tournoi de 
René d'Anjou, p. 234. 



346 

Chaitier [Alain). Livre des Qua- 
tre Dames, ms. , p. 164. 

— Chronique, ms., p. i5o. 

Ce astkll aih ( Georges). Les Douze 
Dames de Rhétorique , ms. , 
p. .170. 

— Chrdnique, ms., p. 260. 
Châtelaine de Vergy (la), ms., 

p. i5 7 . 

Christine de Pis au. Othea, ms. , 
p. 146. 

Chronique des Evêques de Liège, 
ms., p. i63. 

— • des Guerres advenues en Bour- 
gogne, ms. , p. 249. 

— de Flandre , ma. , p. 255. 

— de la Bouquechardière, p. 207. 
de Pise, ms., p. 254. 

Comment on doit penser à la 
mort, ms., p. 109. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Complainte à Notre Seigneur, 
ms., p. 109. 

Confrérie des Arbalétriers de 
Bruges ? p. 12. 

Constitutions ( les ) et Ordon- 
nances de Gage de Bataille, 
ms., p. 189. 

Conte ne) davarise, ms. , p. 162. 

— dn Dragon, ms., ibid. 

— du Guarde Cors, p. 161. 

— de l'Éléphant, ms., p. 162. 

— du Bachelier, ms. , ibid. 

— de Gentillece , ms. , ibid. 

— du Mantiel, ms., ibid. 

— du Preudomme, ms., ibid. 
Couac r (Jean de). Chronique, 

ms. , p. 20g. 

Couvent des riches Claires, fondé 
par Gruthuyse, p. 9. 

Cuice (Quinte). Histoire d'A- 
lexandre, ms., p. 220. 



D. 



Danse (la) aux Aveugles, ms., 

p. 108 et 169. 
Débat de Félicité, ms., p. 164. 
Députation des États de Flandre 

à Charles VHI, 27. 
Description du Siège de Rhodes, 

ms. , p. 223. 
Des grands Biens qui sont en 

paradis, ms., p. 109. 
Des quatre Douaires du Corps, 

ms., p. 110. 
Des trois Douaires de l'Ame, 

ms. , p. 109. 
Dévote Méditation sur la Passion, 

ms. , p. 109. 



Dit d'Amour, ms., p. i63. 
— du Corps, ms., ibid. 
Dits (les) des Philosophes, ms., 



P- «45. 

Dolopathos, ms. , p. 172 et 17D. 
Douze (les) Dames de Rhéto- 



rique, ms. , p. 170. 
Ddchesne (Jean) , écrivain, p. 197 
et 232. 

Dumolikbt. Copie de l'inventaire 
des Livres de Charles VI , 
p. 343. 

Duquesne (Jean), écrivain. Voyez 

Duchesre. 
Dyalogue des Créatures. Voyez 

Mansion, p. 198. 



Ébebt. Description d'un Manu- Épîtres et Evangiles, ms., p. 0,2. 

scrit du Tournoi de René d'An- Éeacles traitant de la conquête 

jou, p. 322. de la Terre Sainte, ms., p. 222. 

Édouaed IV. Sa lettre aux habi- Examen des Droits des Anglois 

tans de Bruges, p. 11 . sur la France, ms. . p. 252. 



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* 



DES MATIÈRES. 



34 7 



Fabliaux (plusieurs), ms., p. 161 . 

Faits de France jusqu'en 1467, 
ms. , p. 322. 

Fêtes données à Bruges à l'occa- 
sion du mariage de Charle*4è- 
Hardi, p. 8. 

— à l'occasion du mariage de 
Marie de Bourgogne, p. 19. 

— t données à Paris à l'occasion 
du sacre de Louis XI, p. 6. 



Figures gravées du tournoi de la 

Gruthuyse, p. 32 1. 
Filatrs (Guillaume). Histoire de 

la Toison-d'Or, ms., p. 177. 
Fleurs (les) de toutes Vertus, 

ms. , p. ï 10. 
Forestiers de Flandre, p. 2. 
Finissait (Jean\. Chronique, 

ms., p. 235. 



Garnies di Saiht-You. Remet au 
duc de Bedford les manuscrits 
de la Tour du Louvre, p. 89. 

Gavre (journée de), p. 4. 

Généalogie des seigneurs de la 
Gruthuyse et de vander Aa, 
p. 43. 

Glocestir ( Th. , duc de ) , 
p. 192. 

Goetzk. Sa description d'un ma- 
nuscrit du tournoi de René , 
p. 322. 

Gruthuyse (Jean de la). Son tour- 
noi, p. 1. 

— Reconnu par Louis de Maie 
pour un loyal chevalier, p. 55. 

— Porte le pennon de l'armée 
envoyée au secours du roi de 
Hongrie, p. 58. 

Gruthuyse (Louis de la). Ses pre- 
mières armes, p. 2. 

-ajoute en présence d'Isabelle 
de Portugal, ibid. 

— Ëchanson de Philippe-le-Bon, 
ibid. 

— Empêche la révolte des Gan- 
tois, p. 3. 

— Est nommé commandant d'An- 
denaerde et de Bruges, ibid. 



Gruthutsi (Louis de la). Est 
nommé chevalier à la journée 
de Gavre, p. 4- 

— Son vœu dans l'assemblée du 
Vœu du Faisan, ibid. 

— Conduit contre les Liégeois 
une colonne de l'armée du duc, 
ibid. 

— Est envoyé en Angleterre , 

p. 5. 

— Son mariage, ibid. 

— Fait les honneurs de Paris à 
Louis XI , p. 6. 

— Est fait chevalier de la Toison- 
d'Or, ibid. 

— Est nommé lieutenant général 
de Hollande, p. n. 

— Devient chambellan du duc de 
Bourgogne, ibid. 

— Est chargé de régler les con- 
ditions du mariage du comte 
de Charolois avec Marguerite, 
sœur du roi d'Angleterre, ibid. 

— Reçoit le serment de fidélité 
des Zeelandois, p. 8. 

— Calme l'effervescence des Gan- 
tois, ibid. 

— Fonde le couvent des riches 
Claires, ibid. 



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34» 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Giuthutsi (Louis de la). Sauve 
Édouard IV, roi d'Angleterre, 
P- 9- 

■ — Le loge dans son hôtel, p. 10. 

— Est créé comte de Wincester, 
p. ii, 14. 

— Devient chef- homme de la 
confrérie des Arbalétriers de 
Bruges, p. 12. 

— Ornemens qu'il donne à l'é- 
glise de Notre-Dame de Bru- 
ges, p. i3. 

— Son oratoire, p. i5. 

— La Hanse lui confie ses inté- 
rêts, p. i5. 

— Son testament, ibid. 

— Reçoit dans son château d'Oost- 
camp Maximilien et sa femme, 
p. 20. 

— Est chevalier d'honneur de la 
duchesse Marie, p. 20. 

— Assiste au chapitre de la Toi- 
spn-d'Or tenu par Maximilien 
en 1478, ibid. 

— Est fait chambellan de Phi- 
lippe, p. ai. 

— Sa signature gravée, ibid. 

— Est nommé exécuteur testa- 
mentaire de Marie, p. 23. 

— Assiste à l'enterrement de Ma- 
rie, ibid. 

-— Ses démêlés avec Maximilien, 
p. 24. 

— Est un des députés vers Char- 
les Vin, au château de Mon- 
tilz-lès-Tours, p. 27. 

— Offre à Charles VHI le ma- 
nuscrit du tournoi de son père, 
p. 28. ^ 

— Jugement porté contre lui par 
les chevaliers de la Toison- 
d'Or, p. 32. 

— Sa mort , p. 33. 

— Ses obsèques , ibid. 

— Son hôtel, p. 34. 

— Différens portraits de lui , 
p. 35. 



GeutAuysk (Louis de la). Fait 
faire les statues de son père et 
de sa mère, ibid. 

— Ses seigneuries, p. 56. 

— Ses châteaux, p. 37. 

— Son tombeau et celui de sa 
femme, 38 et 41. 

— Son épitaphe et celle, de sa 
femme, p. 09. 

— Sa devise, 40. 

— Emblème cju'il prend, p. 4 1 - 

— Ses armoiries, ibid. 

— Sa généalogie, p. 43. 

— Sa bibliothèque , 81 . 
Gbuthutsb (Jean de la), fils de 

Louis, p. 64 et suiv. 

— Est fait prisonnier à la bataille 
de Guinegate, 18 et 65. 

— Est gouverneur de Bruges , 
p. 58. 

— Commande l'armée contre 
Louis XI, p. 64. 

— Est créé chevalier, p. 65. 

— Épouse en premières noces 
Marie d'Auxy, p. 75. 

— En secondes noces, Renée de 
Bueil, petite-fille d'Agnès So- 
rel,p.65. 

— En troisièmes noces, Marie de 
Melon, p. 76. 

— Est^rand-veneur de Flandre, 

— Sa signature, p. 67. 

— Est sénéchal d Aniou, ibid. 
— - Est gouverneur du Louvre , 

p. 69. 

— Don que lui fait Louis XII , 

ibid. 

— Est grand -maître des Arba- 
létriers de France, ibid. 

— ' Donne une bannière à l'hô- 
pital des lépreux de Bruges, 
p. 70. 

— . Est capitaine de cent lances, 
ibid. 

— Est gouverneur et lieutenant 
du Roi en Picardie, ibid. 



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DES MATIÈRES. 



349 



Çeuthuysi (Jean de la). Meurt à Riquier son collier de Saint- 
Michel, p. 72. 



Âbbeville, dont il étoit gou- 
verneur, p. 71. 

— Son tombeau à Saint-Riquier, 

ibid. 

— Son épitaphe , ibid, 

— Son hôtel à Abbeville, ibid. 

— Fonde plusieurs messes à St.- 
Riquier, p. 72. 

— Donne a l'église de Saint- 



— Son portrait et ses armes en 

vitreaux, ibid. 
Gruyte (droit de), p. 35. 
Guillaume de T y b. Histoire, ms., 
p. 223. 

Guinegate (bataille de), p. 18. 
Gyboh-le-Coubtois (roman de), 
ms., p. 178 et 179. 



H. 



Haly. Glose sur le Quadripar- 
tite de Ptolémée , ms. , p. i5o. 

Hanris de Loon. Le Dit des Hy- 
raus, ms. , p. 162. 

Histoire de la Conquête de la 
Toison-d'Or, ms. , p. 175. 



Histoire de la Toison-d'Or, ms. , 
p. 176. 

— du saint Greaal, ms., p. 182. 
Histoires troyennes (recueil des), 

ms., p. 17S. 
Horloge de Sapience(l'), trad. du 

latin, ms., p. io5. 



I et J. 



Jacques de Vobagine. Légende, 
ms. , p. 216. 

Jardin (le) de vertueuse Conso- 
lation, ms., p. 107. 

Instruction d'un jeune Prince , 
ms.,p. 147. 



Josephe. Histoire des Juifs, ms. , 

p. 210. 
Journée de Gavre, p. 4* 
Joutes annuelles de Bruges, p. 1 . 
Jouvencel (le), ms., p. 187. 



KiiEKENBoiCH , écrivain de Gand, p. 142 et 202. 

L. 



Lancelot du Lac. Roman, ms., 
p. 182. 

Laubert de Pbemiebfait. Boccace, 
du Dechiet des nobles Hom- 
mes, ms. , p. 261. 

Lefèvbb (Raoul). Recueil des His- 
toires troyennes, ms., p. 173. 

— Histoire de Jason, ms., p. 175. 



Légende de saint Hubert, ms., 
p. 217. 

Léonard de Âretio. Guerre Pu- 
nique, ms., p. 207. 

Levesgue (Jean). Sa traduction 
de la Guerre Punique , ms. , 
p. 228. 

Live (Tite). Histoire, ms., p. 224. 



— mawuc uc o doUUj 1119., p. iy*J. juivk^i luowut, muo., p. 

Legband (Jacques). Le Livre des Livre de Merveilles (le), ms. , 

bonnes Mœurs, ms., p. 149. p. 171* 

Légende dorée (la), ms., p. 2i5. Livre des bonnes Mœurs , ms., 

— de sainte Catherine, ms. , p. 149. 

p. 219. Lucain, en françois, ms., p. 23i. 



35o 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



M. 

Mamieot (Sttastien). Orose en 

françois, ms., p. ao4- 
Mahdiville (Jean). Voyage, ms., 

p. 261. 

Mahsiou (Colard), premier im- 
primeur de Bruges, p. ia. 

— La Pénitence d'Adam, trad., 
ms.,p. 94 

— Dialogue des Créatures, trad., 
ms., p. 198 

Maximiliih. Fêtes à l'occasion de 
la naissance d'un de ses enfans, 
p. ai. 

— Sa paix avec les Etats de Flan- 
dre, p. a5. 

Méditation à midy, ms., p. 109. 

— à nonne, ms. , ibid. 

— à primes, ms., ibid. 

— à tierce, ms. , ibid. 



Michiult. La Danse aux Aveu- 
gles, ms., p. 168. 
Miklot (Jean). Miroir de l'hu- 
maine Salvation , trad. ms. , 
p io5. 

Miniatures du livre du tournoi 

de René d'Anjou, p. 3i3. 
Miroir (le) de l'humaine Salva- 
tion, ms., p. 104. 
— historial de Vincent de Beau- 

vais, ms , p. ao5. 
Modus et Ratio, ms., p. i53. 
Mohstielet (Engutrrand de). 

Chronique, ms., p. 339. 
Mort et obsèques de Marie de 

Bourgogne, p. a3. 
Moitagnk (G&ard de). Son épi- 
taphe et son tombeau, p. 193. 



N. 

Noms des tournoyeurs du côté Noms des tournoyeurs du côté 
de Grutftrayse, p. 27a. de Ghistelles, p. 278. 

o. 

Obsèques de Gérard de Morta- Oraisons à la Vierge, ms., p. no. 

gne, ms., p. iq3. Orose. Histoire traduite en fran- 

— de Louis de la Gruthuyse, çois, ms., p. ao3. 

p. 33. Othia. Voy. Chxistihe de Pisaii . 

— de Louis de Maie, comte de Ovide. Métamorphoses, p. i55. 
Flandre, p. tSj. Oxford fie comte d'). Son sup- 

Opuscula varia, ms., p. a53. plice, p. a48. 



Pieadis (Jean) 9 écrivain, p. 309. Pénitence d'Adam (la). Voyez 
Pieison (M.). Sa bibliothèque, Màbsiom, ms., p. 95 



p. 88. 

Parole de l'homme à son âme , 

ms., p. 109. 
Pxiresc. A l'intention de publier 

le tournoi de René, p. 3ai. 



Perqifqrêt (chronique de). Ms., 
p. 186. 

Petmel. Signe la décharge don- 
née à Garnier de Saint-Yon 
des livres de Charles VI, p. 344. 



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DES MATIÈRES. 35i 

Phbbus, des Déduits de la Chasse, Piteuse complainte , ms. , p. ioq. 

ms., p. i5i. Pbbuvost (Hubert le). Légende 

Philippe-lk-Bon. Sa mort, p. 7. de saint Hubert, ms., p. 217. 

Pièces de vers et de prose chré- Ptolkmjkus ( Claudms). Géogra- 

tienne, ms., p. 160. phia, lat., ms., p. *5g. 



Quatre Dames (les), ms., p. i63. 



R. 

Rknb d'Anjou. Abrégé des Faits Richaid Cokub-de-Lion. Sa pri- 

de France, p. 322. son, p. 247. 

— Son livre des Tournois, ms. , Rutebbuf. La Voie d'Enfer, ms., 

p. 265. p. 162. 
Retour (le) du Cœur perdu, ms., 

p. 108. 

S. 

Salluste, en franç., ms., p. 201. Skws (H de). L'Horloge de Sa- 

Salvain (/. de). Enlève, par ordre pience , trad. en françpis, ms., 

du duc de Bedford, les livres p. io5. 

de Charles VI, p. 344- Sbtssbl (Claude). Antiquités des 

Salve (Hugues de). Traité de Juifs, de Josèphe, ms., p. 214. 

Noblesse de Jacq. de Valère, Smallegang. Description qu'il 

ms. , p. 190. donne du tournoi de la Gru- 

Secret des Philosophes, ms. , thuyse, p. 320. 

p. i45. Soillot (Charles). Débat de Fé- 

Sept (les) Sages de Rome, p. 171 licité, ms. , p. 164. 

et 1 73. Suétone, en françpis, ms. , p. 23 1 . 



T. 



Ticnoitvillb ( Guillaume de). Dits Trésor de Brunetto Latini , ms. , 

des Philosophes, ms'., p. i45. p. 197. 

Traité de Noblesse, ms., p. 190. Tristan et Yseult, roman, ms., 

— du Gaige de Bataille , ms. , p. i85. 

p. 322. 



352 



TABLE ALPHAB. DES MATIÈRES. 



V. 



Valebe (Jacques de). Traité de Villiebs (Jean de). Constitutions 



Vaudetab. Sa Bible manuscrite, p. 189 

p. 86. Vikcent de Bbauvais. Miroir his- 

Vegèce, enfrançois, ms., p. i54» torial, ms., p. 2o5. 

Vendôme (François de). Banquet Vita Ad», editio vêtus, in-4°, 

donné par la ville de Bruges, p. io3. 

p. 26. Vœu du Faisan, p. 4* 

Vertu (la) du Sacrement de Ma- Vœu du Pan, roman, ms., p. i56 

riage, ms., p. 112. et i58. 
Vie et Miracles de Saint-Louis, 
ms., p. 118. 



Waubin (Jean). Chronique, ms., nuscrit du tournoi de René, 



Wilker. Description d'un Ma- Théâtre d'Honneur, p. 324. 



Noblesse, ms., p. 190. 




p. 241. 




FIK DE LA TABLE DES MATIERES. 



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i 



TABLE DES PLANCHES. 



Porte de la tribune Page i3 

Tribune de Gruthuyse ibid. 

Tombeau de Louis de Bruges 38 

Fenêtre en verre peint 72 

Miniature du manuscrit 94 



ERRATA. 

Page 9, ligne 12, 1466; lisez, 1464. 

Page 39, ligne 24; supprimez, et. 

Page 87, ligne 22 , ILLUSTRI ; lisez, ILLURTRF. 

Page i4 2 , ligne 19, la première initiale; lisez, la lettre ini- 
tiale. 



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NARRATIVES 



OF TJfE ARRIVAI, OF 



LOUIS DE BRUGES, SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE, 



IN ENGLAND, 



« // is particularly requested tfutt tliose Gentlemen who 
m ay obtain Copies of their Papers, printed in ihe Archaeologia 
or Vetusta Monumenta, do use every possible means lo prevent 
Ihose Papers appearing in any other tcork, previous to ths period 
of their publication in either of the above mentioned Volumes." 



LO NDON: 

PRINTED BY J. B. NICHOLS AND SON, «5, PARLIAMENT-STREET. 

1835. 



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fJf.4 1 



NARRATIVES 



OF THE ARRIVAL OF 



LOUIS DE BRUGES, SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE, 

IN ENGLAND, 



AND OF OIS 



CREATION AS EARL OF WINCHESTER, 
IN 1472. 



COMMUNICATED TO THE SOCIETY OF ASTIQUAMES 

By SIR FREDERIC MADDEN, K.H. F.R.S. 

IN A LETTER TO 

HUDSON GURNEY, ESQ. VICE PRESIDENT. 



LO NDON: 

PRINTED BY J. B. NICHOLS AND SON, «5, PARLIAMENT-STREET. 

1835. 



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F ROM THE 

ARCHAEOLOGIA, 

VOL. XXVI. 



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NARRATIVES 

OF THE ARRIVAL OF 

LOUIS DE BRUGES, SEIGNEUR DE LA GRUTHUYSE, 

IN ENGLAND, 

AND OF HIS 

CREATION AS EARL OF WINCHESTER, IN 1472. 



British Muséum, Jane 6, 1834. 

Dear Sir, 

You inay, perhaps, recollect, that after the singular reverse of fortune by 
which King Edward the Fourth was obliged to leave his crown and kingdom 
in the hands of the Earl of Warwick, he embarked on the 3d October, 1470, 
from Lynn, a accompanied only by his brother the Duke of Gloucester, b the 
Lord Scalesc brother of the Queen, the Lord Hastings d his Chamberlain, and 
some few hundred followers ; and with this comparatively scanty retinue 
steered in three small vessels for the dominions of his brother-in-law, the Duke 
of Burgundy, under whose protection his only hope of safety seemed to lie. 
So sudden had been the change which reduced the monarch to the condition 
of an exile, that he had not time even to collect his treasure or wearing ap- 
parel, and, in the words of Hall (who hère follows the testimony of the con- 

» So says Hall, f. 208*>, ed. 1548, but Jean de Waurin, author of the Anciennes Chroniques 
d'Angleterre, and a contemporary, states it to hâve been at Ipswich (Hepshuye). See Recherches 
sur Louis de Bruges, Seigneur de la Gruthuyse, &c. by M. Van Praet, 8vo. Par. 1831, p. 329- 

b Afterwards King Richard the Third. Maurice (Hist. de la Toison d'Or) and M. Van Praet call 
him Duke of York, which is not so correct, since he was not created Duke of York till 28th May, 
1474. 

c Anthony Wydeville, Lord Scales, second Earl Rivers, beheaded in 1483. 
d William de Hastings, made Lord Chamberlain and Baron Hastings, 1 Edw. IV., and K. G. the 
year following. Beheaded by order of Richard Duke of Gloucester, 13th June, 1 Edw. V. 

B 



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2 



Notices of Louis de Bruges, 



temporary historlan Philippe de Comines e ) he departed " without bagge or 
bagage, without clothe, sacke, or inale!" f 

He had not long quitted the coast before his vessels were descried by sorae 
piratical ship* belonging to the Easterlings, which gave chace, and it was with 
difficulty that the King and his companions reached the port of Alcmaer, 
about six leagues to the north of Haerlem, into which the Easterlings, from the 
superior size of their ships, and the tide being low, could not follow them. In 
this péril, with the enemy anchored at a short distance, awaiting only the re- 
turn of the tide to make Edward a captive, it was very fortunate for the King, 
that the Governor of Holland under the Duke of Burgundy, Louis de Bruges, 
Seigneur de la Gruthuyse, happened to be at the time on the spot. On 
being informed of Edward's danger, he immediately went to the King's vessel, 
welcomed him with every mark of respect, and conducted him to the Hague, 
where he entertained the King at his own expense from the 9th October to 
the 26th December, when they set forward together to the town of Aerden- 
bourg. The following day they arrived at the Château of Gruthuyse, situated 
at Oostcamp, a village distant about a mile from the town of Bruges, and after 
stopping there two days, proceeded to Aire, in Artois, where the mother-in- 
law of the Duke of Burgundy (Edward's sister) was dwelling. After receiving 
from the Duke the strongest assurances of assistance, Edward returned to 
Bruges on the 13th January, 1470-1, and was lodged, with a part of his suite, 
at the Hôtel of Gruthuyse, until the 19th of the following month, when he 
departed for Zeeland, where the ships furnished by the Duke for his return to 
England, awaited him. s 

In requital for thèse acts of kindness and generosity on the part of the 
Seigneur de la Gruthuyse, Edward took an early opportunity, after his re- 
accession to the throne, to manifest his gratitude ; and on the occasion of the 
former s arrivai in England in September, 1472, he not only caused him to be 
received and treated with extraordinary honour, and publicly complimented by 

e The expression of Comines is, " si L'avoient ni croix ny pille." He adds, that the King was 
obliged, for want of money, to take from his back a robe furred with raartin, to recompense the inas- 
ter of the vessel he sailed in. Mémoires, tom. i. pp. 156, 158, ed 4to. 1747. 



ç Mémoires de Comines, 1. iii. c. 5. Hall, ff. 208, 209. Recherches sur Louis de Bruges, p. 10. 



f f. 208b. 




Seigneur de la Gruthuyse. 



3 



the Speaker of the Parliament, but conferred on him the dignky of Eaii of 
Winchester. 

I have thought it necessary to say thus much towards the illustration of two 
curious narratives preserved in the Additional MS. 6113, which describe, in 
the words of a Herald, who must have been an eye-witness, the réception of 
the Seigneur de la Gruthuyse, when in England, (which bas been very cur- 
sorily noticed by our bistorians), and the cérémonial of his création as Earl of 
Winchester. Believing that thèse narratives have never been printed, and, 
as, independent of their historical interest, they afford some curious particulars 
of the manners of the period, I beg leave to submit them to the notice of the 
Society of Antiquaries. 

With respect to the personal history of the Seigneur de la Gruthuyse, every 
thing hitherto known of him has been collected together and published by M. 
Van Praet, with that minute research for which he is so highly distinguished. 
I have already referred to this volume, and shall subjoin from it a slight bio- 
graphical sketch of the individual before us, which may serve to supply the 
imperfect notice given in Dugdale's Baronage, vol. ii. p. 283. 

Louis de Bruges, Seigneur de la Gruthuyse, b Prince of Steenhuyse,' Earl 
of Winchester, Lord of Avelghem, k Hamste, 1 Oostcamp,™ Beveren, n Thielt 
ten Hove,° Spiere,P &c. was son of Jean de Bruges by Marguerite de Steen- 
huyse, and grandson of Jean d'Aa, third of that name, surnamed de Bruges, by 

h The name of Gruthuyse was derived from two Flemish words signifying grout-house, so called 
from a tax on béer, uuder the dénomination of gruyte, or grains, the proceeds of which were named 
gruyte-geldt, grout-money $ which tax had been granted to one of Louis de Bruges* ancestors, as 
early as the year 1200. 

i A principality two leagues from Grammont, acquired by the father of Louis de Bruges, on his 
marriage with Marguerite, heiress of Félix, Prince of Steenhuyse. 

k Situated two leagues and a half from Courtrai. It was the seignory of the Chatelainship of 
Audenaerde, and brought to the family of De la Gruthuyse, by the mother of Louis de Bruges. 

1 A village and seignory in the isle of Schouwen, purchased the 21st June, 1455, of Philip the 



m A village lying three quarters of a league from Bruges, on which stood a beautiful château, 
now destroyed. 
" A seignorial territory, four leagues from Courtrai. 

o Adjoining to the town of Thielt, about four leagues and a half from Bruges. 

P A seignory in Austrian Hainaut, held in right of his grandmother, Agnes de Mortagne. 



Good. 




4 



Notices of Louis de Bruges, 



Agnes de Mortagne, Lady of Spiere.^ He early distinguished bimself in the 
military exercises of the âge, and bore off the prize in différent tournaments 
held in the years 1443, 1447, and 1450. Two years after, he was appointed 
Governor of the town of Bruges, and was the means of defeating the rebellious 
projects of the inhabitants of Ghent. The following year we find him employed 
in the comnmnd of the third division of the Duke of Burgundy's forces against 
the rebels; and after the battle called la journée de Gavre, in which the people 
of Ghent lost nearly 16,000 men, he received from the Duke the honour of 
knightbood. 

In the famous assembly held at Lille, in February 1454, for the purpose of 
undertaking an expédition to the Holy Land, the Seigneur de la Gruthuyse 
took an oath to accompany the Duke or his brother, until death. 

In 1455, he married Marguerite de Borssele, descended from an ancien t 
family of Zeeland, daughter of Henri de Borssele, admirai of Holland, and 
knight of the Golden Fleece. 

In 1461, (then being Councillor and Chamberlain to Duke Philip of Bur- 
gundy,) he was sent by his sovereign to Scotland, for the purpose of causing 
the marriage, then in treaty between the Prince of Wales, son of Henry the 
Sixth, and the daughter of James the Second, to be broken off, in which the 
Seigneur de la Gruthuyse proved successful. r The same year he was created 
Knight of the Order of the Golden Fleece, in the Chapter held at St. Omer, 
2d May. 

In 1463, he was constituted Governor of Holland, Zeeland, and Friseland, 
in the place of Jean de Lannoy. 

In 1466, we find him named, with other noblemen, ambassadors to Ed- 
ward IV., in order to conclude the Treaty of Peace, and settle the conditions 
of the marriage between the Duke's son, Charles the Bold, and Margaret of 
York. The letters of safe conduct from the latter are dated on the 30th Oc- 

q M. Van Praet commits an error in calling the husband of Agnes de Mortagne Guiîdoîf d' Aa, 
and then confoanding him with Guildolf de Bruges, who was living in 1293. See p. 1, and compare 
pp. 47-60 of the " Recherches:' 

r Recherches sur Louis de Bruges, p. 5. M. Van Praet adds, " Néanmoins, après son départ, 
cette alliance s'effectua j" which is altogether an error. Mary, the daughter of James the Second, 
married first Thomas Boyd, Earl of Arran, in 1 466 ; and secondly, James, Lord Hamilton, in 1474. 



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Seigneur de la Gruthuyse. 



5 



tober. 8 It was, doubtless, on thi9 occasion, that he first received those marks 
of favour from Edward, which he afterwards was enabled to repay so nobly. 
The above marriage was celebrated at Bruges in the month of June, 1468, 
and the Seigneur de la Gruthuyse took a part in the justs which followed.* 

In 1469 he founded, with his wife, at Bruges, a Convent of the order of 
St. Clare. 

In 1470, as already related, he was chiefly instrumental in saving Edward 
the Fourth from captivity, and in contributing to his restoration to the throne 
of England. 

On the 2d April 1472, an embassy arrived at Bruges from Edward IV. 
and was received, and splendidly entertained, by Gruthuyse. In September, 
the same year, he went over to England on a spécial mission from his sove- 
reign, and then was created Earl of Winchester, the honour being limited 
" sibi et heredibus suis masculis de corpore suo exeuntibus, imperpetuum," 
with an annual grant of ^200 sterling, payable out of the revenue of the 
county of Hampshire, and the customs taken in the port of Southampton. u 
By letters-patent also, dated 23d November, the same year, he had a grant of 
anus, viz. Az. 10 mascles Or, (the ancient coat of the Earls of Winchester) 
with a canton of England, i. e. Gules, a lion passant Or, armed Azure. v But 
in the 15 Hen. VII. (1500) eight years after the death of Louis de Bruges, both 
thèse grants, namely of the Earldom and Arms, were surrendered to the King 
at Calais, and upon each of the inrolments a vacat made, without any reason 
given for the same. w 

In 1472 he was appointed by the Hanse Towns to negociate with England 
on their behalf. 

s Rymer, vol. xi. p. 574. 

t See aloDg and curions account, printed in the Excerpta Historica, pp. 227-239. 

u Rot. Cart. 12 Edw. IV. n. 9. The document itself (in which Edward speaks in the highest 
ternis of praise of the services rendered him by Louis de Bruges) has been printed in the Report 
from the Lords* Committee touching the dignity of a Peer of the Realm, vol. v. p. 392 ( 1 829) $ but 
as thèse volumes are extremely scarce, and the Grant intimately connected with the narratives before 
us, I have judged it advisable to annex it to the m, from a scrupnlously correct transcript made from 
the original in the Tower. In the Act of Resumption, 13 Edw. IV. a proviso was made in favour 
of Gruthuyse, to enjoy the above grant, Rot. Pari. vi. 96. 

v Printed in Rymer, xi. p. 765. w Dugdale, Bar. ii. 283. Van Praet, p. 14. 



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Notices of Louis de Bruges, 



In 1474 be made his will, an abstract of which is printed by M. Van Praet ; 
and in 1477 he relinquished the post of Governor of Holland. 

In 1478 he was appointée! Chamberlain to the infant son of the Duchess 
Mary, and assistée! at his baptism ; and in 1482 he attended the fanerai of the 
Duchess, by whom he was nominated one of her executors. 

In the beginning of 1485, his property was confiscated, and himself thrown 
into prison, by order of the Archduke Maximilian ; but shortly after he was 
released, and by the act of amity passed between Maximilian and the States of 
Flanders, his losses ordered to be made good. From this period to 1490, we 
often find him employed in a civil and military capacity in behalf of the States 
against Maximilian ; and, in conséquence, at a Chapter of the Order of the 
Golden Fleece, held 24th May, 1491, he was accused of varions offences, to 
which not having repli ed satisfactorily, at another Chapter, held in 1516, 
long after his death, an order was made, that his arms should be taken down 
from his stall in the cathedral church of Malines, which was put into exécu- 
tion ; but subsequently, at the solicitation of Louis XII. of France, the arms 
were again replaced. 

In November, 1492, he arrived at Bruges from Ghent, in a very in fi r ni 
state of health, and expired on the 24th of the same month, aged above 70 
years. His body was deposited in the tomb he had himself caused to be con- 
structed in the church of Notre Dame.* 

The character of Louis de Bruges becomes doubly interesting, from his 
well-known attachment to literature, his patronage of Colard Mansion, the 
firet printer at Bruges/ and his magnificent library of MSS. which was inferior 

x This tomb was destroyed in 179/. On it were placed the effigies of Louis de Bruges and 
his lady in bronze. Beneath was the inscription, " Hier light hooghe ende mogende heere mer Lode- 
wyck van Brugghe, heer van Gruuthuse, grave van Wincestre, prince van Steenhuuse, etc. eersten 
camerhnek van onsen geduchtigen heere, en rudder van der ordene, ende in synen tydt gouverneur 
gênerai van Hùllandt, Zeelant ende Vriesland, ende rudder van eeren van onse geduchtige vrauwe 
Marie, die starf int jaer M. vierhundert xcij. den xxvj van novembre" An engraving of the monu- 
ment is given by M. Van Praet, p. 38, and more in détail by M. Rudd, in his Description des Plans 
de la ville de Bruges, pl. 20. 

y See M. Van Praet's Notice sur Colard Mansion, 8vo. Par. 1829. Louis de Bruges stood god- 
father to one of the printer s children, and the latter in conséquence, in his MS. translation of La 
Pénitence d'Adam, addresses his Patron (for whom it was executed) by the familiar appellation of 




Seigneur de la Gruthuyse. 



7 



only in number and value to that of the Duke of Burgundy. Fortunately 
for posterity, nearly the whole of this library passed after his death into the 
possession of Louis XII., and is actually now preserved in the Bibliothèque 
du Roi, at Paris. A valuable Catalogue Raisonnée of thèse MSS. has been 
added by M. Van Praet to his biographical memoir, and forms not the 
least interesting part of the volume. It is suggested, with much probability, 
by the same authority, that it was to the circumstance of Edward the Fourth's 
having seen the library of the Seigneur de la Gruthuyse, we owe the exécution 
of the numerous fine MSS. written and illuminated for that monarch, at 
Bruges and Lille, between the years 1470 and 1480, many of which still exist 
among the Royal MSS. in the British Muséum. 

As an addition of some interest to M. Van Praet's Catalogue, it may hère be 
noted, that among the Harleian MSS. is a volume which certainly at one period 
belonged to Louis de Bruges. I allude to the splendid MS. written on vellum 
and richly illuminated, containing the works of Christine de Pisan (No. 4431), 
which has often been referred to by various writers, but, strange to say, the 
remarkable autographs prefixed to it have been hitherto passed over in silence. 
The compiler of this portion of the Harleian Catalogue (Mr. Casley) merely re- 
marks, that the book " seems originally to have been written for some exalted 
personage," but who this was he does not even venture to conjecture. This 
personage we may venture, with some degree of certainty, to pronounce to have 
been Isabel of Bavaria, queen of Charles the Sixth of France ; a full-length 
portrait of whora, beautifully executed, with the authoress Christine in a 
kneeling attitude, presenting the volume to her, is prefixed to the MS. The 
period of the exécution of this volume may hence be fairly fixed between the 
years 1410 and 1420. Subsequently it came into the hands of Jaquette of 
Luxemburgh, second wife of John, Duke of Bedford, Regent of France, to 

compère. Dr. Dibdin, in the Bibliotheca Spenceriana, vol. i. erroneously translates this appellation 
" godfather/' p. 284, and in the next page " father-in-law," both of which need correction. It 
may here be incidentally noticed, that at p. 89 of M. Van Praet 's last eited work may be round a 
document, dated 1469, which satisfactorily proves William Caxton, the English printer, to have held 
the office of Consul at Bruges, or, as there specified, " maître et gouverneur des marchands de 
la nation d'Angleterre." 



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8 



Notices of Louis de Bruges, 



whom she was married towards the close of the year 1432. Her autograph* 
is written on the first leaf of the volume, thus : 



The MS. may have passed to the Duchess, either as a gift from the Queen, 
or from the circumstance of the Duke of Bedford having obtained possession 
of the royal library of France.* 

Jaquette survived the Duke, (who died 14 Sept. 1435) and in the 15 Hen. VI. 
(1437) married, a second time, Sir Richard Wydeville, Knt. a distinguished 
personage of the period, b who in 29th May, 26 Hen. VI. was raised to the 
dignity of a Baron, and subsequently by Edward the Fourth (who married his 
eldest daughter Elizabeth, widow of Sir John Grey of Groby,) created Earl 
Rivers, 24th May, 1466. In conséquence of this marriage having taken 
place without the royal license, a fine of ^1000 was paid to the crown, on 
which livery of the Duchess's lands held in dower were granted to her hus- 
band. c The eldest son by this match was Antony Wydeville, Lord Scales, 
and second Earl Rivers, whose performances, both as a warrior and a scholar, 
are sufficiently known. d To him the MS. in question descended, and at the 

z It is wortby of remark that this autograph is written on an erasure, of which the traces yet re- 
main sufficiently legible to make ont the motto, " Sur tous autres" which is repeated at fol. 387» 
of the volume. Query, did Isabel of Bavaria ever use such a motto ? 

a See Essai Historique sur la Bibl. du Roi, 12mo. Par. 1782, p 13. 

b The love of literature which distinguished so remarkably the second Earl Rivers, seems to have 
descended to him from his fatber, as we may infer from a mémorandum annexed to the splendid vo- 
lume containing the metrical Romance of Alexander the Great, preserved in the Bodleian library, 
No. 264. This mémorandum bas been wholly overlooked by Warton and others who have described 
the MS. and is as follows : " Cest livre est a monseigno T richart de Wideuielle seigneur de Riuiers, vng 
dez compaignons de la fs noble ordre de la gartiere, 3 le dist seigneur acetast le dist liure Van de grâce 
mille cccclxvi. le p'mier Jo r de Van, a londres, &t le an de la coronacion de la fs victoriens roy JEd- 
uard quart de che non, Sç le second de la coronacion de fs vertueuze rogne Elyzabeth, lendemain du Jo* de 
samclmarcy 

c Dugd. Bar. ii. 201. y Dugd. ii. 230. 

d See Excerpta Historica, p. 171, seq. and Walpole's Noble Authors, vol. i. pp. 208-224, ed. 
Park. The writer in the former accuses Walpole of inaccuracy, in stating that Lord Scales was 
sent over to Burgundy to negociate the marriage between Charles and the sister of Edward IV. The 



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Seigneur de la Gruthuyse. 9 

left hand aide of bis mother s autograph be bas added his own, and his raotto, 6 
as annexed : 



\AvLt 





The fact of bis possessing the volume before us, is of considérable interest, 
since it is, in ail probability, from this very MS. he translated the * Morale 
Proverbes " of Christine de Pisan into English verse, which were printed by 
Caxton, at the Earls command, in February, 1477-8. The next autograph in 
the MS. is that of Louis de Bruges (différent from the one given by M. Van 
Praet), accompanied also by his motto : 

assertion resta, however, on the authority of the French Rolls, 7 Edw. IV. m. 5, referred to by 
Dugdale. 

« Probably the same as used at the Tournament with the Bastard of Burgundy. See Exccrpt. 
Hist. p. 206. 

C 



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10 



Notices of Louis de Bruges, 



and we may hence reasonably infer, that the Seigneur de la Gruthuyse re~ 
ceived it as a valuable contribution from the Earl Hivers, towards the library 
collected by the former nobleman at Bruges. How it afterwards was sepa- 
rated from that collection I have no means of tracing ; but previous to its 
corning to the hands of the Earl of Oxford, it had belonged to the Duke 
of Newcastle, as is attested by his signature, dated 1676. 

The rank and importance of the persons who successively were owners of 
this volume, as well as the rarity of their autographs, may, perhaps, excuse 
the particular notice here taken of it, as a not unappropriate conclusion to 
the Remarks I have the honour to submit to the Society. 

I am, dear Sir, 

Yours very faithfully, 

FREDERIC MADDEN 

Hudson Gurney, Esq. 
Vice-Président S.A. &c. &c. 



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Seigueur de la Ghruthuyse. 



11 



[MS. Add. 6113, f. 103 b .] 

a d'ni m 1 iiij c lxxij, 

The Co'minge into Englande of the Lorde Grautehuse from the Right higti 
and myghty Prince Charles Duke of Burgoine. 

In the monethe of Septembre in the yere aforesayde, com in Ambassyate 
the Right noble lorde from the Duke of Burgoine to Kinge Edwarde the iiij th . 
the lorde Grauthuse ; whiche was honnorably receiued by ij Esquiers of the 
Kinges, the oon called Roberte Ratcleffe, Porter of Calles, and the other Thomas 
Twaytes, Bayly of Guysnes, viij myle englesshe from Cales, at a Toune called 
Greuenynge ; and so com to Cales, where he was t also receiued by the lorde 
Hawarde, a Sir John Scotte, b marshalt of Cales, Sir Wiltm Pechy, c Sir Geof- 
frey Gatte, d w* diuers other nobles, w* whome as longe as he beinge in the 
Toune of Calleys, dayly and nightly was fested, and, as I vnderstande, he was 
there iij or iiij dayes. Also those of the Kingf counselt of the toune of Cal- 
leys, ordeined for hym iij or iiij Shippes, welt furnesshed w* men of Warre, to 
saueconduicte hym to Englande. In the whiche were w e hym, Sir Geoffrey 
Gâte, [and] Mayster Rattcleffe, Porter of Calleys. And they arryued at Douer, 
where the forsayde lorde Grauthuse was honnorably receiued by the meyre c 
of the Toune and his bredren, also ben c (sic) esquiers. They were sende 
thether by the Kinge from his owne courte, the oon called Mayster Morres 
Arnold, sgeante porter, and the toder Mayster Joftn Herllis ; whiche allway 
accompenyed hym, and at the Kinges Comaundemente and Coste, tylt he com 
to Londoii. And when he was saue on londe, the forsayde nobles, Sir Geoffrey 
Gâte and Mayster Ratcleffe, w* theire Compeny, turned againe into Calles. 

a Sir John Howard, K. G. snmmoned to Parliament as a Baron, in 1470, afterwards created Duke 
of Norfolk by Richard III. He was killed at the battle of Bosworth. 

b He was one of the ambassadora sent in Marcb, 1471-2, from Edward IV. to the Dake of Bur- 
gundy, and entertained at Bruges by the Lord de la Gruthuyse. MS. Add. 6113, f. 102 b . 

c Sir Williame Pèche, of Lullingstone, in Kent, who was Sheriff of that çounty, 2d and 3 Edw. IV. 
He died 9 Apr. 1487. Hasted, i. 311. 

d Sir Geoffrey Gâte was six years Lieutenant of the Isle of Wight, and afterwards Marshal of 
Calais. He obtained from Edward IV. yarious grants of land in Essex, and at his death, 22 Sept. 
1477, was buried in the church of High Estre, in that county. See Morand s Essex, vol. ii. pp. 146, 
457, and Rot. Pari. vol. v. 472, vi. 82- e Probably we should read be ij. 



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12 Narrative of the Réception in England 

When the sayde lorde Grauthuse corne to Caunterbury, he waa presented w* 
wyne, capons, Fezantes, Pertryches, and other Présentes, sache as they had 
in those Religious Places, bothe of Crystechurche and Sainte Augustynes. 
The meyre f and his Brethren presented hym qIso w t suche deyntes as they 
had. Also wEen he corn to Rochester, he was presented by the meyre and 
his Brethren, to his Souper, w* wyne, capons, Fêlantes, Partrychcs ; aijd after 
Soup w* Frute and Swete Wyne. 

Itm, in the worninge, or he depted to Grauesende» he was re-presented w 1 
Swete Wyne. 

Itm, when he came to London, the ij Shereves & of London wayted apou 
hym at Lyon Key> from whens they sente a Bote, in the whiche were iiij Sar- 
geauntes, for to mete hym. And they caused hym to lande at the foresayde 
Key, where he was honnorably receiued by the foresayde Shereues. And so 
forthe condaicte to oon of there Places to Denner, whiche ys called Shylley. 
And there he had an honnerable and a plentuous dynner ; and after dynner he 
was accompanyed by the sayde Shereues to the Crâne in the Vintery, where 
as for that tyme they toke there leue. And so the forsayde lorde Graute- 
huse wente by water from thens to Westmester, to the Dean of Sainte Stevens 
chappelt, to a Place in Chanon Rowe, whiche' was ordeined for hym by the 
Kinge and his Counceli. And w 1 in ij dayes after, by the advyse of Mayster 
Thomas Vaghan, h he rode to Windesore, to the Kinge, accompanyed also 
w* the forsayde ij esquiers, Mayster Morrys Arnold, and Mayster John Heryl- 
lys, w* oder. And when he com into the castelt, into the quadrante, my lord 
Hastinges, chamberlein to the Kinge, Sir John A Parre, 1 Sir John Don, w* 
diuers other lordes and nobles, receiued hym to the Kinge. 

M d . that the Kinge dyd to be imparrailled on the fur syde of the quad- 
rant, iij chambres richely hanged w* clothes of Arras, and w l Beddes of astate, 
and when he had spoken w l the Kinges grâce, and the quene, he was accoin- 

f In 1472 Roger Brent was mayor. Htsteds Cantcrbary, il 605. 

* The Sheriffs Uns year (1472) were John Browne and Thomas Bledlow. Stow. 

b Chamberlain to the Prince. Probabiy the same who was Treasnrer of the Chamber in 1470, 
and one of the persons sent to deliver the Order of the Garter to Charles, Dnke of Burgundy. 
Rymer, xi. 651. 

» Sir John a Pair is noticed among the knights who were présent at the coronation of Richard the 
Third, 6 July, 1483. MS. Add. 61 13, f. 18 b ; and Excerpta Historien, p. 384. 



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of Louis Seigneur de la Gruthuyae. 



13 



pannyed to his chambre by the torde Chamberlein, [and] Sir John Parre^ 
w* diuers inoo, whiche rapped w* hym in hie chambre; also there supped w 1 
hym his Servante. When they had supte, my lord chamberlein had hym 
agame to the Kinges chamber. Then incontinent the Kinge had hym to the 
quenes chamber, where she had there her ladyes playinge at the morteaulx, * 
and sum of her ladyes and gentlewomen at the Closheys 1 of yuery, and Daun- 
singe. And sbot at diuers other games, accordinge. The whiche sight was 
fuit plesaunte to them. Also the Kinge daunsed w* my lady Elizabethe, m his 
elste (sic) dougfcter. That done, the nigfit pasàed ouer, they wente to his 
chamber. The lorde Grauthuse toke leue, and my lorde Chamberlein, w* di- 
uers nobles, accompenyed hym to his chambre, where they depted for that night. 
And in the morninge, when Matyns was don, the Kinge herde in hisowne chappelt 
our ladye masse, whiche was melodyousely songe, the lorde Grautehuse beinge 
there présente. When the masse was doon, the Kinge gaue the sayde Lorde 
Grautehuse a Cuppe of Golde, garnished w* Perle. In the myddes of the Cuppe 
ys a greate Pece of an Vnicornes horne, n to my estimacyon, vij ynches compas. 
And on the couer was a great Saffre. Then he wente to his chambre, where 
he had his brekefaste. And when he had broken his faste, the Kinge cam in 
to the quadrant e. My lorde Prince ° also, borne by his Chamberlayn, called 
Mayster Vaghan, whiche bad the foresayde lorde Grautehuse welcom. Then 
the Kinge had hym and ait his Compeny into the lyttle Parke, where he made 
hym to haue greate Sporte. And there the Kinge made hym ryde on his 
owen horse, on a right feyre hoby, the whiche the Kinge gaue hym. Itm, 

k In Roquefortfs "Glossaire de la langue Romaine/' 1808, 1 find " Marteaux, jeu des petits 
palets. 1 ' Strutt does not mention it. It was a game, probably, resembling bowls. 

I The game of closh only diflfered in name from the nine-pins of the présent day. The game of 
Kayleswas nearly the same, but played with a stick instead of a bowl. By the Statute 1 7 Edw. IV. 
c. 3. it was enacted, " q' null p'sone use ou jeue as jewez appeliez Cloissh, Kaillez, Half boule, 
Handyn, Handoute, et Quekeborde," on pain of two years imprisonment, aud forfeiture oflO/. 

m Born 11 Feb 1465. MS. Add. 6113, f. 48b. Sandford is certainly in error, in ascribing it to 
1 1 th Feb. See Sir H. Nicolas s memoir prefixed to the Privy Paree Expenses of EKzabeth of York, 
and a communication sent by me to the Gentleman 's Magazine, Jan. 1831, vol. ci. pt. i. p. 24. 

II According to the belief of this and earlier periods, supposed to guard against the existence of 
poison in the cup. 

° Edward the Fifth, born in the Sanctuary at Westminster, 2nd Nov. 1471. MS. Add. 61 13, 
f. 46 b . Sandford and others say 4th November, and Sir H. Nicolas the 14 th. 



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14 



Narrative of the Réception in England 



there in the Parke, the Kinge thenkinge (sic) gaue hym a royalt Crosbowe, 
the strynge of Silke, the case couered w* velvette of the Kinge collours, and his 
Armes and BaggesP thereapon. Also the heddes of quarrelles were gilte. 
The Kinges dynner was ordeined in the lodge, whiche (sic) before dynner they 
kylled no game, savinge a doo ; the whiche the Kinge gaue to the Servantes 
of the foresayde lorde Grauthuse. And when the Kinge had dyned, they wente 
an huntinge againe. And by the castelt were founden certein dere lyinge ; 
som w* greyhoundes, and som renne to deathe w* Bucke houndes. There 
were slaine halfe a doussein Buckes, the whiche the Kinge gaue to the sayde 
Lorde Grautehuse. By that tyrae yt was nere night, yett the Kinge shewed 
hym his garden, and Vineyard of Pleasour, and so turned into the Castelt 
agayne, where they herde euensonge in theire chambres. 

The quene dyd to be ordeined a greate Bankettc in her owne chambre. At 
the whiche Bankettc were the Kinge, the quene, my lady Elizabethe the Kinges 
eldest doughter, the Duchés of Exeter,** the lady Ryuers, r [and] the Lorde 
Grautehuse, settinge at oone messe, and at the same table satte the Duke of 
Buckingehm, 8 My lady his wyfe, 1 w* diuers other Ladyes, My lorde Hastinges, 
Chamberlein to the Kinge, My lorde Barnes, u chamberlein to the quene, [the] 
Sonne of the foresayde Lord Grauthushe, Mayster George Bartte, Secretory to 
the Duke of Burgoine, Loys Stacy, acher w to the Duke of Burgoine, [and] 
George Mytteney ; also certeyn nobles of the Kinges owen courte. Itm, there 
was a syde table, at the whiche satte a greate Vue x of ladyes, ait on the oon 
syde. Also in the vtter chambre satte the quenes gentlewomen ait on oone 

P Badges. 

q Anne, daughter of Richard Duke of York, and sister to Edward IV. wife of Henry Holland, 
Duke of Exeter, from whom she was divorced, 12 Nov. 1472. She afterwards married Sir Thomas 
St. Léger, Knt. Dugd. Bar. ii. 82. 

r Elizabeth, daughter and heir of Thomas Lord Scales, wife of Anthony second Earl Rivers, who 
succeeded to the title 9 Edw. IV. 

s Henry Stafford, who succeeded his grandfather in 1460, being then somewhat more than five 
years of âge. Beheaded by Richard the Third, in 1483. 

t Katherine, daughter of Richard Wydeville, first Earl Rivers. 

u Sir John Bourchier, Lord Barnes, or Berners, K G. made Constable of Windsor Castle in 1472. 
He died 16 May, 1474. 

w Usher ? * View, sight, or number. 



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of Louis Seigneur de la Gruthuyse. 



15 



syde. And on the tother syde of the table, ouer againeste them, as many of 
the lorde Grauthuse Servantes, as touchinge to the abondant welfare, lyke as 
yt ys accordinge to suche a Bankett. And when they had soupped, my lady 
Elizabettï, the Kinges eldest dougtïter, daunsed w* the Duke of Buckingehm, 
and diuers other ladyes also. Then, aboute ix of the clocke, the Kinge and 
the quene, w* her ladies and gentlewomen, brought the sayde Lorde Graute- 
huse to iij chaumbres of Pleasance, ait hanged whyte Sylke and lynnen 
clothe, and ait the Floures couered w* carpettes. There was ordeined a Bedde 
for hym selue, of as good doune as coulde be gotten, the Shetes of Raynys/ 
also fyne Fustyans ; the Counterpoynte clothe of golde, furred w* armyn, the 
Tester and the Celer also shyninge clothe of golde, the Curteyns of whyte 
Sarsenettc ; as for his hedde Sute and Pillowes, [they] were of the quenes 
owen Ordonnance. Itm, [in] the ij de chambre was a other of astate, the 
whiche was alte whyte. Also in the same chambre was made a Couche w l 
Fether beddes, hanged w* a Tente, knytt lyke a nette, and there was a Cupp- 
borde. Itm, in the iij^ chambre was ordeined a Bayne* or ij, whiche were 
couered w* Tentes of white clothe. And when the Kinge and the quene, w* ait 
her ladyes and gentlewemen, had shewed hym thèse chambres, they turned againe 
to theire owen chambres, and lefte the sayde lorde Grauthuse there, accom- 
panied w* my lorde chamberlein, whiche dispoyled hym, and wente bothe to 
gether to the Bayne. Also there was Sir John A Parre, John Grautehus, a 

y Manufacturée! at Rennes in Britanny. It was celebrated as early as the fourteenth century. 
Thus Chaucer : 

" I wol geve him a fether bed, 

Rayed with gold, and right wel cled 
In fine blacke satten d'outremere, 
And many a pilowe and every bere 
Of clothe of Raines to slepe on softe. 

Booke of the Duchesse, v. 251, ed. Urry. 
And in the Romance of the Squire of Low Degree: 

" Your blankettes shall be of fustyane, 
Your shetes shall be of clothe of Rayne, u v. 841 

z Bath. 

a Jean de Bruges, sixth of that name, Seigneur de la Gruthuse, Prince of Steenhuyse, earl ot 
Winchester, &c. He was knighted by Maximilian of Anstria, previous to the battle of Guinegate 
(7 Aug. 1479), in which he was made prisoner, with many other Flemish nobles, by the French. 

Subsequently 



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Narrative of the Réception in England 



son to the foresayde lorde, Mayster George Bartte, Secretory to the Duke of 
Burgoine, Jeys Mytteny, and thèse Servïïnte that were longenge to theire 
chambres. And fthen they had ben in theire Baynes as longe as was there 
Pleasour, they had grene gynger, diuers Cyryppes, Comfyttes, and Ipocras, 
fcnd then they wente to bedde. And on the Morne he toke his Cuppe b of 
the Kinge and the quene, and turned to Westmynstre againe, accompenied 
w* certein knîgfctf, e&quiers, and oder the Kinges ServSntes, home to his 
Lodgenge. And on Sainte Edwardes daye c opynly in the plemente chamber 
was create Erle of Winchester. 

ftnis. 



[MS. Add. 6113, f. 100 b .] 

a d'ni M l cccclxxij. 

In the monethe of Octobre, on the Feste of Sainte Edwarde, Kinge Ed- 
warde the iiij th , the xij^ yere of his most noble Reigne, kepte his royalt estate 
in his Palays of Westmynstre. And aboute x of the clocke afore none, the 
Kinge com into the plemente chambre in his Parlemente Robes, and on his 
hed a Cappe of mayntennce ; and sate in his most royalt mageste, havinge 
before hym his lordes Spiritual! and Tempalt. Also the speker of the coâiun 
Plemente was called Wiltm Alynton, the whiche declared before the Kinge 
and his noble and sadde d counselt, thentente and desyre of his Comyns, spe- 
cially in the comendacion of the womanly behaveur and the greate constance 
of the quene, he beinge beyonde the See. Also the greate Joy and Surete to 

Subsequently he attached himself to the service of Louis XI. from whom he received the highest 
favours ; was made Seneschal of Anjou ; and subsequently Governor and Lieutenant General of 
Picardy. He was married three times, butleft maie issue only by the third wife, Marie de Melum, 
Dame de Montmirail, to whomhe was united in 1505. He died at Abbeville, in 1512, and was 
buried in the abbey of St. Riquier, where his monument still exists. See, for more minute biogra- 
phical détails, the work of M. Van Praet, " Recherches sur Louis de Bruges/' &c. pp. 64-77. 
h Query, Congy. Cf. p. 284. c I3th October. Grave. 



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of Louis Seigneur de la Gruthuyse. 



17 



his lande, the byrthe of the Prince. Also the knightly demenynge of his 
Brethren, the Duke of Clarence [and] the Duke of Gloucestre. Also the 
constante Feythe of the lordes Ryuers, and Hastinges, lorde Chamberlayne to 
the Kinge, w* other nobles and yemen, beinge w* the Kinge beyonde the See. 
Itm, ait the nobles w* there Partetakers, to take e Seyntwery ; sum putte into 
dures of prison, sum to make fyne, to there importunate charge. Itm the 
greate Humanyte and Kyndenes of the lorde Grauthuse, shewed when the 
Kinge was in the Counties of Holland and Flaundres ; the forsayde lorde 
Grautehuse there beinge présent. Wherfore yt pleased his grâce to haue ait 
those before rehersed specyally comended. Then the Kinge gaue in Comaunde- 
mente to the Busshoppe of Rochestre, f then beinge Kep of the greate Seale, 
for ray lorde the Chunceller s was secke, to giue them in his behalfe his moste 
gracyous and laudable thankynges. This done, the Kinge turned againe to 
his chambre, accompenyed w* his lordes. 

Création at the tyme aforesayd of the lorde Grautehuse. 

The sayde lorde wente into a Chambre by our lady of Pue, h and putt apon 
hym the habillimente of an erle. The Kinge cam eftesones in his most royalt 
mageste, crouned lyke as he wente in Procession into the plemente chaumbre, 
and the Duke of Clarence bare his Treyne ; where the Kinge sente, for to pré- 
sente the forsayde lorde Grauthuse to his high mageste, the right nobles (sic) 
therles of Arrundelt 1 and of Essex, k whiche wente on either syde of hym. Also 
therle of Wilteshere 1 bere a Swourde before hym, the Pomelt vpwarde, accom- 
pennyed also w* diuers other lordes. Also w* the Kinges Officers of Arms, 

e Read who were coratrained to take, or some similar phrase. 
f John Alcock, who held the See from 1471 to 14/6. 

5 Robert Stillington, Bishop of Bath and Wells, 1465-1491, appointed Chancellor in 1468. 

6 A small chapel, near to the chapel of St. Stephen, dedicated to the Lady of Pew, ,e to the which 
Lady," says Stow, u great offerings were used to be made." Survey of London, ii» 633, ed. 1 755. 

i William Fitzalan, who died in 1 488. 

k Henry Bourchier, created Earl of Essex in 1461, and made Lord Treasurer, 1471. He died 
4 April, 1483. 

John Stafford, younger son of Humphrey Duke of Buckingham, created Earl of Wiltshire 1469, 
and died 8 May, 1473. 

D 



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18 



Création of the Seigneur de la Chruthuyse 



Gartier m beringe his letters Pattentes, tylt he come before the Kinges Présence. 
Where after tbe Kinge gerde the sayde Swourde aboute hym, and create hym 
erle of Winchester, Mayster Willm Acieffe, n the Kinge Secretory, redinge 
openly his pattente. This done, the Kinge wente into the Whyte Halle, 
wheder com the quene, crouned, also the Prence, in his Robes of Astate, 
whiche was borne after the Kinge by his Chamberlein, called Mayster Vaghan. 
And so proceded forthe into the Abbay churche, and so vp to the shryne of 
Sainte Edwarde, where they offred. Then the Kinge turned doune into the 
quere, where he satte in his trône vnto the Procession tyme. Therle of Win- 
chester bare his Swourde ait the Processyon, and so forthe vnto the tyme that 
they wente to dynner. The Kinge kepte his astate in the Whyte Hait, and 
the Busshope of Lincolne sange the high masse, wherfore he satte on the 
right hande of the Kinge ; and on the lefte bande sett the Duke of Clarens, 
and therle of Winchester. And at the begynninge of the table, on the right 
syde of the hatt, satte the Busshoppe of Winchester/ the Busshoppe of Ely,<ï 
the Busshoppe of Deram/ the Busshoppe of Chester, 8 and the Busshoppe of 
Exetre;* and at the table on the other syde satte the Duke of Buckingehm 
and the Duke of Suffolke, u therle of Arrundelt, therle of Northumbrelande, v 

m John Smert, who succeeded his father-in-law William Bruges (the first Garter) 3 Apr. 1450, 
and died before 6 July, 1478. See Anstis s Order of the Garter, vol. i. pp. 347-355, and his valua- 
ble MS. collections for a History of the Curia Militaris, now in the British Muséum, MS. Add. 9010, 
vol. i. pp. 447-470. 

n More properly, Hatcliffe. He was one of the persons sent to Bruges on an embassy in the 
spring of the year 1472. MS. Add. 6113, f. 102b. 

o Thomas Scot, alias Rotherham, 1471-1480, Keeper of the Privy Seal, who became subséquent] y 
Jx)rd Chancellor, and Archbishop of York. 

Y William Waynflete, who held the See from 1447 to 1486. 

q William Grey, 1454-1478. 

r Lawrence Booth. 1457-1476, afterwards Lord Chancellor, and Archbishop of York. 
* JohnHalseor Hale8,1459-1492, who shouldhave been styled more properly Bishop of Coventry 
and Lichfield, as the Bishopric of Chester was not made a distinct See till the reign of Henry VIII. 
t John Booth, 1466-1478. 

u John de la Pôle, restored to the dignity of Duke of Suffolk by letters patent, 23 March, 1463. 
He died in 1491. 
v Henry Percy, restored in 1470. He died in 1489. 



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to the Earldon of Winchester. 



19 



therle of Shrewesbury ; w and therle of Wiltshere wayted on the Kinges 
Cupborde, as Chefe Buttler for that day. Also at the same table satte 
the Pryor of Sainte Jonys,* the lorde Grey [of ] Codnore,y the lorde Aude- 
ley, z the lorde Dacres,* the lorde Stourton, b the lorde Grey of Wilton, c the 
lorde Monteioy, d and the lorde Denant. e In ait oder Service and Sere- 
monyes the Kinge was serued lyke as his olde Custume in suche a Feaste. 
My lorde chamberlayn wayted on the croune that day. The Kinge, of his 
grâce, gave vnto his Office of Armes his larges, wherfore at the tyme accus- 
tumed Mayster Garter gaue hym thankinges, in the name of ait the office ; 
Mayster Norrey f cryed the larges iij tymes in iij places of the hatt, because 
Mayster Garter had a impedimente in his Tonge ; we corne eftesones before 
the Kinges grâce, where mayster Garter enformed hym and prayed hym to giue 
thankinges of the greate larges that the sayde erle of Winchester had giuen to 
his Officers of Armes. Norrey, Kinge of Armes, made the Cry in ij places 
of the halle, as ensuethe, " largesse ! largesse ! De p f le treshault et puis- 
sant Seigneur le Cont de Winchestre^ Seigneur de Grauthuse, Prince de 
Stenhuse, Seigneur de Auelghien, de Spiers 9 de Hamstede, et de Oorsampe, 
largesse ! n twyse. 

M d . that when the Kinge had wesshed, and grâces were sayde, the Kinge 

w John Talbot, third of that name, who obtained livery of his lands in 1 464, and died 28 
June, 1473. 

* William Toorney, elected in 1471. 

y Henry Grey, who in 1463, obtained from the crown licence to practise the transmutation of 
metals Hedied in 1495, s. p. 1. 

* John Tuchet, Lord Audley, who sacceeded his father in 1458, and died in 1491. 

* Huinphrey Lord Dacre of the North, who attended the King's sister on her marriage with the 
Duke of Burgundy. He died in 1486. 

h William second Lord Stourton, who died 18 Feb. 1478. 

c John Grey, son of Reginald. He died about 1502. 

d Walter Blount, created Lord Montjoy, in 1465, and died 1 Aug. 1474. 

e Sir John Dynham or Dinant, created Lord Dinant by summons to parliament in 1466. He 
died in 1502. 

f Thomas Holme, who was created Norroy, 23 Sept. 1467, with a grant of 20/. per ann. He 
had previously held the office of Windsor Herald. On Candlemas day [2nd Feb.] 1476-7, he was 
promoted to the rank of Clarencenx. His will is dated 12 July, 1493, and was proved 10 June, the 
following year. See Anstis's MS. Collectious, vol. ii. pp. 304-3 1 6. MS. Add. 901 1 . 




20 



Création of the Seigneur de la Gruthuyse 



create a Kinge of Armes, baptysed bym Gyen, and sette a Croune on his hed, 
whiche was called Richemonde. s That don, the Kinge had liis Voyde h be- 
twexte v and vj of the clocke. That doon, the Kinge wente to his chambre, 
accompanyed w l his lordes, where therle of Winchestre toke his Congy, and 
was wett accompanied to his lodgenge, w* therle of Essex, my lorde chamber- 
lein, and diuers oder nobles. And thèse herauldes before hym, Mayster Gar- 
der, Principalt Kinge of Armes, Clarencieux, 1 Kinge of Armes, Norrey, 
Kinge of Armes, Marche, k Kinge of Armes, Gyenne, Kinge of Armes, Winde- 
sore, 1 Heraulde, Snowden, Herrauld to the Kinge of Scottf, Blewmantelt, m 
Poursevunte, Espérance, purcevunte to the erle of Northumberlande. 



Lovs de Bruges, Conte de Wynchestre, Seigneur de Grauthuse, 
Prince de Stenhuse, Seigneur de Auelghien, de Spiers, de Ham- 
stede, de Oorstamp, de la Court, de Thielt, de Berghem, et de 
Veorde. 

Ç Thia création is noticed by Anstis, bat the person who was thns raised from the office of Rich- 
mond to that of Guienne, is not certainly known. 
h A slight repast or collation. 

i William Hawkeslowe, who was Clarenceux in the 5 Edw. IV. and was subsequently drowned in 
the Spanish seas. His body was buried at the church of St. Mary Somerset, in the city of London, 
14/6. Anstis's Collections, vol. iii. MS. Add. 9011, f. 316. 

k Perhaps John Ferrant. Anstis, ut supr. vol. i. MS. Add. 9009, f. 135. 

1 It is not certain who succeeded Thomas Holme as Windsor Herald, on his appointaient as 
Norroy, 7 Edw. IV., but in the 15 Edw. IV. John Moore held the office, and afterwards was created 
also Norroy. Anstis, MS. Add. 9012, f. 382. 

m It is not known who held this office in 1472. See Anstis, vol. v. MS. Add. 9013, p. 646. 



Finis. 




to the Earldom of Winchester*. 



21 



Grant of the Earldom of Winchester to Louis de Bruges, Seigneur de la 

Gruthuyse. 

[Rot. Cart 12 Edw. IV. n. 9.] 

Z)' p'fecc'one ComiUs Wyntori Lodotvid de Bruges. 

R. Archiepis&c saltm. Cum boni Régis & g a ti admodum 
Principis munus censeam 9 de se dety Regio statu bene 
iSitas psonas amore psequi & libalitate congrue, nob visum 
est clarissimû virum ac militem spectabilem Lodowicum de 
Bruges, dnm de la Gruthuse, & principem de Steenhuse, 
dnm de Auelghien, de Spiers, de Aemstede, & de Oestampe, 
qui p obsequia g*tissima de nob optima queu^ ppiSuit, 8c 
amare plurimû, & condignis honoj fascib3 decorare. 
Cum dudum in eam puinciam carissimi fris nri Ducis 
Burgundie felici appulim 9 fato, cui dignissime jîfuit 
Lodowicus pfatus, Is ipe benignissime humanissime q> nos 
excepit, cepîtc^ ex inde libali? in singulis que nris putabat condu2e vel saluti vel 
statui suauissime nob obsequi, nec reb3 suis parcens nec psone, quominus p id temporis 
quo in illis t a nsmarinis 9sabam% eas in gra & nroj subsidia copiose pfuderit, cumq, nos in 
regnû redeund fîlat, vitro semetipm optulit belli sociû & participent! p statu regio nro, 
quatinus hoc nob placuisset, p virili militariû ; Cumq, suos in ea parte conatus haud 
facile dissuasim 9 , vt bene felici? q, t pficiscerem% oëm nichilominus opam nob impendit, 
visus equidem est nequaq*m sibi ipi satisface, sinon in singulis que nris curanda filant 
seipm pmptum g a tum munificum & sup* q a m crederet"" libalem admodum exhiberet, 
adeo vt apud ornes qui nos tune comitabant"" admiraret^ plurimû ; eo venit vt in sui laudem 
multo dicant% psertim cum pridem in parliamento tanto^ fama iSito^ côitatem regni ita 
pniouit, vt vno assensu vnoq^ ore ploqutoris sui Witti Alyngton rogarem**, quatinus in 
obsequioj ac rej abs se gesta^ memoriam de nob optime mitam, dignarem"" suam psonam 
honorare ; has pp?ea sui nobilitatem animi, humanitatem quoq^ & largitatem demû & suas 
ce?as pbitates eximias considérantes, & hoc maxime qd 8c status regni nri felicioris semp 
audissim 9 extitit, eundem clarissimo quodâ & excelso mun 9 e praiare decreuim 9 , vnde sibi 
veniat & suis posteris ampliacio dignitatis. Proinde de gra nra spali ac ex 2ta sciencia 8c 
mero motu nris, pfatum Lodowicum in Comitem Wintonie eregim 9 8c cream 9 , ac eum 



Vacat irr^o infrascr qz ire 
inde paten sursumreddite & 
restitute fuerunt ad manus 
dni nri Régis Henrici septimi 
apud villam Cales' anno regni 
sui xv° ea intenœe vt can- 
cellent a ~& dampnent"". E qz 
tre pdee sic vt pmittit^ sur- 
sumreddite & restitute can- 
cellabant"" & dâpnabat^ iô 
irr l, o infrascr similit cancel- 
lat"" & dampnat^. 



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Grant of the Earldom of Winchester, 8$c. 



de & cum stilo titulo noie 8c honore eidem debitis & p cincturam gladij reali? investim 9 ; 
hend 8c tenend eadem stilum, titulum, nomen, & honorem Comitis Wintonie eidem 
Lodowico de Bruges & heredib3 masculis de corpore suo exeuntibus imppm. Et quia 
crescente status celsitudine crescunt inde diilsa sumptus 8c on 9 a, de grâ nra spali, tam 
p pmisso^ nlito^ & obsequioj consideracoe q a m p dco statu suo decencius & honorificencius 
manutenendo 8c sustentando, dedim 9 8c concessinr 9 , ac psenti carta nra confirmauim 5 
eidem Comiti Lodowico 8c heredib3 suis pdcis, ducentas libras annuatim pcipiend, vidett 
viginti libras inde de firmis, exitib}, pficuis 8c reuencoib} Corn nri Sutht puenientib3, p 
manus vie' Com illius qui p tempore fîlit, et centum 8c octoginta libras de custumis, sub- 
sidiis, pficuis 8c reuencoib3 in portu ville nre Suthampton crescentib3 seu pvenientib}, p 
manus custumario^ & Collecte^ custuma^ & subsidio^ in dco portu nro p tempore existeh 
8c futurojb ad Çminos Pasche & sci Michis p equales porœes imppm, aliquo statuto, actu, 
siue ordinacoe in cont a riû facî edi? siue ordinaî non obstan?. Hiis testib}, reilendissimo 
pre Th Cardinai Archiepô Cantuar, consanguineo nro carissimo, pearissimis frib3 nris 
Georgio Clar', Rico Gloucestr, Johe NorfF, & Johe SufF Ducib3, ven 9 abilib3 prib3 W. 
Wynton, J. Elien, R. Bathon & Wellen, Cancellario nro, J. Roffen, Custode magni sigilli 
nri, 8c Th Lincoln, Custode priuati sigilli nri, Epis, ac carissimis consanguineis nris Witto 
Arundelt, Henr Northumbr, Henr Esseî, Theg nro Angt, Johe Salop, Johe Wiltes', 
Antonio Ryuers Comitib3, neenon diteis 8c fidelib3 nris Thoma Matrauers de Matrauers, 
Witto Tourney, Priore Sci Johis Jertm in Angt, Johe Audeley de Audeley, Henr Grey 
de Codnore, Witto Stourton de Stourton, Johe Bourghchier de Barners, Witto Hastynges 
de Hastynges, CaiSario nro Angt, 8c Thoma Stanley de Stanley, Senescallo hospicij nri, 
Militib3, & aliis. Dat' p manû nfam apud palaciû nrni Westm, xiij die Octobr. p ipm 
R. 8c de dat*, 8cc. 



Prinied by J. B. Nichols as£ Son, 95, Parliament-ttreet. 



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